‹ Diorama de Londres; ou, Tableau des moeurs britanniques en mil huit cent vingt-deuxChapitre 15 sur 38 · DE LA LIBERTÉ EN ANGLETERRE · texte numérisé non relu

DE LA LIBERTÉ EN ANGLETERRE

How shall he kecp what sieepîog or awake A weaker may surprise, a stronger take 2 Hîs safctj must hîs liberty restraîn ; Ali joîrr to guard what cach désires t« gain. Fbrced into vîrluc thcn by self defcace, IHven Icings learned justice and bencvolcnce ; Self love fursook thc path, it first pursucd ; And found the privatc interest in tfa« public good«

P0PE*S Essayonman,

« Si les Anglais y me disait un joar Amirau , ont Dutenu plusieurs guerres civiles et étrangères , s^ils ont enversé plusieurs fols le trône de leurs rois en pouraivant la liberté , il faut convenir qu^ils n^ont perda lÎ leur tems ni leur peine ; car d'une part ils ont ôté u gouvernement presque tous les moyens d'oppresion , et de Tautre ils «nt assuré aux particuliers un ntier exercice des droits de Thomme et du citoyen.

« Immédiatement après Texpulsion des Stuarts, quel* ^ues hommes craintifs purent dire avec une apparence le raison, comme on le dit encore dans beaucoup Vautres pays, que Textréme liberté compromettait Texistence du gouvernement , et par suite celle des nations eÙes-mémes.

«Mais aujourd'hui qu'un siècle s^est écoulé depuis que le trône est ferme, et que la nation jouit d'une prospérité toujours croissante, il est permis de croire nonseulement que les peuples sont dignes de la liberté, mais encore que , malgré la turbulence inséparable de son exercice, elle contribue puissamment à TafFermisseinent et à la puissance des gouvememens. »

Celui de la Grande-Bretagne doit , d'après ce principe, être le plus fort de toute la terre, car il n^en existe certainement aucun autre où le peuple jouisse d'une aussi grande liberté.

Tout le monde connaît la manière dont sont faites les élections pour la Chambre des communes ; on sait com^ bien il faut payer pour être électeur; et par conséquent quelle immense quantité de peuple a Je droit de se réunir sur les places publiques pour y traiter des ma-» tières politiques.

Les candidats de l'opposition et leurs partisans ont toutes les facilités possibles pour se recruter des voix; et pour parvenir plus sûrement k ce but ils s'avancent vers les hnsiings ^vec des dràpe£(lix particuliers et desbanières portiant les insignes et les couleurs de leur opînîoB.'

Ce cortège n'est rien auprès du triomphe dont leur parti leur fait les honneurs lorsqu'ils parviennent à l'emporter sur leurs rivaux ministériels. Habbouse et sir Francis Burdett , après leurs nominations furent promenés dans des chars magnifiquement décorés , et traînés par six chevaux ; une cavalcade nombreuse et ïïB

DE LOMDflES; â^l

dfps dé musiciens Us escortèrent pattont sur lent pas^» ^^t ; le$ maisons étaient pavoisées de drapeaux et de guirlandes de fleurs , avec des devises et des emblèmes f^latifs à la liberté et à la réforme parlementaire»

*Ge n'est pas seulement k Tépôqu* des élections ^ue le peuple a le droit de s^assembler pour prononcer on entendre des harangues sur des matières politiques. Une demande signée d'un certain nombre d^individus suffit oiir que les magistrats convoquent une assemblée danft «quelle on a le droit d'agiter les mêmes questions î et e voter des» adresses au roi ou ^u parlement. £n outrée ^utesles tavernes où il se donoç quelque grand dîner; ^ Vîtes les associations ^ de quelque nature qu'elles ^ieat; deviennent, à de certains mom^ns^ de véritables ' Vibs, parce qu'on y prononce des discours tendant à laminer la conduite des ministres, à censmrer le gou^ ornement, et qu'on y vote des adresses ou des péti<^

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Quand les ràssemblemens populaires prennent trà cà^ ^^ctère séditieux , c'est toujours par les thagistrats civils tjue le gouvernement leur intime l'ordre de se dis^ l^oudre ; il faut qu'on ait lu trois fois , et à des reprises aissez éloignées Tune^de l'autre, l'acte de rébellion | avant qu'on ait le droit de faire intervenir la forc^ dkrfnée. Dans quelques cas ogiéine les autorités ont montré tkfkc longanimité qui prouve combien le goqverneiqeiil |ï^ inquiète peu des désordres quei'extrémé liberté «a* jtraîne avec elle.

