MU1R1E
Presque eliaque matin depuis le nouveau mois, Chloé cueille ici la cornouille ;
Et, quand elle s'en va, devant elle, parfois, On voit sauter une grenouille.
Alors une naïade, entr'ouvrant ses yeux bleus Au fil léger du ruisseau vierge.
Observe, curieuse et craintive, les jeux
Du jour, de l'onde et de la berge.
En plein soleil, du linge et des manteaux blanchis Sèchent au-dessus des épines
Et, gonflés par le vent qui sou file des taillis, Affectent des formes divines.
Et, là-bas où bruit la sonnaille d'airain,
Un cercle d'ironiques chèvres Gardent, autour d'un saule, un vieux pâtre qui vient
De s'endormir la flûte aux lèvres.