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(car c’était elle) avait veillé près de sa maîtresse Priscille. Ne voyant autour d’elle aucun visage ami, et ne connaissant personne sur la terre où elles allaient aborder, elle se demandait ce qu’elle allait devenir et implorait secrètement ce Dieu qui ne l’avait jamais abandonnée.
Plusieurs personnes, venus de la ville à la rencontre de leurs amis, montèrent sur la galère. Parmi elles se trouvait un officier romain qui, ne trouvant pas ceux qu’il cherchait, parcourut des yeux tous les passagers. Ses regards s’arrêtèrent avec une sorte d’hésitation sur * Priscille et sa compagne S'approchant enfin, comme un homme dont l’incertitude a cessé :
— Dinah, dit-il, comment vous trouvé-je ici, seule avec Priscille? Où est Saraccus, où sont ses esclaves?...'
Un faible sourire passa sur les lèvres de la jeune fille :
— Hélas! lui dit-elle, Saraccus n’est plus; Priscille n’a plus d’esclaves, excepté moi, affranchie par sa bonté ; mais je ne la quitterai jamais. J'approche du pays de mes pères, mais Priscille y est aussi étrangère que moi. Septime, aidez-moi à faire sortir d’ici ma pauvre maî-
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tresse si malade et à lui trouver un gîte pour quelque jour.
— Je remercie les dieux, Dinah; dit Septime, de ce qu’ils m’ont envoyé si à propos à votre aide ; je vais vous conduire dans une habitation où l’on .vous recevra avec bonheur. Vous m’apprendrez ensuite quels événements ont pu vous amener ici. Je ferai tout ce qui sera en mon pouvoir pour vous être utile.
Septime aida Dinah à soulever Priscille ; ils entrèrent dans une barque et abordèrent bientôt au port. Septime alla chercher une litière où il plaça Priscille.
Dinah et le légionnaire suivirent à pied.
Ils arrivèrent à leur destination, qui était une jolie maison couverte d’une terrasse et entourée d’un jardin. Avant d’y entrer, Septime arrêta Dinah et lui dit avec un certain embarras ;
— Cette maison est la mienne, je l’habite avec ma femme et mes enfants ; si jadis vous l’aviez voulu, ce serait votre maison. Depuis quatre ans seulement, j’ai pu me décider à épouser une autre que vous. Julia est bonne et' douce; elle me rend heureux. Si vous consentez à me regarder comme un frère, je n’aurai rien à désirer.
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— Tout est bien lorsque Dieu l’ordonne, dit Dinah ; je le bénis s'il vous a fait trouver le bonheur et je rae sens heureuse et tranquille à la pensée d’habiter sous votre toit avec celle à qui Dieu vous a uni. Je ne pouvais être pour vous qu’une sœur.
La jeune femme de Septime vint à leur rencontre avec un enfant dans ses bras et un autre quelle tenait par la main. Etonnée un moment à la vue des deux étrangères, elle se remit bientôt, et, sans même attendre les explications que lui donna Septime, elle les accueillit avec cordialité.
Priscille fut placée sur un lit de repos ; ses souffrances et sa fatigue surtout étaient telles que jusqu’alors elle avait paru ne rien voir et ne rien entendre. Les soins qui lui furent prodigués la ranimèrent, et elle put apprendre oh elle était. Il fut convenu que, pour le moment, elle acceptait l’hospitalité de Septime et que plus tard on aviserait.
Dinah avait elle-même grand besoin de repos, aussi ce ne fut que le soir, après avoir dormi quelques heures, quelle put rejoindre Septime et sa femme, assis sur la terrasse et cherchant