‹ Diocèse ancien de Chalons-sur-Marne histoire et monumentsChapitre 23 sur 128 · V. — Abbaye Notre-Dame de Huiron · texte numérisé non relu

V. — Abbaye Notre-Dame de Huiron

Huiron est un village situé à l’entrée du Perthois, du côté du Cathalaunois ; les seigneurs y avaient haute justice, ainsi que sur Courdemange, Glanne et Champillon, qui composaient un petit canton. Les plus anciens qui soient connus sont Guy à la Barbe, Hugues, son frère, et Hersinde, leur sœur, mariée au sire d’Arzillières, à qui elle porta en dot une partie de ce domaine (1073). A cette époque, les habitants de la vallée étaient « fort barbares et mal instruits, » ce qui détermina l’évêque Roger III à y envoyer une colonie de Bénédictins ; elle s’établit sur la montagne qui domine Huiron, et y bâtit une chapelle dédiée à Saint-Martin et à côté une petite maison, cœnobitium, qui fut d’abord un prieuré. La vie exemplaire de ces moines, et les services qu’ils rendaient, leur valurent de riches aumônes des seigneurs dont j’ai parlé plus haut qui, selon la tradition, y sont ensevelis sous une grande dalle, près du maître-autel, et pour lesquels on célébrait un service le mercredi après le

HISTOIRE ECCLÉSIASTIQUE. î 53

quatrième dimanche de Carême : les sires de Grandpré, de Dampierre, de Bar, de Chatelraoud, de Saint-Chéron, ne se montrèrent pasmoins généreux. Dès la fin du XIe siècle, les moines possédaientseizeéglisesdes environs et de nombreuses fermes. En 1 1 34, l’évêque Geoffroy convertit ce prieuré en une abbaye régulière, et qui fut approuvée par les papes Lucien III et Urbain III. Trois ans après, le même prélat leur permit d’élever une église paroissiale adossée au mur du monastère. En 1270, on voit l’abbé Henry signer avec Gérard, abbé de Moncetz, les coutumes de la vallée de Huiron, dressées par ordre de Guillaume d’Arzillières ; mais plus tard, en 1280, Gauthier d’Arzillières reconnut à l’abbaye : « li ban de la justice dou leu de la vallée d’Oyron ; » en 1330, la léproserie de Montmoret, près de Courdémangé, fut annexée à l’abbaye avec tous ses biens, à cause de la mauvaise administration des frères; elle resta ainsi jusqu’en 1 678, qu’elle fût confiée à l’ordre de Notre-Dame du Mont- Carmel.

Sous le gouvernement de l’abbé Jean de Saint-Prix, j’ai trouvé une pièce assez curieuse : Oudin, homme de corps de l’abbaye, ne put obtenir le droit d’être tonsuré qu’en s’engageant à lui payer un cens annuel de 20 sols (1383). En 1464, l’abbé Simon Charmet rendit au roi un aveu des biens du monastère, par lequel on voit qu’il possédait un manoir de refuge à Yitry-en- Perthois pour les temps de guerre.

Toute cette époque fut calme et Huiron prospéra ; les abbés rachetaient les biens que leurs prédécesseurs s’étaient vus forcés d’aliéner, terminaient de longs et ruineux procès avec les sires d’Arzillières, de Dampierre et de Grandpré. Mais un grand trouble s’éleva à la mort de l’abbé Gauthier Royer (19 avril 1520). Leroi défendit deprocédera une nouvelle élection avant que son Conseil n’eût revu les privilèges du monastère. Les moines passèrent outre et choisirent Jean Desjours; le roi répondit par la saisie du temporel et une assignation devant le grand Conseil ; les bénédictins durent céder d’abord, puis finirent par obtenir la confirmation pure et simple de leurs droits et de leur élection. En 1550, Notre-Dame d’Huiron fut saccagée par une bande de protestants qui devenaient très-nombreux dans le Perthois; peu après La Chapelle, capitaine d’une de ces troupes, vint avec 200 hommes renouveler cette attaque; mais le commandeur de la Neuville, qui se trouvait dans l’abbaye, le chargea si vigou-

/j 54 PREMIÈRE PARTIE.

reusement avec une compagnie de volontaires, qu il le repoussa au-delà de Vitry-le-François. Ce temps d’épreuves fit beaucoup de mal au monastère qui, en 1609, ne comptait plus que cinq moines et avait perdu presque toutes ses archives enterrées à la hâte et rongées par l’humidité : peu à peu cependant il reprit un certain éclat, et quand la révolution éclata, on y voyait dix religieux avec 5,000 livres de revenu. La réforme fut introduite en 1665.

