‹ Dieu, patrie, libertéChapitre 32 sur 61 · Loi da s janvier 1817. — Ordommnce da 2 avril · texte numérisé non relu

Loi da s janvier 1817. — Ordommnce da 2 avril

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bouche^ ils ^ant attaqiwr-Ia liberté? Réfatez*4es; ne les bâîlloiinez pas. Ge a'esl pas à tous, libéraui, d'imposer par la force fe respect de la liberté. Qui ne sait pas* lolàrer les iÉitolérasts nf a pas le droit de se dire libéral. Vousi avez longtemps combattu pour obtenir la liberté. Aprfts avok reuYorsé les barrières qn'on vous opposait, n'en relevez pas les débris pour y empriisonn^r ws adversaires.

H. Jules Ferry y en présentant son article 7, assura qu'il ne portait annue atteinte à la liberté d'mseignemenl. Bn eifet, disait-il, après le vote de cet article, les^ côngréganistes seront libres d'en* seiguer, pourvu qu'ils n'enseignent pas dans une école, e^ les< pères de &BHlle pourront dboisir les précepteurs de kwrs en&nts, même dans les congrégations non auterinées, même dans les congrégations prohibées. Cette apolegie est la preuve que la liberté d^euseigsiement: subissait une profonde atteinte. Oui, assurément, lui répondait-on , il est possible que l'usage d'avoir des précepteurs se généralise. Vous aurez créé vous-mêmes un personnel disponible pour cbs sortes d'emplois. Ge sera la ressource duirisàe. La liberté deviendra un objet de luxe.

Ainsi, de quelque côté qu'on regarde l'article 7,

tiO DIEU» PATRIE, LIBERTE.

il est impossible de le concilier avec la liberté d'enseignement. On ne peut être à la fois pour la liberté et pour Tarticle 7. M. Jules Ferry, qui a beaucoup de talent, et qui est venu plus d'une fois àbout pendant ses deux ministères de faire accepter aux majorités les prppositions les plus étranges, ne parviendra jamais à identifier le respect de la liberté avec la négation de la liberté. Ce tour de force est autrement difficile que celui qu'il attribue à Herbert Spencer, quand il affirme que ce grand philosophe a réussi, c par une évolution admirable », à démontrer l'identité de la morale du plaisir et de la morale du sacrifice. Pendant que M. Ferry déployait toute son éloquence, et il en a beaucoup, pour sauver sa réputation de libéral, il y avait, à côté, au-dessus de lui, de meilleurs logiciens, qui comprenaient mieux ce qu'ils faisaient, et qui, fidèles aux doctrines de M. Ghallemel-Lacour, déclaraient ouvertement que la liberté d'enseignement est un leurre, une duperie ; qu'il faut tout au moins l'ajourner jusqu'à ce que le catholicisme ne soit plus à craindre, et, en attendant, re-

venir au monopole. Ce qu'ils ajournent ainsi, c'est la conscience humaine.

L'État a sans doute le droit d'enseigner par lui-

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même, et le droit fort dififérent de surveiller renseignement qui se donne à côté de lui et sans lui. Le droit d'enseigner, et celui de placer en tête des constitutions un préambule philosophiquei sont de même nature. Ces préambules, qui portent aussi le nom de Déclarations des droits, ne manquent jamais de mettre au premier rang la liberté. Si VËtat prétend enseigner seul, c pour qu'il n'y ait pas deux France >, il attente évidemment à la liberté, puisqu'il donne un caractère officiel à toutes les croyances. Sa doctrine n'est ni meilleure ni pire que celle des religions d'État; elle est la même chose. La différence, s'il y en a une, c'est que la religion d'État opprime la conscience, et que l'enseignement d'État, ainsi entendu, la supprime.

Le prétexte, dans les deux cas, est l'unité, l'unité morale ; l'âme de la France, qui ne doit pas être divisée contre elle-même. Le roi qui révoque l'Édit de Nantes, produit l'unité par la force ; celui qui fonde le monopole de l'Université, prépare l'unité par la doctrine imposée dans les écoles, ce qui, après tout, étant donnée la crédulité de l'enfance, ne diffère pas trop profondément de la force. Napoléon, qui se connaissait en unité, la faisait, ou plutôt croyait la faire, dans l'enseignement ordinaire.

DIEU, PATRIE, UMRTE.

par le monopole de l'Université, et, dans Tenseigiiement reUgîeux, par le catéchisme de l'empire. Ses disciples en cette matière, M. Joies Ferry, M. llarcott, M. Ribière et les autres, devraient se rappeler qu'une révolution, ou m6me, en république, un coup de majorité, remplace un catéchisme par un autre; mais les majorités ne prévoient jamais le lendemain; elles ne croient pas au lendemain. Elles disent Tune après l'autre^ sans se lasser : c Ma victoire est définitive, i

L'État a-t-*il le droit d'exclure du droit d'enseigner ceux dont il juge les doctrines dangereu&e&'t S'il a ce droit» il n'j^ a pas de liberté d'enseignement.

Â-t-il le droit d'exclure du droit d'écrire ceux dont il juge les doctrines dangereuses ?

S'il a ce droit, il .n'y a pas de liberté de la presse- Pourquoi aurait-dl sur la parole parlée un droit qu'il n'a pas sur la parole écrite?

On l'autodse à pénétrer dans les écoles pour entendre ce qu'il s'y enseigne et réprimer, s'il y a lieu, dans les formes ordinaires de la justice répressive. C'est tout ce qu'il a le droit de rédamei*, tout ce que nécessite l'intérêt de l'ordre, tout ce que la liberté permet.

Parler, écrire, c'est le xiiéme acte; il n'y a de différence que dans l'instrument. ^

Ce sont les deux formas de la liberté de penser.

La liberté de penser n'est pas le droit abstrait d'avoir une opinion à soi dans le secret de aon cœur. Cette liberté, ren&rmée dans le sanctuaire impénétrable de la conscience, personne ne peut nous la ravir, ni l'inquisiteur^ ni le tyran. Ce n'est pas pour celle-là que 1^ martyrs sont morts et que les révolutions ont triomphé; c'est pour la liberté répandue au dehors par la parole et par le li^re. Il ^mble que personne ne devrait le comftfôndre mieux que les républicains. Le premier mot de la devise républicaine est c liberté» «La république ne peut ni ne doit attenter à ma conscience, ou, ce qui serait encore plus grave, à celle de mon fils. Ce n'est pas pour devenir esclave qu'un peuple revendique sa souveraineté. Telles sont, en bref, les raisons qu'on opposa, dans les deux Chambres, à ceux qui entreprenaient la tâche impossible de conserver la liberté dans leur rhétorique et de la supprimer dans leur pratique, et à ceux qui, plus logiciens et plus hardis, obUgés de choisir entre la liberté et la proscription, optaient pour la proscription.

tu DIEU, PATRIE, LIBERTE.

Ces raisonsi que la Chambre des députés n'avait pas écoutées, prévalurent au Sénat. L'article 7 disparut de la loi sur renseignement supérieur. Mais il ne disparut pas du programme ni des actes du gouvernement. Le ministère donna l'exemple de se jouer d'un vote parlementaire, sans aller jusqu'à la désobéissance formelle, qui aurait été un coup d'État. Le président du conseil des ministres en avertit le Sénat du haut de la tribune, c Si vous ne voulez pas nous donner ce minimum, prenem garde, dit-il : nous ferons plusl >

La menace ne devait pas être vaine. Le Sènal refusa le minimum. Le gouvernement fit plus.

Il fit les décrets du 29 mars 1880.

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