‹ Diocèse ancien de Chalons-sur-Marne histoire et monumentsChapitre 30 sur 128 · II. — Abbaye de Toussaints · texte numérisé non relu

II. — Abbaye de Toussaints

Roger Ier, évêque de Châlons, venait de relever 1 abbaye de Saint-Pierre-au-Mont , d’y placer des moines de Saint-Benoît et de la doter richement (1028), quand Roger II , en montant sur le siège épiscopal , voulut laisser aussi une preuve de sa piété et de sa générosité. Dans ce but, il acheta de ses denieis près des murs de Châlons , et dans le lieu nommé l’Ile, un vaste terrain sur lequel il fit aussitôt élever les bâtiments d un monastère, et où il appela immédiatement des chanoines réguliers de Saint- Augustin (1043). C’était l’usage alors, quand deux abbayes existaient dans une ville, d’y placer des membres des deux ordres qui peuplaient seuls alors les couvents de France; il en était de même à Vertus. En 1044, notre pieux évêque se rendit à Rome pour obtenir l’approbation du pape Célestin II, puis il retint continuer son œuvre , et les bâtiments claustraux se trouvèrent complètement terminés en 1062.

Roger II avait richement aussi doté son abbaye qu il plaça sous les vocables de Notre-Dame et de tous les Saints; voici la liste des donations contenues dans la charte de fondation, datée du XVIe jour des kalendes de décembre, an 1062; la moitié de l’alleu de Viaspre-sur-Aube (2) , l’alleu de Ognes et le moulin (3), achetés vingt livres par l’évêque , deux fermes à Vienne-la-Ville et à Berzieux (4) , les églises de Vienne-la-Ville (deux tiers), d’Oger (moitié), de Saint-Martin, élevés près de celle de Saint-Memmie-les-Châlons , de Saint-Sulpice de Châlons (5) cédée par le chapitre Saint-Etienne à l’évêque,

(1) Je publierai à la suite de cet ouvrage le cartulaire inédit de cette abbaye.

(2) Viaspre-sur-Aube (Aube), canton de Méry.

(3) Marne, canton de Fère-Champenoise.

(4) Ibid. — canton de Ville-sur-Tourbe.

(5) Au huitième siècle, Saint-Sulpice était un monastère dépendant du chapitre, auquel il fut plusieurs fois dispute et rendu. Carloman donna en 884 une charte qui ordonnait de restituer: « Abbatiolem sancti > Sulpicii in suburbio juxta pontem super Maternam. » (Pièce citee par le chanoine Beschefer, dans son exemplaire de la Gallia Christiana, annote et conservé à la bibliothèque du chapitre de Châlons.)

en échange de la dignité de prévôt que celui-ci supprima cette même année ; l’église, le village et la seigneurie (ban et justice) de Saint-Gibrien (1), une maison au faubourg Saint-Sulpice avec le droit de lever deux septiers de vin sur chaque vaisseau, grand ou petit, débité par les taverniers de ce faubourg, deux maisons dans la partie occidentale de la ville , près l’hôtel de Yidame , la pêche autour de l’île, la seigneurie entière de File, une terre autour de l’église abbatiale, le moulin du Nau , appelé depuis moulin Chiquet et quelques maisons entre la porte et File, enfin la dîme du Thonlieu.

Les donations ne manquèrent pas à la nouvelle abbaye, et peu après les autels de Villers-aux-Corneilles et deMatougues (2) furent cédées à Toussaints avec la propriété de ce dernier village , et un certain droit de pêche dans la Biaise , fief épiscopal. Mais, à cette époque aussi, les seigneurs laïcs s’inquiétaient peu des possessions ecclésiastiques, et ne se faisaient pas scrupule de s’en emparer; Toussaints eut souvent à s’en plaindre, et une bulle du pape Pascal II nous apprend que l’archevêque de Reims dut intervenir pour faire restituer au monastère Matougues et Villers , dont des chevaliers (milites) s’étaient saisis (3). Le comte de Champagne donna à l’abbaye une maison à Pringy, l’ancien village de Billorra (4) et la franchise sur ses terres en faveur des hommes agissant pour le compte des chanoines de Toussaints (1123). Les évêques de Troyes portèrent constamment un grand intérêt à la fondation de Roger II; l’évêque Hatton céda à l’abbaye la cure de Lustra (5), libre du droit de circuitione, et ordonna en outre que si quelques laïcs possédaient des portions de la dîme de cette paroisse, ils ne devraient

(1) Marne. — canton d’Avize.

