‹ Dieu et science: essais de psychologie des sciencesChapitre 48 sur 59 · E. du Bois-Reymond. Rtu/tn. Leipzig, ibb<) ; i" vol · texte numérisé non relu

E. du Bois-Reymond. Rtu/tn. Leipzig, ibb<) ; i" vol

vent les hérésies scientifiques les plus sangrenues. Dans son traité de physiologie, dont la dernière édition date de 18^8, il essayaitd'expliquer les phénomènes de la vie organique par la seule action des lois physico-chimiques. Il en est revenu peu à peu, pendant le cours des innombrales recherches qu'il fit exécuter à Leipzig, par ses nombreux élèves, sur les phénomènes de la vie. C'est pourquoi il renonça à publier une nouvelle édition de son traité, trop mécaniste. Il ne cachait pas son profond mépris pour les conceptions matérialistes de Bùchner, Moleschott et autres, en tant que doctrines scientifiques. Jamais le darwinisme ne fut considéré par lui cornme une théorie sérieusement démontrée : quant au haeckélisme, il suffit de dire que Ludwig avait fortement encouragé son collègue et ami His à publier intégralement l'ouvrage embryologique dont nous avons cité, dans le chapitre pércédent, quelques appréciations, si accablantes pour Haeckel.

Ayant participé pendant plusieurs années à la vie quotidienne de Ludwig, j'ai eu souvent l'occasion de constater chez lui un profond sentiment religieux, qu'il manifestai! surtout quand, à la Thomaskirche, nous assistions aux concerts de musique religieuse. Aussi ne fus-je nullement surpris d'apprendre quelle vive impression le séjour à Rome, en 1877, avait produite sur son esprit. Le jeudi saint, il était agenouillé sur la place Saint-Pierre, au moment où Pie IX donnait, pour la dernière fois, la bénédiction urhi rt r'/-/»/ ; saisi d'un enthousiasme irrésistible, Ludwig se leva brusquement et se mit à crier : Evviva il Papa infaiïlthiW. Son compagnon de voyage, le professeur Kronecker, dont je tiens ce récit, eut quelque peine ;\ le calmer, ses cris commençant cà émouvoir l'entourage. N'oublions pas que Ludwig était protestant.

Les conceptions philosophiques et religieuses des illustres représentants des sciences physiques otïrent, au point de vue i|ui nous occupe ici. un intérêt un peu moindre que

celles des biologistes. Les conceptions des physiciens et des astronomes modernes se rattaciient le plus souvent à celles des grands créateurs de ces sciences aux xvf et xvii" siècles. Si les croyances religieuses de plusieurs parmi eux ont subi de légères modifications, c'est surtout sous linlluence de certaines doctrines biologiques ; en effet, la psychologie de la religion est avant tout dominée par l'idée qu'on se fait des phénomènes de la vie. Mais l'ébranlement des conceptions déistes, produit par la célèbre formule de Laplace. qui prétendait embrasser tous les phénomènes de l'univers, ceux du passé comme ceux de l'avenir, ne fut pas de bien longue durée. Sous l'influence des transformations successives des théories scientifiques du dernier siècle, la vanité des efforts tentés pour expliquer tous les mvstères de l'univers par une équation mathématique quelconque est devenue évidente. Les savants créateurs des sciences physiques et chimiques, qui sont nommés plus haut, étaient connus comme des spiritualistes convaincus et des chrétiens sincères ; je ne m'arrêterai qu'aux plus illustres, dont la psychologie présente, au point de vue des conceptions religieuses, un intérêt tout particulier. A défaut d'une documentation publique, j'ai pu me procurer, sur plusieurs d'entre eux, des renseignements inédits et authentiques.

Commençons par le grand Ampère, le créateur de l'électro-dynamique. l'un des plus profonds penseurs parmi les savants du xix'' siècle. Mathématicien de génie, il avait acquis, à l'âge de treize ans, sans l'aide d'aucun professeur, les vastes connaissances mathématiques dont, plus tard, il sut faire un usage si fécond en chimie et en physique. Expérimentateur extrêmement ingénieux et audacieux, il prévoyait les résultats des expériences destinéesà vérifier la justesse des lois électro-magnétiques, qu'il avait d abord découvertesà l'aide des calculs de la pure analyse. Aussi a-t-il accompli en électro-dynamique une œuvre grandiose, comparable à celle qui devait immortaliser deux physiciens de

génie, Maxwell et Hertz, à la fin du xix^ siècle. Esprit intuitif par excellence, Ampère a enrichi aussi bien la chimie que la physique d'inoubliables recherches, dont il entrevoyait presque toujours la grande portée générale pour la philosophie des sciences.

