‹ Dijon et BeauneChapitre 11 sur 23 · I. Palustre, L'Arcliiteiturc Je la Rciuiissaïuf. p · texte numérisé non relu

I. Palustre, L'Arcliiteiturc Je la Rciuiissaïuf. p

LA RENAISSANCE

avec l'abbé de Saint-Bénigne, un traité par lequel il s'engage à refaire « à l'antique » les sièges du chœur de cette église ; il orne les rues de la ville pour l'entrée de Henri II en 1548, et un document de 1564 le nomme « moUeur « c'est-à-dire sculpteur. David Sambin, le fils de Hugues, mort delà peste en 1585, était également molleur. Ainsi la maison Boudrillet-Sambin devint une sorte de raison sociale, et l'on peut

cliché Keurdein.

Porche de Saint-Michel.

dire qu'elle a peuplé la Bourgogne et les contrées environnantes, surtout la Franche-Comté, de ses créations.

Cela veut-il dire qu'à Dijon la vieille tradition médiévale fut abandonnée du jour au lendemain, et l'art français remplacé brusquement par un autre, où les réminiscences de l'antiquité se mêlaient aux inventions des architectes italiens ? Comme dans beaucoup d'autres villes, il y eut d'abord un essai de conciliation entre les éléments récents et les éléments anciens. On le voit bien à V église Saint-Michel.

Les dispositions du portail sont semblables à celles des églises antérieures, mais avec application d'un décor nouveau. Les tours, surmontées

DI ION

de coupoles polygonales, encadrent un étroit pignon décoré à son sommet par une élégante loggia. Les ordres, ionique et corinthien, se superposent régulièrement. Le porche, creusé par de profondes voussures, a ses berceaux caissonnés, et une luxuriante sculpture, où les emprunts à l'Italie sont manifestes, l'a envahi tout entier. Sur sa face antérieure, au-

Clicbe ISeurdein.

Socle portant la statue de Saint- Michel.

dessous d'une frise composée de pures arabesques, se succèdent, dans des médaillons en couronnes de feuillage, les bustes des prophètes : Daniel, Baruch, Isaïe, Ezéchiel, David avec sa harpe. Moïse avec les tables de la Loi, tous païens d'expression et de facture, Ezéchiel surtout, véritable type d'empereur romain. Puis, aux voussures, sur six rangs et même neuf à la porte de droite, vient la légion des anges ailés, debout, assis, agenouillés, accroupis, portant des banderoles, des instruments de musique, des livres, des écussons, des croix, petits êtres pareils à

LA RENAISSANCE

des amours et sur lesquels un souffle de paganisme a également passé. Les bas-reliefs, situés aux tympans des portes latérales, n'existent plus. En revanche, la porte centrale a gardé le sien, un Jugement dernier, haut et large d'environ treize pieds ; et ce morceau, sans être de

Cliché ^eurdein.

Intérieur de l'église Saint-Michel.

premier ordre, se recommande par des qualités auparavant insoupçonnées. Au sommet, Dieu le père se tient dans les nuages entre Jésus et Marie qui l'implorent pour l'humanité ; deux anges placés à ses pieds lui présentent, celui-ci un lis, celui-là une épée, tandis que d'autres anges, disposés à l'extrémité des nuages, sonnent de la trompette. Entendant ce bruit, les morts sortent de terre, les élus à gauche, les damnés à droite. La composition est conforme, dans l'ensemble, aux données habituelles

de l'iconographie chrétienne, mais l'exécution est devenue excessivement savante. L'auteur a mis en jeu toutes les ressources de la perspective et de l'anatomie ; il a conduit ses personnages, sur quatre rangs successifs, de la ronde bosse au relief à peine accusé, et il a donné aux hommes des corps d'une musculature outrée, à laquelle s'oppose heureusement la délicatesse des formes féminines. Au trumeau, le socle, qui porte l'image de saint Michel, offre le mélange le plus extraordinaire de sujets mythologiques et chrétiens : Jésus-Christ et la Madeleine à côté de Vénus et de l'Amour, saint Roch et son chien près d'Apollon Citharède, Hercule et les bœufs de Géryon, l'échanson Ganymède, des satyres, des néréides.

