‹ Dieu et la conscienceChapitre 36 sur 73 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

s'être posé la question de la nature du christianismaen soi et sans Tavoir résolue. « M. de Biran, dit-il, enfermé dans ses vues particulières, ne saisissant guère de la religion que ce qui a rapport directement à Tétat de son âme, ne se place jamais au centre même de la vérité chrétienne pour en contempler les parties diverses et l'harmonie qui les rassemble. Il est semblable à un homme qui, entré dans une cathédrale par une porte dérobée, resterait à Técart sous les bas côtés de la nef, sans avoir jamais pénétré au cœur de l'édifice pour en contempler la structure générale et les proportions *. »

Il est cependant incontestable que M. de Biran était devenu chrétien, et que la mort l'empêcha seule de réaliser dès ici-bas des progrès qui semblaient la conséquence naturelle de son développement. D'abord il n'est pas tout à fait exact de dire qu'il était entré dans le christianisme a par une porte dérobée, » à moins que la grâce et l'amour ne soient qu'un accessoire dans une religion qui nous enseigne que Dieu est amour, que nous avons tout reçu et que nous devons tout attendre de sa pure grâce. Ensuite, quand il s'agit d'un écrivain aussi sincère et aussi consciencieux que M. de Biran, comment ne pas tenir grand compte des hommages plus que philosophiques qu'il rend à Jésus-Christ, à l'Homme-Dieu^ . Il est vrai qu'il traite souvent le christianisme comme une philosophie; mais, pour bien entend^ sa pensée, il suffit de se rappeler qu'à la hauteur où il s'est élevé, lorsque le moi, l'homme lui-même abdique sa volonté propre pour

i. Iniroduelion, t. I, p. cic-cxciii.

Page 1