‹ Diorama de Londres; ou, Tableau des moeurs britanniques en mil huit cent vingt-deuxChapitre 11 sur 38 · LE CHAPITRE DES CHAPEAUX · texte numérisé non relu

LE CHAPITRE DES CHAPEAUX

Pour rë^assîr dans cette carrière, U suSSit . de «'y prétenter. Ou j iioît biillcr det jeune* gens, à]^qiii Ton eoii3eiUcràît volontiers d'acquérir quelques qualités qui pussent faire oublier leur peu d^agrcroenC On ooramence à jouer ce personnage li»

sans figure ; on le soutient sans esprit ; oa le poursuit jusqu'à la yieillcsse.

^ Pxgault-Lebritn.

j liC^S; homiâ^ changent avec le temps; chaçae siècle (ioiiuie, aux peuples européens une physioAçtnie paiticiiUèrç et différente de ce qu^elle avait été le siècle d^a^ vaQt;.cliaciin i$e ressemble aussi peu à loi-méme à ses divers âges,, q^u^ils jse resseiçèlent^pçu enti*e eux, quand on les observe tous à la fois. Cependant il est certaines particularités du caractère de quelques-uns, qui ont été si saillantes à certaines époques, que la réputation leur en est restée, même après qu^elles se sont effacées ou passés à d'autres peuples. Cest ainsi que les Français sont regardés encore aujourd'hui comme les énergumènes de la mode, quoiqu'en ce genre ils aient été égalés par les Prussiens et les Russes, et surpassés par les Anglais^

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Pen demande pardon aux petits-maîtres de là Chàus* sëe-d^Ântin ; mais il est de mon dévoir d^apprendre à tout le monde que Paris n^est plus le quartier-général de la mode! Ils auront beau m^objecter le plaisir qu'il y a à jouir d'une mauvaise réputation, alors même qu^elle est usurpée, je veux que justice soit rendue à qui il appartient é Les Dandys et \t% Corynilûans de Londres ont depuis long-temps la rose de la fatuité, et trouveraient commode de prendre le plus tard possible la ré-* patation de légèreté qui en est Fépine obligée.

Il est assez singulier qu'en France le nom de Richelieu se rattache à toutes les époques remarquables par la gloire ou par la décadence de la mode. Le ministre de Xouis XIII commença une des plus brillantes ères de cette divinité , en fixant dans la capitale, et en faisant figurer à la cour tous les seigneurs les plus riches et lés plus fiers du royaume. Son petit neveu, le maréchal, fiit pendant toute sa vie une des plus fermes colonnes dé la fatuité française ; et ses demiei*s regards virent commencer la période de langueur à la suite de laquelle le sceptre de la mode est passé à la Russie et à l'Angleterre. C'est à la rentrée du dernier Richelieu eh France, en 18149 ou, pour mieux dire, \ son avènement au ministère, en 181 5, que notrs déchéance mondaine a été constatée d'une manière certaine^ quoiqu'elle ne soit pas encore officiellement reconnue par quelques petits maîtres èn-« crontés de vieux préjugés.

Xea Anglais peuvent aujourd'hui tISm des. hohw

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canste^ nombreux k loiis les défoots pelits maîtres de: leor nation, qui ont jadis douloureusement saiii la &a^ ifénoA\é de la nôtre. RëjonisHioi dans le foad de la tombe, illustre marquis de BBcktngbam ! Tu te eroyais le plus i>el homme de ton temps, parce que tu Téiais en effet : tu trouvas à Paris un cardinal laid cosime «a singe, qui avait la màne opinion de lui-mèaie. Tu ai«mais à tantei* ton étonrderie , parce que tu avais vingt Çoh compromis les iatâréts de ta patrie, en tWcupant è faire des déclarations auxremes, au lieu de négocier di* pkmatiquement auprès des mint&tres de ie«rs maris; piarce qw, toujours pour le fuéme mc^if, tu fis manquer ça estcëllent mariage à ton rai, et tu Texposas même h être assassine en pays étranger ! Le plus mince gentil-^ hoimne français aurait fait miHe fois mieux à ta place^ et ton fëbie erotique et étourdi n^avaît pas été jusqu^à imaginer de composer des disseiiations sur tous les. points de la galaolterie, sur le modèle des thèses théolo^gales de la Sorbonue !

