‹ Dieu et la conscienceChapitre 34 sur 73 · Ibid., p. 54i · texte numérisé non relu

Ibid., p. 54i

pHt le mieux on même uniquement les conditions du vrai l>onheur dans ce monde, c'est qu'il ne s'y mêle rien qui donne prise aux passions personnelles, à ce qui tient à Tamour propre ou au plaisir des sens. En aimant un objet de môme nature que nous, il est presque impossible que nous n'ayons pas quelque désir qui se rapporte au corps ou à des modifications ou qualités variables, enfin que l'abnégation soit complète ; mais en tant que nous pouvons épurer le sentiment d'amour ou le dégager de toute affection ou intérêt personnel, cet amour désintéressé peut nous rendre heureux ; et si une créature pouvait nous l'inspirer , ou que, par un travail sur nousmêmes, nous parvinssions à aimer en elle la perfection, la l>eauté de l'&me et du corps sans aucun retour sur nousmêmes, nous pourrions être heureux en aimant la créature;

mais c'est alors Dieu que nous aimerions en elle Dès

qu'on prend un idéal pour principe d'action, on y rapporte lout, et soi-même comme le reste. 11 ne s'agit pas de savoir si on trouvera du plaisir en se conforniant à cet idéal; on sera disposé au contraire à sacrifier toutes les jouissances, tous les intérêts sensibles, y compris sa propre existence, pour réaliser cet idéal, objet de l'amour et vie de l'âme *. >

M. Naville fait très-bien remarquer que, lorsque M. de

Biran parle de la grâce, il ne s'agit pour lui ni d'une

hypothèse, ni d'une conception purement spéculative,

ni même d'une simple espérance, mais d'une vérité de

fait, résultat d'une expérience personnelle. Et pourtant,

on lisant ces passages et beaucoup d'autres oii M. de Biran

«xpose et développe à sa manière les vérités chrétiennes,

-un doute nous est venu plusieurs fois à l'esprit. Quelle

idée se faisait-il du christianisme? Cette doctrine sublima

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