CORPS. AMF FT IM'KIT
les rclalions entre le corps el iame se réduisent <'// n'j//7t' i7//.v rjpporis iiilrc des oriraHiS J inic stniitiirr rxtmordi- Hiiircuunt ionipLwr et leurs /oni fions pJiysiolofriqiics. Or, sur ces rapports la physiologie n'a pas cessé d'accumuler, depuis presque un siècle, tant de données précises qu il n est plus permis de les considérer actuellement comme inaccessibles à 1 entendement humain.
La physiologie des sens supérieurs est devenue, depuis le milieu du siècle passé, la branche de la biologie la mieux étudiée et la plus solidement établie. Elle n"a pas interrompu dès lors sa marche progressive. Grâce à des méthodes de recherches qui égalent et quelquefois surpassent les méthodes les plus rigoureuses employées en physique et en astronomie, nos connaissances des fonctions merveilleusement complexes de l'œil et de l'oreille ont permis de transporter définitivement leur étude dans le domaine des sciences exactes. Les psychologues, qui s'attardent à vouloir lutter contre ces conquêtes de la physiologie par les seuls procédés d'une dialectique surannée, ne font que souligner davantage la vanité des etî'orts de leurs prédécesseurs. Des roues qu'on tourne sur place, même avec la plus étonnante habileté, ne peuvent faire avancer un chariot à bras et le mettre à même de lutter de vitesse avec une locomotive. Une psychologie, qui n'est pas basée sur la connaissance approfondie delà physiologie des sens dans son état actuel, ne peut plus prétendre à une valeur réelle, scientifique ou philosophique.
L expérimentation physiologique rencontre plus de difficultés quand il sagit d élucider, avec des méthodes précises, les fonctions des milliards de cellules ganglionnaires, auxquelles viennent aboutir nos organes des sens. L embryologie, lanatomie et Ihistologie, puissamment aidées par la pathologie anatomique, ont pris, dans les études du cerveau, une avance considérable sur la physiologie expérimentale, .\lais, là aussi, que de progrès métho-
dologiques accomplis, que de découvertes précieuses et définitivement acquises, depuis Flourens jusqu à Hermann Munkl
Nous ne pouvons mieux caractériser la portée actuelle de ces progrès quen citant le passage suivant d une des dernières études expérimentales sur les sphères sensorielles de l'écorce cérébrale. Rappelons que l'éminent physiologiste qui en est lauteur, Hermann Munk^ a consacré plus de trente années aux recherches expérimentales sur les fonctions des différentes parties du cerveau. La finesse et la précision de ses méthodes opératoires, ainsi que la critique pénétrante, mais impartiale, avec laquelle il a Ihabitude de juger aussi bien ses propres travaux que ceux dautres savants, confèrent à ses œuvres classiques une valeur toute particulière. » Les fibres nerveuses sensorielles qui, sous forme de fibres de projection, se propagent dans 1 étendue de la substance corticale du cerveau, s y terminent séparément pour chaque sens, sans s'entremêler avec les fibres d un autre sens. La substance corticale du cerveau présente ainsi un agrégat de régions distinctes pour chaque sens, que j ai appelées sphères sensorielles. Dans les éléments centraux de chaque sphère, en communication directe avec les libres de projection, se forment les sensations, les perceptions et les représentations d un seul sens. Quant aux fonctions supérieures de la substance corticale, liées aux fibres à d association et d autres éléments centraux qui s étendent sur toute sa surface, chacune de ces fonctions dépendant d organisations morphologiques déterminées, la délimitation des sphères sensorielles n a plus de portée décisive au point de vue de la localisation Pour le reste, nous sommes dans les ténèbres, parce que jusqu ici les expériences sur les animaux n ont pas abouti et que les observations pathologiques sur les aphasies,
I ncrmann Muiik. Uehtr Aie Funklionen toh Hirm hmJ Rttikrttmjrk. Ofs. MilthfilungeH. Neue Foli;e. Berlin, iqck|. Seitc 3^4
alexies, agraphies, etc., ne donnent que des indications insuffisantes et d'une interprétation incertaine. »
On voit que les progrès accomplis dans la localisation des fonctions sensorielles sont déjà considérables; ils permettent de fixer les régions où se forment les sensations, les perceptions et les représentations, c est-à-dire de pousser la localisation presque jusqu'aux dernières limites où 1 expérimentation sur les animaux peut encore donner des résultats précis. Quant aux incursions trop hardies de plusieurs embryologistes et surtout des aliénistes dans le domaine des processus intellectuels, elles ne peuvent prétendre à une valeur scientifique décisive, surtout en ce qui concerne la localisation des soi-disant centres de la pensée.
