‹ Dionysos et les nymphesChapitre 11 sur 29 · PETIT BOUVIER · texte numérisé non relu

PETIT BOUVIER

Sous le grand merisier qui n'a plus de merises Et d'où tombe parfois un vol de feuilles grises, Entre la sylve épaisse et les pàtis herbeux, S'est assis le gardeur de vaches et de bœufs. A peu près nu malgré la fraîcheur de l'automne, Il est coiffé du moins par un pétase jaune Et porte une ceinture où reluit un couteau. Gourl de taille, il n'aura ses douze ans que bientôt, Comme un satyre, il montre une oreille pointue. Une narine large, une lèvre tortue ;

Et, comme le satyre, il est musicien.

Mais, lassé du pipeau qu'il trouve trop ancien Et sachant que la lyre exige de la pompe, Il s'est lui-même fait une sorte de trompe Dont ses bêtes n'ont pas encore ouï le chant. Par les dieux ! elles vont l'entendre sur le champ, Car le petit gardeur embouche sa buccine Et se met à souiller de toute sa poitrine. Et cependant que, l'un après l'autre, effarés, Se dispersent les bœufs dans la sylve et les prés, l ne vache, à la t'ois sarcastique et hagarde, S'approche du bouvier, mugit et le regarde.

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