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Dorant le proèès de la reifie , le fiesple mécontent ^ iSMitorité^ et des soldats qui étaient de garde dans Is kyar ^ se porta vers cette eîudelie et Tattaqua avec toutta les armes qo^il trouva sous sa main.

Comme les fossis de la tour ne sont pas très-largiss, oa assaillit d abord à coep de piert*es les sentinelles qui étaient sur le retnpai^t; bientôt on se procura \m ptit itanon , des fusils et des pistolets , et l'^on commença un fini ^ui dura asséd IdngHl^m^^

Il semblait à la masse du peuple qui était ktis^iûblée sur les terrasses qui énvaronnéAt la tooi", que rinsnmo lion eût le mé)^ caractèt^ et dât avoir la même fin que celte qai dans «ne autre capitale se forma autour d'une ^son ^meuse. Gepeiidant , malgré t'ous ces aetes d'hostilité, la |^r4e de la totur ne tipostii point au (ea des assaillins ; c'est teiUtaa plus si elle aurait repoussé la force jpar la fon-e efn^ voyant escàladeir les remparts ^t commencer un assaut régulier !

Alayérîté, le peuple a dans la cité des privilèges imt il ne jouit pas partout ailleurs. Xa force armée se pouvait pas poursuivre bten loila les assiégeons , puisque aucun soldat n'a le droit d^îiïlrer en armeé dans Tenceinte de la ville ^ et la tour se trouve placé* piréciséiiient sur ia limite orientale.

¥mt dissiper les révoltés il faHut dépendant vidlèlr le «privilège ; le lord maire pétrit riiitl'oduction d^ traupes ; l«iais cet acte dpnm \mi à nn^ ènqutîie ëétèrl contre lui lorsqu'il cessa ses fonctions.

bË toîrttftËà; mf

ti^oii fit si jalonx dans la cité dû pt'ivîl^ge dé hé laisser entrer aucun hotâmé armé , ^û^m jow tîh ât-* Ironpement se forma aatoar de la voîttire d^tin âmbàs^ sadeur ëlrangcr , parce que le peuple prît pôtll- lit! sol** dat, nn chasseur habillé de vcrd, portant plumes de co<J et couteau de chasse. Uexcellence iiVtâit pas dans 1^ voiture ; il n'y avait que sa dame qui allait achcîtti* un dsichemire ^ntis un magasiii renommé du Voisinage ûé Saînt-Paul.

Elle pensa d^atord qtie c^Aail imè iniquité tfit W peuplé anglais voulait faire à k haf ioh que son hiari i^aprésentait; sa colère en fut si forte, que nrêtiié brs^ii-^îè fut délrompfc, éit entendant le peuple întînier an dtixé^ 6em Folnire de jeter son sabre , elle aima niieiiù «fllëf acheter uii cachemire chez un marchand moins célèbréV et au Ifeu dé cètnmândér au dias$ëiir d^obétr au peu^e ^ elle ordonna à soti cocher tic rëbrouéscr chefttn^

La liberté de là presse , qui éàt la saute-gàt*dé àë toutes lés aiîftres libertés, va Sà loin en Angktcrre, qii^oôl peut dire réellement qu'elle y est poussée jusqu'à là & éenèe.Les joorMùxde Toppositîoto sont remplis chaque jtJur deà diatribes les plu* virulentes contre leis tiiéitibrei en ministère ; et ceux du ministère la sm^iâs^éiit eticodt far le cynisme avec lequel ils traitent Poppositiôni

Chaque jour'tl pléut des pamphlets dans lesqueU \ti fnatières politiques et \ei oscillations de là tactique mt-i* Àistértelle sont discutées avec une hardiesse étômàititier*

0b ta jusqu'à faire deià libelles contré le rôi; 4>â fàt^

aaS JXIOEAMA

laïque autant pour la part qaW prend au gouvernement;

que pour des particularités de sa yie privée.

On le raille pour son goût pour la toilette et la représentation ; on donne la biographie de plusieurs femmes qu^on prétend avoir été ou être encore ses mai- |i;esses.

