UNE FOIRE ANGLAISE
The jambling^ partîcle» of matter In chaos madc no tuch a clatler.
Far less the rable. roar and rail When drunk wîth sour élection aie.
The fellaws had a wretched Uste,
Swift.
Depuis quelques jours, le baron, en allant de Stoane^ Street à Hydi-Park pour assister à Texercice à feu, avait été frappé d^un mouvement extraordinaire qui régnait sur la route àiHammersmith^ « Venez voir cela , me disaitil , h. chaque heure du jour : c^est pire que le déménagement d^un camp de Tartares ; il y a des voitures sans Xiombre et dont je n^avais jamais vu les pareilles pour la grandeur et la forme. Ce sont de véritables maisons montées sur qoatrejroues et traînées par deux , trois et souvent quatre paires de chevaux. J'ai vu écrit sur chacune le nom de Caravan. Ç^xxfXit espèce de Caravane ^l-cc donc ? A Paris j'ai vu jouer, à l'opéra, la Cara-^
Tane du Caire ; il y avait des chameaux sur la scèite^ mais je n^j ai vu figurer aucun chariot de ce genre ! »
Cest par une figuce de grammaire, lui répondit k docteur, qui, ce jour-là, ëlait venu déjeuner avec nous» que le nom de caravane a ëté donnc'à des immenses voitures. Elles portent exactement tout ce dont se composent les caravanes de l'Afrique bu de l'Orient; il y a des familles entières, des marchandises et des animaux. Si vous aviez lu une longue affiche, que toutes portent im^ tnédiatement au dessus du titre, qui vous a tant intrigué, vous auriez lu la descriptiop détaillée de tout le contenu de la maison roulante. C'est tantôt des Bohémiens^ avec les instrumens dont ils se servent pour dire la bonne aventure, des marchands d^animaux rares et euvieux ^ qui les'font voir pour de Targent , en attendant de trouver à les vendre avantageusement. Un grand nombre d'autres voitures sont remplies de décors de théâtre et de costumes de comédiens ; vous avez dq en voir noii loin de ceUe-là, qui étaient chargées de planches et d* soliveaux, destinées à dresser un théâtre impromptu, pour donner, par jour, une douzaine de représentations de divers spectacles. La cause de tout ce mouvement est foire At Brook'Green ^ qui doit commencer demain e durer nommément pendant trois jours , mais qui , réalité, se prolongera pendant plus d'une semaitie parce que les gens qui onl fait des dépenses considéra blés, pour aller s'installer à la foire , veulent avoir 1 temps de les couvrir avec biipéRce..
PE LOKDRES. ^ îSt
La Foire de Brû&k'^Green est une des plus célèbres ^i st tienoent aux environs de Londres. Comme vous <n êtts à portée, je vops conseille de la voir deux jours ^{fiîreas et à différentes heures. II faut y aller , par egcemple, use fois vers les six heures du soîr^ et Pautré fois , y arriver k huit et demie , pour ne s'en retourner ifik mnuit ; c^est ainsi que prcèdent les eoktteys qui tiennent à suivre dans les formes toutes les coutumes anglaises.
M» de Flaa pria alors le docteur de nous acompa-
gner, un jour, k cette foire* PuisquiVUe était si dig^
d'être vue , il désirait avoir un cicérone qui put la lui
liire parcourir jusque dans ses moindres détails. Je ne
puis pas venir demain avec vous, répondit Dublason;
je dîne chez un membre correspondant de la société
asiatique de Calcutta, qui doit me faire connaître Tal-
phabet samskrkj en^échange des soins que j'ai donnés
i la composition des armoiries de sa voiture. Après de-
toam, jt vais prendre séance à une société médicale dont
pai été reçu membre ; mais, le lendemain, je serai à votre
lervice. Le troisième jour de la foire est on des plus
l>eafQx; nous profiterons de celui-là pour faire, tout à la
!V>is, rinspection diurne et l'inspection nocturne des
:mrîosités de Brook-^Green. Un des jours suivans von»
po«iTez y revenir fy yours^ves , c'est-à-dire , sans moi»
Vou6 avee assez d'intelligence pour aller tout seuls
sur une route que vous aureK déjà parcourue avec ua
^uîde.
[iSa ^ blORAMA,
Le temps qu'il fallut attendre parut laiig au baiiin; l'espoir de voyager avec Dublason le fit résigner. Toute* fois, il s^indu^rià de plus belle pour trouver des passe* temps, et non content d^aller régulièrement aux parades de Horse-Guards , et à l'exercice à feu de Hyde-Park^ il alla passer ses après-midi dans rallée àt Pimllco^ oè des sergents exercent, chaque jour, les soldats nouvellement recrutés. Enfin, le moment attendu avec tant d'impatience arriva ; un bruit épouvantable de coups de marteau ébranla la maison où De Flan était logé, le docteur fut annoncé, et après les fifiwdojou do obligés, nous sortîmes avec lui.
Au temps où les foires ont été instituées, nous dit-il, en prenant un bras de. chacun de nous, et avec le ton d^un docteur qui commence une dissertation dans les formes, le commerce n'avait qu'une activité peu marquée , ou , pour mieux dire , il n'^istait réellement pas. L'industrie était à peu près nulle, et les productions ((e l'agriculture demeuraient confinées dans le pays où
elles avaient été récoltées. Là, il v avait encombrement; dans d'autres lieux il y avait misère, faute des moyens de transport qui établissent aujourd'hui une distribution universelle et égale de toutes les marchandises de pre-— mière comme de sieconde nécessit|«
Ce fut donc une idée heureuse que d'instituer, danss-les endroits les plus à portée des pays difFérens, pair**" leurs produits et par leurs besoins , des marchés , où , ^kune époque fixe, on venait vendre, acheter ou échange^-^
DK laNDRES. lS3
ces produits. Le mauvais état et le petit nombre dç routes, le manque ou Timperfection, des moyens de transport étaient cause que ces marchés ne pouvaient se tenir^ que rarement, une ou deux fois Tatinée, par exemple : peu à peu les routes furent améliorées, on en traça de nouvelles, on creusa des canaux f la race des animaux domestiques s'améliora, leur nombre s'augmenta; l'on put, en voyageant plus souvent, faire les échanges avec plus d'avantage et mqins de confusion, jusqu'à ce qu'enfin la circulation des produits eut pris son cours dans toutes les provinces du même royaume, et à tous les jours de l'année indifféremment.
^L'établissement des foires a donc été le premier pas vers le commerce véritable; mais depuis que celui-ci existe, les foires sont devenues à peu près inutiles ; %n les conserve encore par habitude; mais très-peu de négocians fréquentent celles qui se tiennent à distance des grandes villes ; celles qui sont voisines des capitales ne sont exploitées, que par les dernières classes de colporteurs. Aux foires des Loges et de Saint-Cloud , on ne vend que d^ mirlitons et du pain d'épices ; à celle de Jirook-Green^e principal commerce consiste en seratchers et en giîtger-bread.
