‹ Dieu et science; essais de psychologie des sciences. Avec deux planches hors textes et le port. de l'auteurChapitre 27 sur 125 · Voir Ohrlabyrinth, ch. iv · texte numérisé non relu

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2. Ces termes servent le plus souvent à déguiser les études des phénomènes provoqués par des spirites professionnels.

CORPS, AME ET ESPRIT

faitement à la désignation des processus purement spirituels. Des associations de perceptions de représentations, d’impressions et de souvenirs peuvent avoir lieu en dehors de toute intervention de l’esprit pet cela, grâce^ux trajets fibrillaires qui relient les cellules ganglionnaires dans lesquelles ces perceptions, représentations, etc., sont accumulées. C’est sur des associations de ce genre que reposent les manifestations psychiquescommunesaThommeetauxanimaux. Quant au mot phénomène, il peut être interprété de la façon la plus diverse. Un phénomène ne montre, en général, que le côté extérieur d’un processus. Chaque observateur le voit et l’interprètedifféremment. Le phénomène désigne quelque chose de passager, de momentané, d’éphémère, et par conséquent ne convient pas à l’activité créatrice de l’esprit. Mach, qui se distingue toujours par des interprétations malheureuses des faits les plus simples et les plus clairs, a réussi à compromettre aux yeux des naturalistes la psychologie phénoménale, et cela surtout pour avoir malencontreusement ressuscité en physique le « tout coule » d’Héraclite U

Cari Stumpf, l’éminent philosophe, a introduit, ces temps derniers, l’expression, « fonctions psychiques », destinée à remplacer le terme phénomènes. V oici comment il définit la façon dont il entend cette expression et sa portée :

« Contrairement aux définitions de D. S. Miller, Dewey, etc., le mot fonction n’est pas conçu ici dans le sens d'un résultat produit par un processus, comme lorsqu’on dit que la circulation du sang est une fonction de contractions cardiaques ; mais ce mot est conçu dans le sens de l’activité, du processus, ou de l’événement lui-même, ainsi que la contraction même du cœur est considérée comme une fonction organique. » Même dans ce sens ainsi défini, il n'est pas permis au naturaliste de parler des fonctions de l’esprit. Pour le physiologiste, il n’existe pas de fonction qui

i. Voir Ohrlabyrinth , ch. n, §§ 2-7, et l’appendice au paragraphe 5 du chapitre vi.

.11e soit l’expression de l’activité d'un organe. Or, d'après la conception qu’on propose ici et qui ne sera certes désapprouvée que par quelques matérialistes attardés, l’activité de l'esprit 11e possède aucun substratum matériel accessible à nos sens1. Il serait donc plus exact de parler de Y activité , des manifestations de l’esprit (. geistige Lcistungen) que de ses fonctions . L’esprit dirige les fonctions cérébro-psychiques ; il détermine les lois d'après lesquelles les produits du fonctionnement des cellules ganglionnaires peuvent être utilisés par la pensée créatrice. L’esprit ne doit donc en aucune façon être considéré comme une fonction de ces cellules qu’il domine. L’esprit forme des concepts, formule des jugements, tire des conclusions, développe des hypothèses et des théories. Il le fait en employant les trésors de l’expérience des sens, des impressions sensibles provenant -du cœur ou d’autres organes intérieurs, trésors accumulés dans les archives du système nerveux central, « la plus noble création que la nature ait jamais produite,... cette merveille du monde, dont rien n’égale la mystérieuse sublimité » (Pflüger).

Dégager les lois de la pensée, tracer les voies par lesquelles, grâce à ces lois, les perceptions et représentations sensibles sont utilisées, à l’aide de l’abstraction, en vue de former des concepts devant servir à leur tour de point de départ à l’activité ultérieure de l’intelligence, telle est la tâche fondamentale qui incombe au philosophe. Ni le temps ni l'espace n’imposent de limites à la productivité de l’esprit. Quelque merveilleuse que soit l’activité des cellules ganglionnaires, elle n'en est pas moins limitée dans le temps et l’espace; aussi devons-nous renoncer à l'espoir df expliquer la nature de l’esprit , illimité par essence à l'aide des fonctions forcément limitées de nos organes. La productivité

1. La question de la substantialité ou non substantialité de l’esprit humain a été complètement déplacée par suite de la nouvelle interprétation scientifique du mot substance. Nous ne pouvons pas la traiter ici.

De Cyon.

CORPS, AME ET ESPRIT

créatrice de l’esprit nous amène à le considérer comme une émanation des forces cosmiques primitives. L'esprit révèle des vérités éternelles au prophète, inspire le poète de génie, guide l'imagination créatrice de l’artiste et dévoile au naturaliste qui aspire à la vérité les merveilles mystérieuses de la nature et les lois de leur production, tout cela dans la mesure, pour chacun d’eux, de la richesse et de l’ordonnance du contenu de ses cellules ganglionnaires. Il peut donc être question des productions de l'esprit, de ses facultés, de son énergie potentielle : on ne saurait parler de ses fonctions1.

§ 8. — Les véritables laboratoires

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