‹ Dieu, patrie, libertéChapitre 27 sur 61 · L'ARTICLE · texte numérisé non relu

L'ARTICLE

que la Révolution D'avaitremporté depuis un siècle, que des victoires incomplètes, et qu^clIe allait enfin achever son œuvre ce jour-là. L'orateur termina par un cri de guerre qui a été depuis le programme de sa politique. Il s'écria : t Le cléricalisme, voilà Tennemil > L'immense majorité du parti républicain, dans la Chambre et au dehors, le répéta.

Le premier mouvement des ministres réunis, pendant une suspension de séance, dans un des bureaux de la Chambre, fut de se retirer. Le président du conseil leur démontra que l'ordre du jour se bornait à reproduire la promesse qu'il avait faite, dans les termes mêmes dont il s'était servi. Il ajouta que la majorité de gauche, quelles que fussent les arrière-pensées de ses meneurs, ne poursuivait pas le renversement du ministère et ne le désirait pas. Il demanda à ses collègues ce que ferait après eux, en cas de démission, le chef du gouvernement. S'il subissait la gauche dans les conditions où elle venait de se placer^ c'était, à bref délai, non la guerre au cléricalisme^ mais la guerre à la religion. S'il appelait les réactionnaires, comme dn ne pouvait en douter, c'était la guerre à la République. 11 n'élait ni sage ni pa-

triotique de provoquer une crise dans de telles circonstances. L'ordre du jour fut donc accepté par le cabinet, et voté à une grande majorité. On entoura aussitôt le président du conseil, en Taccablant de félicitations qui montraient au moins combien il avait eu raison de dire que la grande masse du parti n'avait pas songé à renverser le cabinet. Il dit à M. Martel : c Nous ne pouvions tomber aujourd'hui sans créer un péril à la République, et nous mettre nous-mêmes dans une position équivoque; mais il faut tomber demain. Nous n'avons plus qu'une chose à chercher, vous et moi; c'est le moyen de nous retirer avec honneur et sans compromettre aucun des intérêts qui nous sont sacrés, i C'était entièrement l'avis, c'était la résolution de M. Martel. On leur épargna la peine de chercher. Le ministère fut dissous, on sait de quelle façon. Il ne convient pas de juger ici cet événement, ni de faire le procès au gouvernement qui suivit. La réaction réunit toutes ses forces, et toutes celles du clergé et du gouvernement, pour triompher dans les élections. Elle échoua. La défaite fut terrible pour elle, et pour ces deux grandes forces sociales qui s'étaient mises à sa suite. Le clergé sortait de cette crise plus décrié que jamais;

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