On pratiquait à Huiron des cérémonies assez bizarres : tous les dimanches, la procession se faisait dans les cuisines, greniers, écuries, au moulin, au cellier, avec une oraison appiopriée à chacun de ces lieux; le Jeudi-Saint, 1 abbé prononçait une sentence d’excommunication contre « les mauvaises gens, bouteurs de feu, violeurs de filles, sorciers et sorcières. »

Etat des biens de l'abbaye d’ Huiron, d’après le fonds de ce monastère conservé aux archives départementales de la Marne.

L’abbaye d’Huiron possédait les autels de .

Huiron, et les dîmes, avant 118/.

Champigneul, et le tiers des dîmes.

Sainte-Livière, et deux tiers des dîmes.

Isle, et un tiers des dîmes.

Drouilly.

Saint-Remy-en-Bouzemqnt, moitié de dîmes.

L’Héry, tiers de dîmes.

Thiéblemont, tiers de dîmes.

Blacy, tiers de dîmes; tous ces autels donnés par l’éveque Roger III.

Coole, tiers de dîmes.

COURDEMANGE.

Farémont; ces trois donnés par l’évêque Hugues.

Cernon.

Coupelz, donnés par l’évêque Geoffroy I.

Charmont.

Nettancourt, donnés par l’évêque Guy de Montagu.

Bettancqurt, donné par 1 éveque Barthélemi.

àuzecourt, donne par 1 archidiacre Géiard.

La charte de confirmation du pape Urbain II, en 1187, ren

ferme cette liste.

Cellœ Borde, Theardimontis et capella, Druilleri, Ysson (moitié de l’alleu donné par le comte de Champagne en 1157, l’autre moitié cédée avant par Heldrade de Yésigneul) Bettancurtis, Calvimontis, domus Riverie (don du comte Henry), alleu deHuiron (et fourbannal), moulin de Aneeyo, moitié des terres arables de Valeret, terre à Champagne, alleu d’Isambard près d’Huiron, alleu de Suella donnés par Thierry, châtelain de Bar; alleux de Bignicourt et d’Inzecourt (moitié) par Pierre deGoncourt; de Drogon, par Herbert et Wibert, chevaliers de Soudron; de Hazet, vigne à Villedomange ; tiers des dîmes de Neuvy, Maurupt, Villette par le comte de Champagne; forêt de Ranueleria, usage de celle d’Arrigny pour brûler et bâtir, cédés par le comte Henry; moulins de Thearclimons, de Glannes (moitié), de Villedomange (moitié); 40 deniers sur le péage de Vitry, une famille à Castrum Colle , un grand nombre de terres et de menus cens.

La chapelle Saint-Claude de Thiermont à Blacy, transférée dans la suite en l’église abbatiale, le 3 mai 1704, possédait une ferme à Blacy.

Le prieuré de Charmont.

Voici l’état des biens de l’abbaye dressé en 1751 :

Ferme de la Grange à Huiron, louée . 687'

Terres, louées . <195

Fermes d’Isson et seigneurie . 400

Fermes de Courdemange, louées . 45

— de Drouilly . 120

— de Blacy . 31

Dîmes de Glannes, Courdemange, Huiron.... 893 10s

Dîmes de Glannes, pour le vin . 978 »

Tiers des dîmes d’Auzecourt, Lahecourt . 450 »

— — de Blacy et vins . 150 »

Deux garennes à Huiron . 35 15

Maison à Huiron . 4 4

Maison à Vitry, servant d’hospice aux moines. » »

Rentes diverses . 27 2 11d

Prés à Huiron . 30 » »

Dix arpents en bois . 22 10 »

Prés pour les chevaux de l’abbaye . 90 » »

A reporter . . 4,169 1 11

Report..

