‹ Dionysos et les nymphesChapitre 9 sur 29 · LES ENGOULEVENTS · texte numérisé non relu

LES ENGOULEVENTS

Pour punir l'avarice imbécile du pâtre, Fan vient de diriger vers le parc de brebis Quelques engoulevents au plumage brunâtre.

Ecarquillant leurs yeux d'or piqué de rubis, Ils tracent au-dessus du troupeau qui repose Des entrelacs traînants et des cernes subits.

Immodestes et laids sous l'Ourse Irais éclose, IK tiennent grand ouvert leur court bec mous Où s'engouffre avec bruit l'air parfumé de rose

C'est un bourdonnement presque ininterrompu, Un sinueux fredon, un circulant murmure Qui réveille le pâtre avare et saugrenu.

Celui-ci, tout de suite effaré, se ligure Qu'une nymphe envolée et de lïéle raison Tourbillonne en troublant les lois de la nature.

11 ne reconnaît plus le site et la saison ;

Et pendant que la nuit semble éclater de rire,

Ce n'est pas le croissant qu'il voit à l'horizon,

Mais la corne insolente el double du satyre.

.NYMPHE ET SYLYALX

C'est une dryade ingénue,

Au cœur farouche, aux yeux poltrons,

Et qui, de crainte d'être nue,

Porte un collier de liserons.

Si jeune que le printemps semble, Plus jeune encore elle parait.

Sous la pleine lune qui tremble En s' inclinant sers la forêt.

Parce que saute une rainette Sur le roc blanc, sur le roc bleu, Parce que vole une chouette.

La petite nymphe s'émeut.

Souvent elle change de roule.

Elle se cache au moindre bruit.

C'est la première fois sans doute Qu'elle va seule dans la nuit.

Un sylvain surgit des fougères.

L'œil allumé, que cherche-t-il ?

Quels doux ellluves accélèrent Son désir brutal et subtil ?

Parmi les feuilles il regarde.

Il renifle. Il brise un rameau.

Il dresse sa face camarde, Bondit, renille de nouveau.

Il quête. 11 pirouette. Il vire.

La dryade est à quelques pas Il en est sur : il la respire Et pourtant ne la trouve pas.

Et tandis que, bouillant de rage, Il fuit de hallier en hallier, La petite vierge sauvage Sort du tronc d'un micocoulier.

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