Concordat, art. 9, 10 et
2. Articles organiques. Art. 10. Tout privilège portant exemption mi attribution de l'autorité pontificale est aboli.Art.il. Les archevêques et ôvèques pourront, avec Fautorisation du gouvernemeat, étflAlir dfUM leurs diocèses des ehapitres cathédraux et des séminaires. Tous autres établissements ecclésiastiques font supprimés.
ligieuses *. Ces religieux et ces religieuses possèdent une fortune considérable. Les avons-nous inquiétés? Proposons-nous de revenir sur les lois et les décrets qui, depuis le Concordat, leur ont accordé une existence légale? Quand nous le ferions, quand nous demanderions à des lois nouvelles la révocation de tout ce qui a été fait depuis 1802 en dehors des stipulations du Concordat, on n'aurait pas le droit de nous accuser d'attaquer la religion catholique ; mais nous nous bornons à expulser les congrégations non reconnues. Yous différez avec nous sur Tappréciation de leur situaliou légale : nous disons, premièrement, qu'elles n'ont aucun droit, n'étant pas reconnues, et, secondement, qu'elles sont en contradiction avec les lois du pays parce qu'elles refusent de demander une autorisation régulière : vous dites, au contraire, qu'elles ont le droit d'habiter, le droit de vivre; qu'elles tiennent ce droit de trois quarts de siècle d'existence ; qu'elles le tiennent des constitutions républicaines, où la liberté d'association est reconnue ; qu'elles ont en effet le droit de demander l'autorisation, mais qu'elles n'en ont pas le devoir;
i. État des congrégations communautés et associations nih çieuses, p. vi, vu, ei viii.
qu'aucune loi ne les y oblige; qu'elles vivent au même titre que ces sociétés innombrables qui pourraient demander à être reconnues comme établissements d'utilité publique, qui ne le demandent pas, soit qu'elles n'en aient pas besoin, soit qu'elles se tiennent pour assurées de ne pas l'obtenir, et qui, pour cela, ne sont pas assimilées à des délinquants et exposées à des poursuites. De cette opposition entre nos vues et les vôtres à l'égard d'associations non autorisées, il ne résulte rien qui vous permette de nous traiter en ennemis de l'Église catholique, quand nous ne portons aucune atteinte ni à son dogme, ni à son enseignement, ni à son culte, ni à sa discipline, ni à son clergé, ni à sa fortune ; et quand nous nous déclarons prêts, au contraire, à la défendre, si ses intérêts étaient menacés ou compromis, i
Voilà, en substance, ce que disait le ministre avec une bonne foi qu'il n'est permis à personne de contester, et un talent oratoire que nous avons grand plaisir à reconnaître.
Mais on lui répondait : — Prenez garde à vos arguments et à vos voisins.
Pendant que vous protestez de votre respect pour la religion catholique» de votre ferme résolu-
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tkm de h faire respecter dans les écoles, et, an besoin, de la défendre, vos voisins la battent en brèche de tontes parts ; ils menacent son budget, ses édifices, son enseignement, son recratement; et vous-même, si respectueux dans vos compliments, vous êtes agressif dans vos arguments. Yos conclusions vont plus loin que vos prémisses.