. A la vérité, itout cela se fait sous le voile d^une allégorie; mai$ si rallégorie n^ était pas. assez clêire pour le lecteur, les caricatures dont on a le soin d^accompagner LVcrIt (indiqueraient assez clairement de quoi il s^àgit, car tjAus les portraits y sont d^une ressemblance frappante.' ;^ Le. crayon est aussi licencieux que la pliime ; les personnages les plus élevés, les ministres, tout est sacrifié ^fm pHié au gouJt que les Anglais ont pour la satire.' ■ ^ . . . : ...

On pjeut bie^ con^eyoîc d'après l'audace avec laquelle les Angjiais traitent leurs compatnotes et leurs gouverpiin§ immédiat^ , qu'ils n'épargnent guère les ridicules ^es peuples , des souverains et des gouvememens étran-: gers.

. Mais, de toutes les libertés, celle qui est poussée le plus loin en Angleterre est la liberté individuelle; là (put ce qui n'est pas défendu par la loi est réellement permis. Aucune entrave n'est mise à la circulation des citoyens dans toutes les parties -du royaume uni ; s'ils sont obligés jit prendre des passeports quand ils en sortent, ce n'est que pour se soumettre aux lois des fi^tre^pajs vers lesquels ils vont» Tant qu'ils, deuxea^

Tenl dans les îles britaniques ils peuvent aller partout f séjourner partout où bon leur semble , sans être assujélîs à aucune formalité de passeport, de visa, de permis de séjour, de dé^*Iaration de domicile , etc.

Le génie frondeur des Anglais a profilé quelquefois d'une manière très - singulière de^cette facilité de faire tout ce qui n'était pas positivement défendu par la loi. Le dernier duc de Devonshîre, voulant tourner en ridicule certain impôt qu'on avait mis sur la poudre , s'avisa d'acheter une douzaine de chiens caniches et de se promener chaque jour avec eux , après les avoir fait poudrer depuis la tête jusqu'à la queue; et quand le ' tems de payer la taxe arriva , il envoya son intendant chez le receveur, avec la somme nécessaire pour acquitter les contributions de ses chiens. Cette farce mît d'abord à la mode la coiffure dite eii oreilk de chien; mais bientôt elle fit abandonner la poudre, et le nombre des têtes poudrées devint si borné , que l'on fut obligé d'abroger la loi.

Un directeur de /)/2/ry'-/tf/7f, sachant qu'aucune loi ne défendait de faire des allusions injurieuses aux premiers personnages de l'état, dans les pièces de théâtre, jugea à propos, pendant que le roi était à Dublin, dé faire jouer un poème intitulé don Juan en Irlande. On avait auparavant joué don Juan en Espagne , don Juan à Paris , don Juan à Londres, et partout il avait déployé les qualités dont son premier père l'a si amplement doté.

Dails s^$ visites à Dublin , don Juan était pire qua

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partout ailleurs ; ses vices étaient devenus plus nom^ breûx, et leur âge plus avancé y avait ajouté je ne sais Guoi de plus hideux. Sa fatuité était plus ridicule paF« ce que ses formes trahissaient sa vieillesse en dépit d lui. Sa concupiscence et ses habitudes de séductio étaient plus dégoûtantes , puisqu'il nVn pouvait guèr profiter qu'en idée ..."

Quelques personnes^qui crurent voir dws ce portrai vne allusion au grand personnage qui alors était absent ^e soiiyhirent qu'aucune loi ne défendait de siffler; e comme malgré cet avertissement, les représentations de 1 pièce ne furent pas interrompues, on vint en force , o brisa les banquettes, on assaillit Torchestre et le théâtre pn fit baisser la toile, le lendemain le directeur fit insère dans les journaux une apologie de sa conduite, protest ^e la pureté de ses intentions , en déclarant qu'il n'avai pas vu dans la piçce les allusions qu'on y avait voul trouve?» ; que néanmoins puisqu'elle avait eu le malheûi 4e déplaire , elle ift serait plus rejouée.

