Jinirodttction de Féditear, p. cxu
MAJNE DE BIRÀN. 4 55
l'homme découvre une réponse sujQSsante aux problèmes qui naissent des exigencei^ de sa nature et des mystères de sa destinée*. » D est possible que des esprits irréfléchîs, inexpérimentés ou follement présomptueux (le nombre en est grand sans doute) aient aflSché de telles prétentions ; mais ce n'est pas là le langage des plus grands philosophes et surtout des plus sages, et parmi ceux qui, en France, s'occupent de philosopMe, il n'en est pas beaucoup, je crois, qui de sens rassis acceptent la définition qu'on vient de lire. Peut-être M. Naville a-t-il pensé que sa cause était gagnée auprès de tous ceux qui avouent l'imperfection de nos moyens naturels de connaître. Mais n'eût-il pas mieux valu parler pour tout le monde ?
Quoi qu'il en soit, si l'honorable éditeur a tort de s'en prendre à des exagérations, si par suite, en dépit de sa modération ordinaire, il est fatalement poussé à exagérer lui-même l'insuffisance de la raison ; si, par exemple, il accuse gratuitement les philosophes de ne pouvoir aujourd'hui même démontrer la création, ni affirmer l'immortalité de l'âme ^, du moins il montre parfaitement la nécessité historique et logique où se trouve la science nuMlerne de tenir compte de ce grand fait qu'on appelle le christianisme et d'agiter sérieusement la question du surnaturel 3. Il fait voir à merveille que, si les conditions d'un bon système métaphysique sont de s'appuyer sur des faits réels de la nature humaine et de ' fournir une