Vignes à Courdemange .

Vignes à Glannes et Huiron. . .

Chapelle de Thiermont .

Total. . .

Charges

VI, — Abbaye de Moiremont.

Moiremont, village de VArgonne, situé près de Sainte-Ménehould, sur les limites des départements de la Slaine et de la Meuse, était autrefois le siège d'une abbaye de bei.ed.cbos de la congrégation de Saint-Vanne, qui rapportaient une quinzaine de mille livres de rente à son abbé. Vers le commencement du VIII' siècle un comte Nanterrus établit au milieu de la toret d’Argonne ’un monastère qui prit le nom de MaunMons et autour duquel se forma un village; il y mit douze chanoines, fit consacrer leur église sous le double vocable des saints Caloeerte et Partlienier, frères martyrs, et la plaça sous la protection du chapitre métropolitain de Reims p«7). Dans le IX' siecle, les Normands, qui ravagèrent tout le pays, saccagèrent egalem Moiremont et la communauté tomba dans une un gran d ^^e pauvreté qu'elle se vit réduite à un seul pretre. En 1074 1 aiche vèqueManassès, sur la demande d'Odalric, prévôt de la cathédrale de Reims, y envoya des bénédictins et eur octroya une charte de fondation. Les seigneurs du pays, et a leur ete Dto gon sire de Vienne-le-Château, voulurent s opposer a 1 établi. sement d'une puissance ecclésiastique, rivale nécessairement de la leur; mais Odalric se rendit sur les lieux poui fane cesser ces différends qui menaçaient de devenir seneux , il ci a Drogon dans un plaid et le condamna à douze eeus d amende et à la restitution des biens dont il s'était injustement rendu maître. Le fier baron céda; et, après avoir répare de son mieux le mal qu'il avait causé, il prit la robe et mourut moine a floi-

^L'abbaye n'était pas au bout de ses épreuves ; un seigneur Henry, avoué de Moiremont, sous la prélalure de Guillaume, vers 1142, dévasta l'abbaye et en chassa les moines, qui îevin- ÎT» peu d'années après ; mais bientôt, en 1 1 54, Henry, comte

de Grandpré, déclara la guerre à l’évêque de Verdun, qui soutenait le comte de Bar; de nombreux combats se livrèrent, et Henry dut demander la paix; mais auparavant ses soldats avaient brûlé Moiremont. Le comte de Champagne intervint alors et força Henry de Grandpré à indemniser les moines de leurs pertes; lui-même il augmenta leurs biens. ThibautlY imita ces exemples, et, après avoir aplani les difficultés qui séparaient les religieux de Moiremont et ceux de la Chalade (1228), il fit aux premiers le don de 60 arpents de bois à la Coinche, près de Vienne-la-Ville (mai 12501, et, en 1266, il joignit à leur domaine la léproserie de Royon, près de Sainte-Ménehould.

Sous la régence de la comtesse Blanche, plusieurs villages avaient été fondés en Champagne; le territoire dépendant de Moiremont en reçut deux qui ont pris, dans la suite, un vaste développement, la Xeuville-au-Pont, d’abord nommée Pont-Sainte- Marie, et Florent (1203); les droits de l’abbaye furent néanmoins respectés et la comtesse Blanche lui céda une partie de la dîme qu’il percevait sur ces deux localités.

L’abbaye demeura tranquille pendant les grandes guerres du moyen-âge, mais il paraît que les mœurs des moines dégénérèrent singulièrement, et quand on y introduisit, en 1622, la réforme, on remplaça ceux qui s’y trouvaient par une nouvelle colonie amenée de Saint-Vanne même. A cette époque, les environs de Sainte-Ménehould souffrirent cruellement des guerres dans lesquelles les habitants firent preuve du plus énergique dévouement au roi. Pendant le siège de 1653, les bandes du prince de Condé saccagèrent le pays et Moiremont fut incendié pour la quatrième fois (1653); les bénédictins relevèrent presqu’aussitôt leur monastère qui ne vit plus enfin les mauvais jours se renouveler.

