Voir Les Nerfs du Cœur, ch. iv. Paris, F. Alcan
2. Nous faisons abstraction ici des nombreuses sensations auxquelles donnent naissance les affections cardiaques. Voir à ce propos, dans mes Nerfs du Cœur , pp. 161 et suiv., les observations que j’ai faites sur moimême.
quées que l’amour ou la jalousie, de même qu’elles provoquent la crainte de la mort ou les sensations pénibles de l'angine de poitrine? A cette question, le physiologiste pourrait répondre : pour les mêmes raisons que les modifications pathologiques du labyrinthe de l’oreille ou les excitations artificielles des fibres nerveuses du labyrinthe ne provoquent jamais, même occasionnellement , des sensations analogues à celles que nous éprouvons en entendant une sonate de Mozart ou une symphonie de Beethoven.
Dans son mémorable ouvrage sur l’activité réflexe de la moelle épinière fl paru au siècle dernier, Pflüger avait attribué aux cellules ganglionnaires de la moelle des fonctions sensorielles, c’est-à-dire psychiques. Depuis lors, de
nombreuses recherches n’ont fait que confirmer l'opinion /
de Pflüger. Etant donnée ma façon de différencier les fonctions psychiques, je ne vois aucune raison valable de refuser des fonctions sensorielles, même aux cellules ganglionnaires du grand sympathique, dont l'activité réflexe est prouvée d’une façon irréfutable : à savoir aux ganglions cervicaux et thoraciques supérieurs, dont les réflexes présentent, ainsi que je l'ai montré, une grande importance fonctionnelle au point de vue de l’activité cardiaque. Ceci admis, rien ne s’oppose non plus à ce que l'on attribue également aux ganglions du cœur des fonctions psychiques analogues. La solution définitive de cette question, que nous avons posée, à l'aide d’expériences sur des animaux, se heurte à de grandes difficultés. Aussi de nouvelles observations, portant de préférence sur des cardiaques, pourraient-elles plutôt contribuer à l'élucider1 2.
1. Edouard Plliiger. Die sensorischen Funkt ionen des Rückenmarks der Wirbelthere. Berlin, 1853.
2. Sur les méthodes à employer pour résoudre ces questions, voir mon ouvrage Leib, Seele und Geist. Archiv. de Pflüger, vol. CXXVII, [909.
CORPS, AME ET ESPRIT
| 4. — Le labyrinthe de l’oreille et la. vie
INTELLECTUELLE. LIMITES QUI SÉPARENT LES FONC¬ TIONS PSYCHIQUES DES MANIFESTATIONS DE L’ES-