‹ Dieu et science: essais de psychologie des sciencesChapitre 25 sur 59 · Voir Les Nerfs </« Cœur. ch. iv. P.iri>. F. Alcan · texte numérisé non relu

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2. Nous faisons abstraction ici des nombreuses sensations auxquelles donnent naissance les affections cardiaques. Voir à ce propos, dans mes Nerfs du Caur, pp. lOi et suiv., les observations que j'ai faites sur moimême. ,

quées que l'amour ou la jalousie, de même qu'elles provoquent la crainte de la mort ou les sensations pénibles de l'angine de poitrine? A cette question, le physiologiste pourrait répondre : pour les mêmes raisons que les modifications pathologiques du labyrinthe de l'oreille ou les excitations artificielles des fibres nerveuses du labyrinthe ne provoquent jamais, même occasiojnu'llcfm'iit, des sensations analogues à celles que nous éprouvons en entendant une sonate de Mozart ou une s)mphonie de Beethoven.

Dans son mémorable ouvrage sur l'activité rétlexe de la moelle épinière ', paru au siècle dernier, Prtiiger avait attribué aux cellules ganglionnaires de la moelle des fonctions sensorielles, c'est-à-dire psychiques. Depuis lors, de nombreuses recherches n'ont fait que confirmer l'opinion de Ptlliger. Ktant donnée ma façon de différencier les fonctions psychiques, je ne vois aucune raison valable de refuser des fonctionssensorielles, même aux cellules ganglionnaires du grand sympathique, dont l'activité réflexe est prouvée d'une façon irréfutable : à savoir aux ganglions cervicaux et thoraciques supérieurs, dont les réflexes présentent, ainsi (\\\t je l'ai montré, une grande importance fonctionnelle au point de vue de l'activité cardiaque. Ceci admis, rien ne s'oppose non plus à ce ijuc Ion attribue également aux ganglions du cfX'ur des fonctions psychiques analogues. La solution définitive de cette question, que nous avons posée, à laide d'expériences sur des animaux, se heurte à de grandes difficultés. Aussi de nouvelles observations, portant de préférence sur des cardiaques, pourraient-elles plutôt contribuer à l'élucider -

I. Edouard Pllugor. Dit iensorischm Fuuklioncn lifs Rt4ikfntMjrks Jfr

n irhrithere. Hcrlm, 18^3.

1. Sur les iucIIukIos .'» employer povir ces questions, voir mon

ouvr.ige Leib, Scele unJ Gcist. Anhiv. <-r. vol, C.XXVII, m«M).

Ii)0 CORPS, AME FT F.SPRIT

^^4 — \Ai LABYRINTHE DK l'oREILLE ET LA VIE INTELLECTUELLE. LIMITES QUI SI^:PARENT LES FONC- TIONS PSYCHIQUES DES MANIFESTATIONS DE l'ES- PRIT.

Le mode et les conditions de fonctionnement des organes des sens présentent le domaine-frontière le plus important sur lequel les etïorts combinés des physiologistes et des philosophes sont susceptibles de donner des résultats très féconds. Nous allons essayer dans les paragraphes suivants de tracer de ce domaine, aussi nettement que possible, une ligne de démarcation que la recherche expérimentale du physiologiste ne saurait dépasser : au delà s'étend le champ de la philosophie spéculative.

Le naturaliste ne doit jamais abandonner le terrain solide des faits expérimentalement démontrés ou scrupuleusement observés, s'il veut pouvoir en tirer des lois valables. Le philosophe, au contraire, se trouve en possession de riches trésors de doctrines, d'hypothèses et de théories sur la faculté de penser et sur ses lois. Ces trésors, accumulés pendant des siècles par les penseurs les plus puissants de l'humanité, lui permettent d'utiliser, avec plus de liberté et de compétence que ne pourrait le faire le physiologiste, les données de la physiologie des organes des sens en vue de l'étude des processus de l'esprit. Pour ce faire, il n'a besoin ni de recourir à des appareils de précision, ni d'employer des formules mathématiques^ Le poids et la mesure ne sont que rarement applicables aux productions et aux processus de l'esprit. Seules les fonctions psychiques peuvent être soumises aux mensurations de temps et d'espace ; et cela, grâce à la présence, dans le labyrinthe, des deux sens mathématiques généraux, qui font partie inhérente de notre faculté de penser.