Les biens de Moiremont étaient considérables et se composaient surtout de vastes forêts, entr’autres celle des Hauts- Batis, auprès de Vienne-le-Château : les principaux villages qui se trouvaient tributaires étaient: Apremont (1 167), Rouvroy 1253), Arne et Ripont (1250), Sommyèvre, Ante, Braux, Cernay, Parcicourt (1200), et d’autres enclavés aujourd’hui dans la Meuse et les Ardennes. Le comte de Champagne céda aux religieux de Moiremont, vers le milieu du XIIIe siècle, un terrain près du château de Sainte-Ménehould ; ils y bâtirent un prieuré et desservirent longtemps l’église paroissiale; l’abbé nommait

aux cures de Somme-Tourbe, la Neuville-au-Pont, Mafïrecourt, Virginy, Ville-sur-Tourbe, etc.

État des biens de l’abbaye de Moiremont d’après le fonds du monastère conservé aux archives départementales de la Marne .

Églises ou chapelles relevant de l’abbaye :

Virginy, Ville- sur-Tourbe, le Chemin, érigées le 29 octobre 1643, Souain, Somme-Tourbe, Éclaires, Moiremont, Florent, Mafïrecourt, la Neuville-au-Pont, Dommartin-sur-Auve, Dampierre-sur-Auve , Guenon (?) , Aubery, Elise , Saint-Hilairemont, Courtemont (données par notre évêque Geoffroy II) ; au diocèse de Reims, Rouvroy, Ripont, la Glageole, le Châtelet, Saint-Hilaire, Tahure, Bouconville, Séchaut, Condé-les- Cucby, Binarville , Minaucourt , Warge-Moulins, Omey-sous- Montfaucon, Rosnay, Parcicourt.

Chapelle: de la Madeleine, Notre-Dame-de-Fer, Saint-Nicolas, Notre-Dame-aux-Coulours, Saint-Antonin , Notre- Dame-des-Champenois (sous l’orgue) ; Saint-Jean, en l’Église de Sainte-Ménehould ; du Cimetière.

— Saint-André ; Ste-Marguerite, à l’hôpital de la même ville.

Sainte-Marguerite, dans l’église de la Neuville-au-

Pont; Saint-Nicolas, au même bourg, fondée en \ 336, par Pierre Germigny et Isabelle, sa femme.

de la Madeleine, à Dommartin-la-Planchette.

de Chaudefontaine, de Châtel, de la Madeleine, au

château de la Coinche.

— de Saint-Jean, à Ville-sur-Tourbe.

— de Hans.

de la Madeleine, de Saint-Jean, et deux de Saint-Ni¬

colas, en l’église abbatiale.

Voici maintenant l’état des propriétés de l’abbaye :

Argers, portion de dîmes.

Braux-Sainte-Cohière, tiers des dîmes.

Balam, Bareille, sixième des dîmes.

Beaulny, tiers des dîmes.

Berzieux, ferme.

Conter, ferme, près de Vienne, donnée en 1236 par le comte de Grandpré.

Cernay-en-Dormois, rente sur le moulin, donnée en 1221 par Guy, seigneur du lieu,

Cunel, tiers des dîmes, offrandes du pèlerinage Saint- Jacques.

Courtemont, ferme.

Dommartin-sous-Hans, ferme.

Dommartin-la-Planchette, tiers des dîmes.

Dampierre-sur-Auve, ferme.

Éclaires, ferme (1249), part de dîmes (1194).

Élise, part de dîmes (1231).

Guymont, Grigny, le Chemin, Aubery, dîmes.

Huthion, cens.

Hans, don de 13 muids de rente sur les dîmes, par Henry, sire de Hans (1302).

Harricourt, association de l’abbaye et du comte de Champagne pour fonder ce village près de celui de Ripont; la dîme fut cédée aux moines )mai 1250).

Les Isles, dîmes,, basse-justice, adjugées à l’abbaye en 1329.