; Je ne sais si le docteur l'oubliait à dessein ou par
distraction, n^is il est deux autres espèces de comr
xnerce qui se font à Brook-Green, et dont nous fumes
témoins aussitôt que nous y fûmes arrivés; ils se font"
tous deux également aux foires des environs de Paris;
l54 DIORAMA
maïs atipi^s A'Hammermitk ils ont un dëvetoppevenf f% une importance à laqudlte nons étions loin de nous atten<}re; ce »ont, d^sne part, lé commerce des amnse^ mens ; de Fautre, celnî des comestibles^.
Le lien oà se tient la foire est an espace de terreiil ineiiite , de Yxaa et de l'antre côté d'un grand chemin , iÇÂy par parenthèse, est très^passager ; ce qui ne laisse pas d'être fort dangereux, lorsque les diligences, les chaises de poste ou les voitures de roulage ont ^ passer »i nnli Q de la Ibule compacte qui s'y rassemble à cer«!taînes heures du jom-.
Sur les bords du chemin , sont diressés un ti^-grand nombre d^amphithëâtres, où Pon peut voir des spectacles de divers genres, soit en payant, soit gratis ; ptrisqu'outre fe reprësentatîon qui se donne à l'intérieur, à certaines bsures, on en donne une autre devant ta porte, pour atlîi*er les passans.
Derrière ces amphithéâtres sont élevées une rangée et tentes dans lesquelles on a établi des auberges im^ promptu; on les décore toutes des noms des taverneslies plus en réputation da[ns Londres ; qpsi , Ton j vmt tous les ans reparaître la taverne de la Gnironne, ceBe^ de l'Ancre, celle de Londres, celle de la Charme, etc.
La disposition intérieure mérite une descriptio soignée ; outre la cuisine, l'entrepôt des comestible» un nombre de bancs et de tables suffisant pour faire seoir les convives qui viennent s'y régaler, H y a dan^ chaque tente un local destiné à la danse, «t comme ^ê^
DE tAKBRES. f55
Maison, un orchestre, pour mettre les ^rnseurs en train.
Le nombre et la qualité des musiciens est en prnpor^
Ë Ion àe la grandeur àt h tente, ou , pour mieux dîre, eu
prix phts ou moins élevé auquel se débitent les eoraes-^
iibles. Dans celles de la pW mince apparence , 11 n^^jr ai
qa^ttne vielle, une cornemuse écossaise, od un violon
raclé par un aveugle; c'est déjà mieux lorsquHl j à
àenx violons avec npe basse; en montant encore pliis
haut, on trouve le trombone et le fifire ; enfin, cVst le
comblé de Féléganre, lorsqa'oûtre tous ces înstmmensv
il y a un bugk, des cymb^Jes et une grosse caisse.
Dans les tavernes les plus somptueuses, la salle et bal est séparée do réfectoii'e ; une corde tendue à la banteur àt la poitrine d*nn honmie, en (orme la sépara* tion; dans toutes les autres on paje quelque chose pour avoir le droit de danser; ici c'est encore micui, puisqu'on paje même pour avoir le droit d^entrer dans h salle de bal.
GVst dans de petites échoppes oà sous des tentes fonstruites dans Hutervalle des tavernes, que se tiennent fes tiéfcitans d^ ginger-iread , qui est une espèce dé pain cf éjpice au gingembre, de buHs eyes et de lofypap sugaty qtti sont diverses espèces de bonbons grossiers de fa«brique anglaise , de ginger-beer , qui est une bîerre faite arrec <ltt gingembre, et de seratchen^ espèce d'instrument, ^^ec lequel mon Itcteur fera connaissance plus tard, et c{ui joue un aussi grand rôle ^Brook^Green^ que le /w'ri?l^/ità Sàint^Cbud;
t56 DIORÀMA
Jasq^ ici, Brook'Green-FairTtsstmlàit^sfiez exactement à toutes les fêtes foraines des environs cle Paris; pour completter Tanalogie, je puis ajouter qu'on y trom-e également. les jeux de bague, les diseurs de bonne aventure, et cet assortiment de curiosités pour lesquelles le public a un si grand faible , telles que des. femmes enceintes depuis quinze ans, des veaux à deux têtes, des enfans qui, à Tage de trois ans, pensent troî^ quintaux, des chieiis savans, des chevaux et des ânes qui devinent le plus menteur ou le plus amoureux de la com* pagnie, etc.
Mais ce qui assure une supériorité incontestable à la foire anglaise, c'est le grand nombre et la. qualité d'une foule d'autres spectacles bien plus relevés que ceux que je viens d'énumérer. Ces caravanes immenses qui avaient tant étonné le baron, pendant qu'elles roulaient sur la route, l'étonnèrent encore plus par les produits qu'elles étalèrent à sts yeux lorsqu'il fut arrivé à Brook-Greeir. Je suis encore à comprendre comment les propriétairesde ces immenses établissemens peuvent subvenir aux frais énormes qu'il doivent faire, tant en séjoui'nant^ quelque part , qu'en voyageant sur les routés des environs de Londres, où l'on a, presque à chaque pas, de^droits de barrière à payer.
Parmi les amphithéâtres qu'on avait élevés en plan-— ches, il y en avait au moins trois dans lesquels on moa — trait des collections d'animaux ; il y avait dans chacu au moins un éléphant, plusieurs lion^ et tigres^, de
DÉ LONbRËS. iSy
ftiilgauts, des chameaux, et une foule d^aùtres animaux venus à gi'ands frais des pays lointains ; il y avait aussi plusieurs amphithéâtres d'équitation, et quatre ou cinq the'âtres où Ton jouait des pièces varie'es dans le répertoire des principaux théâtiTs de Londres.
Chacun de ces établissemens avait une enseigne propre à fixer la curiosité des passans ; devant les ménagerieSy étaient étalés les portraitis en grand des principales bêtes qu'on faisait voir dans Tîntéricur; un orchestre de musiciens habillés en yeomen de la garde du roi, c'est-à-dire, revêtus d'un chapeau entouré de roses, d'une dalmatique rouge, serrée autour des reins, avec une ceinture noire, exécutaient les airs nationaux de l'Angleterre, au moment où le maître de la ménagerie n'était pas occupé à avertir le public que la représentation allait commencer.
Devant l'amphithéâtre d'équitation , on avait , outiT des musiciens de la yeomanrjr^ plusieurs chevaux sur iesquels un certain nombre d'artistes de la troupe foiraient gratis certains tours de manège, pour donner au public un avant-goût des exercices qu'ils allaient bientôt [aire en présence des spectateurs payans.
Mais ce qu'il y avait de plus extraordinaire, en fait de ces spectacles gratuits, c'était la représentation per- |jétuelle que donnaient, en plein vent, les artistes dramatiques.
Comme on ne jouait jamais dans l'intérieur qu'une
fragédie, une comédie ou un vaudeville à la fois, tous
l5â BIOUAMii t
les acteurs qui n^étaient pas actuellement pccopes, étaient obliges de rester au-dehors. C'^st même là qu^Hs réveillaient qnaod ils avaient achevé la scène oà ils figuraient: 1^ tréteaux extérieurs étaient tout à la fûts leurs coa*lisses et leur fojer.
Élevés de dix pieds au-densos du sol , ils formaient une avant-scène plus vaste et plus ornée que celle de liien des théâtres de province : les décors que le public voyaiti représentaient un vaste portique^ au fond duquel était rentrée du théâtre payant.