Les représentations d'espace et de temps avaient été consi-

dérées jusqu'en ces dernières années comme de purs produits de 1 esprit, dont l'étude devait être abandonnée aux philosophes et aux mathématiciens. Mais, quoiqu'ils aient essayé à maintes reprises d'établir pareille origine par voie d'argumentation spéculative, leurs eftbrts sont jusqu'ici restés stériles. Récemment encore, Cari Stumpf dut avouer que. malgré la nouvelle direction dans laquelle les mathématiciens se sont engagés en adoptant la conception purement transcendentale d'une géométrie non euclidienne, ils n'ont réussi ff ni h prouver l'origine transcendentale des mathématiques, ni à faire rentrer, dune façon satisfaisante, leur nouvelle conception dans le cadre des problèmes généraux de la connaissance, ni à établir d'une façon suffisamment claire ses rapports avec les notions d'expérience ou de connaissance a priori , à l'acceptation desquelles nous sommes inévitablement amenés, de quelque côté que nous nous tournions' >/.

La cause de cet échec ne réside pas, comme le pense Stumpf. dans ce fait que les mathématiciens sont peu familiarisés avec la théorie de la connaissance, mais plutôt dans cette raison que les problèmes en question ne pouvaient tre résolus par L-s mathcmaticicns et les philosophes.

Seule la physiologie expérimentale était en possession des méthodes nécessaires pour prouver Texistence des organes des sens destinés à produire des sensations dont les perceptions provoquent les représentations de temps et d'espace 11 n'existe pas de perception sans qu'une sensation la précède, pas de sensation sans excitation préalable de tibresou de terminaisons nerveuses, et pas d'excitation s;ins Tinter vention Je facteurs d'excitation externes ou internes Ces considérations auraient dû arrêter au moins le» philosophes i|ui se réclamaient de l'empirisme, et les empêcher de parler de perceptions sensorielles quand ils n'étaient pas à

i. Cari Stumpf /) v W ifJ,-» .yhn^ t ./'. PU-I.^.^f-hir D^cour» rectoral Berlin, 1907.

même d'indiquer les organes dont les sensations devaient être perçues. Impossible d'éluder la difficultc à l'aide de savantes formules mathématiques, de finesses dialectiques, ou de sophismes ingénieux. D'ailleurs, le succès des recherches décide seul en dernière instance de la valeur des méthodes employées. Dr, /«• siiiirs s\-s/ proiioiiCi' ciiticrcnuni i'n f\n\'nr Je la plivsio/oirii- ex pc ri mentale, cjiii est arrivée à démontrer l'existence, dans le labyrinthe de l'oreille, d'appareils sensoriels spéciaux, auxquels nous devons et la perci'ption des trois directions cardi)iales qui imposent à notre conscience la représentation d' un espace à trois diniensions, et la connaissa/ici' tics nombres.

Ces appareils sensoriels sont constitués, on l'a vu. par un système de trois canaux semi-circulaires, perpendiculaires les uns aux autres, et qui, par leur position anatomique, correspondent à un système de trois coordonnées rectangulaires. Or. la représentation immédiate de ce système dans notre conscience on son abstraction idéale par notre esprit a pn parfaitement servir de' point de départ à Descartes pour la création de la géométrie analytique. Cette iféométrie, elle aussi, aurait alors pour ori^rine le/onctionnement des canajix semi-circulaires tout comme la ((éométrie d' Euclide. Dès 1878, quand j'établissais la manière dont se forme dans notre conscience ce système idéal de trois coordonnées rectangulaires, j'entrevoyais vaguement cette origine. Pour des raisons exposées plus haut, j'ai hésité à examiner de plus près la question. Le mathématicien qui s'adonnerait à la tâche de poursuivre cet examen recueillerait certainement des données précieuses pour la philosophie de sa science.

DIFFEREN'TIATION DES FONCTIONS PSYCHIQUES I <) 5

!^ 5. — La formation dk notre représentation d'un système de trois coordonnées rectangulaires descartes). Le redressement des images rétiniennes.

