DE L* AMOUR DES LOIS
fortune est-il moralement, loyalement quitte envers ses créanciers? Le scandale résultant de la manie du duel est-il suffisamment réprimé par la loi? Les frais de justice, qu'on a déjà diminués, ne devraient- ils pas Tétre encore? 11 faut le reconnaître, la loi écrite reste parfois en deçà et au-dessous des exigences d(i notre sens moral. Mais d'abord c'est l'exception, et cela no suffit pas pour accuser la loi en général. Puis les lois mômes dont on signale les défauts sont perfectibles; elles se perfectionnent sous nos yeux, et la moralité publique les corrige ou les complète le plus souvent dans la pratique de la vie. Enfin, si l'on en peut critiquer quelques-unes, combien n'y en a-t-il pas qui ont fait marcher en avant les esprits et la société, ou qui même sont encore au-dessus du niveau des mœurs publiques ou de l'intelligence moyenne des citoyens! Combien n'y en a-t-il pas qui valent mieux que nous et dont l'étude un peu approfondie nous apporterait un surcroît de moralité et de sagesse, surtout de sagesse politique I Donnons-nous, je vous prie, le spectacle de quelques-uns dcîs mérites de notre législation, de quelques-uns des progrès qu'elle a réalisés dans l'ordre social et quelques-unes des leçons qu'elle donne à qui l'étudié avec attention, surtout à qui l'étudié avec patriotisme.
La Constitution qui nous régit, comme la plupart des trop nombreuses constitutions qui l'ont précédée depuis 1789, consacre un principe qui doit être cher à tous les amis éclairés de la liberté et du progrès, et que la France