La philosophie et la métaphysique occupèrent, en effet, dans sa vie une place aussi large à côté des travaux scientifiques. Il faisait, au (Collège de France, un coursde philosophie parallèlement à son cours de physique. Son Essji sur la pJîilosopJuc des sciences restera un chef-d'œuvre impérissable. Sa classification systématique de toutes les branches du savoir humain témoigne en même temps de l'universalité vraiment prodigieuse de ses connaissances et d'une puissance d'esprit capable de saisir l'essence fondamentale des sciences les plus diverses, afin d'en déterminer les véritables rapports et d'établir les causes intimes de leur développement antérieur. Ainsi est-il arrivé à apprécier avec une justesse remarquable la véritable part qui revient à la psychologie de l'homme dans l'entendement des phénomènes cosmogoniques. Si Ampère avait vécu jusqu'à l'achèvement de son vaste programme de classification de toutes les sciences, il aurait accompli, en philosophie, une œuvre comparable seulement à celles d'Aristote et de Leibniz.

Les convictions religieuses d'Ampère avaient été très vives dès sa jeunesse. Après une courte période d'hésitations où il vécut les tourments du doute, comme Pascal, Hallcr et bien d'autres maîtres de la pensée, il revint entièrement à ses premières crovances. RatTermi pour le reste de sa vie dans la foi chrétienne, il composa à cette occasit>n une belle prière, dont quelques lignes montreront l'élévation : *f- Mon Dieu, je vous remercie de m'avoir créé, racheté et éclairé de votre divine lumière en me faisant naitre dans le sein de l'Lglise catholique Je vous remercie de m'avoir rappelé à vous après mes égarements, je sens que vous voulez que je ne vive que pour vous et que tous mes moments vous soient

.) }2 DIEU ET 1. HOMMH

consacrés. // La prière finit par ces paroles : '< O Seigneur, Dieu de miséricorde, daignez me réunir dans le ciel à ce que vous m'avez permis d'aimer sur la terre. ' // A la fin du présent ouvrage, je reviendrai sur les conceptions religieuses de son âge mùr.

Particulièrement intéressantes sont les conceptions religieuses de Faraday. Comme son illustre maître Humphrey- Davy, Faraday était profondément religieux ; mais leurs conceptions de l'esprit humain et de la religion ditïéraient notablement. Celles de Faraday étaient étrangères à tout mysticisme; elles n'avaient pas non plus les profondes racines philosophiques que nous rencontrons chez Ampère; aussi évita-t-il de les exposer dans des écrits spéciaux.

Sa façon de concevoir l'esprit est connue surtout par une lettre écrite au moment où, épuisé par un travail surhumain, à la fin d'une série de découvertes etiectuées dans la première période de son activité, il cherchait à se rendre compte des causes qui l'avaient forcé au repos. '< La maturité de ma pensée, écrivait-il à une dame, je la sens augmenter de jour en jour ; mais, en même temps, j'éprouve une diminution de mes forces, je suis continuellement obligé de rétrécir le domaine de mes recherches et de réduire mon activité. Beaucoup de belles découvertes sont présentes à ma pensée, que je désirais et que je désire encore réaliser. Mais, quand je me mets au travail, je perds toute espérance en voyant combien lentement mon travail avance. Je sens comme un mur entre moi et les travaux que j'ai en vue, et je crains que ce travail ne soit le dernier que je puisse exécuter. Xe vous méprenez point sur mes paroles; je ne dis pas que mon esprit soit devenu impuissant : ce sont seulement tes fonctions psycho-physiques, reliant l'a me et le corps pour un travail commun , et surtout la mJmoire, ijui faiblissent, /y On voit avec quelle justesse ce physicien de

I. Voir la biographie d'Amptrc pur Sainte-Beuve dans le second volume de son Essai etc.. publié dix ans après sa mort.

génie était parvenu à différencier l'esprit des fonctions psychiques du corps, en séparant Vesprit des fonctions de Va me.

Non moins instructives sont ses convictions religieuses. Son père, un pauvre forgeron de Londres, appartenait avec sa famille à une secte religieuse appelée les Sandemaniens et basée sur la fraternité de ses membres et sur un culte particulier de Jésus-Christ. Parvenu aux plus hautes fonctions et distinctions scientifiques. Faraday resta fidèle jusqu'à sa mort à son église; il allait souvent, le dimanche, prêcher dans sa commune.

Voici en quels termes, dans la lettre que je viens de citer, l'illustre physicien formule ses conceptions religieuses : '< Dans ma religion, il n'existe pas de science. J'appartiens à une petite secte de chrétiens, à peine connue et méprisée, celle des Sandemaniens. Notre espoir repose sur la foi en Jésus Christ. Bien que les choses de la nature ne puissent jamais entrer en conflit avec les choses supérieures qui appartiennent à notre existence future, mais, au contraire, comme tout ce qui concerne le (Christ ne peut servir qu'à sa gloire, je considère qu'il est inutile de relier les études des choses naturelles à celles de la religion ^ //

