‹ Diocèse ancien de Chalons-sur-Marne histoire et monumentsChapitre 11 sur 128 · Chapitre de Vertus · texte numérisé non relu

Chapitre de Vertus

Hôpital de Saint-Amand.

(1) Charte de Guillaume, évêque de Châlons, pour i’abbay e d e Chem1non (11 U) ; de Jean, évêque, pour celle de Montier-en-Der (134)), etc.

/o\ TJn titre du XIVe siècle établit que devaient hommage à l’évêque, les abbés de Saint-Pierre, de Saint-Memmie , d’Andecy des Reclus, les prieurs de Vanault, Vinetz et Saint-Gond. (Arch. de la Marne.)

L’évêque nommait aux cures de Heilz-l’Evêque, Minecourt, Thonnance , Contault, Congy , Saint-Remy-en-Bouzemont , Suzannecourt Tiéblemont, et conférait les chapelles de Saint- Martin de Courtisiols, Saint-Remy près Vésigneul, Somme-Vesle, Saint-Germain-la-Ville, Saint-Remy près Bussy, Sainte-Marie-del’Epine , Saint-Quentin du château de Cooie , Saint-Jacob du château de Vaugency , les deux chapelles du château de Cernon, de Blesme,de Bayarne, Saint-Memmie de Yitry, Saint-Jean de Larzicourt, Sainte-Marie près Frignicourt, de Saint-Yrain, Saint- Nicolas de Bussy près Possesse, du château d’Argers, les chapelles Frotel, Saint-Antoine, Colard de Saux en l’église deSainte- Ménehould, du château des Planches, Saint-Elaphe à Saint- Dizier , enfin la chapelle de l’hospice dans la maison du sei-, gneur du Mesnil-Oger.

Le prélat n’avait pas droit de gîte h l’abbaye de Toussaint ni dans celle de Saint-Pierre-au-Mont (1); cependant il venait une fois par an, pendant la Semaine-Sainte, visiter ce dernier monastère; les religieux et novices étaient tenus d’aller le recevoir processionnellement à la grande porte; l’abbé le saluait, l’encensait, et lui présentait à baiser le livre des évangiles; on rentrait au chœur et , après la bénédiction , la visite commençait. Une bulle du pape Innocent IV confirma, en 1250, la juridiction de l’évêque de Châlons sur l’abbaye de Saint-Memmie, sauf la haute autorité du métropolitain (2).

Mais ce fut avec le chapitre Saint-Etienne que nos évêques eurent d’interminables démêlés. Cette lutte qui, malgré quelques trêves, se prolongea durant près de six siècles, commença au moment où les chanoines, ayant obtenu les suppressions de la prévôté , se sentirent plus forts et plus indépendants. La bonne intelligence cependant existait encore avec l’évêque Guillaume de Champeaux (1113-1122); il vivait au milieu de ses chanoines, donnant des leçons publiques et expliquant les saintes Ecritures. Parmi les dons qu’il fit au chapitre on doit signaler sa renonciation au droit de se servir du trésor de la cathédrale, dont avaient joui ses prédécesseurs; à cette époque,

(1) Charte de Pierre de Lalilly, reconnaissant ne pas avoir le gîte à

Saint-Pierre (13 IL). (Arch. de la Marne.)

(2) De Lyon, A des ides de juin 1290. (Ibid.)

du reste, le prélat exerçait une grande autorité sur les chapitres; il pouvait, quand il sortait de Châlons , prendre tel nombre de chanoines qu’il voulait, et les envoyer où bon lui semblait. Mais Geoffroi II de Grandpré ayant demandé et obtenu du pape une sévère réforme pour le chapitre (1246), celte mesure indisposa vivement ses membres contre 1 évêque , et peu de jours après le doyen s’étant plaint de certaines vexations de la part du comte Thibaut IY de Champagne sans obtenir de réponse de Geoffroi de Grandpré , il fit cesser une première fois l’office divin à la cathédrale et fut approuvé par 1 archevêque de Reims. En 1268, l’évêque affranchit plusieurs serfs de sa seule autorité ; le doyen fit cesser cette fois le jeu des orgues, obtint du prélat une indemnité de 1100 livres tournois, et ne fit recommencer à jouer l’orgue que. sur une bulle du pape, en mars 1269. Cette usurpation de pouvoir de la part des chapitres prenait une grande extension en France ; à Reims même , le chapitre condamna le prévôt de l’archevêché et plusieurs de ses sergents à assister à une procession, tête et pieds nus, et tint la ville en interdit jusqu’à ce que le prélat lui eût donné réparation de ce qu’on lui reprochait. Les évêques, alarmés de ces progrès, se réunirent en concile, à Compiègne, en 1277 , et déclarèrent que les chapitres ne pouvaient en aucun cas avoir l’exercice de ces prétendus droits. Nos chanoines ne se rendirent pas à ces injonctions , et on les voit recommencei , dès l’année suivante, et ne céder que sur une nouvelle bulle du pape Nicolas III , qui leur ordonnait de faire des excuses à 1 évêque et de lui payer tout 1 argent perçu depuis le joui de la cessation du jeu de l’orgue jusqu’à celui de leur soumission ( 22 février 1279).

En 1284, commença avec l’évêque Jean de Châteauvillain , au sujet de la juridiction temporelle et spirituelle, une nouvelle querelle qui se prolongea près de vingt ans.