« Aucun autre de nos organes sensoriels, écrivais-je en 1878, ne nous permet aussi aisément d'expliquer la naissance de nos représentations directes par la nature des sensations que ne le fait l'appareil des canaux semi-circulafres. La structure anatomique de ces canaux, situés dans trois plans perpendiculaires les uns aux autres, aurait déjà pu suffire à faire reconnaître que leur destination fonctionnelle est de nous donner la perception des directions des ondes sonores venant des trois directions cardinales de l'espace. //

Bien avant que les innombrables expériences sur les canaux semi-circulaires, depuis celles de Flourens jusqu'aux miennes, aient fait ressortir avec évidence les rapports précis qui existent entre les fonctions des terminaisons nerveuses des trois ampoules et les directions de nos mouvements. on pouvait déjà, avec beaucoup de vraisemblance i ainsi que l'a d'ailleurs fait Autenrieth en i8o;), déduire de leur disposition anatomique ce mode de fonctionnement de leurs ampoules. Mais c'est seulement lorsque j'ai réussi, en 187^-76, à constater que les trois paires de canaux dirik;ent et dominent les mouvements de nos globes oculaires, dont l'importance au point de vue des représentations de temps cl d'espace est si grande, que j'ai acquis les moyens d'élucider les mécanismes par lesquels les sensations de direction permettent aux animaux de s'orienter dans l'espace extérieur et imposent à l'homme des représentations et des concepts d'un espace à trois dimensions

Depuis lors, de nouvelles observations et recherches Dr Cyos. 1 ;

expérimentales' avaient autorisé cette nouvelle induction : Ir rcdresscnir)it »/<■ //<'>" inij(ris rL'iiiiirniws, (rrài r iiuriurl u^ns sommes à mrmr dr percevoir 1rs objets exteriiiirs djiis leur sitiiii/ioii droite, devait eo-j/efuenf être attribué nu fouctiouuement des cjujux semi-circulaires. Peu à ]ieu s'imposa enfin la théorie que c'est sur le système des coordonnées rectangulaires, dont la représentation nous est fournie par les sensations des trois ampoules des canaux, que sont projetées toutes nos sensations^ et plus particulièrement les sensations tactiles et visuelles. Cette projection permet et la localisation lIcs objets' extérieurs, nécessairi' pour l'orientation dans l'espace, et le redressement simultané di's images rétiniennes, qui s'opère avant leur arrivée à noire conscience. Nous avons déjà dit que le fonctionnement du labyrinthe de l'oreille se prête particulièrement bien à l'établissement dune ligne de démarcation entre les fonctions psycho-cérébrales et les purs processus de l'esprit, c'est-à-dire entre les domaines respectifs des recherches du physiologiste et de celle du philosophe. Tant qu'il s'agit de sensations, de perceptions et de représentations immédiates, il est incontestable que nous nous trouvons en présence de phénomènes psychiques, dont l'étude ultérieure appartient au domaine de la physiologie expérimentale. Mais le redressement des images rétiniennes et la projection de nos sensations sur les trois coordonnées de l'espace rentrent-ils dans le domaine de l'âme ou dans celui de l'esprit? L'analyse détaillée des fonctions fondamentales du labyrinthe montre qu'il s'agit de phénomènes qui débutent dans les organes sensoriels périphériques et se poursuivent dans les centres ganglionnaires, destinés à percevoir les sensations provenant du monde extérieur. Or, la notion d'une fonction implique nécessairement l'existence d'un organe qui l'exerce. D'après notre différenciation, l'esprit domine les fonctions psychiques du cer-

I. Voir Ohrtahyrinth et J;ins L'Oreille, etc., ch. i. ?i!5 ^. 8 et 9 ; ch. v. Ifi 13 et n. et les figures I-VIl de- l.i planche I.

veau, en utilisant les scfisafious, perceptions et représentations directes qui s'y accumulent en vue de la formation de concepts, de jugements, etc., conlormément aux lois immuables de notre entendement. L'esprit, considéré isolément, ne possède ni contenu inné, ni organes. Encore moins peut-il être regardé comme une fiinction des cellules ganglionnaires, qui lui sont suhordonnées. En raison de l'impossibilité de formuler aucune hypothèse acceptable sur l'essence ' de l'esprit ou sur les conditions matérielles de son action, il est permis de parler des manifestations, de l'activité ou des produits de l'esprit, mais aucunement de ses fonctions. Le redressement des images rétiniennes, devant forcément s'accomplir da/is le cerveau même, peut, par conséquent, être encore considéré comme une fonction psychique des centres cérébraux, vraisemblablement de ceu.^ où aboutissent et se rencontrent les fibres nerveuses optiques et les libres vestibulaires.