Réjouis-toi encore, milord Charles Hay, (anfaron de sang'^fraid, de bravoure et de politesse ! Placé à la ba*taiUe de Fentenaî, à la portée du pistolet de Tavantgarde de notre armée, au lieu de commander le premier ieu, tu compromis le sort de la compagnie, en criant aux officiers ennanis : tirez. Messieurs des gardes françaises; mais ta fatuité fut repoussée avec perte par les muscadins français; ils renchérirent sur ton étourdcrîe, en te pépliquanï: : Tirée vous-^memes ; ' nous sommes trop polis

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^oui' tirer les premier^. Tu n eus garde de ré3i$ter, et tu {Profitas de Tavanlage quUls te laissaient pow les fusiller u bout portant, eu|;-méaie^ çt leurs soldats!

Ptéjpuiâsez-vous aus^î, p»ibres dp ces petits maîtres à la douzaine, qui allaiept ^ Vhoitl de T Ambassade Française, à Londres, assister an déballage des habits da eheyalier de Grammpn^ ! Jj^si Français font aujcwrd^bjii amende honorable pour Ipurs triomphes passés ; ik reçoivent humblement les modes qi^ç la. Grande-Bre-* tagne daigne leur octroyer. Encore n^est-îf pas à ccaûidre que lions égalions jamais nos modèles eQ> les copiant* Les immenses richesses, qne 1^ commerce a accomuiées dans Londres , permi^tent a^x dar^dp de c.e|te i^apUale de traiter tous les objets de n^o^e avpc nn \v^f^ înjmlr' table, et ijine prodigalité sc^aliçuse ,. qp^ pQp^ est ;i# terdite^

Nos elégans font trois toilettes par jpuf; je/en:! ^elat Grande-Bretagne ont renchiéri Aur eux en e9 Caîsani cinq et sîi. Us ont invente deux ^u troj^ CoiW^^ particulières d^habks intermédia^fj» CAtrç )e fy^ac habâlé et la redingote de matin ; its o^ .i;in vêtement complet ppur aller faire, à pied, ta prpmemde de «Anté ; un antr« pour aller fanre^ à cheval , la revoie des proiji^nàdes ; .C0 ((ui caractérise celui-ci, c'est la JQrgQfette suspenduie par nn large rub^ en ^ç^t^ûr swr le rîding-TCioayt > le Kàion reçocirbé, q^!î)sti^nii^nt à la ipnain en guise dr cravache, le pantalon rq^^a4|i^e et los bottes sans éperons; car ce serait du dciiy^r mdu.v<ais t/m que d^aller à ciher

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val en éperons ; on ne met des bottes éperonne'es qotf lorsqu^on Sort à pied; b^est alors aussi qù^on porte Isa cravache. A la vérité, cette cravache a nn double emploi , car elle donne contenance au bras qui la fait jouer» et de plus elle sert à lorgner le beau sexe, car elle est armée d^un lorgnon à Textrémité de son manche.

Uhabit que Ton porte k cheval, ou lorsqu^on va seuf en tilburys est une espèce de veste de chasse boutonnée devant par un seul rang de boutons. A l'article du parlement, j'ai déjà dit que c'est avec cette veste qu'il était de bon ton d'aller siéger à la chambre des communes.

Lorsqu'on va en tilbury ou en voiture avec une damer à son côté, il faut être un peu plus habillé. H est quelques muscadins qui tiennent à honneur de ne jamais A montrer en jpublic avec des dames, et qui cependant sortent le matin en tilbury, et l'après-midi en /ûw— dau; mais c'est seulement pour faire prendre l'air à leurs chevaux et à leurs voitures, ou, pour mieux dire, pour exercer cette profession de cocher, pour laquelle les Anglais ont un si gi^nd faible.