La merveilleuse découverte de Robert .\Iayer, qui a fait époque dans l'histoire des sciences physiques, est peut-être lexemple le plus éclatant d'une intuition subite. Tout jeune médecin au service des colonies hollandaises, dès son arrivée i Java il fait une saignée à un marin ; la couleur rouge du .ingqui coule des veines le frappe si vivement qu'au premier instant il craint d'avoir ouvert une artère. A cette occasion, il appiend de son entourage que. sous les tropiques, la couleur du sang veineux ne ditTèrc pas de celle du sang irtéricl. Alors lui apparut l'intuition soudaine que ce phénoniènc dépend de la diminution des pertes de calories dans

1. Cité U'aprcs IHtuJc psychogrjpluquc de M (KtwiîJ ài \nn.il<5 iic philosof^hU naturtllf. Vol. VII. 19<k>.

t44 r)IEU ET I. HOMME

les pays chauds; et, comme nous savons, depuis Lavoisier, cjuc l'oxydation des aliments est la source principale de la chaleur animale, il en conclut immédiatement que l'oxydation, sous les tropiques, doit être considérablement réduite. Comme, d'autre part, le travail j^iroduit également de la chaleur, il entrevit des rapports constants, dans notre organisme, entre les phénomènes d'oxydation et ceux (|ui produisent le travail mécanique.

'< Je me suis senti inspiré, écrivait il à son ami Griesinger, comme jamais ni avant, ni après, cela ne m'est arrivé. Les quelques éclairs de pensée qui ont traversé mon esprit dans la rade de Surabaya furent suivis d'autres et ne m'ont plus quitté. >/ Cette soudaineté de l'inspiration est bien celle que j'ai signalée plus haut (chapitre ni, >:; 9) comme constituant le trait le plus caractéristique de toute découverte géniale.

Dans la longue vie de lutte et de martyre qui fut celle de Robert Mayer. — lutte pour compléter ses connaissances en mathématiques et en mécanique, afin d'achever sa grandiose découverte et d'en démontrer la justesse, lutte aussi pour défendre ses droits de priorité contre tous ceux qui. à rétrangeretmémedanssa patrie, cherchaientà lui en dérober la gloire, — martyre intligé par son entourage et par ses concitoyens stupides qui. ne pouvant pas admettre qu'un des leurs ait accompli un acte aussi glorieux, l'enfermèrent, comme atteint de la folie des grandeurs, dans une maison d'aliénés, où des médicastres bornés, convaincus qu'un homme de génie ne peut être qu'un fou, le soumirent à toutes les torturesde leur art. — dans cette vie de souffrances, la foi seule en l'origine divine de son inspiration et ses profonds sentiments religieux soutinrent son inébranlable courage et, malgré sa santé délicate, lui permirent de survivre à toutes ses tribulations pour voir enfin reconnue de tous la haute valeur de ses découvertes.

Dégoûtés par les insanités métaphysiques de Hegel, par les folles divagations de la philosophie naturelle de Schelling

et d'Oken, qui cherchaient à expliquer l'unité des phénomènes de la nature par des analogies dans ce genre : '< l'architecture est de la musique congelée //, beaucoup de naturalistes allemands s'étaient détournés entièrement de la philosophie et se méfiaient de toute métaphysique, même religieuse ; c'est cette méfiance, plus encore que l'orgueil causé par les progrès gigantesques des sciences physiques, qui Surimposait une réserve absolue dans les manifestations de leurs conceptions religieuses ; j'en ai recueilli de nombreuses preuves pendant mon enquête à ce sujet.

Voici ce que m'écrit le neveu de Justus von Liebig. l'cminent professeur de Strasbourg, M. Knapp : « Liebig évitait de parler de la religion; par contre, il déclarait hautement que lestendancesmatérialistesdesannées i8=)0-6o, Karl N'ogt. Bùchner et Moleschott) lui inspiraient le plus profond dégoût... Rétabli d'une grave maladie en 1868-70, Liebig disait dans ses lettres qu'il était préparé à la mort qui est un phénomène inévitable de la nature, laquelle était considérée par lui comme un édifice admirablement ordonné. Elevé dans la religion protestante, il était déiste. >*

Le suédois Jacques Berzelius (né en 1779, mort en 1848) est, après Lavoisier, le plus grand nom de la chimie moderne et le premier analyste de son siècle Or. voici le témoignage que, dans son Traiic Jr Chimie, il rend à la finalité, à la nécessité d'admettre une cause consciente pour expliquer le passage de la matière inorganique à la vie :

'< Une puissance incompréhensible, étrangère à la nature inanimée, a introduit ce principe (le principe de vie) dans la masse inorganique; et cela s'est accompli, non point comme un elïet du hasard, mais avec une merveilleuse variété, avec une sagesse extrême, dans la vue claire de produire des elTetsdélerminés et une série ininterrompue d'êtres passagers, qui tirent leur orijfinc les uns des autres et chez. lesquels l'organisme détruit des uns sert à la conservation des autres. Tout ce qui tient à la nature organique annonce

} j6 DIEU ET l'homme

un but sage et se distingue comme production d'un entendement supérieur; et Ihommc. en comparant les calculs iju'il fait, pour atteindre un certain but, avec ceux qu'il trouve dans la composition de la nature organique, a été conduit à regarder sa puissance de penser et de calculer comme une image de cet Ktre à qui il doit son existence.

