‹ Diorama de Londres; ou, Tableau des moeurs britanniques en mil huit cent vingt-deuxChapitre 16 sur 38 · DE L'INEGALITE · texte numérisé non relu

DE L'INEGALITE

Si la noblesse est vertu , elle se perd pa# tout ce qui n*est pas vertueux ; si elle n^esc pas vertu, c^cst peu de chose.

LabrutÈRC.

Malo pàter sit tîbi Tfaersîtes.

Quiim te Thersitc similem producat Acbîllc

JUYENAL.

Si la liberté est plus grande en Angleterre qu e France, nous allons voir quHl n^en est pas de même d ^ Tëgalité.

C*est celle-ci surtout que la révolution française s poursuivie et obtenue. Pour obtenir le même résultat t laf réforme est encore à faire dans les royaumes unis; ce n'est' pas que l'égalité n'y existe jusqu'à un certain point; ne fût-ce que celle qui est la conséquence d'une liberté extrême, elle est encore assez grande dans tous les rap? ports que les citoyens peuvent avoir avec la loi. Mais comme les privilèges de certaines classes sont encore debout^ comme un très-grand nombre de coutumes de

là fébdâlité subsistent encore , et ne paraissent niêoïé pas prêtes à être abolies^ r^galité ne pourra pas dé long-temps passer dans les mœurs de la nation;

Les deux classes extrêmes de la société n^én soût guère fâchées , Tune parce quelle a les jouissances du patronage ^ Tautre parce qu^elIe a le bénéfice de là protection i

Cest aux classes intermédiaires que le système aristocratique déplaît véritablement ; rivales des nobles p^ti' ta fortune et par Tinstruction ^ elles n^otit cependant ^v(c eux aucun moyen possible de Contacta Lés pré-^ ^^siDGes sont aussi rigoureusement exécutées datis les saous que dans les processions ou aux levers dû roi. ^out le monde a son rang marqué , et personne nei ^^ut en sortir sans s'exposer à recevoir des affronts. LV- ^f}uette règne partout ^ même dans les réunions con- ^crées à des plaisirs qui , d'ordinaire ^ confondent les '^^Qgs le$ plus disparates^

>Dans un grand dîner, iin baronet criblé de dettes lit mal famé obtient la place d'honneur au préjudice <dW manufacturier probe et millionnaire; la femme dW colonel , qui n'a jamais commandé son régiment , a le pas sur celle d'un capitaine, qui s'est fait honorablement connaître par vingt actions d'éclat ^ et qui se^ rait général^ s'il avait eu assez d'argent pour acheter 1^ commissions des. grade9 supérieurs à celui qpUl occtipe.

Dans les bals de Baih ( qu'on appellerait en France àesiastnngaeSj piiisJ|Q'on y achète le droit de danser

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pendant toute la belle saison , moyennant une ^m(t qu'on donne au caissier et uiJe autre au maître des cérémonies), on fait les perquisitions les pies scrupuleuses^ non pas sur la moralité des souscripteurs, mail dnr leur naissance ou leur profession.

Un individu , que de beaux habits , titi équipage et une apparence de bon ton avaient fait admettre sao&la représentation obligée de ses parcbaoains, ayant ^té re- , connu quelque tems après pour un tailleur qui s état enrichi dans Bond-Sireei^îuitïyrôé de quitter le bal et it n'y plus reparaître.

lime £lemble que , |>uisque le rameau d'or est la première chose qu'on est obligé de montrer à la porte d'un établissement de ce genre y il est passablement ri^ — dicule qu'on y exkgt aussi la represealation de l'arbre généalogiquç.

C'est un travers dbpt les Âs^lais de se cèrrigeroa^ pas de long -tems; la sagesse qu-ils oilt peur taa^ d'autres choses, est to^ijôurs iinpuîl^àntepoiir la réforme de ce préjugé, Quiednque a le malheur d'être ne' daa^ une condition humble, ou d'avoir exercé ukre professîoa d'artisan ne doit jamais pienser, quelque fortune <t quelques talens qu'il acquiei^e ^ensuite à étrereçu d»^ les salons de la noblesse etmâne dans ceux de la boor- ;geoii»ie un peu relevée. N'est-ceipas le combie>de la foKe que le tommeree soit mépris chez une ^ talion de moir chands?