(2) Ibid. — canton de Châlons. On sait qu’ altare signifiait autrefois le produit des quêtes, offrandes, etc., ecclesia, la nomination à la cure.

(3) Cette bulle n’est pas datée : Pascal II régna de \ 099 à 11 18.

(4) Billorra est probablement Billorry, hameau du village de Robert- Mesnil, canton de Perthes, Haute-Marne. Ce fut anciennement un village qui semble avoir été détruit à l’époque où l’abbaye l’acquit. La charte insérée dans le cartulaire porte : <c possessio ubi antiquitus fuit villa dicta j> Billorra. »

(o) L’Huistre. Aube, canton de Rameru. — Circuitio est census qui solvitur episcopo ab ecclesiis pro visitatione, ita dictus a circumeundo , quod episcopus dyocesem suam circumeundo visitet. (Du Cange.)

la vendre à nul autre qu’au monastère; le curé assistait au synode et devait payer à cette occasion quatre deniers par an (1128). Une nouvelle tentative de la part d un laïc , du chevalier Radulfe , obligea Saint-Bernard lui-même à intervenir pour rétablir la paix, au sujet des possessions de l’abbaye à Maison- Vigny et à Bussy-Lettrée (1). Cette intervention ne doit pas nous étonner, et servira même à préciser la date omise dans la charte de l’illustre abbé de Clairvaux; je crois devoir la placer vers l’an 1130, époque où Saint-Bernard refusa le siège de Châlons. Presqu’en même temps, le chevalier Walterus donnait aux chanoines un muid de blé sur ses dîmes de Campona (2), et, en 1122, l’évêque de Soissons confirmait la donation de l’alleu de Pleurs, faite par Guy, vicomte de Yitry.

D’autres chartes nous apprennent que l’abbaye possédait la portion des communs situés à gauche du chemin de Sairy, aujourd’hui allée de Forêt, vers le Maud (1133); les autels de Vüla-Helpondo (3) et de Cheppes, données pour la nourriture des chanoines par l’évêque Geoffroy ; le même prélat confirma la cession faite par son prédécesseur Herbert de la cure et de l’autel de Dampierre-le-Château , à charge de célébrer son obit (1150); la bulle du pape Adrien IV (1154-1159), nous fait connaître exactement les biens de Toussaints à cette époque. Il faut citer, outre les biens que je viens d’énümérer, les églises de Coolus, de Bierges, de Saint-Martin, Innemarum (?), de Flavigny , de Sacy, la terre de Roignon, les dîmes des moulins foulants de l’évêque, près de la porte Marne, le tiers des dîmes du grenier de Sarry, la moitié du genuage de Larzicourt. Cette dernière libéralité provenait du comte Henry de Champagne (1152), qui en même temps rappelait que son aïeul, Hugues avait donné à l’abbaye le genuage de ses biens et l’usage de ses bois pour tous les besoins des maisons du

m La charte dit : Mansi Teceliniel Buisoil. La restitution du premier mot ne me semble pas douteuse ; j’ai adopté Bussy-le-Repos pour le second, parce que la cure de ce village appartenait a Toussaints. Les termes de ce document nous apprennent que, dans ces localités, 1 abbaye avait des maisons entourées de fossés.

/*\ Champigneulles, près Châlons. Cette donation est approuvée par Geoffroy, évêque de Châlons de 1130 à 1142.

