L'ARTICLE 7. M
pour exercer la médecine, et cela ne choque point la liberté; mais il n'y aurait plus de liberté si on décidait qu'un oratorien ne pourra pas être médecin. Il en est de même pour renseignement. On oblige les professeurs à être bacheliers, ou docteurs suivant les cas : on ne leur défend pas, ou du moins on ne doit pas leur défendre d'être oratoriens. Si, dans renseignement libre, on signale une infraction aux règles de la morale, aux lois de l'État, au respect dû à nos institutions, les délinquants peuvent être condamnés à la suite d'une procédure, et la condamnation peut aller jusqu'à la fermeture de l'établissement et à l'interdiction de la profession pour un temps ou à toujours. Une condamnation, après instruction, et par un tribunal, cela se cornprend. Une condamnation en masse, sans délit constaté, ou une peine appliquée sans aucune condamnation, cela ne se comprend pas, au moins dans un pays libre. Ces maîtres, que vous chassez des écoles, sont-ils des condamnés? Ils ne le sont pas. Vous dites que ce sont des délinquants : un délinquant jouit de ses droits civils et politiques jusqu'au moment de la condamnation. Sont-ils même de& délinquants ? On connaît la loi qui défend à leura associations , non pas d'exister, mais d'acquérir à
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titre gratuit on onéreux et d'estw en justice * ; on ne connaît pas celle qui fait un crime à un citoyen d'être afBIié à une association non autorisée et non condamnée. Si cependant ils sont délinquants, pourquoi ne les poursuivet-vous pas ? Pourquoi, depuis cinquante ans, ne les a-t-on pas poursuivis? Pourquoi ne leur contestez-vous ni leurs droits civils ni leurs droits politiques? Comment expliquez-vous qu'ils puissent être électeurs, et non professeurs? Qu'ils puissent être députés, et non professeurs? Qu'ils puissent être évêques, et non professeurs ? Qu'ils puissent enseigner la morale et la religion dans les églises, sans compromettre Funité nationale, et qu'ils ne puissent, sans péril pour rÉtat, pour la Société, enseigner le latin ou lapfa^ sique aux auditoires cent fois moins nombreux des collèges et des facultés? La vérité, qu'A faut avouer sans détour, est que vous prenez une classe de citoyens dont lès opinions vous déplaisent, dont les tendances vous sont suspectes, et que vous supprimez pour eux la liberté d'enseignement. Comment appelez-vous ce procédé, si ce n'est l'arbitraire le plus pur? Vous dites que, s'ils ouvrent la