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t. La reUginn dans les limites de la raison, trad. fr., p. 274.
historique sur la terre et par sa présence éternelle dans le monde invisible, par le pardon dont il a été l'instrument, par la grâce dont il demeure la source permanente, le seul chemin qui puisse conduire au but : c'est là le moyen qu'il nous propose.
» De ces deux parties de l'œuvre de Jésus-Christ, la première, la restauration de l'idéal, a toujours été le vœu secret des âmes, le désir des inlelligences. La philosophie, dans ses plus nobles représentants, n'est qu'un long effort pour s'élever à la possession de ce bien dontnous portons en nousmêmes le besoin et le pressentiment, effort qui n'est pas demeuré vain, sans avoir jamais été couronné d'un plein succès. C'est en ce sens que l'àme est naturellement chrétienne,
selon l'expression d'un père de l'Église. Mais (il n'en est
pas de même de] la seconde partie de l'œuvre de Jésus-Christ, qui est lui-même le moyen indispensable pour atteindre le but. Ce moyen, par sa nature, échappe tellement à l'esprit de l'homme qu'il n'est pas même possible de comprendre qu'on tente de le découvrir tant qu'on ne le connaît pas. C'est là. cependant ce qui constitue l'Évangile, au sens spécial de ce terme.
> L'Évangile, dans son essence, n'est pas une théorie de la nature des choses, mais l'annonce d'un acte de la puissance suprême, d'une intervention directe de Dieu dans l'enchaînement des lois et des causes qui constituent la marche des événements. Cet acte est ou n'est pas. S'il est, l'Ëvangilc est la vérité ; s'il n'est pas, l'Évangile est une superstition. On a le droit de le nier ; on n'a pas le droit de dire qu'on retrouve son contenu dans un système qui exclut l'ordre surnaturel ; car l'ordre surnaturel n'est pas un signe extérieur, une lettre de créance attachée au dogme chrétien et qui puisse en être séparée ; c'est la substance même de ce dogme... c Dès qu'on entend ainsi la question, on ne peut
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plus demander si Thumanité aurait pu s'élever à l'Évangile par le simple usage de sa raison; on ne peut même plus le supposer avec Kant, car aucun procédé rationnel ne saurait atteindre les actes de la suprême liberté dirigée par la suprême miséricorde *. »
Ainsi la vérité révélée est comprise par notre intelligence, qui néanmoins ne saurait la découvrir. Tel est, tel doit être, en effet, le caractère d'une révélation accordée par Dieu à des créatures raisonnables : inaccessible à nos efforts, tant qu'elle ne nous est pas donnée; simple, claire pour tous, aussi évidente et aussi intelligible pour Tenfant et l'ignorant que pour le savant et le philosophe, dès qu'il leur est permis de la contempler. « Ainsi, conclut M. Navîlle, nous, n'en sommes pas réduits à creuser un abîme entre le commun des esprits et la classe hautaine des penseurs ,. L'intelligence la plus humble
et l'esprit le plus élevé peuvent se rencontrer en présence de l'Évangile, dans la même foi, dans la même espérance 2. »
Après avoir satisfait les philosophes, il reste à lever les scirUpules de certains théologiens, j'entends devrais théologiens, convaincus de la vérité des Écritures, mais qui trôj) entiers dans leurs convictions, et quelquefois aussi trop portés à considérer les recherches de la libre science comme inconciliables avec les droits de la raison, réclament impérieusement une soumission aveugle et sans réserve à une transition qui, suivant eux, rend inutile
i. Introduction, t. I, p«CLXiii et sulv.