Lesillusionsdessens, provoquéesexpérimentalement chez Ihomme, à laide de positions anormales données à la tète, ou chez les animaux à l'aide de verres optiques prismaticjues placés devant les yeux, afin d empêcher ou de reproduire le redressement des images rétiniennes, les labyrinthes étant d ailleurs intacts-, plaident également en faveur de 1 origine psychique de ce phénomène. Les différences entre une erreur des sens et une erreur du jugement sont, chez Ihomme, trop évidentes, pour qu on puisse considérer le défaut de redressement comme une erreur de l'esprit. Au nioven de nombreuses expériences sur les erreurs dans les sensations de directii^n chez Ihomme, j ai montré 1 impossibilité pour 1 esprit de corriger ce défaut de redressement.

1. La discussion sur l.t subst.intialitc ou la non substantiahté de l'esprit r.iit déplacée ici. 1:11c est du dt>niaine de métaphysiciens.

a. Voir les ligures i cl •» de mou OArl.thyriMtk et de L'OrdtUy etc., ainsi

iiue le chapitre v. li n des mêmes ouvr.iges.

§6. — La FORMATION' DK LA ( OXSCIENCE DU MOI CHEZ LIIO.NIME. LE DÉDOUBLEMEXT DE LA PER- SONNALITÉ.

La formation d un système de coordonnées idéal, à 1 aide des trois sensations de direction fournies par le labyrinthe, comporte une autre conséquence dont 1 explication précise se heurte à des difficultés beaucoup plus grandes. Il s'agit de la proposition d après laquelle le point O de ce système correspondrait à notre conscience du moi. Le naturaliste avait touiours considéré la formation de la conscience du moi comme le résultat ou le produit de l'ensemble de nos sensations individuelles. Or, la projection de toutes nos sensations sur le système de coordonnées du labyrinthe de 1 oreille a justement pour but la localisation de ces sensations dans lespace extérieur. L'idée de vouloir identifier le point O de ce système de coordonnées ^ avec le centre de convergence des perceptions de toutes nos sensations s'imposait donc tout naturellement. Le premier exposé détaillé de mes recherches expérimentales sur l'appareil semi-circulaire en tant qu organe périphérique du sens de l'espace (1878), exposé dans lequel j'avais développé cette idée, a été résumé de la façon suivante par \'. Hensen dansson ouvrage classique sur la physiologie des organes de lou'ie : « Si j'ai bien compris la pensée de Cyon, les sensations se produisant dans les canaux (semi-circulaires) créeraient, pour notre tète et par conséquent pour notre corps tout entier, le point O des trois coordonnées de 1 espace, point à partir duquel nous pouvons explorer l'espace à 1 aide des organes des sens et de leurs mouvements... Les sensations nées dans les canaux semicirculaires expliqueraient donc cette partie de notre con-

I. Correspondant au point d'origine du système de coordonnées selon Descartes.

DIFFERENCIATION DES FON'CTIONS PSYCHIQUES K)"]

science du moi, grâce à laquelle nous nous apparaissons à nous-mêmes, en vertu dun sentiment irréductible, comme le centre autour duquel tournent tous les autres corps. ;^ {V. Hensen. Physiologie des GehOrs. HandhitcJi Jcr Physiologie, de Hermann, y vol.)

Dans les deux chapitres précédents, cette question de l'origine de la conscience du moi a été discutée plus à fond. Ici, il ne s'agit que d'une question d'attribution, c'est-àdire de rechercher si la conscience du moi, étant donnée l'origine que je lui assigne, doit être considérée comme une fonction de l'âme-cerveau ou comme une manifestation de l'esprit; autrement dit, l'étude ultérieure de cette question appartient-elle à la physiologie ou à la philosophie? Comme dans tous les domaines limitrophes, il y aura entre ces deu.\' sciences également des provinces contestées. Nous ne citerons ici que quelques uns des arguments qui paraissent plaider en faveur de la physiologie.