Le bas des parties latérales était oeciqié par, les musiciens; et les acteurs^ tous dans le costume des rôles <}ui leur étaient affectés, se promenaient sur l^avant- ^cène.
Si les mascarades eussent été de mode en AngletetTe nous aurions pu prendre l^eci pour une des ploS pitt resques et des plus anîbiée;^ : on y voyait des Arlequins des ColoiHibines et des Cassaadres; le, Pieri^t, que 1 Jlnglais appeiletit ^Io^h^ et autpiel ils tatouent la figure au lieu de Tenfanuer. Il y ayait OtbèUo et Desdémon Roméo et Juliette, des Espagnols et des Espagnoles des guerriers romains et Coriolan, des papes, des dinaux et des évêques, en calotte, en i&itre et en chape ^ car les Anglais ne mampient aucune occasion d'însult au papisme; enfin, les inévitables £i^/V^ Twn, aniJtrry^ héros d'un roman nouveau, dont tous les petits théâtre • de Londres se sent elnpiressës de iiletti*e \t% aventure en scène.
DE XONDRES. l59
Pa[idant rintervalle de deux représentations, k troupe en plein vent se complète et s'ébranle à un signal donné par les musiciens: cha({ue acteur saisit la premlèi'e actrice qu'il rencontre, pour la faire 6gurer dans la walse. Fallstaff se trouve accouplé avec une né-^ gresse, à défaut d'une des commères de Windsor. Roméo, armé de pied en cap , tient une Colombine demi-nue; Arlequin saute avec la mère de Corlolan, et le clown dandine ses membres désossés, en faisant tour à tour des grln^^s aux spectateurs, et des niches aux person*iiages qui passent auprès de lui.
Pendant le jour, Tllluslon serait loin d'être favorable aux acteurs, si les spectateurs devant lesquels Ils se montrent, pouvaient avoir la pensée d'être difficiles; les figures Ignobles des hommes, les traits des amoureuses et des duègnes dégradées par le fard et par Tliabltude du vice , les haillons et les vieilles défroques , que les uns et les autres ont loués dans le quartier juif de Londres, sont peu séduisans tant que la clarté du jour les éclaire.
Mais aussitôt qu'Ole est remplacée par celle des quînquets ou des lampions qu'on étale en très-grande abondance sur la devanture des théâtres, tout prend un aspect nouveau et presque enchanteur pour les spectateurs qui sont arrivés assez tard pour né pas se désenc\raiiler d^ avance. L'orîpêau de la robe d'Othello reluit comme de l'or véritable; les paillettes des manteaux et des basquliias espagnoles btillent au feu des quînquets;
i6o diorâma
la Tedîngotte de Logic, le frac de Tom, et le pantalon de Jerry:, semblent être d'un drap fin et non-rapé; enfin, le rouge s^harmonise avec la peau blafarde des femmes; leurs robes ne paraissent plus sales; et peu s'en faut que leur personne ne soit devenue appétissante!
En dignes observateurs, nous eûmes le courage d'entrer pour nos six pences dans un de ces the'àtres forains, et comme on s'y attend bien, nous fûmes beaucoup plus amusés par les scènes de trage'dies que nous y vîmes jouer, que par )e vaudeville ou la comédfll qu'on joignit pour compléter la représentation. Nous apper çûmes mêlées dans la foule des spectateurs en veste quelques personnes accoutumées sûrement à fréquente des théâtres un peu plus relevés , mais qui étaient san doute affectés de spleen ^ et venaient, comme nous sépanouir la rate, en voyant estropier les chefs-d' tragiques de leur poëte favori.
Dublason, qui d'abord avait ri presque autant qu nous, se ravisa tout-à-coup, et pensa qu'il pourrait avoir quelque chose d'offensant pour l'honneur anglai dans rhilarité que les acteurs tragiques provoquaién « Vous auriez tort de les croire tous mauvais, nous dit-^^' avec le plus grand sérieux ; c'est une prévention àéf»^ — vorable, à la vérité , que de les voir dans ce hangardL > mais, continua-t-îl en ouvrant sa tabatière avec pomp^y you mustknow i/iai^c^ tsi de ces tréteaux que sont sort î -25 bien des sujets qui figurent aujourd'hui en premièx"^
lîgtiè à (Oovent-Garden €t 4 Drûrff Keâii! le jjratid ; ïean a cbmttieticë sa camèlre Sui* un ihéàlf e fordin !
Çn finissant ces pal^oles, il secoua sa priëé dis tabae ; de l^air d^un homme qui vient de remporter un triomphe^ tl (^ternua plusieurs fois de suite, avec un bruit qui faillit d^ûterrompre la représentation^
Ce fut en sortant de ce théâtre, et du haut des plàii»ches de son avant^scène^ que je jouis du cotip-d'obil le plus complet et le plus précieux de la foire de Brook'^ Greeni ce fut delà que je pus juga* ce qû^est réellement la canaille de Londi^s , lorsqu'elle se met en gâgueiie.
Qu'on se figure le brouhaha de plqs^e vingt milld personnes, entassées comme fm sardines, dans une t&r pacede terreinfort étroit, jurant , vociférant , interpellant les acteurs, roulant datis la boue, quand Tivrease était trop forte pour leur permettre de se teniriàur leurs jambes ; pouvant à peine se garantir d'être foulées aui( pieds des chevaux, ou écrasées par les roues des voitures dont la file allait toujours son train, au milieu de la totite encombrée; un brait continuel de scratcliers, €1 par-dessus tout cela, le tintamarre de vingt orchestres,. Voisins les uns des autres, et jouant chacun un àir différent; le fracas de mille grosses caisses, accompagnées de cymbales de fer de fonte, qui ont le timbre des^ con^ ^erturês de ma^mite ; le tonnerre de cinquaiite gosiers tnroucs, qui parlaient au public dans des pôrté-voix; pour lui recommander, Tuii ses chevàul, Tàùtré seà %ûDs, celni'ci ses acteurs^ celui-là sdn phéttomène v^tk
(Cjt cprieiuç, et Pou verra qpe les Ghamps-Blyséc^ 9 «ft soir de distribution , ne donneat qu'une faible idée de * Vdgitation (|ui règne apx foires britanniques!
Pans les tavernes , le mouvement était digne de œ ^qçA se passait 5ur la grande roule ; des milliers de lanif pions de couleur, répandus dpns les salles de bal, éclai* eaîènt des danses de cent caractères différens ; soldats | jnatelois, grisettes, paysans, tout gigottait sur des mou- -T^emeûs plus 6u moins précipités. Le hompipe, la gigu^, la walse, la sauteuse, les cotillons, les contredanses anglaises, tout allait en même temps.
Le gin, le vin de groseilles à maquereau, et de baies de sureau, circulaient p^out à rasades; le robinet des tonneaux à bière, était sans cesse ouvert ; des pièces àt l>eeu( froid de vingt-cinq livres pesant, étaient enlevées tn un clin-d'œil ; les gargotiers suffisaient à peine aux besoins des convives.