Combien une pareille ornementation s'écarte de la vieille tradition dijonnaise, on sen est rendu compte de tout temps. Une opinion, fort répandue en Bourgogne, veut que Sambin ait dessiné la façade de Saint- Michel, d'accord avec Michel-Ange qui était son ami ; de son côté, Courajod attribue le Jugement dernier à Dominique Florentin, l'un des membres de la colonie italienne de Fontainebleau, qui fut emplo3'é à Troyes en Champagne. A vrai dire, aucun document n'établit que Sambin ait eu des rapports avec .Michel-Ange ni qu'il ait voyagé en Italie, et nous nous demandons si pour lui, comme à Toulouse pour Nicolas Bachelier, la postérité ne se serait pas montrée trop généreuse, et n'aurait pas cherché à grouper toutes les productions de l'Ecole de menuiserie sous le nom de son maître le plus éminent'.

Les dates du portail de Saint-Michel sont gravées dans la pierre, aux différents étages : 1537 pour le porche, 1 557-1 570 pour le pignon et les deux étages inférieurs des tours, 1 655-1 661 pour le couronnement. Le sanctuaire et le vaisseau ont été consacrés, le 8 décembre 1529, par Philibert de Beaujeu, évêque de Bethléem, trente-deux ans après que les paroissiens réunis dans le cimetière (aujourd'hui place Saint-Michel) eurent décidé la réfection de leur vieille église et obtenu de la ville le droit de prendre des pierres dans les carrières de la Chartreuse (17 juillet 1497). Aussi l'intérieur appartient-il à l'époque où le st3de gothique rencontrait encore des partisans convaincus, et il surprend étrangement le visiteur qui a franchi les triples portes, sans avoir été averti ou sans avoir observé le dehors d'assez près.

Certes, ce style n'a pas, à Saint-Michel, la même pureté qu'à Notre- Dame ; mais les marques essentielles y sont, et l'on reconnaît sans peine

I. On a gravé, en 1804, la signature de Hugues Sambin, au bas àw Jugement dernier.

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l'imitation des églises dijonnaises antérieures. Les trois nefs, de cinq travées chacune, sont voûtées d'ogive sur plan carré. Les bas côtés, frangés de chapelles, se prolongent un peu au delà du transept, suivant la diposition adoptée à Saint-Bénigne et à Notre-Dame ; et, comme à Notre-Dame, il y a une tribune au-dessus de l'entrée, quatre gros piliers enveloppés de colonnettes à la croisée. A l'extrémité des croisillons, éclairée par une petite rose et deux baies géminées, s'ouvrent de belles portes en style iîamboyant. L'abside, très élevée, a de longues fenêtres à meneaux, séparées par des contreforts couronnés autrefois de motifs variés, bêtes, monstres, feuillages, dont il ne reste que des débris; on voit des moines en prières, des joueurs de cornemuse, des animaux chimériques. Il n'y a pas d'arcs-boutants, le collatéral très élevé faisant épaulement. Enfin la croisée porte un petit lanternon à toiture aiguë, au lieu de la coupole élevée sur tambour et décorée de pilastres qu'on avait d'abord projeté de construire.

L'ornementation a été concentrée au portail et il n'y a rien d'intéressant à signaler à l'intérieur. Les chapiteaux des colonnes, figurés par de banals entrelacs, ne comptent pas plus qu'une mauvaise peinture murale du xvii" siècle représentant le Triomphe de la Vierge ; les vitraux peints et les grisailles du xvi° siècle ont disparu, à l'exception de quelques fragments placés en bordure ; les boiseries du chœur, de style Louis XVI, sont médiocres. En revanche, Saint-Michel a partagé avec Saint-Bénigne les dépouilles des anciennes églises de la ville, et, bien que moins favorisée que l'église cathédrale, elle a reçu quelques sculptures modernes qui méritent un instant d'attention. Il suffira de citer les cinq figures assez bien conservées d'un Sépulcre du xvi' siècle ; des statues de saints par Dubois ; le monument funèbre de Fyot de la Marche, et celui des frères Rigoley de Juvigny, surmonté d'une statue de la Douleur ; au transept sud, une Adoration des Mages, où, parmi les physionomies épaisses des rois, se détache le joli profil de la Vierge gracieusement voilée.