Comme on vient de le voir, le problème des rapports entre le corps et lame est déjà suffisamment élucidé quant à la localisation et aux mécanismes généraux. Reste le second problème, celui des rapports entre 1 âme et 1 esprit ou, autrement dit, entre les fonctions des centres cérébraux et l'esprit. La solution du problème ainsi formulé n apparaît plus tout à fait inaccessible à notre entendement. Les relations entre une fonction et son utilisation par les opérations intellectuelles se prêtent plus aisément à lanalyse que les rapports directs entre le corps et l'esprit. Il s agit, avant tout, de déterminer les voies par lesquelles le contenu de nos cellules ganglionnaires peut parvenir à l'esprit, qui les utilise pour former des concepts, des idées, des jugements, etc. Telle quelle, la solution du problème présente encore de très grandes difficultés, si l on veut l'attaquer de front. Aussi ai-je cherché à tourner la position et à ne l'aborder qu'indirectement : .1// lien de vouloir Jéterniiner /es voies pnr lesquelles l esprit communique avec l dme^ j ai essaye d étudier les moyens par lesquels ces voies peuvent être interrompues et rétablies.
Ces essais m'ont amené à élargir mes études sur le rôle
de Ihypophyse et de la glande pinéale par rapport au problème qui nous occupe. Dans lintroduction, j ai déjà fait allusion à une note sur les fonctions de ces deux glandes, communiquée en 1907 à 1 Académie des Sciences de Paris.
La note résume les résultats les plus importants des recherches que j ai faites pendant des années sur le fonctionnement du corps thyroïde, de l'hypophyse et de la glande pinéale. Ces recherches ont été publiées antérieurement et presque en totalité dzns Pfhigcr' s Archiv fiir die gcsammtc Pliysiolo^icK Nous ne pouvons donc que renvoyer à ces publications, nous bornant à citer ici. d'après la note mentionnée plus haut, les principaux résultats obtenus :
1° L'hypophyse assure l'autorégulation de la pression sanguine intracranienne, et veille à la sécurité du cerveau, comme à l'accomplissement efficace de ses fonctions vitales et psychiques. Elle remplit ce rôle en préservant le cerveau de tout afflux sanguin dangereux à laide d'un système d'écluses, dont les glandes thyroïdes sont les plus importantes.
2" La portion glandulaire de l'hypophyse produit deux substances actives, qui conservent le système cardio-vasculaire dans un bon état d activité. L'une de ces substances, l'hypophysine, agit en augmentant considérablement lintensité des battements cardiaques; elle constitue en outre un antidote puissant de latropine et de la nicotine.
3° L'hypophyse entretient l'excitation tonique des nerfs inhibiteurs du cœur.
4" Gr;\ce h ses substances actives qui maintiennent l'activité des nerfs svmpathiques et pneumogastriques, elle règle les échanges nutritifs des tissus et la sécrétion de plusieurs glandes. Kllc possède encore l.i propriété de
1. T. I.XX .'i CI l'n volume rcI.it.Tnt Icnseniblc de luos recherches, ix Die (jff.isxjru'if» jIs Schut^ofirAnf ./<*j CfntrjiHerxcMsyst^tHs «. paraître chez J. Spinccr. Berlin. ii)i(>
produire l'excitation des organes génitaux et urinaires. Par son action régulatrice, l'hypophyse favorise puissamment le développement cl la croissance des tissus, et tout particulièrement du tissu osseux.
y Les atïections, et même les simples troubles fonctionnels de Ihypophyse produisent certains complexus morbides, organiques et psychiques, presque toujours incurables et souvent mortels. La destruction subite de 1 hypophyse ou son extirpation totale est suivie d'un état comateux, dune perte de conscience et aboutit fatalement à la mort en l'espace de quelques jours.
6*^ La glande pinéale exerce principalement une action mécanique en réglant, par lintermédiaire de laqueduc de Sylvius, l'aftlux et le reflux du liquide cérébro-spinal.
La nécessité de maintenir, dans la cavité crânienne, l'équilibre entre la quantité du sang et celle du liquide cérébro-spinal, détermine naturellement un fonctionnement concordant de Ihypophyse et de la glande pinéale. Enfermée dans une capsule à parois rigides, et excessivement sensible aux moindres changements de pression, c est très probablement l'hypophyse qui dirige le fonctionnement de la glande pinéale ^
La note en question se termine par la conclusion que / liypophysc paraît ctrc iîcstiiicc à remplir, dans une certaine mesure, le rôle que Descartes avait assiornéà la o-lande pinéale.
Relevons encore le fait suivant : de même que, de tous les organes des sens périphériques, la labyrinthe est situé dans la partie la moins accessible du crâne, de même Ihypophyse, enfermée dans une capsule rigide située à la base du crâne sur la selle turque, est de tous les organes
I. Je n'ai trouvé dans l.i littérature aucune indication relative à l'existence éventuelle de rapports anatomiques entre l'hypophyse et la glande pinéale. J'attire l'attention des anatomistes sur le haut intérêt de pareils rapports, qui s'établissent vraisemblablement par l'intermédiaire des pédoncules de la glande pinéale.
cérébraux le mieux abrité. Des conditions morphologiques extraordinaires ont donc été créées pour assurer â ces deux organes privilégiés un fonctionnement régulier, à l'abri des da ngers extér ie ii rs .