Contrairement à la conscience générale, la conscience du moi ne renferme à chaque instant qu'un seul contenu. Les contradictions si déconcertantes qu'on constate dans les conceptions philosophiques de la conscience du moi découlent en grande partie de l'opinion encore régnante de Leibniz, que la conscience du moi serait identique à la conscience générale. La détinition de David Hume, d'après laquelle la conscience du moi serait un '' faisceau de représentations//, ainsi que la cc^nception de Herbart, qui voit dans le moi une '< masse de représentations m, repose ^ur des idées du même genre. Les détiniiicns d'après lesquelles la conscience du moi ne serait qu'un -^complexus de sentiments >^. du un '' ^entiuïcnt total // Wundt , sont en contradiction complète avec celles que nous venons de citer Les premières ont été proposées par des philosophes; les dernières par des psvclu» physiologistes. Ceux-ci sont toutefois loin d'être unanimes sur les détails de leurs conceptions Telle école cherche à faire dériver la conscience

du moi des seules sensations sensorielles; telle autre donne la préférence aux sentiments.

L'élimination de l'esprit du domaine des fonctions psychiques ne pourra que favoriser, sinon la conciliation, du moins l'éclaircissement de ces contradictions. En effet, cette élimination rend impossible la doctrine de l'identité, telle du moins qu'elle apparaît dans la définition si nette que lui a donnée Leibniz. La conception, d'après laquelle la conscience du moi naîtrait de la projection de l'ensemble de nos sensations sensorielles et de nos sentiments internes sur le système de coordonnées du labyrinthe de l'oreille, nous fournit, au contraire, des points d'appui grâce auxquels nous pourrons plus tard dégager les vrais rapports qui existent entre la conscience du moi et la conscience générale.

Quant aux contradictions entre psycho-physiologistes, elles s'atténuent d'elles-mêmes, si l'on tient compte des conditions énumérées plus haut (| 3), en vertu desquelles l'action excercée par les sensations des organes des sens influence et régularise le fonctionnement des organes émotionnels centraux, aussi bien de ceux du cerveau que de ceux du cœur.

Quoi qii' il t'ii soit, les foiictiojis dont il s\i[j[it sont remplies, lia fis leur partie essentielle, par des appareils nerveux et ganglionnaires; en einiséqiienee, elles sont du domaine des fduetions psyehiques. L'esprit ne peut influencer les sentiments et les sensations émotinonefles qu'indirectement et dans une mesure très limitée. C'est ainsi que les /u<rements intelleeiuels sont ineapables de eorriifer d'une façon directe les erreurs provenant d Une fausse pru/eetion de )ios sensations oit sentiments sur le système de eoordonnees, dont le point O correspond à la conscience du moi. Comme la localisation de nos sensations dans l'espace extérieur ou dans les diverses parties de notre propre organisme s'effectue à l'aide de ce système de coordonnées, on peut dire

que la formation intégrale de la conscience du moi appartient au domaine des fonctions du labyrinthe de l'oreille. Les représentations de temps et d'espace — les premières dans la mesure où elles dérivent des perceptions des sensations de direction' — doivent par conséquent être prises en considération quand on cherche à expliquer dans son mécanisme la formation de la conscience du moi.

Un grand nombre d'animaux, capables de s'orienter dans l'espace extérieur à l'aide des canaux semi-circulaires ou des octocystes, peuvent, eux aussi, dans une certaine mesure, distinguer leur être individuel du monde extérieur; ils possèdent donc une certaine conscience ou plutôt une sensation de soi. L'orgueil visible d'un pur sang arabe et le mépris qu un chien de race, bien soigné, éprouve pour les chiens moins favorisés et abandonnés à la rue témoignent même en fa\eur de l'existence, chez certains vertébrés, d'une sensation de soi assez développée, sans qu'on puisse pour cela admettre des processus intellectuels lorsqu'il s'agit d'animaux.

L'animal sent qu'il existe par lui-même en dehors des objets extérieurs qui l'entourent. Il peut exprimer ses sensations et sentiments par des mouvements -rétlexes. par des sons et par des bruits caractéristiques. Mais, sans la parole, toute formation d'idées est impossible. Le concepts d'une existence individuelle est donc inaccessible à l'animal ; il peut seulement se percevoir séparément dans l'espace et par conséquent s'orienter dans l'espace environnant à l'aide de ses sensations visuelles et de direction, (.ictle orientation se manifeste chez les animaux supérieurs possédant un labyrinthe complet en ce qu'ils peuvent ctTectuer des mouvements volontaires et coordonnés de leur corps ou des parties de leur corps, modifier leur position i^ir rap[i()rt aux objets environnants, s'en approcher

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