‹ Dieu et la conscienceChapitre 41 sur 73 · Ibid,, p. CLxxiii, ciixxiv · texte numérisé non relu

Ibid,, p. CLxxiii, ciixxiv

sède des facultés qui le rendent capable d'entendre la révélation et d'en saisir le sens, non-seulement on ne doit pas séparer, mais il ne faut pas même distinguer la religion de la raison ; car c'est dans ses limites qu'elle s'exerce : « La conclusion , comme le fait remarquer M. Naville, est manifestement abusive. De ce qu'une vérité peut être comprise, il ne s'ensuit en aucune façon qu'elle puisse être découverte^. » Kant a donc tort de dire : « Telle religion peut être dite naturelle^ bien qu'elle ait été révélée ; il suffit qu'elle soit de telle nature que le§ hommes aient pu et dû y arriver d'eux-mêmes par le simple usage de la raison, quoique moins rapidement et dans une moins vaste circonscription 2. » Tout le monde aperçoit sans peine ce que cette pensée de Kant offre de singulier, même à la prendre dans sa généralité ; mais appliquée à la religion chrétienne, c'est une erreur des plus graves, erreur malheureusement trop répandue, et que M. Naville relève et réfute de la manière la plus satisfaisante. Il faut ici le laisser parler lui-même :

« Deux choses sont à distinguer dans l'œuvre de Jésus- Christ. Il a rétabli dans leur pureté primitive la connaissance de Dieu, la morale absolue, le devoir de la soumission entière et volontaire au principe de tout bien et de tout bonheur, soumission dans laquelle la créature doit trouver sa joie et son repos. En un mot, il a fait briller à nos regards l'idéal d'un état de félicité dont l'humanité est touchée et vers lequel elle doit remonter : c'est là le but qu'il nous indique. Mais il a fait plus : il s'est donné pour être lui-même, par sa présence

Page 1