PRÉFACE. IX
qu'enfin il n'est besoin, pour être vertueux, que de rester ce que nous sommes fet d'être contents de nous, laissant là le joug pesant d'une morale et d une religion qui nous prescrivent le repentir, le renoncement à nous-mêmes, le complet changement de nos cœurs.
£h bien, ce n'est pas là un enseignement salutaire : car, au lieu d'éclairer les esprits et d'élever les âmes, il les dégrade et les corrompt. A ces leçons funestes les hommes de sens et fle cœur doivent opposer le langage de la vérité, en recommençant contre le socialisme matérialiste et athée l'apologie de la dignité humaine, de la vraie philosophie et du christianisme. Grâce à Dieu, les défenseurs ne manquent pas à cette belle cause. Au premier rang se place l'auteur des Méditations chrétiennes, l'illustre orateur, l'écrivain sobre et fort, le savant et profond historien de la civilisation, quî est encore, dans sa verte vieillesse, l'une des gloires de la France contemporaine, et qui, après avoir prouvé par ses écrits et par ses acteè qii'on peut être Ubéral et chrétien, qu'on peut aimer et servir le peuple sans briguer ses faveurs, veut montrer jusqu'au bout, par sa fidélité à Dieu et •à la foi de ses pères, que, si l'on peut t épuiser une force, on n'épuise pas un courage. » D'autres encore, avec plus ou moins d'autorité, de talent et de science,