Après s'être bien fatigué à la danse et à la bombance,' on se faisait servir des pipes ; hommes et femmes, chacun en prenait une, la bourrait de tabac, et la fu' inait, jusqu'à ce que les vapeurs vireuses de Therbe tussent endormi le fumeur, et le fissent rouler sous la table, ou bien provoquassent une évacuation dégoûtants qui ^obligeait a prendre un second souper,
. Je ferai observer à cette occasion (et cette remarcraf est tout-'-à-fait digne du liçu.où je lafais), qu'ep Angleterre on ne se, sert jamais plusieurs fois de la méms
t^è; U hàUmtéi^ eh tàxtttnï in± hWkiSfii II pM sbiti dé lès iiètfdyet âë Ûtàpi éa temps, lôfsqf/éllëj ^ salissent ; il paraît que les fumeurs anglais sont ItKiâèif'V •ibies àax diarâies d^oûe pipé noire it cukttéti *
Je ire dois pas tetoiùér ce chapitre, satrs ëit^ii{|îie? aîS lecteiiU; ce <|ue c'est qu'an scraichèr; litteràlèlûiéiJfl ce in<A ^ûixi Axtt gtatleiiT, et désigne un iiisti'ttfaftiîf loW' posé d'un cylindre cannelé, et dfont Ifei câtimlu^^ fefll* ^ Mtxrà qiiaiird on les feît lourrièr conCi^ tin rès^ttr! fl» bWs tjnî est fortement àppu;^é liur elle*»
C'est à peu (ïe chose près lé même însl^rùmènlÈ que ' cctui qu'on nomme en t^rancé rehètté, et qui sert de joujou aux encans; les* ^aichmen d^ Angleterre en ôni un analogue construit sur dé plus grandes dimensions \ ' ils h nomment fâltk, et s^ett i^ervent dans' léÉ tM^ j^b\ir dôUfiér f aterfe à' feui*s côflé^uèii.
lie ^^r/r/ir^r, 'lorsque! est passe rapidement âur IVcfiirilà , feit un bruit exactement semblable à celui que produit le drap en se déchirant, ce qui cause une appfiéhei^sion àsséai deâàgréàblé, Idr^^u'bâ estchhtMll^à l'hrtpfovîsté.
G^est ainsi du ihoins' que Péj^ouva le baron , la pre^
mière fuis qu'on lui passa un scratcher sur les gaules;'
U y porta la main , croyant réellement qu'un morceau
â^ son habit avait été déchiré. Aux tentatives^ suivantes,
il fut moins effrayé, mais il fui' choqué" de la libérfô
(nalâ9 que les pàssàiis V mantes ei^^femellés', pi^enaSènt -m '
ratUi{tier aiDdi avec leurs scratchers; et dans uae on deu, occasions , il riposta par une taloche ou {)ar au coup de pied.
Don *tyou kik fhem in ihis iruial manner, lui observa le docteur; maigrie votre haute stature^ vous trouveriez peut-étra bien des hommes avec lesquels boxU^ ne serait pas à votre avantage. Yis-à-vis des femmes, outre qu^il est inhumain de les frapper, même lorsqu'elles vous insultent, sachez que le scratchiag vous donne le droit de leur rendre la pareille, et même d'y procéder mih ihe naked hand instead of an instrument Durant la. foire de Brook-Green , il y a liberté pleine et entière k^ scratch ; achetons des scratchers , pour rendre aux autres* tout ce que nous en recevrons.
Ce qui iiit dit fut &it ; nous fîmes emplette de serai — chers; et, en cîreulant péniblemement au milieu de \m^ foule, nous développions le cylindre brupnt, partout oxm nous appercevions quelques hanches dodues ou quelque^ taîUe^cambrée.
De Flan ne se fit pas répéter la partie du conseil qc^ Dublason lui avait donné en anglais, et que je lui avai^
traduite, il fut d'autant plus promptement enhardi 9
qu'il s'apperçut qu'à la différence de tous les autres docr teurs, celui-ci joignait l'exemple au précepte.
Au centre de la foire, et encore mieux sur la route par laquelle nous retournâmes à Londres, et où les la- «ûères>4^1us clair-semées, augmentaient Taudace de mei^
compagnons, notre marche fut un pillage continuel. Leâ grisettes anglaises sont jolies , et d'une docilité remai^ qnable ; mes deux gentilshommes fourragèrent partout avec une ardeur toute roturière; ils paraissaient croire al|ors que le plaisir, comme Tamopr, mettent tous les rangs de niveau.
^ :Um^k^Mi
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»lf I>?S'B».
Some of the coinpanj had real wît an could use ît polîtely and to advantagc: othe were coxcoiuba and 'were laugkcd at 'wîtkoui dîscoTerîng it ; and «gain othert were origî liais who secmed to ka^e no objection tb the Company should bc a^nused 'wîtk tkti foUji înstead of theîr wît.
The fortunes ofNigeL
Cest une chose fofTilfiporTâbte dans le tableau de mœurs britanniques, que la description des divers pas avec lesquels la faim est périodiquement excitée oxM apaisée ! Que les autres nations disent ce qu^etles vou-* dront pour vanter leur cuisine ; il faut que les Anglais aient trouvé la bonne méthode de se nourrir, car dans aucun pays du monde il n^y a de familles plus nombreuses, des épaules plus larges , des ventres plus gros^ \ f t des statures plus hautes que dans les royaumes unis, r
Depuis les membres de la famille royale jusqu'au dernier garçon brasseur, tout paraît robuste ; tout a teint vermeil. Le roi Georges III, qui se vantait d'ê
arçbi^'apglais et qui , en cette qualité » avait fait chaqi
l^tar ses cinq repas, et tnaingë do roèbeëf du du gig5t de ^ riiouton a s6n âtioféi', avait àmatôé tik^ fkîûiné A\ïÉsi i^-^ itiarqitàl^lë par lé nombre que {>ar lès diiiiensi6ni cblbi^ sales de tdiiâ les périnées et princesses qui là cbmpéP aâaîeiit. Examinée ciDltipàrKtiyetoent i téùtes les à\ïttêi fktnittés nblilès dit rbyaotïiè, celle-là, pendant qti^elilë était encore complète, aurait certainement éïi trouve^ ^usii prip&ridlràrilè fiiv lé pdSds qii^éHe Vëtiiï par le jioiuvoîr!