Un autre événement de ce genre dont Covent-GarJeaîut |e théâtre , niontre encore mieux jusqu'à quel point lo public poussa l'ardeqr Eleuiérephikn

Pendant \m temps de disette, où, par parenthèse, le parlement avait passé un bill pour augmenter le prix des courses des fiacres, en proportion de la cherté du foin et ^e Ta^oine, le directeur de Covent-Garden, s'imagina ^'il devait aussi élever le prix des places de soq théâtre , en proporûgm des augmentation^ qui sç faisaient

DE LOKD1E5. aSl

jftUT les autres objets de coDSQm»9tioii journalière.

Le public de Loadres, qui soqs ce rapport r esaemble yn peu à celui de Rome, avait luurimirë pour Tauginen* taliqn du panem^ mais il ne voulut paa awl&ir qu^on élevât celui des Crceneês.

Il se porta en foule à Covent-Gardên ; et pendant plusieurs soirées consécutives , un charivari infernal de sifflets, de sonnettes, de cornets à bouquin, de gros sous qu^on ballotait dans des pintes de marchand de vins , interrompirent la représentation et iireat baisser la toile.

Cétait un peu contrariant pour les comédiens , ipais comme ces messieurs sont généralement faits au brui| , et que d'ailleurs leur directeur ne trouvait pas qu^on achetât trop cher a ce prix les recettes énormes qu^on faisait tous les soirs, autant par Taugmenlation du prix des places , que par celle de la foule qui se portait au théâtre , il laissait aller les choses dans le même état , sans songer à y porter remède.

Le public fut moins patient que lut ; après avoir interrompu les représentations, il assaillit le théâtre; et comme on avait remarqué que certains claqueurs à gagés avaient organisé une espèce d'opposition à ses attaques, les partisans du bon marché s'entendirent entr*eux pour mettre c erlaîniss cocardes à leurs chapeaux, et certains rubans à leurs boutennières. Bient^ même ils eurent des drapeaux et des guidoDS qu!ils déployèrent au milieu du parterre poiur leur serw de poîotf de ralliement.

U3z '■ DIORAtoA

Enfin ils lirisèrent si souvent les înstrumcns de Torcbestre , les quinquets de la rampe , et les bancs du parterre ; ils déchirèrent tant de toiles , assommèrent tant d^acteurs et de claqueurs , qu'on fut obligé d'obtempérer à leur demande, en remettant le prix des places 5ur Tancien pied.

On se souvient encore à Londres , et quelques journaux de Paris en ont reparlé à propos de Taccueil fait à la troupe de M. Penley, de la manière énergique dont le public protesta en 1776, contre rétablissement d'où tbéàlre français.

Outre les moyens ordinaires d'opposition , îl eut rcifours à un autre , qui certes aurait bien rendu les premiers superflus , si on l'eût employé d'abord ; il traita la maison dans laquelle les acteurs de Paris avaient joué, comme les ennemis de Babylone traitèrent jadis cette impure citée, après s'en être emparés : il n'y laissa pas pierre sur pierre !

A cela près des actions, la liberté est aussi grande 0u parlement qu'elle l'est au théâtre et sur les places pii: bliques ; tout le monde connaît la hai^diesse des discours qui sont journellement prononcés à AVestmiuster par certaips membres de la Chambre des Communes^

Ixs débats du procès de la reine prouvèrent que dans la Chambre Haute , ces orateurs avaient d€ dignes rivaux. Si j'avais été archevêque de Cantorbéry, disait le comtç de Grosvenor, et que le roi m'eût ordonné de

f «pprîmer de la liturgie le nom de la Reine , j'aurais déchiré l'évangile en sa présence, et j'aurais résigné mon archevêché. Si j'avais été chancelier , et que le roi m'eût ordonné de signer sa mise en accusation, j'aurais arraché ma perruque, et j'aurais foulé aux pieds les sceaux de l'état.

Malgré cette diatribe., lord Grosvenor alla faire sa cour au roi au premier lever qu'il tint; et l'on ne dit pas qu'il ait été plus mal accueilli que beaucoup de pairs qui s'étaient obstinés à soutenir que sa majesté avait été trompée par son épouse.

' En Angleterre, l'on a une telle habitude de la turbulence parlementaire, qu'une fois hors de la Chambre , l'on ne tient aucun compte de ce qui s'y est dit, comme les avocats de province qui vont trinquer à la même buvette» après s'être bien disputés au Palais, ou les journalistes, qui après s'être injuriés le matin , vont le soir dîner en-, semble chez le même restaurateur.

