Nouveaux louais, t. 111, p. 532, 549, etc
s'aMndoaiiiér à Faction de l'esprit de Dieu, la philosc^ie renonce également aux lumières insuffisantes de Tesprit humain pour accepter la lumière d'en haut, et qu'ainsi elle se confond avec la religion : si bien que M. de Biran emploie constamment l'une pour l'autre ces diverses locutions : vie divine, vie religieuse, vie de l'esprit ou spirituelle ou chrétienne, religion, foi, christianisme, philosophie. La doctrine et la vie de l'esprit ne sont possibles que par révélation : il l'affirme expressément. Pour jouir de cette vie supérieure, il faut que l'âme soit éclairée et secourue de' Dieu ; et ces secours dont elle a besoin sont précisément ceux qu'enseigne le christianisme i. » Enfin, sans m' arrêter à citer tous les appels que fait M. de Biran à l'Écriture sainte, voici quelques lignes où il me paraît avoir exprimé toute sa pensée sur la religion chrétienne, considérée comme une philosophie divine : « Les caractères de cette vie spirituelle se trouvent visiblement empreints, pour qu\ sait les voir, dans le premier, le plus beau, le plus divin, le seul divin des livres de philosophie, dans le code des chrétiens, dans les paroles de Jésus-Christ, telles qu'elles nous ont été conservées dans les Évangiles et dans les écrits qui nous les ont transmises avec l'esprit qui les inspira 2. » Voilà le témoignage rendu à la vérité par un philosophe, par un libre penseur. Quelle leçon pour certains théologiens, chez qui une ambition intellectuelle et toute mondaine, une curiosité indiscrète, l'abus téméraire de l'érudition et de la critique ont si bien étoufifé le sens moral et religieux,
i. Nouv, Essais, t. lil, p. 524, etc.