C'est encore une des choses dans lesquelles ils nous «nt laissés à cent lieues derrière eux ! Nos élégans avaient , des tilburys, des cabriolets à un cheval ; les dandys ont attelé à la même voiture deux chevaux de front ou deux à la suite l'un de l'autre comme dans les tandem, ^ous avions des équipages à deux chevaux , ils s'en sont donnés à quatre et à six; nous laissions conduire ces équipages par nos cochers^ ou n»s palefreniers ; ils oot

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voulu les conduire eax-mêmes. On voit souvent passer dans Hfde-Park un lahdau attelé de six superbes chevaux, précédé d^an pîqueur et suivi de deux jokeis éga-* lement bien montés ; et ce landau est vide ou ne renftrme qu^one paire de chiens griffons. Un étranger s^imaginerait d^ abord que ce brillant équipage va chei^ cher son maître quelque part ; un oeil plus exercé ne tombe jamais dans une pareille erreur; il reconnaît tout de suite ce maître lui-^roéme juché sur le siège à côté du cocher, tenant un gros paquet de rênes, sifHant pour exciter les chevaux, et les touchant légèrement avec un fouet plus long que la ligne d^un pécheur d'eau douce.

Un' journaliste spirituel, qui avait observé les Anglais dans Paris, a dit que les petits-maîtres de cette nation, ou ceux formés à leur école , pouvaient se diviser en deux classes : les Hercules et les Adonis, autrement dit ceux qui voulaient paraître plus forts , et ceux qui voulaient paraître plus délicats qu'ils n'étaient réellement. Cette distinction n'est pas tout-à-faît exacte : certes, il y a un très-grand nombre d'Adonis qui couchent avec des gants gras pour se maintenir les mains blanches et douces, qui prennent des bains de lait chaud, etc.; presque tous portent des corsets et des lorgnons ; mais je n'en ai vu aucun qui parût vouloir renoncer absolu-* ment aux avantages caractéristiques de la beauté herculesqué. Tous font matelasset leurs habits aux manches (t aux épaules; tous aiment de passion les pantalons

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c;osaqae$ qui leur grossissent las hanches et les jamBes^ enfin tuas paraissent mettre plus d^amour-propre à être CjTus forts qu^à paraître riches ^u spirituels. T^int que ia coutume de boxer durera en Angleterre , les exercices corporel^ et la force physique y seront toujours en honneur.

En ge'néral , les Anglais paraissent commettre, dans leurs modes, la même erreur qu^on leur reproche dam^ leurs habitudes de société ; ils prennent la roideur pour rélfgance. Dans toutes les parties dont se composent leurs vétemensy et dans la manière dont ces parties se rapportent entre elles, on ne voit jamais la souplesse que nos tailleurs ou nos petits -maîtres savent y iptro-? duire. Les bouts de la cravatte sont si empesés, quHU se casseraient plutôt que de se prêter ai;i moindre pli^ Les collets des habits et des redingottes, les J^as^ues et les pans des uns et des autres sont roides, comme si xxnt plaque de ferblanc en formait la doublure; les chev^eux ne sont pas fiisés par le fer des perruquiers, mais ou voit qvi^ils ont été lavés à grande e^u^ et relevés à coup de brosses pour les faire tenir hérissés. £n France, les incroyables les plus audacieux semblent rougir un peu ^u soin quMls ont donné à leur personne; ils cherchent ^ donner un air d^aisaiice et fie naturel à toutes les parties dç leur toilette : à Londres, les dandys ont Tair de croire que la fatuité est le signe d'une bonne éducation^ ils s'aiHcbent partout pour ce qu'ils sont réellement; et,, âwsun salan comblé dans U rue, ils se tournent tout

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d^une pièce r ils sont goarmés et roides, âiosi qu^oa le dit en Angleterre, caiDEne s'ils avaient avalé le poker.

