‹ Dieu et la conscienceChapitre 35 sur 73 · Nouveaux Essais, t. III, p. 545 et sniv · texte numérisé non relu

Nouveaux Essais, t. III, p. 545 et sniv

à laquelle il empruntait la partie supérieure de sa philosophie, n'était-elie pas elle-même à ses yeux une philosophie, la plus haute, il est vrai, et la plus pure, et n'est-ce pas à ce titre qu'il la reçut et en fit sa principale nourriture ? Il disait lui-même de cette doctrine: (c Aucun autre système de philosophie, ne s'est élevé jusque-là *. » Ses Notes sur V Évangile de saint Jean^ ont un caractère tout philosophique; il serait difficile d'en tirer quelque chose pour l'édification, tant Tabstraction y domine et la préoccupation d'une théorie psychologique. Les Nouveaux Essais marquent un progrès évident au point de vue religieux ; mais là encore, la reUgion de M. de Biran est personnelle, subjective, intime ; elle ne se fonde sur aucune autorité, même celle de l'Écriture, mais partout et toujours sur la ré- ' flexion ; elle est le libre assentiment de l'esprit à ce qu'il a clairement reconnu pour vrai ; elle semble se résumer' dans le besoin d'une force qui secoure notre volonté, ]^ grâce. Disposition précieuse, sans doute, et qui prépara merveilleusement Tâme à embrasser la bonne nouvelle de la rédemption et du salut ; mais notre philosophe parle si peu de salut et de rédemption ! M. Naville signale lui-même avec beaucoup de loyauté les « deux lacunes essentielles » de ce christianisme abstrait et vague : d'un côté, l'oubli au moins apparent du caractère moral de l'Évangile ; de l'autre, l'omission de sa vérité historique - Il insiste, sur ce qu'il y a d'étrange à introduire dans sa philosophie Jésus-Christ et la grâce surnaturelle, sans

Page 1