‹ Dieu et la conscienceChapitre 49 sur 73 · Paris, Ladrange, 1858, 2 vol. in · texte numérisé non relu

Paris, Ladrange, 1858, 2 vol. in

prit OU une puissance de saisir la réalité et de la comprendre en une certaine mesure.

2o La vraie philosophie part de Tâme et s'élève à Dieu, c'est-à-dire encore à l'âme, mais à l'âme par excellence; puis, quand elle a conçu dans leurs rapports, d'une part le Créateur, le Bienfaiteur et le Père, de l'autre la créature libre, responsable, faible, mais soutenue et fortifiée par le même amour qui lui a donné l'être, elle éclaire l'homme sur son présent, son passé et son avenir et lui trace une règle de vie applicable de ce monde-ci à l'autre.

M. Damiroi\. enseignait à la Sorbonne l'histoire de la philosophie moderne ; mais dans son cours comme dans ses livres, il saisissait toutes les occasions de dogmatiser, ainsi qu'il le disait lui-même, sur l'âme et sur iDieu. A chaque rentrée de la Faculté des lettres de Paris, où nous l'avons toujours vu donnant l'exemple d'une scrupuleuse exactitude, il apportait pour leçon d'ouverture un dis ■ cours médité dans la paix des champs, en présence de Dieu, de sa conscience et d'une nature dont les charmes vivement sentis ajoutaient une discrète poésie à l'austérité religieuse de sa pensée. Après s'être entretenu ainsi avec lui-même de tout ce que l'âme humaine croit, désire, espère, il venait lire d'une voix émue des pages pleines d'onction, soit sur l'enthousiasme, dont il prenait la défense contre les calculs d'une froide sagesse, soit sur l'épreuve comme argument en faveur de l'immortalité de l'âme ou sur la nature de cette immortalité ellemême, soit sur la Providence divine dont tout philosophe devrait, disait-il, faire son étude par excellence, soit encore sur la grâce, où il voyait « un fait familier à tous les

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» chrétiens, senti par les fidèles, enseigné par les doc- » teurs, plus ou moins confusément expérimenté et en- » trevu par toute Vhumanité, » et dont il présenta dans chaire de philosophie un tableau plein d'édification, auditeurs sérieux qui ont eu le privilège d'entendre oes belles exhortations, j'ai presque dit ces prédications philosophiques, sont heureux de pouvoir les relire dans le, recueil intitulé Vingt ans d'enseignement *.

Tout plein de ces salutaires doctrines, animé du désir de les répandre et de les faire goûter aux autres, M. Da- Yniron ne se contentait pas de les exposer dans ses leçons il la Faculté des lettres et dans les savants mémoires 2 qu'il lisait à l'Académie des sciences morales et politiques ; il les portait avec lui partout, et en faisait pendant les vacances la matière de ces Conseils et allocutions adressés à des enfants d'ouvriers et à leurs familles dans des distributions de prix d'une école de village, et dont la publication récente à été accueillie par toute la presse avec une faveur si marquée. La plupart des lecteurs ne connaissant M. Damiron que par son enseignement ou par ses livres et n'ayant vu en lui jusque-là que le professeur et l'écrivain, ont été surpris et reconnaissants d'apprendre comment il eiftployait les loisirs que lui laissaient la Sorbonne et l'Institut. Que dire de ceux qui eurent le bonheur de passer avec lui ces jours de fête? Unis à lui par une vieille et tendre amitié, qui n'ôtait rien au respect commandé par sojj caractère, associés de cœur à son œuvre et profondement touchés de tant de simplicité et de bonté dans

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