'< Nonobstant, une philosophie à courte vue a pensé se donner un brevet de profondeur en prétendant que tout est l'efifet du hasard et que c'est le hasard qui a assuré à certaines formes, de préférence à d'autres, la capacité de se main-tenir, de subsister et de se reproduire. Mais cette philosophie n'a point compris que ce qu'elle décore du nom de hasard dans la nature inanimée, est quelque chose de physiquement impossible. Tous les effets procèdent de causes, sont produits par des forces: ces forces (comme notre vouloir humain) tendent à entrer en activité et à se satisfaire, pour atteindre ainsi un état de repos assuré qui ne peut être la suite de quoi que ce soit qui réponde à notre concept de hasard... Il sera toujours plus honorable pour nous d'admirer une sagesse bien supérieure à toutes nos conceptions, que de vouloir, par orgueil de philosophes et par une série de déductions claudicantes, nous élever à une prétendue connaissance de choses qui vraisemblablement dépassent à jamais la portée de notre entendement. //

Voilà une noble profession de foi philosophique. Berzelius, dans ses écrits scientifiques, n'a pas eu l'occasion de nous parler de sa foi religieuse; mais on sait, par le témoignage de son ami le eélèbre anatomiste et ethnographe Anders August Retzius, qu'il avait une religion haute et profonde. De plus, il a laissé des lettres et des écrits intimes (ju un de ses pairs en chimie, Soderbaum, s'occupe en ce moment a revoir en vue d'une publication prochaine. Gustave Retzius, le fils d'August, et lui-même histologiste de renom, a bien voulu m'en donner quelques fragments en communication ; je m'étais empressé de \e^ publier dans la

préface à ma monographie Die Gefassdriiscn al s rcgiilatorischc Schiitiorgane dcr CcntralnervcnsYstetns (1910, Berlin, Julius Spinger), où j"ai exposé ma propre profession de foi.

1° «Xous devons à Dieu, écrivait Berzelius en 18^7, une profonde reconnaissance et des cantiques de louanges pour les grâces qu'il nous a accordées. Moi en particulier je lui dois beaucoup : de grands succès dans ma vie, et sans troubles ni inquiétudes. Ma vie a commencé dans des conditions bien modestes; mais arrivé au terme (il avait cinquante-six ans alors), Dieu en soit béni, je me suis senti le plus heureux du monde, car j'ai, suffisamment pour mes besoins, et quelque chose encore en plus pour venir en aide aux autres. >/

1" (En 1841, à l'occasion de la mort de sa sœun « Remercions Dieu de tout notre cœur pour les années qu'elle nous a été conservée... Ne nous plaignons pas des desseinsde Dieu. Soumettons-noushumblement à sa volonté, et laissons couler nos larmes, dans le souvenir reconnaissant de ce que la sainte, qui est maintenant dans son éternité, a été p<jur nous. Elle ne s'est jamais plainte de la lourde croix qu'elle a portée dans un esprit de joyeuse confiance en Dieu, en Dieu qui voit notre cœur et qui seul connait le bien que nous avons voulu réaliser dans la sincérité de nos cœurs sans en avoir toujours la force.... Elle a été une femme extraordinairement douée, danssa personnalité propre, et ensuite comme amie, comme mère, comme épouse. Elle en reçoit maintenant la récompense, encore qu'il puisse nous sembler, à notre jugement étroit et borné, t|ue cette récompense est venue trop vile et trop soudainement //

•?" '' Xous devons en ce monde être contents du sort que le Seigneur nous accorde et nous donner lidèlemeiit à lui (1841 1. //

4" « Hier le Seigneur ma ^.uive a un grand niaitieur. J'étais occupé à une expérience d'un genre tout .H fait nou-

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veau, dont je n'attendais point du tout d'etYets violents, quand tout à coup les gaz firent explosion avec une détonation épouvantable : une partie du gaz enflammé vint atteindre ma tempe gauche et me brûla les cheveux et les sourcils. Je ne puis assez remercier Dieu de m avoir sauvé. (1^42). //

^* '< Je n'ai pas le droit de me plaindre que, soumisesau destin ordinaire des hommes, mes forces psychiques décroissent avec l'âge. De tout mon cœur, je remercie Dieu qui m'a permis tout le long de maviede les dépenser sansqu'elles baissent. >/

Gustave Retzius ajoute que son père, Anders August. cette autre gloire de la Suède, « était profondément religieux depuis son enfance, mais que, dans ses écrits, il ne se prononce pas directement sur cette question >/.