Quels étaient vos arguments, quand vous soutoiiez l'article 7? Vous disiez : « Si vous ne retirez pas aux membres des congrégations non autorisées la faculté d'enseigner, première conséquence, rUnfversité va périr, et, seconde conséquence, Vunilè iMR^ale de la nation sera détruite. »
Pour l'Université, devons-nous croire que ce sont seulement les congrégations non autorisées qui sont pour elle 4etf ennemis invincibles, et que les Lazaristes, par exemple, qui sont une congregation autorisée, et une congrégation enseignante, ne pourraient pas, du jour au lendemain, lui devenir tout aussi redoutables, s'il leur plaisait d'annexer des collèges aux dix-neuf séminaires qu'ils dirigent, ou de donner un plus grand développement à leurs trente-deux petits séminaires et aux douze établissements particuliers qu'ils possèdent en France;, ou de 'déployer à l'intérieur du pays
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l'acthrité et les ressources qui leur permettent d'entretenir au dehors soixante-trois autres écoles? Que veut-on dire avec ce mot d'unité morale de la France ? G' était une grande idée sous la Constituante, quand il s'agissait de faire disparaître toutes les contrariétés de moBurs, de langue, de législation qui divisaient encore ce grand pays. Mais cette unité» elle est faite I Nous avons Tuoité de légidation, de langue; l'unité de patriotisme. Nous avon» les mêmes lois defmances, tes mêmes conditions pour notre commerce, pour nos industries ; une seule administration, un seul corps judiciaire, une seule armée. Où est le grand peupte qui ait autant d'unité que nous? Est-ce l'Angleterre, avec ses trois royaumes, dont l'un au moins est en révolte, son empire oriental, et son Dominion français? Est-ce l'Allemagne, qui n'est qu'une confédération?
Est-ce ritalie, avec Turin et Naples ? Est-ce l'Autriche, allemande, bohème, hongroise? Est-ce la grande République américaine? De quelle unité parle-t-on? Est-ce, par hasard, de l'identité? Sous prétexte d'en vouloir aux oppositions, c'est-à-dire aux différences, est-ce la liberté que l'on combat? Louis XIY, en révoquant TÉdit de Nantes, n'a pas eu d'autre but que de sauver ce qu'il appelait
Tunité morale de la France, et, de quelque côté que vous regardiez, vous serez obligés de convenir que la seule différence entre lui et vous, c'est qu'i/ voulait l'unité dans une affirmation, et que vous la voulez dans une négation.
La philosophie se nourrit de générahlés. EUe est, selon la définition d'Aristote, la science du général. Son principal effort est de tout ramener à des lois, et finalement à une loi, qui explique et produise une analogie profonde de la nature sous la différence des espèces. Il ne faut pas, cependant, que cette recherche des analogies, et celle coaception de l'unité, aillent jusqu'à la suppression des différences. Tout est harmonie et mesure. Quand Funité disparaît, nous avons le chaos ; quand la différence s'évanouit, nous avons l'immobilité, la mort. La va^riété est, comme l'unité, dans le plan de l'univers. L'unité en fait la grandeur ; la variété en fait la vie ; elle en fait le mouvement et le charme. De même dans- la société humaine. La triste et inféconde société qu'on nous ferait, avec l'éducation de Le Pelletier-Saint-Fargeau, qui rêvait de n'avoir plus, en France, qu*un seul homme, en trente-six millions d'exemplaires !
Mais enfin, cette unité morale, quelle qu'elle
L'ARMËE DE RËSERVE. ^3
soît^ comment, d'après vous, se trouve-t-eUe compromise par renseignement des non-autorisés ? N'est-ce pas parce que cet enseignement est conforme, non seulement aux principes de la religion catholique tels qu'ils résultent de la définition des conciles, mais aux doctriAes plus récentes que l'Église a adoptées, depuis qu'elle est, comme vous le dites, en lutte ouverte avec la Révolution, et qui sont résumées et condensées dans le fameux catalogue ou Syllabus des propositions condamnées comme hérétiques ou pernicieuses par le pape Pie IX? Ce Syllabus est l'objet particulier de vos attaques, ce qui est assurément très légitime et très naturel. Mais, de grâce, est-ce le Syllabus des jésuites, des dominicains, des eudistes, des maristes, des bénédictins, et des autres membres de congrégations non autorisées ? Sont-elles moins soumises et moins dévouées au Syllabus^ les congrégations autorisées de Saint-Lazare, des Missions étrangères, de Saint-SulpiceS du Saint-Esprit*? Le Syllabus n^est-il pas la règle du clergé séculier lui-