Grâce aux nombreuses dispositions qui en font un organe régularisant la nutrition et les échanges chimiques dans les tissus et présidant au fonctionnement du système nerveux de la circulation sanguine, l hypophyse est en réalité un foyer central qui domine les fonctions vitale les plus importantes. On peut donc la considérer comme le véritable siège de la me vitale (Lebefisseelc), au sens que les philosophes anciens attachaient à ce mot . Son rôle psychologique n'est pas moins important. Les pathologistes des siècles précédents avaient accumulé des observations cliniques, qui faisaient déjà devinçr ce rôle. Mais ce n est que vers le milieu du siècle passé qu il a été précisé et démontré d'une façon indiscutable.
Les modifications pathologic[ues de l'hypophyse, accompagnées le plus souvent de modifications correspondantes du corps thvroïde et de la glande pinéale. déterminent presque toujours des troubles psychiques prononcés, qui se traduisent, au début, par une dépression et une impuissance psychiques, et par une forte tendance au sommeil; plus tard surviennent des accès périodiques d'inconscience, qui peuvent aboutir finalement à l'imbécillité complète. ^ Les facultés psychiques supérieures, consistant dans la formation de concepts, de jugements, de déductions, sont rarement atteintes dansles troubles psychiques d Origine hypophysaire, et jamais au début de la maladie... Les rapports entre l hypophyse et les facultés psychiques inférieures paraissent plus étn)ifs : la mémttire baisse, les représentations dordre inférieur, qui concernent l état corporel qui en dérivent et réagissent sur lui, accablent progressivement le sujet: l imagination^ toujours en éveil normalement^ et qui n'est liée ni au temps ni à l espace, se trouve, pour ainsi dire, empri-
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sonner iLvis l rfrcrlt^ppr irrri'strr nu/.h/t'i'f n\\sf plus capahlr de prrnJrc son rssor comme autrefois. Ainsi se produisent tes troublesde l'esprit qu'on observe si fréquemment dans les anomalies d(-s oriranes anne.ws du cerveau, celles-ci étant souvent, à leur tour, consécutivi's aux troubles de l'esprit. »
Ce tableau général des désordres psychiques qui résultent désaffections de l'hypophyse, accompagnées le plus souvent d'affections de la glande pinéale, est emprunté à un travail très remarquable de Joseph Engel, paru à \'ienne, en 1839, sous forme de thèse, avec ce titre : Ueber deii //irnanJian^ und deu Trichter ^ . Au début de son ouvrage, l'auteur passe en revue presque toute la littérature connue sur les maladies de l'hypophyse pendant les deux siècles précédents; elle abonde en observations du plus vif intérêt sur le rôle psychique de Thypophyse. Toutes ces observations, déjà anciennes, et d'autres semblables, de date plus récente, peuvent assez aisément trouver leur explication dans les troubles de la pression intracrauii-nne, qui résultent des modifications morbides subies par l Jiypop/iyse. Mais, ainsi que l'ont montré mes recherches expérimentales, l'activité autorégulatrice de cet organe n'est pas seulement d'ordre mécanique . Les substances actives que produit l'hypophyse, seules ou conjointement à celles qui sécrètent les autres glandes vasculaires, sont destinées à maintenir le système nerveux central dans un état de parfait fonctionnement. Elles semblent exercer en outre une influence directe et fonctionnelle sur les échanges nutritifs dans les tissus, ainsi que sur les sécrétions des différentes glandes, et cela, en partie au moins, par une action purement chimique.
Les troubles nerveux rappelés ci-dessus sont loin d'être les seuls que provoquent les modifications apportées au
I. Je cite ce travail de Engel. fait sous la direction de Rokitansky. parce qu'il renferme un grand nombre d'observations cliniques et de détails anatomiques d'un trèsgrand intérêt physiologique ; il a jusqu'ici complètement échappé aux auteurs modernes.
fonctionnement des glandes vasculaires, ces organes de défense et de régulation du système nerveux central. Mais ce serait dépasser le but de cet exposé que d'entrer dans d'autres détails ; les faits que nous venons de citer suffisent à jeter une vive lumière sur les deux questions posées plus haut et relatives aux voies et moyens qui rendent possibles l interruption et le rétablissement des rapports entre l'esprit et lame. La suppression complète ou partielle et le rétablissement de ces rapports peuvent être continus ou se pro~ il u ire périodiquement à des intervalles plus ou moins rapprochés, par suite des variations de la pression dans la cavité cra/iienne. Ces variations peuvent se manifester sous la forme, soit d'une augmentatiofi ou d une diminution de la pression sanguine dans les vaisseaux cérébraux, soit d un afflux ou d un reflux du liquide crébro-spinal dans les cavités et les enveloppes du cerveau.