Parmi les savants qui par leurs innombrables analyses de tousles minéraux possibles ont frayé les voies à Berzelius , ceux qu'on cite le plus souvent sont l'allemand Klaproth (né en 1743, mort en 181 7 : il a découvert l'uranium, le titanium et le zircone ; son Dictionnaire Je Chimie a été traduit en français en 181 1) et le français Louis-Nicolas Vauquelin (né en 1763, mort en 1830, associé aux travaux de Fourcroy, puis professeur à l'Ecole des Mines, à l'Ecole polytechnique, au Collège de France, à la Faculté de Médecine, etc. ; il a découvert le chrome et la glucine et publié 180 Mémoires dans les recueils scientifiques du temps). Or, pour Klaproth, nous savons, parle témoignage de Leonhard et de ses amis de Berlin, qu'il était '^ plein de piété j^, piété protestante sans doute, mais qui suffit à montrer tout au moins que la science chez lui n'étouffait pas le sens religieux. Quanta \'auquelin. qui fut surpris par la maladie dans son pays natal, à Saint-André-d'Hébertot(près de Pont-lEvéque. en Normandie;, VA mi Je la Religion {2^ novembre 1830. t LXIl, p. 79) note : '< Étantallé passer quelque temps dans son pavs, il a été surpris par la maladie au château de

M. Duhamel, maire dulieu. Ilarendu hommageàla religion, en recourant aux sacrements et aux prières de l'Eglise, // mort le 14 novembre 1830.

Le célèbre collaborateur de Liebig, Pettenkofer, qui, technicien, chimiste et physiologiste, a enrichi ces sciences par de nombreuses découvertes et inventions, fut en outre un des principaux fondateurs de l'hygiène moderne Dès son enfance, quand, petit pâtre, il menait une vie solitaire au bord du Danube, la contemplation de la nature lui inspira des croyances religieuses qu'il garda intactes pendant toute sa longue vie de savant. Il était catholique -. sa foi dans la vie future ne manquait pas d'une certaine exaltation idéaliste, à en juger par son éloge très éloquent, prononcé en avril 1909, à l'inauguration de son monument à Munich, par le professeur von Gruber. Une lettre de von Gruber m'a depuis confirmé les profondes et inébranlables convictions religieuses de Pettenkofer.

L'excellent physiologiste et fin psychologue von UexkùU mecommuniqueles détails suivants surles conceptions philosophiques ducélèbre Bunsen l'^.Ie puis vousparler de l'attitude religieuse de Bunsen, 1 avant fréquenté pendant de longues années. Sa religion consistait on une contiance illimitée dans la haute sagesse de la nature. Interrogé sur l'immortalité de l'âme, il répondait qu'il arrive tant de ch<^ses extraordinaires qu'elle aussi était possible. 11 s'abstenait complètement de considérations philosophiques; Hegel avait éteint en lui, comme en bien d'autres naturalistes, toute espèce de goût pour la philosophie. Avec son esprit large et son cœur simple, il vivait dans la certitude d'une connexilé entre la nature et la personnalité, sans chercher à se rendre compte de llnconnaissablc M

je ne citerai plus qu'un seul physicien, 1 illustre Henrich Herl/. mort ieune, après avoir accompli la plus grande (inn rc qui ait marqué la fin du siècle dernier dans les sciences Dp Cyon. 39

physiques, en démontrant expérimentalement la justesse des déductions mathématiques de Maxwell sur la théorie électro-magnétique, et en découvrant les ondes hertziennes, qui ont permis d'établir la télégraphie sans fil. Voici, sur la question qui nous occupe, quelques extraits d'une lettre, écrite, sur ma demande, par Mme Hertz, sa veuve, à l'éminent physiologiste K. Pfluger.

»... Il était d'avis qu'un naturaliste a le devoir de faire l'impossible pour expliquer ce qui est accessible à ses recherches et de se borner, en attendant, h. respecter en silence ce qui nous est inaccessible. Il considérait comme une perte de temps de discuter desquestions qui ne peuvent pas aboutir à une solution exacte et, sous ce rapport, il se moquait de certains philosophes Je me souviens très bien qu'il a été très mécontent quand Haeckel s'est permis de citer, dans un de ses ouvrages de polémique, les travaux de mon mari, en les interprétant dans un sens favorable à ses propres théories. Au cours d'un entretien sur les relations entres les choses sensibles et les choses transcendantes, il citait les paroles célèbres de Shakespeare : « Il existe plus de '' chosesentre le ciel et la terre que notre savoir ne peut ei\ « rêver. » Surla tombede son jeune frère, il a dit que celui-ci en savait à présent beaucoup plus que nous. En prévision de sa mort, il laissa aux siens ces paroles : « Dorénavant, je » resterai toujours avec vous. >/

Nous nous sommes abstenu de parler des convictions spirituelles et religieuses des grands mathématiciens. Leur science était transcendantale par essence, tout mathématicien qui réfléchit reconnaît logiquement l'esprit créateur comme l'instrument de son travail. Chez un mathématicien, les convictions matérialistes sont un certificat de l'absence de pensée. Aussi, beaucoup de grands mathématiciens n'hésitaient-ils pas à professer leurs croyances. Citons au hasard Cauchv, Hermite. Joseph Bertrand parmi les contemporains.

