Ibid., p
liO SPIRITUALISME MODERNE.
du moi h la voix intérieure ou à l'opération de Tesprit supérieur est un acte libre, etc. i. » Ces déclarations, dit avec raison M. N'avilie, « réduisent à leur juste valeur les expressions échappées à M. de Biran, dans une rédaction qu'il n'a jamais revue, et ne permettent pas de le confondre avec les partisans de l'extasti mystique. »
Il est un c()té par lequtîl M. de Biran se sépare profondément des philosophes mysti(|ues, je veux dire sa juste horreur du panthéisme. I.e Dieu ét(»rnel, absolu, intini, qu'il adore est en même temps un Dieu personnel et libre : c'est un père et un monarcjue ; ce n'est pas cette substance vague, cet abîme d(i l'Être et de l'Un où tant de mystiques, dans une ardeur indiscrète, brûlent d'absorber leur moi, ou plutôt tout leur être. M. de Biran proteste contre un tel excès ; le panthéisme est à ses yeux « la nullité absolue de religion et de morale ; » il lui préfère même le polythéisme ; « la vraie philosophie doit, dit-il, appliquer le principe de causalité suivant les lois d'une saine raison, en s'élevant de la personnalité du moi, cause relative, particulière, officieuse des mouvements du corps, à la personnalité de Dieu, cause absolue, universelle de l'ordre du monde et de son existence*. »
Ainsi, même en admettant que M. de Biran ait été parfois mystique im une certaine mesure, il ne l'a jamais été au point d(î consentir au panthéisme. Peut-être n'était-il pas hors de propos de faire cette remarque, au moment d'examincir, avec M. Naville, jusqu'à quel point l'auteur des Nouveaux essais avait pénétré dans le christia-