La suppression momentanée des fonctions psychiques enlève forcément à Tesprit la possibilité d'utiliser, pour les processus de la pensée, les matériaux accumulés dans les cellules ganglionnaires. La conscience du moi, qui, ainsi qu'il a été dit plus haut, doit être considérée comme une fonction psychique, s éteint en même temps que l activité de la conscience générale, quand ces modifications de la pression intracranienne dépassent certaines limites dans l'un ou l'autre sens. Pour nous servir d'une comparaison un peu grossière, nous dirons que la façon dont s'opère l'interruption des rapports entre l'âme et l'esprit fait songer à l'envahissement de l'obscurité dans une salle d'archives où un savant poursuit ses études. Que devient la conscience générale pendant que les archives des cellules ganglionnaires sont inutilisables? (^ette question est du domaine de la métaphysique Au physiologiste appartient seulement d'indiquer les faits de pathologie expérimentale de nature à faciliter l'examen du problème.
Parmi les symptômes des affections hypophysaires, nous
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avons cité le retour périodique de l'état inconscient et une somnolence persistante. Ces disparitions périodiques de la conscience s'observent normalement et à des intervalles réguliers chez l'in^mme et chez les animaux sains : elles constituent le soinm.eil. Le sommeil normal repose en eflet en grande partie sur certaines oscillations de la pression sanguine qui se manifestent chez l'homme par des changements survenant dans le calibre des vaisseaux cérébraux. Mais la pression sanguine étant réglée par l'hypophyse, il est permis de supposer que le sommeil est un phénomène qui dépend du fonctionnement de l'hypophyse et de la glande pinéale. Quelques travaux spéciaux, publiés récemment, semblent confirmer cette hypothèse. C'est ainsi que M. Salmon, à la suite de ces recherches sur l'hypophyse, a formulé l'hypothèse que le sommeil physiologique sera produit par certaines sécrétions de sa partie glandulaire. De son côté, M. Gemellia publié d'intéressantes observations sur les modifications histologiques qui surviennent dans l'hypophyse des marmottes pendant le soleil hivernal. Certaines de ses cellules, et plus particulièrement les éosinophiles, diminueraient de quantité durant cette période. Si le fait venait à être confirmé, on devrait strictement en conclure que l'activité glandulaire de l'hypophyse chez la marmotte diminue, en même temps que bien d'autres fonctions vitales, pendant le sommeil hivernal.
Pour pouvoir préciser davantage l'action de l'hypophyse dans la production de l'inconscience durant le sommeil, il serait préférable, iusqu'à nouvel ordre, de faire abstraction de toute action chimique possible. Nous n'en connaissons actuellement que l'aboutissement final. Les phases intermédiaires de cette action ne pourront être élucidées avec quelque certitude que quand la constitution chimique des substancesactivesde l'hypophyse sera définitivement établie. Tenons-nous en donc pour le moment à l'analyse de l'action mé*\:anique de l'hvpophvse, déjà suffisamment élucidée.
DIFFEREN'CIATION DES FON'CTIONS PSYCHIQUES 2^7
l'ne diminution de l'activité hypophysaire pendant le sommeil doit se manifester par un reflux moins rapide du sang des vaisseaux cérébraux, donc par une certaine augmentation de la masse sanguine dans la cavité crânienne. Or, toute stase sanguine dans le cerveau, arrivée à un degré déterminé, diminue forcémentl'activité d'un certain nombre de cellules ganglionnaires.
Nous venons de parler du maintien de l'équilibre stable, ou plutôt du balanccnicnt entre la quantité du sang et celle du liquide cérébro-spinal à l'intérieur de la boite crânienne. Une augmentation de la quantité du sang, par exemple, doit être sui-vie, pour des raisons purement mécaniques, d'une diminution de la quantité du liquide cérébro-spinal, et vice versa. Pour contrebalancer cet effet mécanique, il faudrait une intervention iicrccHsc de l'hypophyse, modifiant l'état fonctionnel de la glande pinéale. Nous ne possédons malheureusement aucune donnée directe démontrant la possibilité d'une pareille intervention, pourtant indispensable pour maintenir l'intégralité du fontionnement cérébral. Quand il s'agit d'une modification périodique, d'ordre fonctionnel, de la pression sanguine, moditîcation amenée par l'hypophyse, l'action de la glande pinéale ne pourrait s'accomplir que dans un sens concordant avec le but physiologique de cette modification. Pareille action serait ainsi tout à fait indépendante du balancement mécanique des ijuantités respectives des deux liquides intracraniens. Hlles pourrait accélérer ou retarder, selon le but à atteindre, l'écoulement du liquide cérébro-spinal par l'aqueduc de Sylvius. Or, depuis quelque temps, se multiplient les observations indiquant qu'une certaine tension dans ces cavités exerce une action directe et favorable sur l'activité des cellules ganglionnaires qui participent le plus à la vie intellcelucllc ' .
