‹ Dieu et la conscienceChapitre 43 sur 73 · Ibid,, p. ccix · texte numérisé non relu

Ibid,, p. ccix

toute philosophie. Quels que soient le nom et Tautorité de ceux qui prononcent le divorce de la science et de la foi, « la science et la religion, dit nettement M. Naville, répondent à deux besoins divers et tous deux légitimes, de telle sorte que là oii la religion apparaît, la science ne cesse pas d'avoir sa raison d'être. L'àme la plus croyante peut éprouver le désir de réduire ses idées ea un corps de système, d'en saisir le lien, l'enchaînement, les conséquence, d'en éprouver les bases, de philosopher en un mot *... Nous pensons, ajoute-t-il un peu plus loin, que la séparation absolue établie entre la philosophie et la religion, entre la raison et la foi, est une séparation factice, momentanée, née de circonstances passagères, et destinée à disparaître dans les âmçs éclairées et sérieuses. Il faut à l'homme une seule vérité : s'il ne croit pas à l'Évangile, une philosophie qui le remplace ; s'il y croit, une philosophie chrétienne 2. »

M. Naville trace de main de maître le programme d'une telle philosophie, et nous ne saurions mieux faire que de lui céder encore la parole :

a Sans doute la foi suffit au repos de l'âme ; mais, pour être retirée de l'incertitude et de l'angoisse, l'intelligence n'en poursuit pas moins son œuvre. Les solutions métaphysiques sont contenues dans les dogmes religieux; mais elles y existent à l'état latent. L'esprit peut s'efforcer do les dégager, de les reconnaître sous la forme propre à la science, d'eu déduire ' tout ce qu'elles contiennent, d'en saisir toute la mutuelle harmonie, de mettre au jour leurs rapports secrets avec les

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