(3) « De villa Heîpondo » Herpont, Marne, canton de Sainte-Ménehould.

monastère; en même temps encore, ce prince cédait, pour une somme de dix sols, aux chanoines, un morceau de la vraie croix qu’il avait rapporté de Jérusalem. Cette charte est d’une grande importance pour les annales de Toussaints, en ce qu’elle prouve qu’à cette époque ancienne, l’abbaye avait, comme les autres établissements religieux, des fermes dans la campagne, et que les moines cultivaient la terre. Nous avons déjà vu que l’abbaye avait des maisons entourées de fossés à Maison-Vigny et à Bussy-Lettrée; cette libéralité du comte de Champagne fait présumer que le monastère en avait plusieurs autres; enfin une charte de Renard, comte de Dampierre, est encore plus formelle (1170); en cédant en pure aumône à Toussaints la chapelle Saint-Pierre de son château, le quart des dîmes de Rubercour et de Voisemont, il ajoute l’usage de ses bois, le droit de pâture dans ses domaines pro grangiis abbatiæ, et une franchise générale pour les hommes et femmes du monastère; il est donc positif qu’alors les moines de Toussaints défrichaient la terre, et prenaient leur part au beau rôle qui a élevé si haut au moyen-âge l’importance et les bienfaits du monachisme.

Guy de Joinville, évêque de Châlons (1161-1191), ne négligea pas l’abbaye de Toussaints; il céda, en toute propriété, au monastère le pont qui joignait l’île à la ville (1) et les maisons nouvellementbâties aux environs, permit à ceux qui voudraient en bâtir de poser des pilotis à deux coudées dans la rivière, et, pour empêcher toute rivalité de juridiction, défendit aux serfs de l’évêché ou du chapitre de venir s’établir dans l’île, tout en permettant aux vassaux de l’abbaye de circuler et de venir librement en ville.

D’autres chartes parlent des biens que l’abbaye possédait à Frignicourt avec le moulin, à Bonnevoisine dans le diocèse de Troyes (1144, chapelle, maison, jardin), les communs entre Juvigny et la Veuve; les dîmes à Maisons , Loisy, Blacy et Coolus (1157); la bulle confirmative d’innocent III (1198-1216), complète l’énumération des possessions de Toussaints, et nous y trouvons encore : les autels de Vésigneul, de Conflans, de Songy, de Fremicour, de Sommevesle, de Fère-Champenoise, de Normée, de Lenharrée, de Ferebrianges, de Somme-Yèvre, de Melette, de

(1) En H 85, le vidame de Châlons reconnut l’île et le pont francs de sa puissance.

4g0 PREMIÈRE PARTIE.

Sarry et un pré à Baye; en 1181, l’évêque de Châlons donna encore l’autel de Saint-Mard-sur-Auve. Depuis cette epoque, il me faut encore faire une longue énumération de donations et d’acquisitions; cette liste pourra sembler monotone mais ne pas la publier serait faire un tableau incomplet de 1 abbaye ; d’ailleurs, ces détails intéressent sérieusement notre histoire provinciale. Je vais suivre, pour cette nomenclature, 1 ordre

^Aulnay-l’Aitre , ferme échangée par Charles de Clément , seigneur de l’Epine, le 15 juin 1611, contre le ban dit de

Toussaints à l’Epine. ,,

Aulnay-sur-Marne , neuf fauchées de pre données par Isabelle

de Sorcv, veuve d’Etienne Lambesson , à charge de celebrer son obit (1489), échangées dans la suite contre trois fauchées

à Cherville. „ . ,

Berzieux, le seigneur de Hans cède à 1 abbaye, apres une

assez vive contestation, les grosses dîmes louees, en 1769, 1850 livres, et 200 bottes de bâtons.

Bussy-le-Repos, deux tiers des dîmes et petite ferme La Chaussée et Mutigny, une cense donnée au prieur claustral par l’abbé Claude Lambesson, de 36 journels de terre.

Cheppes, dîmes et une ferme.

Chouilly, portion des dîmes.

Connantre, moulin échangé par l’abbaye, en 1238, contre un

étal au marché au blé de Châlons.

Fagnières, dîmes adjugées à l’abbaye contre les chanoines de la Trinité par l’abbé de Saint-Remy~de~Reims , juge délégué par le pape en cette circonstance (1179).

P Fxux-sur-Coole. Milon de Châlons donna à ’eghsc de Fau 10 sols de rente sur les dîmes pour son obit; 1 abbaye y aval aussi une ferme et elle céda tout au curé (1237).