I^ôââ nbàfé croyions* OTtrèfôîs' Hén lôttrmànds ot fVanéé, lorsque lai couttrtriè de niângfet' quatre fois paù? jôùrëtaît encore éh*Kdlinéur. Lè5 AiigKls nous ont éië fbtijéttrs siîpérîeurs sous ce* rapport, et îîs lé sotit eiP eèf€ plbs aàjôurd^hùi que nous avotîs' sbttemeiit h'^tùê 5r dèut le nothbirè' de nos repas/
Lttin dé copier ;cé perfectioiniéméift riclîcule ,' itiiiy^ àtâl dafiis^ nfofs mœurii , ils ont protesté ënérgi4ue\i!enè contre tout empiétement sur les droits du ventre , éï^ Mtdë'élàrf qii'a'o-lrea d'être eh harmonie avec le pro* ^s' âlés' lanrières , cette dimihatlon âsnê là qabiitii^ de noarritare qu'on lui octroyait était un paâ rétroga'dir mi- W siècle de^'t%)8!)res et Véts'Ta'^peWtiRon'iia|frste ^i fûstih jeïitféki lé'tf<^it (Pi<t^ de'Tàû^^^
Bans tonCeà lÀVîlItë* cfe prbMaé, dàioS tô'ûTés lëV
%Haèi^ domioé'dà&*Bk ca^Vt^Iël ÀiM'tiû {/aù'ti^s', iùï-'
ii<» ott déVoti', tduSaés'Âii'gla& ^tîiiii^ènî cïiïq ' ré^'a^' sut joâr, dôAt dilgBit ékcàamm" p^fr'ub'iibbr et! àkf nets parKcnKers;'
l66 -BlOflAMA : r '
. I>e premier se Homme comme chez ûobs * dëjeuoer*
( hteaj^mi );II se compose ordinairement de the au lait
t\ de viandes froides et de tartines de beurre ; les gens
aises y ajoutent des £tf^-^/rfi^ chauds, des qeufs à U
çpqiie) C'est entre huit et dix beurea que ce'repas se fait :
il faut se lever matin poijir pouvoir ma^gf^ à cinq re*
prisesi ^ans le jour*
. I^e secoiidf qv'! P'^ point ; d'analogue chez ndus
se nomme launcheon. Dans les colonies anglaises d(
Vlpde, il porte Iç nojfn df iypfdn. 11 se prend entre déni et trois heures, , et consiste en tartînjes de beurre; en.firoipage, de Glosi^ret en sandwiches oiv tranjches de viandes inises entre deux tranches de pain, D^ns 1^ saison dei fruits, c'e^tprinçipalemént à ce repas qu^on les mange Jjes fruits les plus abondans. et les moins chars en Angleterre, $ont les oranges qu'on y porte des illes d^ tf^esU C'est presque toujours de ceux-là qu'oiv voit pa^ — * raître au lauuchean^ .
Le troisièa^e porte le nom de diner^ Je le passe pottiT le moment sous, sileuce > parce que je le décrirai plufi
I,e thé , qui est le quatrième , se prend deux heures nprès le dîner. Qu'on ue s'imagine pas que le th^ figore i tort dans la liste des repas. C'en est un véritable aussi bien que le déjeuner et le A?<^^^ari puisque , outre la t^sse obligée d'infusion de l'herbe chinoise , on voua Sfrt des. moffines beurrées, de^ tartiner, de beurre gril« Iççs, des tourtes çt autres espèces de pâtisseries^
DE LONDRES. i6§
Le dernier poite le nom de 5p//^r, et tient un peu de tous les autres, à cause de la variété des mets qu on y voit paraître.
II est inutile de dire que la bière est foncièrement b boisson qui accompagne tous les repas , excepté le djér jeûner et le thé où Ton ne boit pas de liqueurs ferr mentes. Les gens aisés boivent du porter ou de l 'aletl de temps en temps quelques verres de Madère , de Porto et d^'yin de Xères, dont on a estropié le nom pour en ÎBire shêrrjr {i).
Ce n^est pas en vivant exclusivement dans un Bûar-r
àing'hpuse qu* un étranger pourrait acquérir des doofnées
certaines sur la composition des repas anglais. Toute*-
fois^pour le nombre et le fonds ils sont les mêmes dans
les pensions bourgepises et dans les maisons particu^
llèces. Il y a, sans doute, un peu moins d^abondaçce et
vu peu mpins bonne qualité des mets^ mais la vie d^un
^oardii^'hQuu y est une ba^e assez utile à consulter
pourvu qo^on ait le soin de la comger , avec les obr
^I^'atioûs que Ton recueille eii prenant quelques: repas
danslçs maisons où Ton a été présenté.
(i) Cette nanîo de débaptiser let otioses qui tiennent dm cèntînent, est universelle ;îl est impossible de reconnaître les produits de laFimnce, par exemplci sous les noms baroques par lesquels on les désigne. Le Frontignan s'appelle Froniiniac^ le Luncl, ÎAinelle^ le Bordeaux , Claret^ etc. \a même altération se remarque dans une foule de Hauts et de locntiona ^HC lea Angbi« noiis empruntent joarneUement.
^76 i)IORAlÉA
Comme j^aî vécu lotig-tcmps avec linte-femîHè aussi nnglaîse que le roi Georges lil^ j^ai dû me familiariser aax habitudes gastronomiques de Londres. J'ai si bieA ÊaWt^ en ce genre, lés conseils dé Dublason^ (|ui prétend qw'it faut toujours élré du pays qu'on habile, qu'il m'est arriva, plus d'une fois, d'être à même de faire les bon* liedr^de la table, ItHsque le chef de fa maison ëfàil absent. •
C'esit à eéttc table qu'eà un jour de grfâ j'ai prfà roi part d'unr dîner que je vais raconter dans tous siJSd\ptail«, parce que, tant pour les circonstances accessoire ^e'pour la composition du repas, H riîe' paraît être l^ tjfpe de-tous les dîners anglais.
ta prndtite marquait cinq heures, et tandis qite le» dames de^ la maison étaient encore às'habHler, caftout^ lè mmidèi fait téflétte en Angleterre pour diner, môE^ ^uî avfjis éié plus prompt dans là mienne , j'étais désA-r crhdtk an $alon peur- recevoir ks cduvivès qui etàieitt
' JUs^ dotncfstiques^ avaient, succélaàîveiBfént, mfroduil plusieurs personnes de cl^iraetère îrisignifiantetcpielqnfA antres, avec lesquelles mon lecteur sera bien aise de laire connaissance.
. La- première était ce colône) de^ milice qu^Amifau Cbtttàm^rt, utt jonr; de l*avant âge qu'il y a à aimer lék sergens avec des mousquets plutôt qu'avec ies halle^ b*t>de&
Homme d'esprilf et'dfe sëtib; lé cdWiîëf est lé bcàft
B!} ^omiR^s. 171
^4^1 i''^ ÂA^l^s formé paip le» yojégt^. En Tkkast la 'fOj^loefit » et |iaFtku|ièi^l»eiii en séjoiimaQl eu: France^ y- s'e^t dépeuilte d« tDwl0S:fm^ rîdîcuks qui soiit^ pour aîusî dire, mués dans la tête de tous les Aug^si oçimmoîus, U m'a mu rabiattu de la hmte estkniiqu^U ]^L*of<e$a;iit avant- pour, les hoauBes et; Ie« cUo«es« de son ]^S/ A l'exemple dq philosophe cosmopolite,S9namouf ]^ur 9^. patrie ^.'e^t aug^oien^é eu> la ÇQinpiiraatà toutes }mL autrest contrées quîl a visitées^ . ]|f ^ia,, d^^$ we d^cussion ^v cette matièire^ il étiu tfiu}our& le$ cpxiclusîou^ tcaucfapnte$ et les, rapprofcheqReu9 offt^nsaQs poiuc raniour-propce desr éti*augers. l\ ^ 4iJt p0iS>:Tiçlla io^tUatioD anglaise, tel monument an* ||dJ3 ^ou)^ sapéKÎeurjsn à. Uuiiis analogue» eo France. Il commence par convenir qu Vu {France iis. sont Irès*^ beau;(, et se hâte d/ajouter qu'en Angleterre ils sont trèsbeaux ëgalemenU Plus souvent * encore ^, il vjinte le^ uns et les autres isolément , mais il raisonne son admiration en. parlant des, premiers. Quand il arrive aut oBjets de la Grande-Bretagne 4. illaisse éclateruu amour ■iî^profpnd^ qu^^il s'attendrit pjresque autant h.proposdu IbeuiTe de De^po^hite , du fromage de Glosier ^ du b^eff-^ ^ieaK ti du pQudmg^ du comté d'York, qu'à propos de tStaispefUtj^dti toi\ du parlement et du grand jury.
