‹ Dieu, patrie, libertéChapitre 34 sur 61 · CHAPITRE yil · texte numérisé non relu

CHAPITRE yil

L'ARUÉB DE RÉSERVE

Pendant les débats sur l'article 7 et sur les décrets du 29 mars 1880; plus tard, pendant les discussions sur l'instruction primaire dont nous parlerons tout à l'heure, le ministre ne montait pas à la tribune du Sénat, sans protester de son respect pour la religion. Il faisait les mêmes protestations à la Chambre des députés ; mais, au Sénat, il se trouvait en présence d'un parti important par le nombre, par l'énergie des convictions, et par le talent des orateurs, qui défendait la religion pour la religion elle-même, et d'un autre parti moins nombreux sans . doute, mais redoutable par la force de sa position, qui défendait la religion au nom de la liberté et de la saine politique. — € Nous prenez-vous pour des insensés, disait le ministre? Croyez-vous que nous ne sachions pas la puissance

L'AKMÊE DE RÊSERTE. UT

civilisatrice et moralisatrice des religions ? Pouvezvous admettre qu'un gouvernement déclare la guerre à une religion qui est celle de Timmense majorité des citoyens? L'Église, dans un autre temps, s'est contentée du Concordat; elle l'a exalté; elle a porté jusqu^aux nues les bienfaits et la gloire du premier consul qui l'avait signé : avons-nous touché au Concordat? Ne l'exécutonsnous pas avec une scrupuleuse fidélité ? Les catholiques n'ont-ils pas, pour leur culte, liberté, protection, respect tLeur clet^é n'esl-il pas intact? Ne reçoit-il pas de nous un budget très supérieur .au budget prévu par leConcordat?LeConcordat ne reconnaissait que le clergé séculier ; il ne faisait pa& même mention des congrégations * ; les articles organiques les supprimaient d'une façon expresse*. Nous, au contraire, nous les reconnaissons; vous avez, à côté du clergé séculier, un clergé régulier, dûment autorisé, qui ne s'élève pas à moins de 22843 religieux; vous avez, en outre, H3750 re-

Page 1