I. K.ippclon«>, par exemple, les rèccntesi conclusions tirées p.ir Han'^e-
Deux facteurs pritVi'iit Jituc .Tarircoiuurrrnniu-nlpcihLDit II' soninu'il pour afjaihlir on suspendre le fond iojuic nie lit pswhiqne des eellnles ^anirlionihiires et pour Ironhler éventuellement, dans le trajet, l \ietion de L'iirs filtres d association. Ces deux faeteurs, l aunrnientation de pression dans les vaisseaux et la diminution de tension dans les cavités cérébrales, dépendent directement du mode de fonctionnemcfit de lliypophyse et de la j^lande pinéale.
Comment la diminution de l'activité fonctionnelle des cellules ganglionnaires et les troubles de leurs trajets d'association se manifestent-ils pendant le sommeil ? Tout homme habitué au travail intellectuel peut répondre à cette question en s'aidant d'observations faites sur lui-même : l'assoupissement se manifeste d'abord par un état confus dans les contenus de la conscience générale, par un affaiblissement de la conscience du moi, et par une fuite d'idées que les efforts ordinaires de l'attention n'arrivent plus à arrêter. Les sensations, perceptions et impressions deviennent vagues et imprécises; les plus hétérogènes s'associent entre elles d'une façon de plus en plus incohérente. On dirait que les appareils cérébraux d inliibition qui, à létat normal^ f^^^^*' larisent ces associations, ont subitement cessé de fonctionner. La durée de cette période d'assoupissement est très variable : elle peut n'être que de quelques secondes ou atteindre plusieurs minutes, sous certaines influences extérieures ou intérieures. Le phénomène le plus constant et le plus apparent au moment de l'assoupissement se manifeste par un embrouillement de plus en plus grand des idées arrivant à notre conscience et par la confusion de nos impressions. Seul un réveil complet met fin à l'anarchie qui précède le sommeil profond avec perte complète de la connaissance.
Nous ne pouvons d'ailleurs eju'émettre des hypothèses
niann de l'cxcimcn minutieux des cerveaux de Helmholtz et de Mcnzel. .lu point de vue de la distension notable de leurs cavités.
DIFFERENCIATION DES FONCTIONS PSYCHIQUES 2}l)
plus OU moins vraisemblables relativement aux phénomènes dont la vie psychique est le théâtre pendant le sommeil même. Les indications tirées de la façon dont se comporte le dormeur dans certaines manifestations accessibles à l'observation, comme par exemple dans les mouvements réflexes, par lesquels il réagit aux excitations extérieures, ne permettent aucune conclusion bien précise. L'activité, dite inconsciente, de l'âme ou de l'esprit pendant le sommeil, dont plusieurs philosophes font si grand cas, ne présente pas beaucoup d'intérêt pour le physiologiste, justement parce qu'elle reste en dehors de notre connaissance. Les bribes de nos songes parvenant à notre conscience, directetement ou à travers les souvenirs, se rapportent à des phénomènes s'étant effectivement déroulés, non pendant le sommeil, mais pendant l'état de demi-veille qui précède le réveil complet ou qui interrompt de temps à autre le sommeil.
Or, l'observation de tous les jours nous apprend que, si y assoupissement produit une confusion absurde d'idées et de représentations, le rcvcil se manifeste souvent par le phénomène opposé. Presque tous les savants dont 1 activité fut largement créatrice ont eu l'occasion de faire la constatation suivante : la première idée claire qui se présente à notre esprit après le réveil fournit parfois la solution inattendue d'un problème qu'on sétait vainement etïorcé de découvrir pendant de longs mois. La conscience commune des peuples n'ignore pas ce fait. '^ Le matin est l^lus intelligent que le soir », affirme le dicton russe ; la nuit porte conseil //, dit le proverbe français, etc A la suite de nombreuses observations personnelles, je suis arrivé à la conviction que l'heure matinale n'a rien à voir avec la naissance subite d'idées heureuses. Il ne s'agit que d'une coïncidence fortuite entre le soir et le moment de l'assoupisscmciit d'un côté, entre l'heure matinale et le réveil de l'autre côté.
Depuis de nombreuses années, et principalement pendant les périodes de grande tension intellectuelle, mon sommeil se prolonge rarement plus de deux ou trois heures, et cela tout à fait indépendamment de l'heure où il a commencée D'après ma longue expérience, Ylu'iirc du rcvcH et la durcc du sommeil n'exercent aucune influence appréciable ni sur laptitude productrice de l'esprit aussitôt après le réveil, ni sur l'apparition des intuitions heureuses au moment du réveil. Seule la profoiulciir du sommeil présente sous ce rapport une certaine importance, parce que seul le sommeil profond constitue un repos pour notre cerveau. Or, à l'état normal, le sommeil le plus profond a lieu pendant les premières heures qui suivent l'assoupissement. Tous les observateurs et expérimentateurs qui, comme Kohlschùtter, Michelsohn et autres, ont étudié spécialement les phénomènes du sommeil, sont d'accord là-dessus. Aussi, deux ou trois heures de bon sommeil suffisent-elles, même chez les personnes qui se livrent à de grands efforts intellectuels, pour que le cerveau reposé puisse reprendre le travail ; ceci toutefois à la condition que le réveil se produise spontanément, sans que des circonstances extérieures, telles que bruits ou attouchements, aient contribué à le provoquer.