ITn faisant ait^si beaucoup de concessions aux Fran« ^is, iî^ en obtient d'eqx un nombrer encore plus grand, «t, par.rqrbanité fraxiçaîse dont il se, pique lui-même ou ^u il Tait réagir chez lés' au très, Il Cûuttibiiè bien' plus
t7« • ftîORAMA
tàrtmetA à la f^oke de son pays, qà^nne fonle de sei rm»patrioteff qui se . montrent toujours louangeurs nelBsH& de rADgielerre y détracteurs obstinés de la Fnmce*
- GMbme îl est de'jà d'^un âge mur, il n'observe deî modes que ce qu'il eh faut pour se tenir à peu pressai courant du costume national. Mais il est apte à saisii promptement , et à retenir bien pins long-temps que I; mode nen dure, tout ce qui fait quelque allusion à rattachement des Anglais à leur gouvernement ou à leu patrie. Par exemple, il conserve encore; quoique 1 mode en soit paissée depuis long- temps, Thabitud d^atlacher sa chemise avec une épingle en or dont 1 tête représente la couronne impériale d'Angleteirre ave les fleurs-de-!ys et les croix.
Le colonel était accompagné d'un de ses amis, ofEci de marine, réduit à. la demi-solde, depuis la paix de
Le lieutenant Goodandrough est un pbilosopbe i$ l'école de Pope ; c'est-à-dire qu'il est optimiste au fond
et pessimiste dans les formes. Après avoir déclamé contre l'injustice de son gouvernement, ill'aservi de tous ses moyens en cahonnant les flottes françaises, ou coU"tant par son ordre sur des vaisseaux marchands , deux mois avant une déclaration de guerre. Tout en pestant cbaqde jour centre la réduction de st& appointeraens, il en a pris , tranquillement son parti , et est allé vivre en
»E LONDltSS. « t^3
Frâilce, k plufloeiirs reprises, pour y £auire des éconoiiiict •ur sa demi-solde. - '
Satirique autant que finoedeur , il poursuit avec ar* deur les travers de la société et les fautes d« couvernemeat. Et comine le champ est assez vaste à «xplcdter, il y trouve chaque jour texte à de sombreuses dédb^mantious*
■Qu^en ne slmagtne pas que ce besoia de.se Sidicr tienne à un caractère chagrin et œécontait de luimême. A Tinstar de plusieurs autres philosophes :hfox jHnuruHtrui^ et taupes pmir eux-mêmes^ Goodaadi\onj^ est aussi satisfait de lui quHl IVst peu des autres. C^esl probablement en se jugeant par comparaison àcui; ^oHl trouve à placer si souvent son proverbe «iS^yisrl^Âr best; tout est pour le mieux. Il se complaît dans la €m^ bradiction, et est merveilleusement servi, en cela^ pat* bi subtilité de son esprit. Quoique bon dans le fond, il D^a bLIa patience qui accompagne, ordinairement ^ cette qualité, ni celle qui semble i|ne conséquence de sa formule favorite. Les habitudes brusijues que ia pt*o- Cession de marin imprime à la longue au 4?aractèrey ajoutent un ton de bourrasque, tout-à-&it risible, à Tardeur avec laquelle il se défend lui-même, et îSittaque ^s autres.
Par suite de son optimisme, il est énergumène du naturel, et prêche d^exemple et de bouche, pour en prop; r ger le culte. Mais il le comprend à sa manière et donne M& décisions txK ce genre, pour des arrêts dont il ne &iii
l74 DïOXAliA ï
pus ap^ler/Il prétend , p^fr exemple , ^e i4ed ft^é^ plus naturel c^ue de passer sa journée à se proâiejhit " -M plein air ; et eqpendant il apa rotr^ daité iMS voyagei^^^ bien des penptes qui trouvaient beaiicoiip pkls ttàtorct — t de rester tonjours assis cm aceroapfs sêt lifs talcHii^. ~
- La première chose qu'il fit en entf r«^t|t , fot éê tdbii à moi , et dMn^ecter ma cravate : Comment ne roôgÎ! âez-v6uspas, me dit 41, de faire' u» timùâ âuiséi àpfi^Àël CVst tout au plnsisiTa^t avec> lequel tetis àFvcft mA\ «ette partie de votre toilette conviendrait à une- fettime ^ Regardez ma cravate, et vou» terres Feieitipte dunattib — ' jÊtl et de la simplicité !
^ £Ue était simple- effectivement , mais si simple qttttef je suis sur qn'U avait été &mi*hetipe à y introduire 1^0 désordre qui y régnait ; elle était négligemment serrée autour ^du cou par un nœud pks gros que celui A'Vlwê «able d^ancre.
Un moment api^s, il tira sa motitire^ et, frapp«Ét Att pied,ensigned^impatience, « Comment diable, s^éeria'^t^ îl, il est près de six heures, et l^oû n^est pas prêt à diner* On va nous faire rester iei une heure, pendant qu^îl feîf *n temps superbe dehors* Je hais lesmaisons, je rï^fV€fÊd lester que le moins possiblié; et là-dèssus il gagna la( porte et alla se promener à Hyde-Park qui était à'uttl^ démi-lieue dfe diètance^
* tTne ville fille, qur logeait dansnotrtî voisinage, ràtiti atnî le Baron de ïlan, le licencié ^Atnînra et' son amd fe-dt>ctfcur IMiblasoir^ 4crcoioncl et' unr'dàme, qdravâW
|M5i*4uf sdn m^i d^ns les Ind^s, cav Tlnde etifoif ca Afir ^eterrç mjlle fois plu$ àe mwts^ (]Uç 4e i9^1^ «^^ chîs, tels furent, avec les gem$ 4e la i^ai^idii et wm, l|»i «çonviveâ q^l d^sceodûreol dans la $ail^ à «laiQ^^, l#i^ C(a'oi| nous 4çiV avertis qu^ I^ dîner était ^avn* ?