La Neuyille-au-Pont, dîmes, fermes ; le moulin de Giey (1257). En mai 1229, l’abbaye de Beaulieu abandonne ce qu’elle y possédait.

Maffrecourt, même acte de l’abbé de Beaulieu; dîmes.

Moiremont, seigneurie, main-levée accordée aux religieux pour l’usage des Bois-Batis jusqu’au ruisseau de Vienne (11 mai 1360). Don de 60 arpents à la Coinche et Brunechêle par le comte de Champagne (septembre 1229). L’année précédente, en décembre, la forêt avait été divisée depuis Vienne jusqu’à la Haute-Chevauchée, en trois tiers au comte, à Moiremont et à la Chalade.

Maigneux, menues dîmes, four banal, cense achetée en 1309 à Perresson de Heurtebize, écuyer.

Minaucourt, dîme.

Massiges, tiers des dîmes.

Parcicourt, deux tiers des dîmes.

Ripont, terres (1613).

Rouvroy, id.

Rapsécourt, dîmes adjugées au XIIe siècle contre Renard de Dampierre.

Saint-Mard-sur-Auve, sixième des dîmes.

Senard, ferme (1249).

Souain, sixième des dîmes.

Sainte-Ménehould, maison de refuge, rentes, cens. Somme-Tourbe, quart des dîmes, cens.

Saint-Remy-sur-B ussy, part de dîmes attachée à la chapelle Saint-Nicolas de l’abbaye.

Saint-Hilairemont, ferme.

Voilemont, dîme comme a Raprécourt.

Virginy, terres (novembre 1239), dîmes.

Warge-Moulin. Dodon de Bussy donne à l’abbaye le quart des moulins de Warge sis à Dommartin-sur-Auve (avril 1218). Quand le village se forma autour, l’abbaye eut les dîmes.

De plus, l’abbaye de Moiremont percevait un cens de 12 deniers sur l’abbaye de Chéhéry, pour lui avoir cédé ses biens d Apremont (11 77), un cens des 12 deniers et 4 septiers sur l’abbaye de Belval, pour s’être dessaisi en sa faveur de terres à Arne et à Sait (XIIe siècle) ; enfin de cens pour causes analogues sur les monastères de Chatrices et de la Chalade.

En 1268 fut réunie à Moiremont la maladrerie de Royon, près Berzieux, établissement assez considérable et dépendant jusqu’alors du diocèse de Reims.

On ne sait pas à quelle époque précise fut fondé cet établissement.

YII. — Abbaye Notre-Dame d’àndecy.

Les savants auteurs du Gallia christiana ont annoncé que jadis il avait existé deux couvents à Andecy, l’un d’hommes, l’autre de femmes, soumis à l’abbaye de Molesme ; je crois avoir été assez heureux pour en découvrir la preuve authentique. Simon de Broyés, seigneur de Baye, amena des Bénédictins dans sa baronie, et leur donna la terre d’ Andecy, comprise entre Baye et Congy (1131); la charte en existe en original au dépôt départemental de la Marne. Le pays était habité alors comme aujourd’hui par de riches familles, et tous les seigneurs des environs se hâtèrent de répondre à l’appel fait à leur générosité par Simon de Broyés. La même charte que je viens de citer mentionne la donation de Hugues de Montmort, qui, en outre abandonne aux religieuses le labour de deux charrues en toute saison; de Hélie de Montmirail, Ancel de.Traisnel, Guy de Saint-Memmie, Eudes de la Celle, Dreux de Gacliy, de Guy

de Maisy, Henry de Laon, Marie de Broyés, Bertrand de Guisemont, Ménassès de Pleurs ; Simon de Broyés ne voulut pas demeurer en arrière et augmenta ces libéralités; il ajouta de son chef deux moulins, les droits d’usage et de défrichement dans les bois, les revenus des portes de Broyés, dite Berenger et de la Gâte, la première pour l’entretien de la lampe du dortoir, la seconde pour la pitance pendant le carême; enfin tous ces seigneurs permirent aux hommes et femmes soumis à eux de prendre l’habit dans le monastère d’Andecy, preuve évidente de l’existence d’une double abbaye, ce qui n’avait été jusqu’à ce jour établi que d’après l’autorité de la tradition. Thibaut de Champagne, comte de Blois, homologua immédiatement cette fondation, en y ajoutant lui-même des biens, et ordonnant à ses officiers de protéger cette maison et ses dépendances.