Gionges-les-Fer jeux , prés. ,

Herpont, ferme et bO sols de cense sur la seigneurie (1-3;). Le Mesnil-Oger, vendangeoir acquis le 18 octobre 1487.

Les Istres, part de dîmes.

Maisons-en-Champagne , moitié des dîmes.

Merlaut, ferme.

Plivot, part de dîmes , près.

Poix, terres.

Sâint-Mard-sur-Auve , part de dîmes.

Sainte-Ménehould, censives sur quelques maisons (1315).

Sarry. En 1 1 90, l’évêque Rotrou de Perche donne à Toussaints la cure, les dîmes et la chapelle du château ; d’autres parts de dîmesfurentcédéesparJean,seigneurdePonthion(1 /6e, an 1225), ou vendues par Pierre de Côle (1/3, an 1230), et les chanoines de Notre-Dame et Vaux (1 /9e, an 1244).

Sivry et Ante, maison et cense de la Lichère, acquise en mars 1236 et novembre 1255.

Sommevesle, un tiers des dîmes, vendues en mai 1228 par Hugues, châtelain de Vitry.

Som.me-Yèvre , part de dîmes.

Songy, part de dîmes.

Soudron, part de dîmes.

Togny, part de dîmes, moulin et prés.

Villers-aux-Corxeilles , cense et part de dîmes.

Vésigneul, cense et part de dîmes.

A Saint-Gibrien, l’abbaye possédait une maison seigneuriale avec 25 arpents de bois, pour lesquels elle entretenait un garde.

Il faut aussi ajouter les cures dont l’abbé de Toussaints avait en outre au dernier siècle la présentation : Saint-Nicolas de Châlons, bâtie, en 1187, à la demande des moines; Sainte- Catherine de Châlons (XIIe siècle), annexe de la précédente ; Sivry, Ante, le Mesnil-Oger, la Veuve, Juvigny, Orconte, le Mesnil, Berzieux, Dommartin-sur-Yèvre (1), Compertrix, Faux, Conflans, Villeseneux, Fagnières; les chapelles Notre-Dame, Saint-Juvin, Saint-Michel, Sainte -Marguerite, Saint-Louis, Saint-Honoré en l’église abbatiale, Saint-Nicolas d’Oger, la chapelle du château de Dampierre , en 1270; enfin la cure d’Aulnay-aux-Planches, à la présentation du prieur d’Ante (2).

Cinq prieurés relevaient de l’abbaye de Toussaints : de la

(1) Donnée par l’évêque Guy en 1198 ; en 1221, Raoul, archidiacre de Châlons, permit aux habitants de Dommartin de construire une chapelle avec un cimetière, au lieu appelé Gizaucourt.

(2) L’abbé de Toussaints fonda, en 1349, au profit du prieur du monastère, une chapelle dans son manoir de Saint-Gibrien ; l’une des censes de ce village semble avoir dû y être attachée, car elle portait le nom de la Haye-du-Prieur. — L’abbé de Toussaints recevait, à titre de redevance annuelle, des curés d’Ante-Sivry , Saint-Sulpice , la Veuve,

! Huistre, Matougues, Oger, Orconte, le Mesnil-Oger, Sarry, Songy et Vienne-la-Ville, une somme de 50 livres qui étaient affectées au vestiaire des chanoines.

,jg8 PREMIÈRE PARTIE.

Veuve, de Sainl-Nicolas d'Oger (1), d’Ante-Sivry, du Mesnil- Oger et de Saint-Michel-les-Châlons ; ce dernier eut seul une assez grande importance.

Comme on le voit, l’abbaye de Toussaints avait de beaux revenus et ses charges étaient peu considérables ; 1 état qui en fut dressé, en 1773, en donne le détail exact; la manse canoniale avait à payer la portion congrue des cures de Bussy-le-Repos, Faux-sur-Coole, Fère-Champenoise, Samt-Gibnen, Saint-Martin-lès-Saint-Memmie, Saint-Eloi- de - Châlons , Sommevesle, et Villers-aux-Corneilles ; 8,000 livres à l’abbe, 72 livres au bailli , au procureur fiscal et au garde du bois ; 266 livres aux officiers de l’église (2); 8 livres pour l’acquisition des pains d’autel; 186 livres pour les domestiques (3) delà maison, 10 livres en aumônes et dépenses diverses (4), et 4099 livres au roi pour droit de décimes.