Il faut que -cette mipe empesée ^o^ bien inhérente au capraçlère natipipial , pour quVn la rétipave partout^ malgré la diver^tié des costames ; car on siç tromperait étrangement si Ton s^imagioait qu'il n y a jamais qu'âne seule mode dominante dans Londres comme dans Paris. IX y a vingt ou trente classe3 distinctes de petits maîtres; chacune fait secte à part, et fait assaut avec ses rivales, pour ieventer ou pc^ularisn* des modes extravagantes. Un j/ournal donnait dernièrement trente-six modèles dis noeuds <ie cravatte,et il citait pour chacun rautori4é irrécusable d'iiin regular huck* Les f<n*mes d^ toutes les autres parties de Thabillement présentent une aussi grande v9riété; on peut s'en convaincre, en lisant la ^ description que les journaux donnent toujours de la BHse des élégans qui ont figuré dans les r^^/^ des person* nages célèbres, ou aux dmwin^rooius ^jjU cour; etle s'y trouvée toujours consignée in txtens^^k ceici est une nouvelle preuve de la supériorité quyPIs Anglais ont acquise dans les frivolités de la modeV Les plus graves ~ ^e tous les journaux ne dédaignent pas de consacrer trois ou quatre colonnes à des détails de toilette. Il y a tous les ans, plusieurs levers et plusieurs grandes récep-' tîons chez le roi , à l'occasion de l'anniversaire de sa naissance, de la Saint-Georges, de l'anniversaire du i8i jwn,etc.; tous les journaux anglais, depuis le Courrier jusqu'à la dermère feviUe coi^sacjrée à la littératu^ nu aux

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modes, ne manquent jamais de donner, le lendemaiir; «t plusieurs jours snîvans, Pinventaire de la mise dé toutes les personnes qui y ont figuré , en commençant par lé roi et finissant par le dernier enseigne de rarméê, ou par le fil* du dernier baronnet qui ait été présenté; le même honneur est, à plus forte raison, rendu à toutes les dames.

Ce doit être une chose très-plaisante pour les vieux John Bul/s, un peu trop âgés au jourdliui pour se plier aux habitudes modernes, et qui ne prennent les journaux que pour y lire la politique extérieure, les débats delà chambre ou la biographie des voleurs qù^onpend

tous les jours à NÈwgate^ de rencontrer au lieu de cela toutes les colonnes envahies par des descriptions de ju-' '\ pons brodés, de robes à paillettes, de papillottes attachéçs avec des perles, d'aigrettes de diamans, etc. Ils doivent jetterle journal et remettre leurs lunettes dans leur étui en s'oMÎant : 6 tempora! à mères !

Dans les L^Ming'rooms on suit encore quelques rè^ gles fixes pou^ps toilettes , parceque le culte de Pétiqnette est aussi inspecté à la cour que celui de la model Chacun s'y présente, non pas avec le costume qu'il peut .inventer, mais avec celui qui est affecté au titre ou à la fonction en vertu de laquelle il paraît dans les salons du roi. C'est dans le salon d'un particulier, c'est dans le rout d'une marquise, dans le bal d'un banquier juif, ou même sur les pelouses de Kensington-gàrdéns^ par un beau jour d'été, que l'on peut voir le nombre

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(prodigieux de rîtes sous lesquels les autels de la mode ^Qt desservis. Japiais, aux plus beaux jours de la Grèce, la philsophie n^avait eu un aussi grand nombre de sectes ; q| Italie , la peinture ne compta jamais autant dVcoles célèbres. Enfin , en Angleterre , la religion a'a jamais été scindée en des sectes aussi nombreuses que le sont aujourd'hui les cotteries de la mode. Jl n'y, a pas plus de despotisme pour la frivolité que pour la croyance ! L'anarchie la plus complète , et pourtant la m^oix organisée^ règne pour Tune comme pour Tautre* Un jeune duc fait autorité aujourd'hui parmi sts amis pour la taille de ses cheveux , les plis de son pantalon jK)u la longueur de ses éperons ; demain la toilette de Sa Grâce sera éclsjaoussée par celle du fils d'un brasseur oi;i d'un marchand jde; charboiJl^Pour toutes les parties du ÇostdPie, on yoit régner la plus gronde variété dans les formes et les. o^ûleurs ; pour aucune partie cette variété il'est plus frappante que pour les chapeaux.