Une table anglaise, lorsque le prendier se^'V4^ y çs( ^1^ Vcstpas, àbeac^CQup près^aMssâchaFi^é^qil^U&eMlible&afïv çaise s^u moment correspondante l.e ceati^ e^ t^vjailfil çccnpé par un enonne poisson, or^iflûr^iaeiit sfumm^ ou turbot , et les cotes ne sont garnis qi|e d^ légMiiieii cuits k Tes^u figurant nos hor^-d'o^avres^ A la fia d^ printemps et au commencement de Tété, ce sont des pje^ {ik$ pois^ 4)es haricots verds, dçs. ^a vêts et des brocoijs ; \ tous les autres teiqp^^ ce spnt des cboux-lleijirs et 4^% Itommes d^ terre«
Le plu^ souveat le; dîner comn^eoce immédiatement l^ar le poisson. Ce jour-là il y avait, par extraordinaire , Un potage. C'était un bouillon très^épais de difFérejitea. glandes et d;^s lequel nageaje^t quj^lques moi^ceau}^ de L«te. de veafi^ Après qu'on nous en eû|t.sei;vi uneass*lelt^ I chf^cun, oi|nous,pa$sji,pc^ur l^sy ipél^rde la menth^ ^ poudre et de$ ccojatons df; paia.^,éalablemeiit U]^ i^m du beurreu
Voyez^vous, me. disait. 1^ colonel , en paraissant sa-^. aourer s pnpp^age; ceci pçut vousdo^Qtr une i4^ ex^i^^te ^ç iM)tre fameuse soupe de r tortue. Qaqiqi;ie«ce,ii'e9 sçift c^^ne lipitation, elle se rapproche» au|ant quepossiblf^ i^« I^c^^l ité^ e( je: doute qwJe^afdiiia^MihM^ifJ!^
176 DIOftAMA
maûgétit de meilleure à ce fameux repas potir leqtie! ils se font faire des ^let^ élastiques, et qui les a fai iamommer docteurs en soupe <le tortue*
Pendant quUi parlait, Âmirao qui avait lâché éclat de rif e, en approchant sa cueillère de sa bouche avait taché son gilet avec la sauce du potage tant vanté et me frappait le genou, pour me faire appercevoi: qu^on ne nous avait pas doùné de serviette. Je lui re présentai que cVtait Tusage aux dîners anglais, et il & décida aloi's à tirer son mouchoir de poche pour e suyer la tache quMl avait eu la maladresse de se fai en mangeant.
Que vous semble de ce saumon? dit le maître de 1^ maison, en s'adressant au baron de Flan. Le doctemsf voyant que celui-ci n^ avait pas con^pris, ne voulut p^ts perdre cette occasion de vanter la chère anglaise ; il se hâta de répondre pour lui: thaf s excellent] That's capi-* Al/, répliqua le colonel.
Look hère, continua- t-il , en s^adressant a Aîmirau.' voilà un échantillon parfait du saumon que nous avons en abondance en Angleterre ; vous avez vu que toutes tes boutiques des poissonniers en sont pleines chaque matin. Les laes des comtés du nord nous en fournissent \ deux saisons de Tannée une quantité prodigieuse. ^
11 y aune chose qui m'étonne encore plus que leur grosseur et leur abondance, ajouta le docteur, c'est l'excellent goût que les cuisiniers anglais savent leur don* neravec une préparation si simple. En £ffét, ee^poisson^
b£ LONDRES. :t7^
f ^OjQt bbliiieineût été bouilli à Teau pure...: lÀ-*detou9 Saisît sa fourchette, et prit ^ coup sur coup, deux ù% ^^Is bouchées du saumou qu^il avait dans son asàettc^. Il tk^y a qu^une petite difficulté qui m^arrele ayant 4 ^appuyer la conclusion de Dublason, dit le licencié ^près une pause ; c^est là multiplicité dés sauces et d0 ^ondimens dont je vois que tout le monde assaisonne k$ ^ets si simplement apprêtés! Vous accusez Us .Français de défigurer les mets par la manièi*e. compliquée dont ils les accommodent; que faites-vous autre chose- em Enèlant au poissen.du beurre fondu, de la sau(re aux hui- Lres, du scyr et du jus d^anchois ? aux rôtis dé viande^ des :^houx-fleurs, des pommes de terre, du raifort sauvage , à^, poivre de Gayenne^ deux où trois espèces de sauces et cette profusion dé pickles^ (i) dont vous étés si friands? La seule différence que je trouve entre la méthode anglaise et là française, cf^èst que chez nous le mélange lest fait par une main exercée à calculer exactement les j>roportîoris respectives 4es ingrédiens, tandis que cha-* «un est obligé de lé faire avec des tàtonnemens interminables; et ensuite lorsqu'on porte le mets à la touche,' on le trouve froid et quelquefois assaisonné Wl^une manière si barroque qu'il est impossible de le -^ânger^
(i) Picklè est le nom i^ncriqùe dé toutes les coAfitutes an tîziftîgrc-^ ^'^Ànglaîs en ont ^res4|ae vààxa^ ^'espèce! .que de sm^esi
\fi^B DIORAHi
' Vous êtes esclave de vos habitudes premières , hm tépOâdit If docteur ; si vptis pouviez les oul)ller un mO'ment, tous verriez que la méthode que vous critiquées a l'bnfmense avantage de laisser k chacun la libertf de mêler aux •mets qn^on lui sert^ tels assaisonne— iiîens, et en telle quantité quMl lui plaît , et ipAat is stâÀ ieiierj de conserver aux viandes, au poisson et aua végétaux leur physionomie et leur goût primitif. Aq lieu que dsns un ragoût français, vous ne save^ ce que ^èusmangtz; touts'j trouve dans un déguisement telqii.ë le plus habile natorsAiste n'y pourrait rien reconnaître.
' VU teU ym whaiy geBÛemen , dit k colonel pour ttettre la paix entre lc|s deux plaideurs *> w^ musi cmfosf ikai, plusieurs des ragoûts français, an vajrgood^ veij goodittâeid^ bui^ les sauces et l^pkkU^ d'A^glet)erre> M
A ce momeat , Toii app^a le second service, qui ^ €om)[>osait d'ua nouvel as«Qrtûnen(t de légumes également [ cuits à Teau et d'un gigot de pdpMtqa bouilli. Je ne $ai$ [ quel est le procédé p^rlH^uli^r qu'on emploie pour b| préparation de cette viande ; ms\is j(f dçis avouer qu'< a une recette excc^lleitfe pour ^ cuire ^ pf opqs et la rendre extrêmefsent ^gré^bk ^ gq^t.
Les gigots bouillis que j'ai mangés en Angletei m'ont paru de meilleur goût que les gigots rôtis )^aî mangés en France ; à plus forte raison ai je ^e satisfait de (a mamiçr^ d.QRt oq rôtit le$ viai Kous eûmesy a]^ès le gigot, une pièce de ra$li
^^tïi la préparation aurait fait à Paris la rëputafloa ^ Un cuisinier ; mais Ton m^assura que toutes les ser^ ^^Utes de Londres étaient capables de faire , chaque l^ur, ce chef-d'œuvre.
Quelques demi-savans de Paris, quelques personne» ^ui n^ont vu FÂngleterre que des côtes de Picardie , ^ec une lunette d^approche, ont accusé le réli ai^glai» de n^eU*e cuit qn^à demi .; c^est une erreur. Il n^est pas )aîgnaBt, il n^est pas desséché comme il Test trop sou^ i^nt en France, il a juste cette proportion de cuisson |a^îl faut pour réunir beaucoup de saveur à beaucoup )e tendreté. La supériorité que les cuisiniers anglais ont ians la cuisson du rôti, me paraît tenft* à deux circons'* ances. principales; la première est la manière dont lar âande est exposée au feu.
£lle se cuit réellement dans un fourneau de rêver- ;>ère. On Texpose devant la cheminée, dans un cylindre le fer-blanc. Le haut de ce cylindre est voûté et porte ane machine qui se monte comme un tourne -broche, et :jui fait tourner lentement la pièce qui y est suspendue. Un tiers de la paroi du cylindi^e manque dans foute sa lenteur , et c^est par cette partie que le feu pénétre dedans.