Comme l'église Saint-Michel, le Palais de Justice, qui servait autrefois aux séances du Parlement de Bourgogne, n'a pas été construit d'un seul jet. Commencé sous le règne de Louis XII, en 151 1, il a été fait, au fur et à mesure que le besoin de le développer se faisait sentir.

La façade, et la Salle des Pas-Perdus qui y est attenante, datent du règne de Charles IX. Nous possédons encore l'arrêt du 12 novembre 1571, par lequel le roi, considérant qu'il n'existe pas de salle à l'usage des plaideurs, avocats et gens du roi, concède 3.000 livres « pour servir à la

commodité et au soulagement des parties poursuivant la justice audit Parlement et aussi pour la décoration et embellissement dudit palais. » L'architecte Hugues Brouhée dressa les plans, et s'adjoignit, pour leur exécution, les maîtres maçons Etienne Ringuet et Philippe de Martet, les maîtres charpentiers Etienne Maignan et Germain Chambrette, les sculpteurs Gilles Parigot et Hugues Sambin.

Ce sont des Dijonnais de naissance et d'éducation ; et en effet ils ont donné à la façade cette forme en haut pignon pointu qu'aimaient les architectes locaux, et ils l'ont chargée d'une ornementation touffue, mais vigoureuse, qui rentre tout à fait dans les habitudes de la ville et du pays. Un porche carré, élevé de plusieurs marches, dont le dôme est soutenu par des colonnes d'ordre corinthien en pierre rose, précède l'entrée. Les montants des baies, chargés d'arabesques et de cannelures, portent des frontons curvilignes avec guirlandes et tètes de lion. Au-dessus des fausses niches du rez-de-chaussée voûtées en coquille, se succèdent des masques d'un caractère tellement réaliste qu'on a voulu y voir, sans motif d'ailleurs, les portraits des artistes qui ont travaillé à la construction, et la superbe porte d'entrée, dont l'original a été déposé au Musée, est surmontée d'un gros lion assis entre deux vases de fruits émergeant chacun d'une corne d'abondance. Encore manque-t-il maintenant une bonne partie de la sculpture : devant la grande baie située au-dessus du dôme, la statue de Henri III dont deux anges soutenaient la couronne ; dans les niches pratiquées à droite et à gauche, les figures de la Justice et de la Force ; au sommet des colonnes de pierre rose, celles de la Prudence et de la Tempérance ; tout au bas des degrés, deux lions accroupis.

La Salle des Pas Perdus, appelée sous l'ancien régime la salle Saint- Louis, a l'aspect d'un vaisseau de 39 mètres de longueur sur 13 de largeur et 13'", 50 de hauteur, couvert d'une charpente lambrissée. La chapelle placée au fond possède une clôture en bois sculpté tout à fait remarquable et qu'un texte, formel cette fois, attribue à Sambin. « C'est une clôture à claire-voie, percée d'une porte à double vantail, contournée de deux colonnes corinthiennes richement décorées et posées sur des consoles ; elles supportent un fronton curviligne dont les armes de France occupaient autrefois le t3^mpan demeuré à jour et vide. A droite et à gauche sont des termes vus de profil. Des groupes d'armes, d"où pointe le glaive de la justice, se dressent au pinacle et accompagnent heureusement le motif central. Les colonnes corinthiennes sont ornées de branches de lierre entre-croisées avec une naïve régularité, et semées de petits animaux, insectes, reptiles, escargots, que nous retrouvons dans

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quelques-unes des figures de l'ouvrage de Sambin sur la diversité des termes... Le no3'er, qui est employé, a gagné avec le temps une patine d'une tonalité chaude qui a quelque chose de métallique et fait mieux valoir les détails de l'ornementation '. ■■

Le Palais de Justice.

Cliché Neurdein.

