‹ Dijon et BeauneChapitre 14 sur 23 · LE XVII" KT LE XVIIL' SIECLES · texte numérisé non relu

LE XVII" KT LE XVIIL' SIECLES

rue de la Liberté, a une porte en bois sculpté, avec médaillons et coquilles, un heurtoir ciselé; l'autre, la principale, rue des Forges, est précédée d'un attique à quatre pilastres. Mais ici, l'effet des siècles destructeurs s'est malheureusement fait sentir. Les plafonds s'effondrent ; les boiseries pourrissent; les sculptures tombent ; les escaliers, gravés d'inscriptions imbéciles, sont ouverts à tous les vents.

On signalera seulement, pour ses belles dimensions et son décor, la salle de Flore ou des Festins qu'on est en train de restaurer. Elle mesure 3o"'45 de longsur 1 1"'38 de large, et sa lumière lui vient de quatorze croisées, sept sur la rue des Forges et sept sur la cour du palais. Au-dessus des portes et des fenêtres, des trophées et des cartouches rappellent les victoires de Condé ; les murs sont peints en imitation de marbre, et le plafond est recouvert d'un ciel bleu nuage de blanc.

Autrefois, chaque fenêtre avait des rideaux de taffetas cramoisi relevés à l'italienne, et, pour éclairer le festin, étaient disposés entre les fenêtres do.uze grands candélabres, formés de faisceaux de lances d'où émergeaient des tiges de lis et des branches de laurier pouvant porter 720 bougies,

« qui sont toutes allumées, dit un manuscrit du temps, non compris une centaine d'autres qui sont sur la table, quand on donne à manger au prince et lors de la distribution des prix de peinture ». En outre, de chaque côté des portes, se voyaient quatre figures en terre cuite représentant la France couronnant de lauriers l'écusson de la maison de Condé, la Bourgogne tenant le médaillon de S. A., la Renommée publiant les actions glorieuses désignées par les trophées des fenêtres, l'Histoire inscrivant les mêmes faits.

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Maison des Cariatides.

Nous n'insisterons pas sur l'aile opposée, faite d'un bâtiment symétrique à la salle des Etats, avec pavillon en retour sur la rue Rameau, élevé par le Jolivet entre 1782 et 1784, et d'un autre construit en 1852 face au théâtre. En eflFet, le Jolivet s'est conformé rigoureusement au modèle

Escalier de l'hôtel Magnin.

que lui fournissaient les parties déjà existantes du Palais. Mais nous n'aurons garde d'omettre la grande grille dorée, construite sur ses indications par le serrurier iMeignien dit Nantua, tout à fait remarquable, avec ses houppes, ses fleurs de lis, ses lances, et ses faisceaux garnis de rubans. Il s'agissait de remplacer un mur en terrasse, construit par Noinville pour aljriter le corps de garde et doté d'une porte monumentale. Le marché fut conclu le 4 février 1783. et le travail reçu le

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