III. •— ii'lIISTAïïCTlOBr l^KS» FlLLIff
Evles suÎTeftt déjà dans les fau^les primaires le
même pf ogramme que les garçoas : ettseigiiement
chriquè, diroit usuei, économie politique, applica-»
tioss delà physique aux arts industriels, usage des
oalik <ks principaiix wétietSy ete. On ne k«r épar-^
^ne que les exereiees viiKtaires* Platon, qui s'est
beaucoup* oecupé de letnr édttcation^ nfétait pas sur
€B dernier point de Taris de nos hMames» d'État ;
il ciroyait qu'en dressant tes filles oonme il &ut^
<m pooTaiâ en faire de bons soM^. Nous y vi-en*
-drons^ nous nous ie0iktenton& pour le» moment. d*en*
régimenter les aéminarisles. On a voulu, organiser
aassKponr elles une isstraetion seceadaire!, et e'est
«ne idiée pavfaitement. j/u8te et i^ursUe, quoiqu'il
soit die mode^ à présent, dans un eertain m«ade^ de
l'attaquer.
i L'édncsrtiiNi destâiles doit se fasse près de leurs flotères. i C'est bientôt dit. Quoiqu'on fetrou¥<^ ce mot dancF dfexceUents écrits,i eum^ôsés par des bomoiss éméneotSy et dans desi rappwts à V Assemi- Uée mmaû^maùtAr il n'a pas le sea» eofismum. U est vn^ d'une iBaBiè9frgéa>éfale,,qne les filles^ comme
soi DIEU, PATEtE, irBERTK.
les femmeSy doivent vivre chez elles, et que la meilleure éducatrice, c'est la mère. Mais, pour que la mère soit éducatrice, et pour qu'elle soit institutrice, il faut d'abord qu'il y ait une mère, et ensuite, que cette mère soit honnête, qu'elle soit instruite, et qu'elle ne passe pas sa journée dans un atelier ou un magasin. Acceptons donc, non pas comme une simple concession aux idées du temps, mais comme un progrès, les nouveaux collèges de filles, pourvu qu'ils soient bons.
Par malheur, la première idée qu'on a eue a été de donner aux filles la même éducation secondaire qu'aux garçons. On n'a guère modifié le programme. On y a laissé l'algèbre et la trigonométrie. On en a retranché le latin, sans savoir pourquoi; caries femmes n'auront pas besoin d'algèbre, mais elles ont à peu près le même besoin de latin que les garçons. On peut s'en assurer, en repassant dans sa mémoire toutes les raisons, qui sont de bonnes raisons, pour lesquelles il est nécessaire de conserver l'étude du latin et du grec. Pour le moment, nous ne voulons constater qu'une seule chose ; c'est que le programme des lycées de filles est démesurément long et démesurément savant. Si nos filles apprennent tout cela, il ne leur
L'ËGOiE NEUTRE. 905
restera plus de temps dans leur jeunesse pour ap* prendre à èlre femmes, et à être aimables.
Nous craignons bien que ces programmes, qui constituant un enseignement très étendu, n'aboutissent à une instruction très insuffisante. Depuis qu'on enseigne tout dans les écoles, on n'y apprend plus grand'ehose. C'est un double malheur, au point de vue intellectuel d'abord et, ensuite, au point de vue moral ; car ces ignorants sont aussi gonflés de toutes ces belles connaissances qu'on leur a enseignées, que s'ils en avaient retenu quelque parcelle. Us veulent être désormais traités en gens de conséquence. Le travail manuel étant audessous de leur grandeur, il faut que la société entretienne gratis leur paresse, ou coure le gros risque de se fier à eux, pour la direction desesservices.Prenez garde que c'est cette même éducation, ambitieuse et vide, qui a infecté la société russe de ses nihilistes. Il est étrange de voir un peuple acharné à transformer ses écoles secondaires en fabriques de déclassés. Ces déclassés ne sont pas moins insup-> portables, ni moins dangereux, dans la vie privée que dans la vie publique. Le diplôme qu'ils ont attrapé par des effbiis de mémoire leur inspire^ dans leurs propres Irimières, une confiance aussi
m DIEU, PATRIE, LIBERTÉ.
périlleuse qae ridicule. Notis niusistons pas sur les bas-bleus qu'on veut nous donaer pour femmes. Toutes ces aouvelles richesses nous appauvrissent. Mieux valait, nous le disons en toute humilité, la modeste éeole qui proportionnait le programme i la capacité et aux besoins de Técolier, lui apprenait bien le peu qu^elle entreprenait de lui apprendre, et le mettait en état de continuer son instruction tout seul.
Ce mal est très grand, pour la génération ^i est actuellement dans nos écoles de tous les degrés. II ne sera pas durable; il tient à Tinexpérience des ^débuts. L'arbre est trop touflFu ; on en élaguera les branches parasites. Fiez-vous pour cela, non aux députés, ni aux savants, mais aux pères et surtout aux mères de famille.