A droite de la Salle des Pas Perdus, la Chambre dorée est la partie la plus ancienne du Palais, celle qui fut sous François I" l'unique chambre du Parlement de Bourgogne, et, bien que le style primitif en ait été modifié sous Louis XIII, elle est encore très belle. C'est une grande pièce carrée, tapissée de papier bleu de roi rehaussé de fleurs de lis d'or,

I. Nocl Garnier, Contrihiition à l'histoire de Hugues Sambin, p. 87-8

et éclairée par de longues baies. Les vitraux sortent des ateliers de Didron, mais celui-ci s'est efforcé de reproduire les anciens sujets et les tons. Au nord, des grisailles figurent les Vertus théologales ; au sud, sont peintes les armes des principaux gouverneurs de la province, escortées des

Chapelle du Palais de Justice.

images de la Justice, de la Prudence, de la Force, de la Tempérance. Remarquable surtout est le plafond armorié et doré, daté de 1522 et signé du maître menuisier Anthoine Gailley dit Alemant demeurant à Dijon. De grosses poutres, sculptées sur toute leur surface extérieure, y découpent trente-cinq caissons dont chacun a son emblème, la fleur de lis, le dauphin, et, en souvenir de la reine Anne, les hermines de Bretagne ; la salamandre de François I" est aux corbeaux.

LA RENAISSANCE

Les autres chambres sont moins importantes que les précédentes, mais chacune d'elles renferme quelque curiosité. La Bibliothèque des avocats (ancienne Tournelle) a une haute cheminée qui porte la date de

Chambre dorée du Palais.

1610 et les armes de France semées de fleurs de lis avec la devise : Vincent robnr orbis. Le cabinet du premier président conserve une tête de Christ, œuvre d'un peintre flamand inconnu du xv° siècle passé maître dans la recherche du pathétique. La salle des assises, qui fait pendant à la Chambre dorée, dont elle reproduit les dispositions et la forme, date du second Empire, mais elle a reçu pour couverture le pla-

fond, en bois de châtaignier et de tilleul couleur naturelle, de l'ancienne Chambre des comptes, chef-d'œuvre de menuiserie du xvii" siècle. Le centre est occupé par les armes de France entourées des colliers de l'ordre de Saint-Michel et du Saint-Esprit. Alentour se développe une suite de bas-reliefs : trophées d'armes amortis par des cuirasses antiques, portraits d'Anne d'Autriche et de Louis XIV enfant dans des médaillons

cliché Denîzut.

Le Christ du Palais de Justice.

soutenus par des amours, sujets allégoriques. Enfin une large bordure ovale, faite de feuilles de vigne et de grappes de raisin profondément fouillées, inscrite elle-même dans un cadre rectangulaire, entoure cet ouvrage que son mérite peu ordinaire a fait attribuer successivement à Sambin, à Dubois, mais qui aurait été plutôt exécuté entre 1643 et 1652 par deux dijonnais, Tassin et Nicolas 3loissenet. Malîieureusement, le plafond de la Chambre des Comptes étant plus petit que celui de la salle d'assises, il a fallu remplir l'intervalle resté libre par des aj'ou-

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tures, au nombre desquelles l'aigle impérial se détache d'une manière particulièrement choquante.

Le Palais se complète, à droite et à gauche de la Salle des Pas Perdus, par deux bâtiments à un étage, couronnés de trophées et de lucarnes,

Cour de l'hôtel Joly de Blaisy.

dont l'un a été construit en 1780, pour la Table de Marbre, et l'autre en 1821, pour le Tribunal de première instance.

L'établissement du Parlement de Bourgogne à Dijon eut d'heureux effets sur l'art. En créant une noblesse de robe, dont les membres se transmettaient les dignités de président et de conseiller d'une manière quasi-héréditaire, il provoqua la construction d'un certain nombre d'hôtels, où l'on retrouve, à un moindre degré sans doute, mais très nets, les caractères signalés dans l'architecture et la sculpture des églises et des palais.

DI ION

Cette fois encore, les partisans des vieilles méthodes ne capitulèrent pas sans une honorable résistance. Le bâtiment principal de V Hôtel Joly de BLaisy (rue Chabot-Charny, 32), qui appartient au commencement du XVI° siècle, a gardé la haute toiture, la porte en accolade, l'escalier tour-

Clictié Neurdeit

Hôtel Stéplien Liégeard.

nant dans une tourelle polygonale, chers aux maîtres maçons du temps des Valois ; seules sont une concession aux imitateurs de Tétranger. les lucarnes aux frontons entrecoupés, et la jolie chapelle qui porte entrelacées les initiales du président Bégat. Mais que pouvaient les architectes dijonnais contre le vertige qui entraînait leurs compatriotes à Timitation du reste delà France? L'intérêt bien entendu eut raison, une fois de plus, de la raison. A partir du milieu du xvi" siècle environ, Dijon

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connut toutes les nouveautés qui poussaient Paris et la province à oublier les traditions nationales. Elle connut l'appareil en bossage des palais florentins (maison rue Chaudronnerie i), les escaliers en loggia largement ouverts sur cour intérieure, les frontons alternativement angulaires et

Ciiche Neurdein.