Les grands astronomes du siècle passé, HerscheW, Arago, Le Verrier étaient des croyants. Celui-ci, le plus illustre, dont nous avons précédemment raconté la géniale intuition qui amena la découverte de la planète Neptune ju bout de sa plume, était un catholique fervent. Comme s'il pressentait sa fin prochaine, il travailla avec une énergie extrême pour achever sa table monumentale des mouvements planétaires. La veille de sa mort, il corrigeait encore les épreuvesde la dernière feuille. ^.Nnucdimiltis serviim ttiupti^ Domine >>, furent ses dernières paroles après avoir écrit la dernière ligne.

Ses plus illustres collègues de lAcadémie des sciences de Paris, qui, depuis le commencement du xix^ siècle, était le phare lumineux guidant le mouvement scientifique du monde entier, étaient presque tous spiritualistes et, en grande majorité, religieux. Rappelons seulement J.-B Dumas, Élie de Beaumont, le baron Thénard, Milne-Hdwards, de Quatrefages. Tout récemment, à propos du centième anniversaire de la naissance de l'illustre Regnault, la Revue générale des Sciences (1910, n° 11) a publié une très belle lettre que J.-H. Dumas, en sa qualité de secrétaire perpétuel, adressa au nom de l'Académie des Sciences à Sainte-Claire- Deville en 1871, à (jenève où Regnault finissait sa vie accablée des tragiques catastrophes de l'année terrible. Nous relevons de cette lettre les consolations religieuses que de la part de ses collègues il lui prodigua. ^ M. Regnault a subi de grandes épreuves; la Providence ne lui en a épargné aucune ; espérons que nos v(l*ux seront accomplis et qu'elle le rendra bientôt à nos prières. La France a besoin de sa gloire; TAcadémic ne peut se passer de son génie ; la jeuncsse^aspirc à recueillir les conseils de son expérience sans égale et de son grand sens ; tous ncuis tournons nos espé-

i. Sir Juin» ll<.is>.hcl .1 1.ii>nc dos œuvres de vulg.tris.iiion scientthquc très roiuarqiMblos p.ir l'clcvation cl la profondeur de ses convictions religieuses.

rances vers ('clui nui tient en ses mains les plus hautes destinées >/

Vers cette époque, une des plus brillantes de TAcadémie desSciences, sosmembresétaient, en effet, presque tousexclusivementspiritualistes et religieux, (^n montrait comme une curiosité un de ses membres qui faisait profession, d'athleisme : c'était Thistologiste (>harles Robin, dont Claude Bernard caractérisait la valeur scientifique en ces termes : « Charles Robin ne voit que d'un seul œil fonctionnant normalement, c'est celui avec lequel il dessine les belles préparations anatomiques qu'il croit voir avec l'autre... m

Je consacrerai quelques lignes à l'illustre Pasteur, qui, lui, n'hésita pas \\. proclamer, à plusieurs reprises, ses conceptions très élevées de Dieu et de la religion. Chimiste de premier ordre. Pasteur réussit à résoudre définitivement l'un des •plus ardus problèmes de la biologie, celui de la génération spontanée, et cela dans un sens négatif. C'est au moment où il exécutait ses vastes et féconds travaux sur les fermentations qu'embrassant par la pensée l'ordre de la nature il écrivait, en 1867 : « Le mouvement de la pomme qui se détache de l'arbre et qui tombe à la surface de la terre est régi par les lois qui gouvernent les mondes. Le premier regard de l'homme jeté sur l'univers n'y découvre que variété, diversité, multiplicité des phénomènes. Que ce regard soit illuminé par la science, — par la science qui rapproche l'homme de Dieu, — et la simplicité et l'unité brillent de toutes parts, u

Le discours de réception à l'Académie française, où Pasteur faisait l'éloge de Littré, lui donna l'occasion d'exposer plus longuement ses idées sur Dieu et sur la religion. 11 s'étonnait que le positivisme enfermât l'esprit dans des limites déterminées et lui défendit de les franchir. *i Ne sera-il pas pas toujours dans les destinées de l'ivomme de se demander : qu'y a-t-il au delà de ce monde? Peut-il s'arrêter soit dans le temps, soit dans l'espace?.., La notion de l'infini

dans le monde, j'en vois partout l'inévitable expression. L'idée de Dieu est une forme de l'idée de linfini. Tant que le mystère de l'infini pèsera sur la pensée humaine, des temples seront élevés au culte de l'infini, que les dieux s'appellent Brahma, Allah, Jéhova ou Jésus. Et sur la dalle de ces temples vous verrez des hommes agenouillés, prosternés, abîmés dans la pensée de l'infini... Heureux celui qui porte en soi un Dieu, un idéal de beauté, et qui lui obéit, idéal de l'art, idéal de la science, idéal de la patrie, idéal des vertus de l'évangile '. » Pasteur est mort en chrétien bienheureux, tenant dans sa main un crucifix.