S'il est en France quelque ci-devant jeune homme , jont la mémoire soit. assez bonne pour se rappeller le nom et la forme de tous les chapeaux qui ont été suc-* l^essivfwent eu honneur depuis le chapeau triangulaire àt$. députés aux états^généraux » jusqu'aux bqlivars de l'an 1822 , il pourtiâi m'aider à donner une idée de la irariéte des < coiffures qui sont maintenant à la mode paroii les peti^s-màîtres de la> Grande-Bretagne. Les jeunes quakers, ( car la fatuité envahit tout dans Londres ) ont rogné une bonne moitié aux ailes de la lampe

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de Jfiifs des Fenn et des Fradklin ; quelqoesruns les troussent même si peu sur les côtés, qn^îliie iiiaiM]utraî& plus qu'une plume pour faire de lefur chapeau k coiffure pittoresque du temps dei Louis XIIL ^

Un très-grand nombre de campagnards qui rtenûénC k Londres^ à piedx)a sur rinipériale des êiagiSjX^t irùv^ vc commodes des chapeaux à grandes ailes et à (ottt^ basse, parce qu^ils sont légers et gal^ntisent bien du $o* leil et de la pluie. Qwiqat» fasbionaibs qui exploitent tout, se sont soudain emparés de cette idée, en la mê* dUiant un peu, en sorte qu^aujourd'hui il ne manqu^rak plus à une certaine ^coterie que les oreilles de chiÉh et l| grosse queue pour être costumée comme Saint-»Pk^eux et M. de Wolmar le sont dans les gravures qui a^côm^ pàgnent certaines éditions di la Nouvelle Héloï^. Ils oiit des bottes à revers, des culottes à rosfettes, un frac à b&s(|Ues larges et un chapeau en paraphiîeé

Les Irlandais, les Ecossais, et, ai giénéral^ta»s leat)f« ficiers de la garde royale, qui, ayant «netaiile Colossale, n^oni pas besoin d^y ajouter par ta ^hauteur ou légume ^ de leurs coiflTures , lorsqu'ils sont habillés en bourgeois^ ont mis à la mode des chapeaux plus peAits ^t pltis pointus que les robinsons. Toutefois les idées comm^n-^ cées par la raison, sonthientôtmodifiées par le caprioe% hesdandjSj àtaillede voltigeur, «e- sont emparés de oèâ chapeaux en mimniature ; et , soudain , les grenadiers en ont arboré d autres , qui seraient asscs vastes potâr tenir un iiectolitre de blé.

î-a vitiirhe At révolutionnaîi e mémoire , est le cha- |)'eaa qui paraît avoir obtenu datià Londres la pluê l^ande vogue. Elle a été «iccessîvemetit adaptée, avéb Ses modlficatibns péii importantes, par tontes fe$ danses de biifkSy de bïbods^ de Mues, de dandji et dé cotynîhiàhii, Oii dît que c'est lord Castélrèagh qui avall mis lés i;/Vtàneis à la mode. Dans ce temps-là, il était aussi occupé de dotlhér le ton aut pëtits-màîtrés , que iMmpiilsibh à là politique européenne. Ce chapeau se porte enfoncé sur les yeux, et ne gène pas dii tout, parce que sa formé cînliéë s'aécommbdé pàrfâîtettiéht avec Tovalè de là tête.

Lé tibbtè lord , qui connaissait trèis-bien rànatomîë des attèires, ainsi qu'il l'a prouvé plus tard, avait à plus forte i'éiisdn étudié d^uné manière ispécîale , la configul'^tioû èîtérîturê dé nos organes.

Le lecteur se souvient que Tanglomané Dublasori tnbdelm ^n chàpéàU à la victime après qu'il eût été mouillé par la pluie ; c'est une preuve de plus de là gi^andé ïortune que cette forme a obtenue en Angletebire. Ce n'est pas que celle qu'il avait auparavant ne ïàt dé)kfûsMoààhIè, mais les fnônllos ne figuraient encôlré que sur ïa tête de quelques jeûnes voyageurs qui revenaient ifc France. Depuis^ ils ont fait, ainsi que les tdUva'rs et Vei chàinpighons , une fortune qui rivalise ptés'qué âVèc celte déiâ victimes.