Maison Milsand.

curvilignes, les fenêtres longues et étroites encadrées de rinceaux, et tous les motifs d'ornement que la Renaissance avait mis en honneur, guirlandes, médaillons, arabesques, masques d'hommes, d'animaux et d'anges, et les inscriptions en langue antique, dans le genre de celle qui se lit encore sur une maison de 1570 située rue Verrerie 21 : ottou y, £'.;i.apu.£VT, xaÀs'. (où la destinée appelle).

Comme façade, la maison Milsand (rue des Forges, 38) rappelle le

Palais de Justice par sa décoration exubérante, ses chutes de fleurs et de fruits, ses trophées d'armes, ses tètes de lions et ses masques; des cariatides à la tête cornue, disposées de profil, portent les lucarnes, au fronton desquelles est inscrite la date de i=:,6i ; en arrière, sur une petite cour.

Cour de l'Hôtel de Rochefort.

des géants de pierre, trop peu dégrossis, soutiennent des arcades aujourd'hui bouchées.

La maison Dubret (rue du Bourg, n" 8) se contente, sur la rue, de trois fenêtres bordées de rinceaux et d'une petite tourelle sobrement ornée, mais son escalier à trois étages, décoré d'arcs en plein cintre et d'une rampe en fer forgé qui éclaire largement les paliers, peut être considéré comme le modèle du genre ; elle est appelée aussi hôtel de Diane de Poi-

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tiers, parce qu'on y voit au louvre un croissant et, dans une des chambres,

une plaque de cheminée aux armes de France environnées de deux levrettes.

La cour de V Hôtel de Roche fort, rue des Forges, 56, présente des

Lliché NeurdeiD

Échauguette rue Vannerie.

colonnes ioniques et corinthiennes alternées, et, entre chaque étage, des frises sculptées, qui figurent, celles de dessous, des combats de cavaliers, celles de dessus, des anges tenant des écussons. Plus loin, VHôtel de Munenre (rue Amiral-Roussin, 23) développe sa façade rectiligne entre deux tours carrées ; la toiture repose sur une corniche parée de manques

enguirlandés, et les fenêtres, surmontées de frontons triangulaires au premier étage, n'ont plus au rez-de-chaussée que des rinceaux.

Il est à remarquer que les architectes dijonnais de ce temps ont été avant tout préoccupés d'amortir les angles, de décorer les toitures,

d'achever en un mot leur construction, et ce souci est tout à leur honneur. De là, un grand luxe d'épis, de niches ornées de statues, de lucarnes, d'échauguettes. On citera :

la tourelle d'angle de V Hôtel des Bcrbis, place des Ducs, et celle de V Hôtel Liègeard, il l'angle des rues Amiral-Roussin et de la Conciergerie, datée de 1538; l'échauguette de la rue Vannerie 66; la i^rande lucarne , avec pieds -droits cantonnés lie griffons, de 1570, ([ui occupe l'angle de la rue de la Manutention et de la rue des Facultés ; les lucarnes Henri III de la rue Jeannin i, et de la rue Vannerie 69 ; et, dans un ordre différent, le Puits d' Amour, conservé dans la cour du tribunal de commerce.

C'est un puits ordinaire, environné d'une haute margelle, mais qui se découpe sur une niche en plein-cintre chargée de sculptures. On voit, au sommet, le dieu Pan assis sur un tonneau, les pieds posés sur un lion à cornes de bélier ; à droite et à gauche, deux cariatides, l'une mâle et l'autre femelle, deux petits amours, et gravée dans un cartouche l'inscription : Par tout ainor, 1543.

Le Puits d'Amour.

Cli.Uc Vii.ul.

La Place d'Armes.

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