I. Hi$. Umstrt Korf>rrform. Leipzig
scientifique ; ainsi en jugea léminent professeur Riitmeyer. Hn manière d'excuse. Haeckel, dans les éditions suivantes, accabla Riitmeyer d'injures aussi indignes qu'imméritées.
Le cas cité est loin d'être le seul où Maeckel se soit ainsi permis de faire à la nature des lorm/ions CL'iinsrcih'tÎLjiii's. Dans toutes les éditions de son H istoiri- Je la crcation se trouvent deux grands tableaux représentant l'indentité des formes, d'un côté, dans les fœtus de l'homme et du chien, de l'autre, dans ceux de la poule et de la tortue. "' De ces dessins, écrit His, les uns sont des copies, les autres sont de pure invention. La ligure qui est censée représenter le fœtus d'un chien à l'âge de quatre semaines a été prise chez BischotT tabl. XI, 42 B.) : le f(i?tus humain de quatre semaines 'est empruntée Ecker \Ico}!cs plivsiol., tabl. XXX, 2). //
Encore, dans ces copies mêmes. Haeckel s'est-il permis des changements considérables par déférence pour sa loi biogénétique, Le fœtus du chien, chez Bischotï, n'a que vingt-cinq jours ; chez Haeckel, il a quatre semaines. Ecker u'iuiliqiic iiullctucut Vd^^c tin fivtus hitnuiii: Haeckel lui donne aussi quatre semaines. En réalité, ces fœtus différent en des points essentiels; mais, à l'aide de certains arrangements, Haeckel s'est appliqué à faire disparaître ces différences gênantes pour son système. Ainsi, par exemple, il a allongé de ^ millimètres 1/2 la petite fistule du chien et raccourci de 2 millimètres celle de l'homme. En même temps, il a rétréci de j millimètres le front de l'homme et notablement allongé sa queue.
Plus instructifs encore sont les exemples de falsifications que le professeur Semper, le célèbre zoologiste de Wurzbourg, a mentionnés dans sa brochure sous la forme d'une Lettre ouverte ."z M. le professeur Hiieekel J /('//./i Hambourg, 1877). \'ingt pages sont consacrées à l'énumération des altérations de dessins que Haeckel a commises dans son A util mpoj^e nie. Sans même parler des figures fantastiques et complètement imaginaires qu'il a si largement prodiguées
dans son livre, pour nous représenter les coupes des fabuleux Urthicrc, nous signalerons le fameux « ver supérieur //, figuré dans le septième dessin du quatrième tableau, et les six dessins servant à démontrer l'opération du sillonnement chez l'homme (tabl, II, fig. 12-17; : ils sont tous de pure invention. Et comment qualifier les retouches qu'il s'est permis de faire subir aux figures empruntées par lui à d'autres auteurs?
Un savant qui recourt à de tels procédés peut-il encore prétendre au titre de naturaliste sérieux? Comme His le fait justement remarquer, se jouer ainsi àts faits est bien plus impardonnable encore que de jouer sur les mots. Tout homme qui réfléchit finit par s'apercevoir du sophisme, tandis que la falsification des faits ne peut être reconnue que par un spécialiste. Kt Haeckel s'adresse précisément au public profane !
En présence d'accusations aussi précises, toute réiutaiioii directe était impossible. Aussi, comme à propos de ses falsitications plus récentes, relevées par le Dr Hrass, Haeckel essaie-t-il seulement de plaider les circonstances atténuantes C est ainsi que. dans la préface de la troisième édition de son .1 nthropofrcnic, il assure que les dessins en question sont purement schématiques
Avant tout, il faut dire que. d'une façon générale. les dessins schématiques sont inadmissibles quand il s'agit de démontrer YiJciititc des formes. Si l'on se contente de quelques lignes indiquant les contours, on peut facilement prouver que la \*énus de Milo est d'une ressemblance frappante avec quelque femme hottentote ou que le Louvre fut édifié sur les plans d'une caserne quelconque. Haeckel répète à satiété dans ses ouvrages que l'examen comparatif le plus minutieu.x ne peut révéler aucune ditTérence entre les fœtus de tels ou tels animaux, et il cherche a en administrer la preuve par des schémas! Cela n'est pas digne d'un livre de science
La vérité est que les dessins incriminés ne sont nullement schématiques. Tous, sans exception, représentent les rapports de forme des fœtus dans les plus petits itctails, souvent avec l'indication précise de l'agrandissement adopté î Est-ce donner des diagrammes que de servir un seul et même cliché sous trois dénominationsditïérentes, en invitant les lecteurs à s'assurer par eux-mêmes de la ressemblance qu'offrent entre eux les fœtusde l'homme, du singe et du chien ? Peuton parler de schématiser lorsque, dans un dessin emprunté, on se permet d'omettre certainsdétails, d'en ajouterd'autres, et de changer les dimensions des diverses parties? Et les coupes transversales ou longitudinales d'animaux qui n'ont jamais existé, seraient-elles aussi de simples schémas? Des schémas de fictions, alors?
Haeckel admet que la nature altère sa loi biogénétique par des falsifications innombrables. On ne peut que regretter qu'il se soit cru autorisé à imiter les procédés qu'il prête à la nature.
'< J'ai grandi dans la conviction, écrivait à ce propos l'honoré professeur His, qu'entre toutes les qualités nécessaires à un naturaliste, la droiture et le respect absolu de la vérité matérielle occupent la première place. Maintenant encore, je suis d'avis que toutes les autres qualités, même les plus brillantes, pâlissent, si celles-là font défaut. D'aucuns peuvent apprécier dans Haeckel un chef de parti actif et intrépide : pour moi, j'estime que ses procédés de polémique lui ont enlevé le droit de compter au nombre des savants sérieux'. //Tout récemment, le physiologiste Victor Hensen, qui est en même temps un savant morphologiste, a porté sur ces procédés de Haeckel un jugement bien plus sévère ^ncoTQ iUnscre IVcIt, 1909).
Il nous parait superflu de poursuivre le relevé des objections qu'a soulevées Y AfitJiropogcnic. Deux mots encore sur