Idées intuitives, solutions inattendues, que des mois de réflexion intense n'avaient pas permis même de soupçonner, surgissent ainsi assez souvent au réveil d'une façon subite.
On reçoit l iniprcssio)! que l'iipparitioi de ces idées a été Li cause du réveil. Mais le réveil, avec les nouvelles idées qu'il apporte, ne signifie pas toujours la tin complète de l'inconscience : 1 idée sur(rie apparaît seule à la conscience générale ; la pleine conscience du moi ne revient que lentement et progressivement.
1. Voir Olirlahyrinth, appendice au paragraphe du chapitre m.
2. Lesprit. par lui-même, ne connait pas la fatigue : ce sont les cellules ganglionnaires surmenées qui refusent leur concours au travail de l'esprit, toujours en éveil.
C'est d'habitude après le retour de la conscience du moi que des rapports s'établissent graduellement entre la nouvelle idée et celles qui avaient préoccupé l'esprit préalablement au sommeil. Il se passe un intervalle sensible avant que l'enchaînement des idées qui a conduit à la solution du problème apparaisse clairement à notre conscience. Encore manque-t-il le plus souvent à cet enchaînement quelques chaînons, surtout celui qui 2l prcccdi' immédiatement l'apparition de l'idée intuitive. Il est naturellement difficile de définir exactement la durée de cet intervalle. Tout ce qu'on est en droit d'affirmer, c'est que la période de demi-réveil a une durée variable, et que les processus de l'esprit dont nous parlons s'accomplissent dune façon sensiblement plus lente que dans la fuite désordonnée des idées au cours des vrais rêves.
C>es faits, que bien des philosophes et des psychologues connaissent par observation personnelle, ont donné lieu à de nombreu.K essais d'explication. La philosophie de l'inconscient repose, en dernière analyse, sur l'apparition subite d'idées inattendues, déchirant, comme un éclair, les nuages qui avaient empêché la lumière de se faire dans 1 esprit On cherche à expliquer couramment ces apparitions en admettant qu'un grand nombre de manifestations de lactivité intellectuelle, psychique ou cérébrale «selon la conception particulière de tel ou tel philosophe; se proluisent en dehors de l'intervention de notre conscience, la plus grande partie de ces idées resterait inconsciente. oQ ne parviendrait tôt ou tard à notre conscience qu'à l'état fragmentaire. Pareille explication commande certaines réserves de la part des physiologistes. Les phénomènes qui n'atteignent pas notre conscience ne peuvent, en général, faire 1 objet de recherches exactes. Quant aux pensées inédites, iiui paraissent envahir notre conscience subitement, rien n'est moins aisé que d'en élucider l'origine, fut-ce d'une manière approximative Seule une longue expérience pcr- I)h Cyon. i<.
2^12 CORPS, AMK ET KSPHIT
sonnelle dansl'observation psychologique subjective permet de retrouNcr quelques indications valables sur l'origine première des idées spontanées ou intuitives dans notre travail intellectuel précédant le réveil. Les observations d'autrui ne doivent être accueillies qu'avec une extrême prudence, et seulement quand elles émanent d'observateurs é-prouvés et qu'elles concordent, dans les lignes principales, avec nos propres données.
Ces réserves formulées, et en prenant pour point de départ la ditïérenciation proposée des fonctions psychiques, essayons une explication de plusieurs des phénomènes en question. Les connaissances déjà acquises sur la destination physiologique de Ihypophyse et de la glande pinéale et sur leur intervention, soit dans le retour périodique de l'inconscience (sommeil), soit dans les états comateux pathologiques ou provoqués expérimentalement, nous serviront de guide dans cet essai.
L'activité de notre système nerveux central peut diminuer, mais non disparaître complètement pendant le sommeil. Hn etïet, le système nerveux sensible et sensoriel ne connaît pas d'intervalles libres de toute excitation. Qu'elles émanent des nerfs sensibles de la périphérie ou des organes internes, les excitations sont continuellement transmises aux cellules ganglionnaires centrales, où elles contribuent à former des dépôts d'énergie psychique (énerginomes) et, en partie aussi, à maintenir notre système musculaire dans un état de contraction tonique. Des appareils d'inhibition spéciaux, dont les principaux ont leur siège dans le labyrinthe de l'oreille, dirigent et règlent la distribution et l'utilisation de ces forces d'excitation afin d'empêcher qu'elles ne se dissipent en innervations inutiles ou exagérées. Sur ces mécanismes, décrits par nous en détail dans un précédent ouvrage \ repose la véritable ééonomie de nos fonctions psychiques.