La deuxième carconstance est la nature du feu. Le
charbon de terre ne flambe jamais ; sa chaleur tst trèff«
fprte; mais eUe est égale et se soutient lohg^emps^ âans^
qa'il soit nécessaire d'attiser le feu , toutes choses qur
introduisent des intermxiteiices et des saccades dans les
rSo DIORAMA
^jegres dt chaleur que.la Ttatide reçoit lofsqu^on la coH avec du bois et dans nos chexniaées ordinaires. L Le bacon, qui n'avait pas perdu un coup de dent pendant que ses camarades se livraient à des disserU-*^ t^pfls sur la prééminence respective de Tart culinaire français et britannique , avait achevé son rosibeef et rendu son assiette au domestique^ tandis que nous avions à peine entamé les portions qu^on nous avait servies. Tout-à-coup nous le vîmes tressaillir et relever la tête, avecTair inquiet d'un chien de chasse qui vieot de recevoir une alerte! On frappe à la porte, dit-il, en jeltant sur son assiette propre le nouvel assortiment de couteaux et de fourchettes qu^on venait de lui donner, car en Angleterre ces deux instrnmens sont > change» aussi souvent que les assiettes.
On a frappé ! £t c'est quel^ju^un qui vient ici pour diner; car, il à frappé à tour de bras. Mais, continua^ t-tl , en caressant avec sa maia son ventre qui foimait déjà une saillie très-sensible, onpent venirà présent sans danger pour nous !
Un moment après la porte s^oùvrît, et nous vîmes paraître Goodandrough , qui, également fâché contre les convives, pour le retard qu'on avait mis d'abord à se mettre à table, et pour la précipitation avec laquelle on avait conunejicé le repas ^ aussitôt qu'il avait étir*' parti, enrageait, maintenant, à la pensée de galopper^ un dîner froid et incomplet ! .
Tout le monde se dérangea pour faire place à
BE lôSdrës. %^i
pCr^nne, cl aux plats déjà desservis qu'il fallnl ëtalei* de nouveau devant lui; il mangea avec ravidité d^un c)iassetir> et la promptitude d'un marin; et, selon que le mets dont il se servait un morceau lui piuraissaU bob on mauvais, il accompagnait chaque coup de madboîre d'une malédiction, ou d'un ail for ihê b^st^ tout va le mieux du monde, comme l'optimiste Candide.
Lé colonel , confus des procédés de son ami et corn-* patriote, donna le change à Tattention générale, ea faisant un éloge pompeux d'tin plum-pudding ^ él d'une tourte aux groseilles à maquereau (i), qui furent servis immédiatement ajirès le rostbeef. Les cpithètes lés jplus louangeuses furent prodiguées, tour-à-tour, aux deux pièces dé pâtisserie , et , comme de raison , le docteur renchérit encore sur lui, en les vantant- de plttS Joëlle. i
le dessert ne fut pas brillant en fruits; il n'y eut gr^ère que des oranges et des noisettes qu'on servît oans de petites corbeilles tressées; mais, en revanche^ *' y eut abondance de fromages jaunes; car, tous les fromages sont de cette couleur en Angleterre , de radis ïïouveaux et de salade fortement épicée , deux plats que *^s Anglais servent au dessert et mangent avec le fro*
(>) Oa fait an trèt-grand cas en AngleteiTe de la grosetllc h ifia^iec*u ; cela proQte peu pour les autres fiçuîts ^u*on récolte dans ce pays.
)[^9 I^IORAMA
|)3dge (i); là nappe s^eniève toujours aprè$ le dernier service V et le dessert est servi à nu sur la table.
Mais cette table nue est encore nn meuble de luxe dont on peut faire parade , aussi bien que des plus fini tissas de la Frise, de TEcosse ou deTIrlande. Elle est o^ idinairement faite de bois -d^âcajou. Le dessert ^tant presqu'entièrement comi^mi de mets qui sont fort pri- Ms 4^^ buveurs , parce quUls epcciten( à boire , el, font trouver le vin meilleur i nous ne nous fîmes pas prier pour, porter les santés du ;naitre de la maison, de si 49tt^e,:e<t de celles qui étaient np^ convives; de leur coté, lojus. ces' personnages répondirent vaillamment à ooi fqi^iSy J^e colonel fut le seul qui ne fêta pas les flaconi 4e cristal ciselé , dan^ lesquels on sert le Porto, leMa^ dère^et le Schçry, Il avait gagné des douleurs rhumalis^ maies en bivouaquant sur le sol humide de TÂngletérrcd pendanVqpe, dégarnie de troupes par les guerres de U Péninsule, elle n'avait pour son service intérieur quç les milices mobilisées; et, depuis ce temps, il ne buvait que de l'eau par ordonnance des médecins.
Il se dédommagea de son abstinence , en nous inci-^ tant àrenouveler les toasts. Les autres Anglais burent bien, mais pourtani sans excès, soit pendant quel
tm^tmtimm^m^mmim^mmm^rmmmma^Êtmi^m^mtmmÊtmm^^^^mmiimÊÊtmÊ^a^t^mÊim0i*»mmmmrm
BE LONDKE5: Itî
^%!ine8 flirent à table y soit après «jn^ellei y rareot Xmsà •^% hommiBS seuli, coihitie cela se pratique tôttjêocr ^près le tepas.
Eti AnèletctTé, il «t eftèûr^ 4c îién t»hdè bdltt^ mais la mode de se ^iser commence à passer âè|itfiif que la paix a mis les vins de luxe à la portée des for« tunes moyennes.
Certes , si le colonel éprouva un moment de tribuTation, en craignant que les procédés de son ami TofBcier de marine ne nous donnassent mauvaise opinion de la politesse anglaise , il dut trouver des compensations ^ suffisantes dans la haute estime que tous ses convives français montrèrent pour les usages britanniques , en s^y conformant de point en point durant le repas. ^
Il fut charmé de voir le baron de Flan, soit immédîateaient après le premier service, soit au dessert, porter la ^nté de la vieille fille qui était assise à côté de lui, et [^ela aussi souvent et d^un aîr aussi gracieux que s^il sût bu à une jeune personne belle et appétissante.
Ce fut avec satisfaction qu^il entendit Âmirau désigner , par un euphémisme , certain lieu auquel les Anglais ont rhabitude de faire une visite immédiatement siprès \t repas ; il fut enchanté de voir le docteur mander avec délices de la tarte de groseilles à maquereau ^uUl avait vantée. Mais quand il me vit me récrier sur J>^£xcellence du plum-pudding ^ et en redemander jusqu^à
t S4 ' DÏORAMA T
trois reprisés, ii éprouva un tel attendrissement, ^n\ ^érît^ je croîs qp^il se serait levé .de sa place pioi^K?; venir m^embrasser, sMl n'eût été retenu. par la répa.--.; (jnance qu'pfitl^s .^i^glais ppur les. embras^efpi
Ik
DE LONDRKS, l83
mMV¥UV¥v*o/v v vy*n m nifi¥*ivvytMvyti^yyyvv¥VYVf'Vvv*iv*ivt^%n/v^