Nous arrêtons là l'invocation des grands créateurs des sciences modernes. Les conceptions religieuses des savants encore en vie ne peuvent être un objet de discussion. Par contre, la tentation serait grande de rappeler les convictions profondément religieuses des illustres savants du xviii' siècle, comme Haller. Euler, Linné, l'abbé Spalanzani, dejussieu, et tant d'autres. Mais l'énumération déjà donnée et les citations précédentes suffisent pour prouver qu'il n'a jamaisexisté la moindre incompatibilité entre la science et la religion. Ces deux plus sublimes manifestations de lintelligence vivaient et vivent encore en harmonie parfaite; bien plus, elles restaient inséparables dans l'esprit des véritables créateurs de la science, qui furent en même temps de profonds penseurs. 11 en fut de même chez les plus illustres représentants de la philosophie ancienne et de leurs successeurs, les grands scolastiques et les philosophes des xvr et xvn'' siècles, qui étaient pleinement au cour.mt des sciences de leur temps. La science conduit à la connaissance de Dieu, disait Thomas d'Aquin. parce que toute science vient de Dieu

Les lois de> nu)U\cinents planélane^, ».e> n»!> qui oui donné la première impulsion à la renaissance scientifique

I. Toutes «.os cit.itions >ont cmprutitcc» .'» U Vit Je l*.i%tfur pjr René Vallcrv-K.Kl<it ; la'cJit., pp îou et jS-.-A'i P.uiv. H KÎu'tli* i.».-»

moderne, sont sorties de l'esprit de Copernic, moine d'un couvent polonais. Les premières lois de la transmission héréditaires furent établies en i86s, après huit années d'expériences sur l'hybridation, par Georges Mendel, moine Augustin en Moravie. Dans les chapitres iv et v, la grande portée de ces lois est indiquée. '< Heredity is to day the central problem of biology >/, disait récemment avec raison l'éminent biologiste E-G. Conklin.

L'harmonie entre les sciences naturelles et les enseignements de la religion ne repose nullement sur la diversité de leur origine on sur la séparation de leursdomaines d'action. La religion, selon certains philosophes et théologiens modernes (Feuerbach. Schleiermacher et bien d'autres), n'aurait pour origine que le seritiment, en opposition avec le savoir humain, pur produit de l'intelligence, ou, comme ils disent à tort, de la raison humaine. En réalité, la véritable origine de la science comme de la religion se trouve dans l'esprit humain: cela est aussi vrai pour le premier éveil de l'espoir de l'eau-delà, chez Ihomme préhistorique, que pour les plus hautes conceptions religieuses des grands créateurs de la science, aussi bien pour l'intuition des premiers inventeurs de l'art de produire le feu, il y a des dizaines de milliers d'années, que pour la découverte des lois de l'attraction par Newton, des sources de la chaleur animale par Lavoisier, et de l'équivalence des forces par Robert Mayer.

Plus haut, en exposant le mécanisme de l'intuition scientifique, nous en avons analysé leséléments caractéristiques: ces éléments sont les mêmes pour la révélation religieuse, la divination du prophète, l'inspiration du poète et de l'artiste, ou pour les prévisions de l'homme d'État (ch. m, i^^), lo et II).

Toutes ces intuitions, inspirations ou révélations d'ordre spirituel ont la même origine divine que l'esprit lui-même. Mais, pour reconnaître la véritable valeur d'une intuition

de ce genre et pour savoir si elle repose sur la vcrité, le savant doit recourir à l'expérimentation sensorielle, ou, faute de pouvoir le faire, aux déductions logiques ou mathé- Tnatiques.

Mais quelle preuve de son origine peut offrir la révélation religieuse? C'est là une question capitale. '^ Le point important est d'être assuré que la révélation est divine et que nous en comprenons le sens vrai; autrement on s'expose au fanatisme et aux erreurs d'une fausse interprétation ju, ^Jéclarait Leibniz, dans ses célèbres dialogues avec Locke.

Pour la démonstration de l'existence d'un Créateur, la seule connaissance spirituelle peut suffire. L'esprit créateur se manifeste dans l'harmonie parfaite entre les lois obtenues par la connaissance spirituelle et les lois immuables qui régissent les phénomènes du monde réel ; cette harmonie <lémontre et toutes les grandes découvertes des sciences naturelles confirment l'existence d'un Créateur, d'un esprit -suprême, qui a créé l'univers et qui veille sur le maintien <:ontinuel de ses lois (voir ch. m, § 1 1 .)

