LE XVII'' F.T LE XVII]' SIÈCLES
26 janvier 17S5, en même temps que les deux guérites qui existent encore.
Il est difficile, à l'heure actuelle, de juger cette grande construction.
Faute d'argent, les États durent écarter de somptueux projets, caressés
longtemps avec amour, mais d'une réalisation trop coûteuse, et se con-
Cliché Neurdein.
Porte de l'Hôtel de Vogué.
tenter de cette façade « en style de caserne » qui compte pour tout ornement une Minerve de Darbois et un entassement de pierres aux armes de Dijon, de ces lîàtiments réguliers à un étage, dont la ligne est interrompue seulement par des portes monumentales et des trophées en amortissement aux toitures. Ainsi amoindri, dépouillé de ses meubles, de ses tableaux, de ses sculptures, le Palais ressemble à un vaste corps sans âme. Et cependant il est indéniable que, malgré des tares évidentes, malgré
l'excessive régularité de son architecture et la laideur de son appareil, il a une certaine allure. La grande cour de devant, avec ses retours, rappelle de quelque manière celle du château de Versailles, et les colonnades, dont Mansart a fourni le dessin, ne sont pas dépourvues de caractère. On a pu critiquer la façade sur la rue des Forges « traînante, aux fenêtres exiguës, hors d'échelle avec les pilastres ioniques ». Il faut savoir gré aux architectes de s'être consciencieusement appliqués à maintenir l'unité de style et d'avoir créé ainsi, malgré la diversité
Cliplié Venol.
Cour de l'Hôtel Liégeard.
de date et d'affectation des bâtiments, un ensemble très homogène, un édifice bien en rapport avec les besoins du siècle, froid, mais majestueux, susceptible encore aujourd'hui de montrer ce que fut une grande ville de province pendant le dernier siècle de la monarchie.
Les hôtels privés, qui abondent place Saint-Jean, rue Jeannin, rue Chabot-Charny, sont dans la même note.
Il y avait alors à Dijon une société cultivée, dont les membres les plus éminents, épris de littérature, d'archéologie et d'histoire, finirent par se grouper dans cette mémorable Académie qui, la première, distingua Rousseau. Ceux qui étaient l'honneur de « la nouvelle Athènes, » les Bouhier, les Berbisey, les Brûlart, les Bouchu, les Legouz, appartenaient la plupart à la noblesse de robe ; mais ils n'étaient pas seulement des