Etat des biens de l’abbaye d' Andecy d’après le fonds de ce monastère , conservé aux archives départementales de la Marne.

Anglure, don de la ferme d’Anglure par Hugues, seigneur de Broyés, (juillet 1225), contenant une charrue deterre. — Une sentence de Simon de Châteauvillain, seigneur de Broyés maintint les religieuses enlapossession des bâtiments construits par elles contre Otton de Broyés et Renault de Saint-Médard (juin 1 240) . Louée en 1482, 15 grands septiers, 3 livres de cire, un mouton; en 1 703, 600 livres.

Broyés, rente de 60 livres sur le péage, donnée par Hugues de Broyés (juillet 1225), terres, un pressoir.

Blesme, près Château-Thierry, cense.

Blacy, Loisy et Maisons, sixième des dîmes.

Bussy-le-Repos, dîmes.

Broussy-le-Grand, dîmes (1229), louées 300 liv. en 1713.

Broussy-le-Petit, dîmes (1183).

Bussy-Lettrée, moitié des dîmes données au XIIIe siècle par Robert de Montfélix, chanoine de Châlons.

Champigneul, Champagne : Gérard de Châlons, chevalier, donna une rente d’un muid et demi de seigle sur la dîme , portée à huit muids et demi par ses fils Jean et Milon (1 1 83); louées 310 liv. en 1686.

Charleville, terres (1614).

Clesles, tiers des dîmes cédé par Garnier, évêque de Troyes en 1195; louées 500 liv. en 1705.

Coizard, tiers des dîmes, louées en 1580, 10 écus et un gros au curé, et 2 chapons; en 1684, 45 liv. et 4 poulets.

Courjonnet, moitié des dîmes.

Concis, usage pour brûler et bâtir dans les bois (sentence de février 1212) ; dîmes louées, en 1686, 75 liv.

Courcemain, part de dîmes donnée par Gillette, veuve de Guy, chevalier de Soulières (janvier 1263), loué, en 1693, 21 liv.

Corbetot, Mondaon, Vieux-Moulin, la Charse, Courcelles et Montroupot, ferme louée 40 liv. en 1643.

Droup-Saint-Basle , dîme donnée au XIIe siecle par Milon de Méry, chevalier, louée 171 liv. en 1687.

Escheminez, tiers de dîmes donné par Garnier, évêque de Troyes, en 1195; grange de Soyers.

Fagnières, ferme louée 40 liv. en 1712.

Fèrébriange, cinquième de dîmes, loué 5 liv. en 1608.

Fère-Champenoise, grange, bois, part des dîmes (1220) louée 5 liv. en 1608.

Forfontaine, grange près d’Andecy, bois (1289).

Joches, moitié de dîmes.

Juvigny, pré.

La Celle, dîmes louées, en 1689, 320 liv.

Léchelle, tiers de dîmes (1220).

Lintes, dîmes données en 1186 par Amand de Broyés, chevalier, à cause de ses deux filles religieuses à Andecy.

MoNtmort, moulins.

Nesle, dîme donnée par Félicité, dame de Broyés (1171).

Nuisement, id. , cense.

Reuyes, dîmes.

Sézanne, rente constituée par Erard de Chancenay, chevalier, en

11 23; usage dans lesbois par le comte de Champagne, etc. (1156).

Saint-Remy, dîmes.

Vaux, rente constituée par le comte de Champagne (1162).

Villevenard, rente constituée par Jean de Montguirot (1246), vignes; cense de la Bouguerie, donnée en 1297 par Guillaume de Loisy, chevalier, louée, en 1692, 30 boisseaux de blé, 35 de seigle, 50 d’avoine; cense du Buisson, vendue en 1494; cense de Chastelier, donnée par Félicité de Broyés (1171), louée en 1688, 320 liv.

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