La valeur des preuves de l'existence de Dieu, puisccs dans notre connaissance spirituelle et données par les grands philosophes grecs, par les scolastiques, tels que saint riiomas d'Aquin, et par leurs successeurs modernes, comme Descartes et Leibniz, ne fait que s'accroitre avec chaque progrès des sciences exactes.

Saint Thomas d'Aquin place la tinalité des phénomènes au quatrième rang parmi les preuves de l'existence de Dieu. Le naturaliste en découvrant les lois immuables qui dominent ces phénomènes est forcément amené à la mettre au premier, (^est à Leibniz, profond théologien, philosophe et savant de génie que revient l'honneur d'avoir indiqué ;'i la finalité sa véritable place dans trois domaines de connaissances liuinaines : "' Ln bannissant de la physique losituses

I. Voir le volume V des Œuvrrt f>kilosof>ki,fUfS Je Leihnt[, p. 4;>o. édition de C, J lieili.irdt, Berlin. iSSî

4«>6 DIEU ET l'homme

finales, outre qu'on se prive là du moyen de deviner quelques belles vérités qu'on n'a trouvées que grâce aux lois finales, il semble que ce n'est que par acquit de conscience qu'on a mis en avant une intelligence souveraine, quand au lieu de l'employer, on ne s'en sert que pour expliquer la matière, quand, au lieu de dire que les yeux ont été créés pourvoir, on soutient quOn ne voit que parce qu'on a des yeux... // Ailleurs, il insiste sur la portée purement physique de la finalité : « ...Oue les causes finales servent en physique non seulement pour admirer la sagesse de Dieu, mais encore pour connaitre les choses et pour les manier. . /> '< Nos méditations nous fournissent des considérations qui font voir l'usage des finales, non seulement pour augmenter l'admiration de l'Auteur suprême, mais encore pour faire des découvertes dans son ouvrage ^ »

Mais en est-t-il de même pour les révélations de la religion en général et, ce qui nous intéresse particulièrement ici, pour la religion chrétienne? La crainte exprimée plus haut par Schleiden se réalisera-t-elle. et la science expérimentale arrivera-t-elle vraiment à détruire la partie dogmatique de la religion à laquelle elle doit l'existence? Les conceptions philosophiques des plus illustres représentants des sciences modernes, que nous venons d'exposer, montrent, dans tous les cas, que la crainte de Schleiden ne s'est pas réalisée jusqu'à présent. Ces savants étaient religieux, tout en appartenant aux diverses confessions chrétiennes. A peu d'exceptions près, ils ne craignaient pas de proclamer hautement leur admiration pour les évangiles et pour la mission divine de Jésus-Christ. Les quelques savants qui, par scrupule scientifique, hésitaient à professer ouvertement leurs intimes convictions religieuses, auraient considéré comme une injure grave le simple soupçon qu'ils pouvaient être hostiles à la religion chrétienne ou opposés à l'enseignement reli-

I. Ces citations Mnit empruntées à l'ouvrage de Jean Haruzi <• Leibniz », paru chez BloudetC'*.

gieux dans les écoles. Les savants professionnels qui combattent la religion sont, comme les Haeckel et les Paul Bert, des savants douteux, en même temps que des sectaires fanatiques. *f La religion et le savoir ne sont ennemis que dans leurs caricatures, disait récemment l'éminent phiLjsophe L. Stein ; la caricature de la religion est le fanatisme ; la caricature de la pensée libre est Lathéisme'. y/

Les preuves de la vérité des révélations religieuses ne reposent pas seulement sur des intuitions spirituelles; elles peuvent être confirmées et vérifiées à l'aide de la connaissance sensorielle^ c'est-à-dire quelles peuvent être fournies par V expérience et V observai ion Dans les sciences exactes, la décision sur la valeur d'une théorie, d'une hypothèse, ou d'une simple proposition, s'obtient à l'aide de l'expérimentation à laquelle elles sont soumises. Oci est aussi vrai en physique qu'en psychologie expérimentale. En parlant, dans le chapitre III, des '< véritables laboratoires de psychologie)^, nous avons invoqué les brillants résultats obtenus par les expériences psychologiques des grands prophètes et apôtres fondateurs de la religion Judaïque et du (Christianisme. Depuis plusieurs milliers d'années, ces résultats conservent, disions-nous, leur pleine valeur. Quelle expérience des laboratoires de psychologie peut être comparée, comme durée et comme résultat, à celle que Moïse poursuivit pendant les quarante années passées dans le désert ^ Depuis plus de deux mille ans, tous les effets prévus et prédits par lui se sont réalisés, mêmes les prévisions sinistres qu'avant sa mort il signifia au peuple juif pour le cas, où celui-ci oublierait les comuiandcnients de Dieu -.

La mission de Moïse était limitée à vjuelques tribus d Hébreux, auxquelles il enseigna les principes du gouvernement et les lois de la lustice. Jésus-Christ re<,'ul de Dieu

I I.. Stem Philosof^hiuhc StromunjteH drr Oegtnujrt, p \\\. StuU*

gart. 1908.

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