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tiguë au petit local dans lequel Guyton de Morveau et Maretenseignèrent publiquement et gratuitement la chimie et les matières médicales, créant ainsi à Dijon, avantla Révolution, un embryon d'enseignement supérieur. Nous n'avons signalé que les grands hôtels. Il en existe d'autres, moins importants : pour le xvil" siècle, Vhôtcl Pcrard. rue Jeannin 19, les hôtels de la famille Bcrbiscy, rue Berbisey 19, Vhôtel de Coiirti-
Cliché Neurdein.
Portail de l'Hôpital.
vron, rue Berbisey 3 ; pour le XVIII" siècle, l'hôtel Fyot de Neuilly, place Saint-Jean 6-8, Vhôtel d'Orange, place Saint-Jean 2-4; l'hôtel du président Richard de Riiffey, à l'angle des rues du Chaignot et Berbisey.
On pourrait croire que l'importance donnée aux constructions civiles interrompit le développement de l'architecture religieuse. Sous l'influence de la contre-réforme et de la dévotion, se produit au contraire une floraison d'ordres monastiques des deux sexes, comparable à celle du
LE XVII" ET LE XVIll" SIÈCLES
XIII' siècle et qui a les mêmes effets. Minimes, Capucins, Oratoriens, Lazaristes, Bernardines, Carmélites, Ursulines, Visitandiues, veulent avoir leurs chapelles, et, si ces constructions ont en partie disparu, il en subsiste quelques morceaux intéressants, à travers lesquels il est aisé de suivre l'évolution des styles.
La chapelle des Godrans, œuvre du frère Martellange, inaugurée
Cliché Neurdein.
La porte Guillaume.
le 15 août 1617 par Sébastien Zamet, évèque de Langres, est contiguë à une cour du xvil" siècle, dont les portes sont surmontées de jolis cartouches soutenus par des amours ; elle offre, sur la rue, une très belle porte de style Henri II. Ces locaux sont aujourd'hui occupés par la bibliothèque de la ville et la faculté de droit.
Au portail de V église des Carmélites, consacrée en 1643, on remarque la superposition des ordres, et, dans les entre-colonnements, les statues de la Vierge mère et de Saint Joseph à l'étage supérieur, du prophète Élie et de sainte Thérèse à l'étage inférieur ; au fronton, la
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Transfiguration du Christ. Le plan a été fourni par Nicolas Tassin, cartographe et architecte dijonnais.
A la cliapcllc de Vhospicc Sainte-Anne (anciennement des Bernardines), construite de 1699 à 1708, frère Louis de l'Oratoire a donné pour couverture, une coupole appuyée sur un tambour percé de fenêtres, et, pour entrée, un portique d'ordre dorique. Du mobilier, on retiendra le maître-autel décoré des images de la Vierge et de sainte Anne,
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Les allées du Parc.
une des meilleures œuvres de Dubois, et les statues agenouillées de Joly de Blais}' et de l'intendant Bouchu, de vrais portraits, surtout celui de Joly de Blaisy, vu de profil, le nez arqué, les bras croisés, dans une attitude qui devait lui être familière.
L'église Sahit-Eticnne n'a pas dans Dijon monumental la place que lui assignerait son passé historique. Remaniée fortement sous l'abbé Fyot, le dernier de ses grands abbés (1662-1720), elle nous est parvenue, une voûte à nervures tendue sous son berceau lambrissé, ses baies ramenées au plein cintre et ses piliers à la forme carrée, sa flèche détruite et son portail primitif remplacé par une médiocre façade, œuvre de Noinville qui l'acheva vers 1721.
Le portail de l'hôpital, élevé en 1690, est aussi l'œuvre de Noinville, mais il est plus élégant. Au sommet règne un campanile, placé par
LE XVII" ET I.E XVni" SIECLES
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l'architecte Petit en 1843; de chaque côté du grand cintre, sont couchées les figures de la Foi et de l'Espérance par Darbois ; sur la porte est assise la Charité de Dubois. La grande salle, de 80 mètres de long, à laquelle ce portail sert d'entrée, et qui forme chapelle dans sa partie antérieure, salle des malades dans sa partie postérieure, fut fondée en 1 504; sur l'une des cours de derrière s'ouvre une petite chapelle plus ancienne encore, la chapelle de Jérusalem, construite dans le style gothique.
Cliché Venot.
L'Ouche au bout du Parc.
Combien Dijon gagna à ces créations, on le devine aisément. Il convient de ne pas oublier aussi l'énorme travail de voirie, qui lui rendit la régularité, l'air et la lumière disparus pendant les guerres religieuses. Quelques percées sans importance avaient été tentées vers la fin du xvr siècle. Pendant les dernières années du xvn" et du xvilT fut méthodiquement conçu et rigoureusement exécuté un vaste programme, qui consistait à élargir ou aligner les artères existantes et à leur donner à droite et à gauche des débouchés. Le nettoyage des rues fut amélioré, et l'éclairage assuré par l'installation de 650 réverbères.
D'autres modifications contribuèrent à rendre la ville encore plus avenante. Les remparts furent plantés de marronniers et de tilleuls, les demi-lunes d'arbres fruitiers. Plusieurs des anciennes portes furent remplacées, entre autres la porte Saint-Pierre et la porte Guillaume. La
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porte Saint-Pierre, refaite dans le style Louis XVI, garde encore, à l'intersection des rues Chabot-Charny et du Tivoli, son pilier de droite, de forme carrée, couronné au sommet de guirlandes et de médaillons. La porte Guillaume, d'abord appelée porte Condé, a été dessinée en 1784 par Maret, architecte voyer de la province, sur le modèle des arcs de triomphe romains, et Attiret l'a décorée de quatre bas-reliefs allégoriques rappelant les exploits du prince de Condé pendant la guerre de
Le Jardin de l'Arquebuse.
Sept-Ans. Des inscriptions qui en indiquaient le sens exact, ont été détruites en 1791; les sculptures furent dénaturées par Marlet.
Au xvni" siècle appartiennent encore le pont des Tanneries (1756), le pont de V Hôpital (1782), garni de grands lions à l'entrée et auquel on accédait primitivement par des rampes raides. Alors aussi eurent lieu les premiers travaux du canal de Bourgogne (1775;, tracé d'après les plans de Gauthey, et dont l'inauguration fut commémorée par un obélisque portant des figures et des inscriptions qui n'existent plus. .Mais il faut faire une place spéciale au Parc et à l'Arquebuse, restés les promenades favorites des Dijonnais et l'un des principaux agréments de leur cité.
Sans qu'il puisse être comparé en rien au parc du château de Versailles, le Parc de Dijon est l'une des plus belles œuvres que l'art de l'horticulture ait produites. Il se compose d'un bois de 35 hectares environ, rattaché à la ville par une double avenue de 1.3 13 mètres de