On comprendra facilement d'après l'extrême liberté dont les individus jouissent , que les moyens de répression, et, à plus forte raison, ceux de prévention des délits sont infiniment bornés.

Le gouvernement et la magistrature n'ont pas en Angleterre cette nuée d'agens , intéressés à trouver des coupables , et qui doivent par conséquent en créer, lorsqu'ils n'en peuvent pas surprendre. Ils n'ont pas non plus cette foule de privilèges aussi attentatoires à la liberté individuelle qu'au droit de propriété.

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La police n^a point de gemlannes , et n^a qu^un petit nombre d^agens sans livrée : les ruea de Londresne sont gardées qae par quelques centaines de watck— men, presque tous très-vieux^ et n'ajapt d'autres qo'un bâton.

Un peu hors de la ville , le bureau de Baçp Sireeê^ encore quelques \9aUhnen à cheval qui n^out pour arme^ apparentes qu^un parapluie suspendu à un largie eeifvturon de cuir.

Cette négligence dans la garde des marsons et des citoyens encourage la hardiesse des voleurs; mais les- Anglais aiment mieux être un peu plus eicposés à être volés, et avoir moins de surveillans incommodes. « Nous • préférons nous garder nous-méme, disent-ils: au lien « d Vtre une garantie pour notre sweté, la vermine de la « police, est le pips actif destructeur de la liberté; encore ce est-ce une vermine fort chère? Eh ! ma foi, rançonné i< pour rançonné, il vaut mieux Tètre parles fripons sur « lesquels on a le droit de décharger ses pistolets, »

La garantie des créances (i), se ressent du rea-

(i) La liberté est poussée à un tel point pour le coiQintrce y, ^e dans presque toutes les rues on Toît une foule de maisons où i*on prAte sur l^agies. |jes directeurs de ces maisons, loin de c];icr<^er.à cacher an public le genre d*jndustne c|u*îls exercent, font au contraire tout leur possible ^ur attirer ses regards \ leurs boutiques ont un étfUage plus consif^é- «ablc eC plus varié que celui de tous les marchands de curiosités du tpw MiaU^uais, XU ae pr«nncj»^ j^af if peine de rocourlt i quel^uQ «uphl^

peci extrême que Ton a pour le droit de propriété , quelque soit le rang du débiteur, le créancier peut toujours Tatteindre ou dans sa personne ou dans les meubles ou immeubles à lui appartenant. Uon sHn* quiète si peu de violer les bienséances à ce sujet , que plus d'iin officier a été arrêté à la parade , pendant quMl avait Tépée à la main , et (ju^il faisait matiqpuvi'er ses fioljats.

C^e$t une chose généralement reconnue parmi Ber^ €kut et le Barbichon de Londres , que la parade est le iseul endroit où ils sont sûrs de rencontrer les dandys qui font che? eux des comptes à perte de vue.

Ces messieurs ne sortent jamais qu^après le soleil couché , et pendant qu'ils sont dans leur appartement , ils ont le droit de rosser les visiteurs qui leur déplaisent ; les tailleurs prennent donc le parti de se faire accom-* pagner à Saint James Park, par quelqqes huissiers qui appréhendent au corps le débiteur en habit rouge ^ remballent dans un fiacre , et vont le consigner dans quelque prison , jusqu'à ce qu'il lui plaise de s'acquitter ' envers ses créauciers.

«iMme pour U rédaction de leur enseigne ; partout elle est conçue dans \ts mênies termes : aux trois koales ; un tel, biocaiitciir, prête sur gages, Dieii sait i combien pour cent ils prêtent, car ils n'avancent {araais ^e le sixième ou le cinquième de la valeur des objets reçus, et si au bout 4*an an le propriétaire n'a fU pu lea fctlrCTi U p«r4 ^W *m droits ^e ^oyriéltf.

J236 DIOftAMA

Vîs'-à-vîs des pairs, et à plus forte raison, vîs-a-vîs les princes de la famille royale , dont la personne est inviolable , on n^a pas la même f:tcuUé ; mais on peut presqu^anssi aisément se donner des garanties de la dclle.

