‹ Diocèse ancien de Chalons-sur-Marne histoire et monumentsChapitre 33 sur 128 · ORPHE DE SAINT-ETIENNE DE GRANDMONT · texte numérisé non relu

ORPHE DE SAINT-ETIENNE DE GRANDMONT

M 'ISOiN DES BONSHOMMES DE MATHONS.

L ordre de Grandmont, fondé en ce village par saint Etienne, au diocèse de Limoges, en 1175, n’avait que peu de maisons en Champagne. L’une d’elles fut établie à Mathons, à l’instigation probablement du baron de Joinville, vers les dernières années du XIIe siècle. En 1201, Godefroy de Joinville lit don aux Bonshommes de Mathons de deux familles de serfs àNomécour, et son frère Simon en ajouta un assez grand nombre cinq ans plus tard (1). Les principaux seigneurs du pays se plurent à enrichir ce couvent; en 1209, Aubri de Brachey, l’un des vassaux du sire de Joinville, lui concéda une maison, des prés, un bois et des serfs à Brachey ; en 1255, Gauthier de Vignorv aumôna une rente de 20 sols de Provins , sur son péage de Vignory, en échange de 10 sols donnés par son père et de 10 autre sols sur les marchés de Suncort; en février 1269, Renier, chevalier de Curel, constitua aux Bonshommes une rente d’un septier de blé sur sa grange d’Ancigne. Au XIVe siècle, ces libéralités prirent un plus grand développement; en 1300, la maison de Mathons acquit la moitié* des dîmes de Charmes ; en 1 323, Ancel de Joinville, seigneur de Revel, lui céda 70 arpents de bois dans la forêt de Mathons et y ajouta encore une part en 1331. En 1343, Henry de Joinville reprit à la maison ses serfs de Nomécour et lui donna en échange un jardin et 25 sols de rente.

En 1356, le pape Jean XXII réunit la maison de Mathons à l’abbaye deMacheret , même ordre, au diocèse de Troyes. Depuis ce moment ce ne fut plus qu’un prieuré qui était d’une grande

(1 ) Voir aux preuves.

,j98 première partie.

pauvreté après la guerre civile du XVIe siècle et presqu abandonné. Voici le tableau qu’en fait le procès-verbal de la visite épiscopale faite en 1627 : « Tout y est en ruines, le dortoir sert de poulailler, la salle du chapitre est pleine de futailles : dans la chapelle il y a trois autels dédiées à sainte Ursule, saint Antoine et saint Eutrope, et quatre stalles en chêne bien sculptées ; la maison est desservie par un seul prêtre qui a 75 livres par an. » Le prieuré rapportait encore alors 500 livres de rente en terre elbois; à ce moment les ornements d’église consistaient en une vieille chasuble en futaine grise, une chape en camelot rouge, une courtine en serge rouge, deux aubes, quatre nappes, un vieux missel ; le trésor ne comptait « qu’un vaisseau pour les hosties , émaillé et doré, en torme « d’une colombe. »

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