aris, Hacbelte, 1882, 1 ▼ol. in
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un homme si éminent par rintelligence, comment n'auraient-ils pas été gagnés par l'émotion dont lui-même ne cherchait pas à se défendre? Comment surtout n'auraient-ils passent! que tous ces conseils partaient du cœur et que cet enseignement qui, sous une forme plus familière, était le même au fond qu'à la Sorbonne, n'exprimait pas seulement une pensée abstraite, mais une conviction, et mieux encore, une foi vivante dont l'âme de notre excellent ami était pénétrée et à laquelle sa vie tout entière rendait témoignage ?
M. Damiron pratiquait avec un scrupule et une constance admirables les préceptes essentiels où se résumait à ses yeux la morale. Soigner son âme avant tout, aimer la nature et y chercher des secours pour la vertu; être juste et bienveillant envers ses semblables, honorer et adorer Dieu, et s'eiforcer de mériter sa grâce : tels étaient ses préceptes, tels furent aussi ses actes. Cette sagesse était relevée par une rare simplicité, et, dans l'intimité, par une gaîté douce et pure comme le fond de son cœur.
M. Damiron n'aimait rien tant que le foyer domestique : sa nature délicate, réservée, même un peu timide, quoique ferme dans l'accomplissement du devoir, répugnait à la banalité bruyante et stérile des relations du monde. Il avait fait deux parts dans sa vie de chaque jour : les heures d'étude alternaient régulièrement avec celles qu'il consacrait à sa sœur chérie et aux amis dont il avait su se faire une famille. Détait fort attaché à ces douces habitudes, et lorsque, il y a six mois environ, il fit le voyage de Strasbourg, accompagné de ce qu'il avait de plus cher, ce fut une preuve inestimable d'affection pour ceux qui eurent la
joie de l'y recevoir. Hélas ! nous nous étions flattés de Tespoir qu'il viendrait encore visiter avec nous l'Alsace et les bordsrdu Rhin dont il avait goûté si vivement les beautés. Aujourd'hui ce projet n'est plus pour nous qu'un rêve à la fois doux et poignant. Mais au milieu de leur affliction, les parents et les amis de M. Damiron, sa sœur bien-aimée surtout, désormais seule avec une compagne dévouée dont la vie est étroitement unie à la sienne, puiseront de précieuses consolations dans les souvenirs ineffaçables qu'il leur a laissés, et dans ces espérances d'immortalité qui le soutenaient si puissamment lui-même et lui permettaient de contempler avec tant de sérénité les épreuves d'ici-bas.
Nous entendons encore les applaudissements qui partout, dans les salons comme dans les écoles, ont accueilli l'ouvrage de M. Cousin : Du vrai, du beau et du bien^ et déjà nous voyons paraître un autre livre de philosophie qui, par une bonne fortune tout aussi rare, conquiert dès le premier jour une sorte de popularité. « Fournir aux esprits cultivés un résumé simple et clair des plus im-