Les journaux qui rendirent compte du lever que le roi tînt à Foccasion de la Saint-George ^ racontèrent aussi que la voiture et les chevaux du duc d'York avaient été saisis au moment où le prince venait d'entrer àziXïs BukwghamHouse^ L'équipage était magnifique et avait été préparé exprès pour la fête. Au moment où il tournait, après avoir déposé son maître devant la principale porte du palais, le cocher fut fort étonné d'entendre un quidam qui s'y était introduit furtivement , lui intimer l'ordre de le conduire au greffe de tel tribunal et lui montrer son bâton de constable , en déclarant que l'équipage était saisi au nom de la loi !

Le droit de visite domicilîère est extrêmement restreînt. On en use très -rarement ; encore même les magistrats ne peuvent pénétrer dans une maison qu'avec des formalités extrêmement compliquées , et toutes dans l'intérêt du propriétaire. L'oubli de la moindre de ces formalités donnerait le droit de repousser par la force Jes agens de l'autorité ; ils ne s'y hasardent jamais, car presque toutes les maisons anglaises sont cap'ables de soutenir un siège.

On ne fi^it pas une métaphore, quand on dit que le lieu du domicile est la forteresse du citoyen anglais*

Tout le inonde a le droit d'avoir deâ armes ; et les personnes qui exercent les professions dans lesquelles on est obligé d^étaler les objets les plus capables ^e tenter la cupidité , tels que des bijoux , du numéraire ou des billets de banque, ont toujours dans rappârtement où ces objets sont étalés un certain nombre de^pistoleis et de tromblons à bayènnette ; leur vue forme un correctif salutaire à la tentation qu'inspirent les richesses.

^ D'ailleurs 9 ï la moindre alerte , chaque commis se trouverait à même d^airêter le voleur ou de le tenir en respect.

' £n entrant chez un orfèvre ou chez un banquier , et portant tour à tour ses regards sur les richesses et sur les armes qui y sont simultanément étalées , un étranger pourrait se croire dans un des appartemens du dernier pacha de l'Epîre.

' Pour la conservation des fruits de la teixe , et en général pour la protection de toutes les propriétés un peu éloignées des villes , on prend des précautions encore plus grandes et plus terribles sans doute , car les armes dont on se sert peuvent atteindre également les individus qui sont amenés par là malveillance, par la curiosité oui par le hasard.

Dans tous les jardins qui se trouvent le long des grandes routes, il y a près des haies ou des mursr qui les ferment , des traquenards ou des fusils à ressort, ^posés de manière à casser les jambes de quic onqut

a38 DÎOKAftfA

s^en approche, ou à lui traverser la poitrine cle plusieuri coups de feu.

J^avoue qù^ici la liberté m^a pam poussée un pea trop loin t on me dira que des écriteaux en grosses lettres signalent partout la présence de ces redoutables machines, et avertissent le maraudeur des dangers auxquels il s^expose. Mais , en Angleterre , comme partout ailleurs, les voleurs sont souvent illitérés, ou font leurs expéditions petidant la nuit. D^ ailleurs des gens qui ne sont pas voleurs de profession et qui ne savent pas lire, peuvent être pressés par la faim, it s^approcher d^un arbre ou d'un légume qui tente learâ yeux. Certes, on conviendra qu^étre rompu ou fusiBé^ est une punition un peu sévère pour avdir essayé à voler un abricot, une pomme ou un chou !

Cest bien plus , c'est que les gens les plus honnête et qui professent le plus grand respect pour le bie d'autrui, peuvent se trouver victimes de Finventioa^ meurtrière aussi bien que les voleurs.

Combien de fois n'arrîve*t-îl pas aux voyageurs ou^ aux promeneurs de chercher des chemins de traverse, ea^ franchissant les haies et les petites murailles? En outre,^^ est-il impossible que les diligeuces anglaises, qui vont si rapidement, et qui, en conséquence de leur prodigieuse hauteur, ont un balancement si actif, lancent quelque^* fois les voyageurs placés sur Tiiupériale par dessus le» . murs ou les baies quil)ordent les routes anglaises?

S^ils ne sont pas écrasés en tombant du haut de la

DE LONDRES. It^g

voiiore , lis courent la chance d'avoir les cotes brisées ou les jambes cassées , au premier effort qu'ils feront ]pour se relever.

Cette pensée m'a fait frémir plus d'une fois, lorsque placé mitside d'un stage coach^ qui rasait les boi^s d'une roule étroite, je lisais sur les écriteaux qui les surmontaient y le terrible : beçeare of maa tiiaps im spriaj

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