‹ Dieu et la conscienceChapitre 5 sur 73 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

ont entrepris la même tâche. Mais personne, j'ose le dire, n'y aura apporté plus que moi la conscience d'un devoir impérieux à remplir, et l'amour sincère de ceux-là mêmes dont il s'agit de combattre les erreurs ou les préjugés.

Les adversaires du christianisme se donnent de nos jours l'agréable mission de revendiquer contre lui, aux applaudissements de la foule, le légitime usage de la raison et de la philosophie, comme si celui qui veut être chrétien devait d'abord répudier la science et la libre pensée. C'est là un préjugé qu'il importe de détruire, et auquel je m'attaque partout dans ce livre. Philosophe et libre penseur moi-même, mais dans l'esprit de Malebranche, de Leibniz et de Maine de Biran , c'est en ami que je m'adresse à quiconque fait profession d'aimer la vérité et de la chercher pour elle-même. Disciple reconnaissant de cette grande philosophie spiritualiste qui procède de Socrate et de Descartes , et qui , par l'organe des Cousin, des Jouffroy et des Damiron, m'a appris à croire par le raisonnement aux perfections du Dieuesprit en même temps qu'à ma libre personnalité, je n'ai garde de l'accuser d'impuissance. Mais ce que je reproche à notre spiritualisme contemporain, c'est d'être trop souvent infidèle à ses principes.

Affirmer avec énergie le libre arbitre de l'homme,

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