I. Voir OIn l.ihvrintli. rh m, ?;:; 7-1 1 . cl plus haut. ch. m. ?; 2. L'Oreille même, cluip
Pendant le sommeil, quelle qu'en soit la cause, les excitations qui parviennent du monde extérieur au système nerveux central se trouvent considérablement réduites ; cette réduction doit avoir pour conséquence un atiaiblissement notable dans le fonctionnement des centres psychiques. L'hypophyse et la glande pinéale continuant d'exercer sur ces centres leur action propre, dont on a parlé plus haut, il en résulte que, avec la disparition de la conscience du moi, la vie psychique se trouve considérablement diminuée et peu à peu presque entièrement suspendue. // uc saurait donc ctrc question d une activité inconsciente de l'esprit pendant le sommeil. Les associations désordonnées et épisodiques de représentations vagues et de perceptions obscures, qui peuvent se produire, proviennent d'excitations acciden. telles, extérieures ou intérieures, et ne sauraient aucunement fournir matière au travail productif de l'esprit. Elles sont donc loin d'avoir l'importance décisive que leur prêtent ertains philosophes de l'Inconscient. Ce n'est qu'à l'état de fragments détachés, complètement inutilisables, qu'elles parviennent à notre conscience du moi. et encore le plus souvent le fait ne se produisait-il que si quelque excitation extérieure accidentelle, plus eftîcace, rend le sommeil momentanément plus léger.
Quelles raisons aurions-nous d'ailleurs d'admettre une activité inconsciente de l'esprit pendant le sommeil? Comment cette activité pourrait-elle se manifester? D'après notre conception, lesprit ne possède pas de contenu qui lui soit propre. Il ne possède que des facultés et des virtualités II a besoin, avant tout, pour exercer son activité, de se servir les contenus accumulés dans les cellules ganglonnaires A supposer que 1 esprit pût. même pendant le sommeil, disposer de certains contenus cellulaires pour lassocialion et la formation d idées, son pouvoir ne saurait être que très limité ; il ne s'étendrait que sur le petit nombre des centres cérébraux ayant échappé accidentellement à l'action narco-
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tisante de Ihypophyse et de la glande pinéale Parmi ces centres restés éveillés, c'est-à-dire en communication active avec lesprit. on devrait comprendre, principalement, ceux qui, pendant la période précédant immédiatement le sommeil, ont jKirticipé d une façon très intense à l'activité spirituelle. Les cellules ganglionnaires, utilisées pendant un temps plus ou moins long pour le travail intellectuel soutenu, ont déjà, il est vrai, dépensé, à l'état de veille, infiniment plus de forces d'excitation (qui constituent lénergie psychique) que leurs voisines. Mais l'activité des autres centres du cerveau se trouvant suspendue pendant le sommeil, les centres en éveil, exempts de concurrents, disposeraient ainsi dune réserve d énergie psychique accumulée dans les centres voisins. L\'sprit poiirrttil donc co)iliniicr j exercer son jctivitc crcjtricc, et . jii réveil brnsLjiu', les rcsnltats de eeiie jetivitè, péné/rjn! djns la conscience, formeraient des pensées intuitives. Une pareille explication du phénomène qui nous intéresse n'est pas la seule possible.
On peut encore en admettre une autre qui, à certain point de vue, apparaît même comme la plus vraisemblable. Les rapports de l'esprit avec les centres cérébraux qu il avait mis spécialement à contribution sont eftectivement rompus durant lesommeil, et lesprit ne commence à les renouer que pendant la période, plus ou moins courte, du demi réveil. Dans cette période, la conscience du moi qui. d après ma conception, correspond au point O du svstème de coordonnées sur lequel sont projetées toutes nos sensations, extérieures ou intérieures, commence à revenir peu à peu. (^et état de demi-conscience, que les philosophes désignent sous les noms de suhconscience ou de conscience sitbliniinale, doit, conformément à notre manière d'envisager les processus de lesprit, se prêter le mieux à son activité créatrice. Les centres cérébraux t[ui. depuis un certain temps déjà, avaient absorbé l'attention de l'esprit, doivent aussi être les premiers dont le contenu peut communiquer avec lui. lors du réveil
DIFFERENCIATION DES FONCTIONS PSYCHIQUES 24s
de la conscience du moi II est permis d admettre que les autres centres cérébraux, encore plongés dans le sommeil, restent inactifs et hors d état de faire grand usage d énergie psychique. En effet, la concentration de 1 attention sur certains centres cérébraux exerce une action inhibitrice sur l'activité des centres voisins, et cela grâce à leur concurrence inévitable pour les sources d énergie : les premiers peuvent donc disposer de forces psychiques bien plus puissantes.
Dans cette conception de 1 origine des intuitions, il peut i-ncori' moins que dans la prccédciitc ctrc question Jr l aciivitc inconsciente de I esf^rit pendant le sommeil. Hn etlet, il ne s'agit là que d'une activité limitée à la courte période de demi-sommeil, où les relations interrompues entre la conscience générale et la conscience du moi commencent à peine à se rétablir.