Outré îèâ variétés- dé formé, ton s'est industrie pou)» varier ta couleur et Tetofte dés chapeaux j on tn a febrî-f

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que de blancs, 4e roux et de gris pour la belle saison ; on en a fait en soie, en coton, presque autant qu^en feutre ordinaire. ^

Il est certains chapeaux affectés à certaines professions, ou à certaines cérémonies, qui sont moins soumis aux révolutions de la mode que les chapeaux ordinaires. Ainsi, par exemple, il y a une dixaine d'années que les militaires, qui ne portent le costume spécial d'aucune arme j^ ont le chapeau à demi-claque en feutre avec la cocarde noire, et le petit plumet couché. Les ecclésiastiques d'un rang supérieur, et certains magistrats, portent encore le chapeau relevé derrière, en bec de lampion, avec une rosette par devant. Les vieux dandys, qui vont à l'opéra en culottes courtes, portent le claque de feutre ou de taffetas cartonné. C'est un claque pareil, qui doit accompagner l'habit habillé avec lequel on va aux dramng-rooms.

Après avoir parlé des formes des chapeaux , je dois décrire l'usage qu'on en a fait.

A une certaine ère de la mode , c'était une question de savoir si cette partie du vêtement n'appartena^ pas à la main ou au bras plutôt qu'à la tète. Quoiqu'on 1< plaçât quelquefois sur cette dernière, on pouvait croin que le chapeau ne s'y rapportait qoe comme le mouchoir se rapporte au nez, duquel on l'approche quelqm fois , quoiqu'on l'en tienne habituellement à une trèsgrande distance. Une grande réforme s'est opérée, sou -s ce rapport, chez les nations du Nord. En AUemagm

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^n ne se salue plus qu'en touchant légèrement le chapesiu avec la main. En Angleterre, on ne le touche plus du tout; On a tellement Thabilude de le garder cloué sur la tête, que lorsqu'on voit , dans la rue , deul individus qui se saluent en Fôtant , à plus forte rafson , quand ils rabaissent jusqu'à terre , avec une courluette profonde , on a coutume de dire que ce sont ^es tailleurs, des maîtres de danse, ou des perruquiers français. Eh Angleterre , le chapeau appartient donc essentiellement à la tête , puisqu'il ne s'en sépare que bien rarement. On ne l'ôte jamais à son égal, à plus forte raison', à son inférieur. On a une mince opinion d'un individu qui déroge à cette règle , parce que cela isent les habitudes de la domesticité. Lorsqu'on entre dans une boutique ou dans un magasin où il y a foule , il faut bjien se garder de saluer personne ou d'ôterson chapeau, ce serait le moyen de n'être servi que fort tard, ou plutôt de n'être pas servi du tout, puisque, dans certaîii^ magasins, qui jouissent de la vogue, la foule ne cesse pas depuis le matin jusqu'au soir. Oter son chapeau dans une boutique serait plus dangereux encore que de ne frapper qu'un seul coup à la porte d'un grand seigneur.

' En revanche, on demeure toujours découvert; dans J'intérièur des maisons particulières. 11 y a dans le vestibule qui mène à l'escalier, une dbuzaine de patères où l^on peut suspendre son chapeau à côté des parapluies. Comme toutes les maisons ne sont habitées que par

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une seule famille , et que la porte en ei^t toujoars esac^ tement close, il n^est pa& àl craindre qu^on le^ vole dan» Fendroît où on les laisse. Entrer dans le salon avee son chapeau à la lâaîn , ou le garder sur ses genpnx a^urè» qu^on est assis , est regardé coaune une marque d^élran* geté ou bien comme une preuve qu^oli ne veut pas se mettre à son aise vis-à-vis des personnes qu^on vient voir» Aussi c^ est une très-grande politesse de leur part de vous engager à le poser sur une chaise, à plus forte raisoa», de venir le prendre et de l'y déposer.

