ORDRE DE PRÉMONTRÉ
Abbaye de Montcetz.
Les auteurs de la Gallia Christiana sont incertains sur 1 époque précise de l'institution de l'abbaye de Notre-Dame de Montcetz; ils avancent comme également vraisemblables la version par laquelle Agnès , comtesse de Brame , en serait fondatrice (1133), et celle qui lui donne pour auteur Anse me chevalier de Montcetz, qui obtint, en 1142, du comte Thibau de Champagne, la permission de se déclarer lui-meme fondateur. Les recherches que j’ai faites me permettent de ne considérer comme vraie que cette dernière opinion, aucunes traces
ne restant d'un établissement antérieur. ,
La pièce la plus ancienne conservée aux archives est la bulle du pape Eugène III, de l’année 1147, qui confirma les donafionffaUes p'ar le comte Thibaut IV à l'abbaye de Montceh appelée auparavant Sainte-Marie de Bertignicourt e la mit sous la protection du saint-siège , sous la filiation de 1 abbaye de Braine. En 1157, le comte Henry renouvela 1 autorisation accordée par son père à Anselme de Montcetz , approuva la
(I) Acte (le notoriété (la bailliage (le Vermandois, (In 31 octobre l«CT.
donation concédée par celui-ci de deux charrues de terres, de prés, bois, portion de rivière, pêche et moulin, et aumôna lui-même aux moines le droit de prendre dans les forêts ce qu’il leur faudrait pour construire leurs bâtiments et subvenir à leur chauffage. Peu avant, Anselme avait pris la robe, tandis que sa femme et ses filles entraient à l’abbaye de Aviniac , située à peu de distance et dont il ne restait aucune trace dès le XIII* siècle (1).
Montcetz ne devint jamais très considérable : elle fut patronée par les sires de l’Epine (1224), de Dampierre qu’on retrouve enrichissant presque chaque abbaye de notre diocèse, de Saint- Dizier (1302) , les barons d’Arzillières ; ceux-ci furent les plus généreux (1275, 1452, etc.). En 1276, les abbés de Saint-Pierre et de Montcetz s’accordèrent au sujet des grosses dîmes de Montcetz, elles Bénédictins, en conservant une part, s’engagèrent à entretenir la nef de l’église paroissiale.
Ni les guerres du moyen-âge , ni celles de la Ligue ne nuisirent à l’abbaye de Moncetz qui, en 1789, comptait cinq religieux et rapportait 4,000 livres. Ses abbés demeurèrent réguliers.
Sesprincipauxbiensétaientles seigneuries de Haudebert et de Vouziers (1156), des terres à Arrigny (1330 ) , Chantecoq, Saint- Chéron, Blesme, à Poivre données par Guy de Dampierre (1154), Braucourt, Sainte-Livière ; des maisons à Vitry-en-Perthois (1 208) , la cure de Domprost (1259).
L abbé Remi Canelle fut obligé de reconstruire entièrement le cloître et les bâtiments conventuels (1693-1708) ; Nicolas Canelle refit le chœur de l’église abbatiale, la nef et les bascôtés (1709-1728).
Etat des biens de l'abbaye de Montcetz , d'après le fond de ce monastère , conservé aux archives départementales de la Marne.
Arrigny, une ferme bâtie (1380). — Terre de Maubiers: en 1283, le prieur de Harricourt fut condamné à rendre les dîmes par lui indûment perçues sur ce domaine. — Le 8 janvier 1 701 ,
(1) Il n’existe aux archives de la Marne qu’une seule charte originalede I évêque de Troyes, qui est celle mentionnant une donation faite par Guillaume, sire de Dampierre, à l’abbaye de Sainte-Marie de Avïgnei (1154).
j% PREMIÈRE PARTIE,
Etienne Leblanc, écuyer, seigneur de Maisons, cède à l abbaye la 22e part de la seigneurie.
ÀRZiLjLiÈRES , vignes , rentes en grains (1504;.
Braucourt, dîmes louées 15 livres en 1607.
Blaise, dîmes louées en 1558 moyennant 35 septiers de bléavoine, six chapons, y compris le vinage.
Blesme et Scrut, le droit de Trézain donné par H. de Saint- Privé , loué en 1620 pour 18 livres et deux chapons.
Chantecoq, deux tiers des dîmes, louées en 1579 pour 15 septiers blé-avoine.
Domprost, cure donnée en 1259, par l’évêque de Troyes;
moitié des dîmes (1 477). f r
Le Meix-Tiercelin, 100 sols de rente sur le peage, légué par Gauthier, seigneur d’Arzillières, en 1275.
Mailly, un tiers des dîmes, louées en 1538 pour quatre muids blé-orge, 22 septiers de seigle et 22 d’avoine.
Montcetz, la seigneurie, le moulin, terres (1157), tiers des
dîmes. . , . ,
Rambercourt. La ferme de la Rouge-Grange avait ete donnée
à l’abbaye de Haute-Fontaine par le comte Henry de Champagne, en 1263; le sire de Dampierre la racheta et l’aumôna à l’abbaye de Montcetz, le 27 avril 1377, en échange d’une rente de 67 septiers de seigle et 64 d’avoine, qui avait été donnée par Jean de Dampierre, sur son grenoir seigneurial, en 1300.
Saint-Genest. Un bois donné en 1234 par Beaudomn de l’Epine, chevalier.
Saint-Chéron, dîmes louées en 1512 pour dix livres. Saint-Martin-le-Coq , grosses dîmes louées en 1568 pour dix septiers de seigle, 2 de blé, 1 d’orge, 7 d’ avoine.
Saint-Rem y-en-Bouzemont, quelques terres.
Sainte-Livière, dîmes louées en 1622 pour 100 hvres, 2 chapons et 3 livres de cire.
Vileers, terres données par le comte Henry de Champagne, en 1157.
Vitry, maison (juin 1208).
Dans ce meme fond, on trouve les donations suivantes, laites en faveur de l’abbaye d’Avrigny, et qui passèrent ensuite a
Poivre terres données par Guillaume de Dampierre (1154). Vouliers. Hugues de Sézanne cède en 1176 le fief que Raoul
de Sainte-Marguerite tenait de lui, moyennant 100 sous de rente. — En 1174, Guy de Saint-Pierre donne la seigneurie et le bois de Haudebert à cette abbaye dont, dit le titre , il était fondateur et dont il avait fait construire l’église à ses frais.