Les chanoines de Toussaints furent primitivement charges de soigner les pestiférés qui étaient nombreux en Champagne au moment de la fondation du monastère : ils desservaient probablement alors l’hôpital de Fagnières. A cette époque, il y avait des moines et un certain nombre de sœurs converses pour le service des malades. Mais il ne parait pas que ce soin fût longtemps laissé aux chanoines , et les religieuses durent être supprimées. Moins puissants que les chanoines de Saint- Etienne , puisque leur seigneurie ne s’étendait que sur cent vingt maisons de Châlons, ceux de Toussaints étaient en outre obligés, aux quatre grandes fêtes de l’année, de venir aux offices de la cathédrale, d’assister à une douzaine de processions et d’occuper en ces circonstances , dans le chœur, des

fonctions curiales. . . ,

m Un organiste à 80 livres, deux sonneurs, un sacristain , un bedeau, un chantre, un servant de messe, quatre enfants de chœur ; 1 a Payai U livres au porteur de la châsse de Saint- Lumier, et célébrait 1 office mort de chaque membre de cette confrérie.

(3) Un cuisinier , un jardinier, un valet de table, une blanchisseuse, une laveuse, plus 36 livres d’étrennes.

(4) Deux livres 8 sols pour la quête du prédicateur de 1’ Avent et du Carême en l’église Saint-Mcolas.

places inférieures aux stalles des chanoines capitulaires. De là naquit sans doute le motif d’une scène scandaleuse dont j’ai trouvé le récit dans l’Ordo de la cathédrale (1). L’usage était que le mardi de la Pentecôte, pendant la procession des châsses, le clergé de Saint-Etienne vînt visiter l’abbaye de Toussaints. En 1344, quand le cortège se présenta aux portes du monastère, les religieux, sous prétexte de certaines formalités omises par les chanoines, les interpellèrent vivement, si vivement même qu’il s’en suivit une effroyable mêlée à coups de poings et où les baguettes que nous voyons entre les mains des prêtres à cette occasion, jouèrent un triste rôle: plusieurs personnes furent grièvement blessées (2); le pape se hâta d’excommunier l’abbaye et ne leva la sentence qu’en 1350.

Peu après les Anglais vinrent assiéger Châlons. En 1351, Robert Knolles fit une première tentative et détruisit le prieuré de Saint-Michel; les ennemis se représentèrent en 1392, et comme l’abbaye était hors des murs de la ville, ils s’en emparèrent, la pillèrent et y mirent le feu. Rebâtie aussitôt, lors de la guerre de Charles-Quint, le conseil de ville en ordonna la démolition et la fit relever dans l’enceinte de la cité (1544). Désormais 1 ancien Toussaints-en-l’Ile ne fut plus qu’une simple terme. L’église abbatiale fut consacrée en 1554 et avait été bâtie aux frais de 1 abbé Claude de Godet. Beaugier en parle dans ses mémoires historiques « comme d’un bâtiment d’une archi- » tecture hardie qui a un air de grandeur et de beauté.» Il n’en reste aujourd’hui que les bâtiments claustraux, occupés par la direction de l’école impériale des arts et métiers. De nombreuses réparations y avaient été faites en 1640.

La réforme ne fut introduite à Toussaints qu’en 1644 et l’abbo^e fut rattachée à la Congrégation de Sainte-Geneviève.

(1) Curieux manuscrit du XIV* siècle, conservé au chapitre de Châlons

(2) Voici le passage de l’ordo :

c Abhas (Pierre d’Ante) excommunicabis est cum suis a canonicis sancti » Stephani, anno M. CCC. XLIV, ob quamdam dissentionem in processione > reliquiarum postridie Pentecostis fieri solita apud Cathalaunum exortam, 5 in qua pugnis et fustibus canonici ecclesiæ cathedralis canonicos Insulæ » male exceperant. »

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