En visitant certains établissemens publics, j ai remarqué aussi que ^ quoique les visiteurs anglais danéuras^ sent couverts tant qu'ils n'étaient pas dans des chapelles, il se découvraient spontanément en assistant à certaines cérémonies. Mais cette circonstance tient à leur respect pour la religion ; car c'était seulement durant la partie religieuse de ces cérémonies qu'ils ôtaieni leur chapeau. Ainsi , par exemple , dans les hôpitaux, dans les institutions consacrées aux enfan^ trouvés ou aux orphelins, le public est admis au dîner à certains |ours de la semaine. Le benediciie qui précède ce diner est fort long, et tout le temps qu'il dure les assistans demeurent découverts avec une attitude religieuse. Le chapeau joue aussi un rôle dans la cérémonie du recueillement, que l'on fait toujours en arrivant à l'église» ' Les femmes ^'inclinent jusqu'à faire toucher h passe du leur sur la stale qui leur fait face ; les hommes se ca<i^hent la figure eDi l'enibnçant à moitié dans le trou de

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4eor chàpeara oA s^enftwice oràîàdimment leur titc; et ^oi a &ii dire ài l'auteur d'iim reeiiial , connu sôqs le titre ^ Connaisseur^ qu^à défaut de livre de prières eu de fcible, les pelits^Hnaitres anglais lisawiit l'adresse de lins^ ^^apelieff ordinaîremént <'oHée âa fond de leur cha^ïeaa. On sV'tonnera peut-être qa«, dans un cbapitre i ouis»* txé a«K modes f j'ai si peu parle de la toilette des feoraies! Les mamans^ qnai m^ont quelquefois fait rhon-^ ioeinr de m^viter à leur thé^ me demandèrent, avëe dépit ^ si j^ai été insensible aux charmes de leurs hùtiriiets itioMés, de leui*s torbons bario^lés et 4e leuvs (^ioipes ; les miss el les darnes encore âs^ee jeunes pénf* s'kabilk^ren demoiueUes, condaeront ^e la galanterie ^n^ise est perdue , poisi^e j'ai vu , sans les remae^ quèr, les appas qu^^les étalent dans les bals et 4at)l^ les soirées; enfin les veuves me maudiront, peut-être, éft Toyaot que j'ai oublié TeéTet aierveiUeux de leur teint èlanc et de leu^ cbeveu blonds, avec leurs pleureuses de cambrick irlandais, leurs robes de voile, et leurs parures Complètes en jais. Mon apologie sera courte, mesdames; «jm la patience de tnWuilter juaqa'av bout : f avais à iMtMiver la supëri«l:ité que la fiîvolité anglaise occupe mufourd'liui sur sa rivale d'outre-^mer; j aurais gâté ma «''eause en vous y mêlant^ |»aroe que je ne vous ai pas trouvé en fait de modes ou génie inventif^ égial à celui dte kmr glais. Des gens, qui ne .sont pas suspects de partialité , vous ont accusées le lendemain d'un draççing-room d'avoir modelé servilement votre mise sur celles des daqaes

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françaises, et, ce qui est pire, d'avoir fait venir a grdédV. frais, de Paris, tous les colifichets dont vous vous étiez parées. Les marchandes démodes parisiennes sont encore en, honneur parmi vous, puisque plusieurs modistes nées en Angleterre , se donnent du ^ et se font appeller madame pour achalander leurs maisons. Yous êtes plus belles que les françaises, Part vous serait moins nécessaii'e et moins difficile pour vous assurer la supériorité mon>daine que les Anglais ont déjà su conquérir. Hàtea^vous surtout de vous défaire de ces >âottes qualités domestiques , qui ont jusqu'ici été la sauve-garde de la vertu et d'un bonheur tranquille ; faites abolir le droit insolent que s'aiTogent certains maris de divorcer avec leurs femmes et de ruiner leurs rivaux quand ils découvrent quelqu'intrigue; alors, mais seulement alors, je vanterai hautement votre génie et vos progrès dans la

frivolité. Mais mêler votre éloge à celui des Anglais, tandis que vous avez l'humilité de fair^venirles modes de Paris, et que vous êtes modestes au point de rougir quand on nomme devant vous la culotté, c'est ce que je devais bien me garder de faire» Le titre de mon chapitre vous prouvera que c'est aux hommes qu'il était spécialement consacré ; vous y faire intervenir à propo de chapeaux , était donc une chose que je ne pouvai prendre ni sous mon bonnet ni sous les vôtres»

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