Quant à la véritable valeur des intuitions qui apparaissent pendant cet état de demi-conscience, il est impossible d en juger avant le réveil complet, cest-à-dire avant que l'esprit ne soit entré en relation avec le contenu de toutes lescellules ganglionnaires qui, à la réflexion, doivent être mises en rapport avec ridée intuitive afin que 1 esprit puisse la soumettre à une analyse logique nouvelle. Ces cellules ganglionnaires doivent, par conséquent, se tr«tu\er déjà en parfait état de fonctionnement. Selon la théorie du sommeil de Pfluger. qui conserve encore toute sa valeur dans ses lignes principales, le réveil n est complet que quand la somme des excitations internes et externes dans les ganglions est arrivée au maximum nécessaire pour leur bon fonctionnement Cc\ état exige, de son coté, que les énergies psychiques aftluent librement de leurs diverses sources, notamment des deux sens supérieurs : la vue et l'ouie. Telles idées, qui nous apparaissent comme des intuitions géniales dans l'obscurité ou pendant que nos yeux sont encore fermés, se dévoilent très souvent à la lumière du jour comme de simples chimères, sans valeur aucune
V.n rcalitc, seul le naturaliste peut arriver à former un jugeiuent délinitif sur la valeur des idées intuitives, et cela en les soumettant à 1 épreuve expérimentale. Les intuitions subites des métaphysiciens, ne pouvant être soumises à aucun contrôle, ne doivent pas, par conséquent, être comparées aux véritables intuitions créatrices du naturaliste. Leur valeur reste toujours contestable.
Tous les savants qui ont fait du sommeil lobjet de leurs observations et de leurs expériences reconnaissent le rôle tout particulièrement important o^u\ revient à l'organe de 1 ouïe dans le mécanisme de lassoupisssement et du réveil. Ce sont les sensations auditives qui disparaissent les dernières pendant lassoupissement ; ce sont encore elles qui peuvent le plus facilement empêcher ou interrompre le sommeil. Dans le sommeil narcotique également, ce sont elles aussi qui persistent le plus longtemps. Dans la narcose produite par la scopolamine, par exemple, l'organe de louïe parait être le seul organe sensoriel dont le fonctionnement reste intact pendant toute la durée de la narcose.
Etant données nosconnaissancesactuellesdu rôleque joue le labyrinthe de loreille dans la formation de la conscience du moi, comme point d'origine du système idéal des coordonnées rectangulaires de Descartes, les rapports entre lorgane de lou'ie et l'action de nos sensations auditives sur le sommeil et le réveil acquièrent une portée toute nouvelle. Ils semblent indiquer que les terminaisons cérébrales des nerfs acoustiques doivent avoir des relations fonctionnelles, et mémeanatomiques, avec 1 hypophyse. Nous avons exposé plus haut les résultats de lexpérimentation physiologique et de 1 observation pathologique qui permettent de considérer l'hypophyse comme le centre principal des fonctions vitales '^^l'àme vitale). Ses communications avec le principal sens intellectuel, auquel nous devons notre conscience du moi, éclairaient dune vive lumière In n.iture des rapports entre lame et lesprit.
Un nouveau champ d'expériences s ouvre ici au physiologiste. Il s'agit d élucider davantage linfluence que les excitations des nerfs acoustiques peuvent exercer sur lessvstèmes nerveux cardiaque et vasculaire, dont le fonctionnement, comme je lai démontré, est en grande partie réglé par Ihyphyse. Dans de pareilles recherches expérimentales, il faudraitsoumettre les nerfs vestibulaireset les nerfs cochléaire>. isolement, à l'excitation, et aussi bien à 1 excitation mécanique et électrique qu'à l'excitation par des ondes sonores. Certes, 1 exécution de telles expériences présenterait de grandes difficultés techniques ; mais aussi leurs résultats éventuels seraient d une portée considérable. Les procédés opératoires exigeraient des soins tout particuliers ; mais, pour un expérimentateur qui veut s attaquer à de pareils problèmes, il ne doit pas exister de vivisections inexécutables.
En somme, 1 analyse de nos connaissances actuelles >ur les fonctions de l'hvpophyse et de la glande pinéale, ainsi que sur le mécanisme de notre sommeil, indique que le fonctionnement purement psychique du cerveau ne peut s'exercer, durant le sommeil, que d une manière défectueuse, incomplète, et tout à fait incohérente. L'activité de lesprit peut, par conséquent, être considérée comme effectivement suspendue pendant le sommeil complet. Ce n est que dans la période du demi-sommeil, ou plutôt du demiréveil, qu une pareille activité peut se manifester, et cela dans les conditions que nous venons d exposer.
La possibilité d un travail inconscient de l'esprit pendant 1 état de veille constitue un problème distinct de celui qui nous a occupé dahs ce paragraphe, .\lais, après les éclaircissements donnés sur les processus psychiques pendant le sommeil et pendant l'état subconscient ou subliminal, une activité productrice inconsciente de notre esprit est inadmissible /.csf>nf triivjillc /ou/uitrs ditiie injiiii're consciente.