LE XVIP ET LE XVIII'^ SIECLES
Ainsi la salle des États a pu recouvrer son ancien éclat ; mais ce qu'on n'y reverra jamais, c"est le cérémonial grandiose qui s'}^ déroula pour la première fois le 23 juin 1700, jour de l'inauguration. Tout au fond, un dais en velours de Gênes bleu, parsemé de fleurs de lis d'or et des armes en or du roi. du duc et de la province, protégeait l'estrade à deux degrés où était placé le fauteuil du gouverneur. A droite et à gauche de celui-ci et plus bas, dix autres fauteuils étaient réservés pour le Premier Président du Parlement, l'intendant, les lieutenants généraux et les trésoriers de France. Le reste de la salle se partageait, dans le sens delà longueur
Cliché Venot.
Les Gloires de la Bourgogne, par Lévy.
en trois sections respectivement destinées à chacun des trois ordres, et transversalement coupées par des bancs où les députés étaient assis, précédés de leurs bureaux. Fauteuils et bancs étaient couverts d'une tapisserie bleue aux armes de Bourgogne, fournie par la manufacture royale de Beauvais ; les murs étaient tendus de verdures et d'écussons peints aux armes des villes ayant entrée aux Ftats,
L'arrivée des représentants de la province avait lieu par un vestibule, auquel conduisait un perron montant directement de la place. En 1737, Gabriel modifia ces dispositions. Il garda le vestibule, mais remplaça le perron par l'escalier actuel, un des plus beaux que le XYiiT siècle ait laissés. De grandes fenêtres lui assurent un éclairage aussi généreux que celui de la grande salle ; la largeur des marches et leur épanouissement en terrasse se prêtent admirablement au passage d'un cortège ; les rampants,
de cuivre ciselé et verni, sont de toute beauté. Aux quatre angles de la cage, se dressent les statues d'après l'antique d'Antinous, de Bacchus, du Faune, et de la Vénus de Médicis. Dans le- vestibule, dallé de carreaux rouges et noirs, se trouvent celles de la Force et de la Vigilance
L'escalier de Gabriel.
par Masson, élève de Coustou, et le soleil brille aux boiseries, accompagné de la devise : Nec pluribus impar.
L'aile adjacente du Palais, où les Élus avaient leurs appartements et leurs bureaux, construite en 17 79- 1780 sur les plans des ingénieurs Gauthey et Dumorey, est un spécimen très homogène de l'architecture civile de la fin du xviil° siècle. Les fenêtres donnant sur la cour sont décorées de roses au premier étage, de festons au rez-de-chaussée. L'entrée sur la