Le pape Honoré IV (Jacques Savelli) avait été chanoine de Châlons, et donna à ses anciens confrères , aussitôt son avènement, deux bulles dans lesquelles il leur reconnaissait le droit d’excommunier ceux qui feraient tort a 1 eglise Saint-Etienne qu’il appelle « sa mère » et qu’il chérit « comme sa fille », et le droit de faire arrêter et punir par leurs officiers ceux qui commettraient des crimes dans le cloître, clercs ou laïcs. L’évêque, blessé dans sa suprématie, se plaignit au parlement et au roi.

HISTOIRE ECCLESIASTI QUE.

Pendant ce temps les chanoines cessèrent encore l’office divin. Jean de Châteauvillain voulant y mettre fin sans délai , se présenta à la porte de la cathédrale, se la fit ouvrir de force, y célébra la messe, et, étant accompagné de son bailli, fit rendre la justice dans le cloître, ce qui causa, dit la chronique, du scandale, des excès et des violences. Le parlement donna tort à 1 évêque qui , obsédé de ces perpétuelles discussions , s’éloigna de son siège. Le chapitre alors lui adressa une monition des plus sévères pour qu’il ait à revenir et « à cesser de mener une vie vagabonde (1295) (1). » Enfin le pape intervint, nomma des commissaires, qui, réunis à des arbitres choisis par Jean de Châteauvillain et le doyen, Simon de Hans, parvinrent à faire cesser ce déplorable état de choses (10 janvier 1300). Comme on doit le penser, cette défaite porta un coup sérieux à 1 autorité épiscopale et augmenta singulièrement celle du chapitre. Grâce à ces concessions , la bonne harmonie se rétablit quelques années ; en 1 392 , on voit l’évêque , Charles de Poitiers, faire une nouvelle concession en reconnaissant, on ne sait trop pourquoi, que le chapitre était sous la sauvegarde du roi, et que de plus il n’avait pas le droit de faire afficher ses mandements sans permission aux portes des églises Saint-Etienne et Notre-Dame. Deux ans plus tard, il confirma aux chanoines la laculté de refuser l’assistance de leurs clercs aux cérémonies religieuses, entre autres à la consécration des Saintes-Huiles. A dater de ce moment, l’autorité capitulaire fut parfaitement distincte de celle de l’évêque, et ces deux pouvoirs continuèrent à subsister concurremment, le premier empiétant toujours peu à peu sur le second , jusqu’au jour où l’arrêt du parlement qui permettait aux chanoines de refuser à l’évêque le serment de foi et hommage , vint y porter un nouveau coup (26 mai 1452). Il devait cependant y avoir une réaction : on comprend aisément que les évêques, élus par les chanoines eux-mêmes, fussent dans leur dépendance et en quelque sorte soumis à leur bon vouloir; mais quand vint le concordat conclu par François Ier avec le pape LéonX, la situation changea singulièrement (1 51 4); l’évêque, nommé désormais par le roi

(1) Voir . mes Cur hilaires de l évêché el du clui pii re, où les pièces de ce procès sont publiées w extenso, in 18, Paris, chez Didron.

gg PREMIÈRE PARTIE.

et institué par le pape , recouvra sa liberté d’action et se sentit affranchi du joug du chapitre. Pourtant, en 1564, nos chanoines entreprirent encore quelque chose d’inouï : ils prétendirent refuser à l’évêque Jérôme Bourgeois toute autorité ou juridiction sur la cathédrale, lui enlever le droit d’avoir un trône près du maître-autel , de prêcher quand il le voudrait , de se faire pie céder de ses deux huissiers dans le cloître. Cette affaire eut un grand retentissement, et fut portée au parlement qui trouva ces prétentions exorbitantes ; aussi un arrêt fut-il rendu, ordonnant le maintien de tous ces privilèges en faveur de 1 eveque, et lui donnant de plus le droit de présider ^ chapitre dans .e cas où il jugerait sa présence utile ou convenable (< 5 février).

Yoici, du reste , le dispositif même de 1 arrêt... . (La cour )

« accorde à l’évêque de Châlons un trône distingue près de » l’autel comme celui de l’évêque de Pans; lui permet de faire » prêcher dans sa cathédrale par qui il voudra, apres toute- » fois le service divin; l’ autorise , quand le bien commun de » l’église le service du roi ou autres matières importantes e » qui concerneraient le public lui paraîtraient l’exiger et qu d » aurait à remontrer ou délibérer quelque chose a aller au » chapitre, y seoir, présider, prendre et recueillir les opi- » nions , et y conclure ; réserve au chapitre de s assembler » particulièrement pour ses affaires personnelles. »

Ce fut la fin de ces malheureux démêlés ; les chanoines durent se soumettre devant la volonté du roi et perdre une grande partie de l’autorité qu’ils avaient su conquérir. Neanmoins il conservèrent le droit de faire prêter à 1 eveque le serment de conserver leurs franchises, et, dans un synode tenu pai Jérôme Bourgeois, le 22 août 1564, celui-ci reconnut solennellement qu’il ne pouvait rien entreprendre sans 1 aviS du chapitre (1), mais en se réservant aussi la faculté de se contenter des conseils de deux ou trois chanoines à son choix. ,

Les vidâmes connus dans la Septimanie dès l’an 828, Paient, originairement des officiers qui représentaient les évêques. Ils rendaient la justice, conduisaient les vassaux de l’eveche a a

i\\ , Volumus (dit le procès-verbal ) etiam in cæteris capitulo nostro nostræ cathedralis ecclesiæ jus suum auctoritatemque conserrari : mlnl mlnconsulto eo aut saltei duobus vel tribus ex canon, es quos nos idoneos erigerimus, si id causæ gravitas requirat, inconsultis agere. »

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