Toutefois , le piéchë«toig^nel0St''facilemente£Ëb^

DE Londres; a^^

Vcxercice d'une fonction dépendante du gouvernement* Il est un très-grand nombre de places dans les administrations , et de grades dans Tarmée , auxquels on n^aspîre que pour effacer la tache d'une basse extraction î U est tel boucher, t-el charbonnier ou tel brasseur qui auraient laissé leur^ enfans exercer une profession iiui ]^8se en France pour la plus noble de toutes , celle de ^gneur suzerain d*ïm mUUon d'écus , et qui , pour leur ouvrir la porte des cercles distingués , pour leur dontier ia facilité de danser dans les salons àeBaiiyS^usJCtsln^ dre d'en être chassés, leur achètent upe 80iis4ieiû;e^ ^^^te dans Tarmëe, à titre de savonnette à vilain.

Ce respect que l'on liidlrtre pour les faveurs Ûeè i^inistres ou du roi, la considération qu'on attache k' *^us les individus qui les reçoivent, tiennent au respect ^^e tous les Anglais professent pourleur gouvernement. Quelle que soit la différence des opinions sur let **^yens, tout kf monde y est foncièrement attaché; iout l^ monde regarde sa conservation comme la ^auy«-gardi^âu :bonheur^t de la iploire brUanniq^e.

Xa royauté est m fond très-vénérée,. malgré Ip lilberté .

extrême avec laquelle les individus qui en étai<snt re«

vêtus ont été traités quelquefois ! les mêmes Ânglsûs, qui

ont coupé la tête àtCbaries P% et ont e^ipialse Jacques II,

ont «levé des statues à la mànoire de xe» d^ux inp*-

n(urques* Quelque caractère upi'on ait , et de quelqi^,

manière qu'on .'finisse, la xoyanté jrelève toujom^ Xiit^ê'

ceux qui en ont été revêtui»*

i344 biorama'

Les auteurs des libelles, des caricatures et des chaii' fions qui out été composées en si grande abondance contre le roi actuel , seront peut-être les premiers à s'inscrire après sa mort, sur la liste ouverte pour faire les frais d^une statue.

L^amour pour le gouvernement et la royauté, entrane à sa suite Pamolir des insignés qui leur appartiennent. Avoir la profusion avec laquelle les armes d'Angleterre sont répandues au-dehors et au-dedans des maisons, on croirait véritable ce dont quelques /or;^^ se vantent maintes fois, qu'il n'y a pas un seul républicain dans les trois royaumes. S'il y eh a quelqu'un ses yeux peuvent être offusqués à chaire minute par la vue de quelque marque de la royauté : devantures de boutiques, frontons d'édifices, girouettes, affiches de théâtre, pendules, plaques de cheminées, couteaui, argenterie, toat est marqué des armes des trois royaumes ; partout on vbit l'écusson aux quatre compartimens, soutenu par la licorne qui piaffe, et par lé lion qui rugit»

Si les faveurs du gouvernement^ même quand elles sont très*légères , assurent la considération publique aux individus qui les reçoivent, à plus forte raison lorsqu'elles sont plus relevées! Rien n'égale le faible que l'on a en Angleterre pour les titres nobiliaires. Plusieurs familles enrichies par le commerce, et qui désespéraient de pouvoir mariep leurs filles à des Anglais titrés /sont venues sur le continent, pour les marier à

3cs vicomtes français ou à des marquis italiens (i). Quiconque a été créé chevalier, baronet ou pair, et à plus forte raison quiconque porte ces qualifications par droit de naissance, peut prétendre à la plus riche héritière du royaume, si elle n'est pas d'une famille noble. Les parens roturiers se croient toujours infiniment honorés et heureux, lorsqu'un gendre donne la qualité de milady à leur fille , en échange de son immense fortune.

(i) Yoicî deux anecdotes qnî prouveront jusqu*âi quel point on pousse en Angleterre le culte de Pdliquètc et des titres. Sîr Thomas G. , et sîr Ralph Milbank, le beau-père de lord Byron , étaient un jpur daps un salon, au moment où on les appclla pour descendre à la salle à manger du rez-de-chaussée I où le dîner était servi. Après quelques cérémonies pour savoir qui passerait le preraier| sir Thomas se rangea de càtéfjst dît à sir Ralph : « Dieu ipe préser^'e de passer I« premier, je me rappelle k présent que votre création de baronet est d*un jour plus ancienne que la ■liennc ! » Sîr Ralph ne répliqua rien à un argument aussi pércmptoîre.

Un cadet d'une grande famille, qui ne pouvait se consoler de n*avoir

point de titres, quoique ses oncles et neveux en portassent de très-relcviS:^,

avait refusé la main de sa fille à plusieurs individus qui , quoique riches

eu recommandablcs, ne l'avaient appelle ^y^esquire. Un dernier fut plu»

heureux que les autres, parce qu^il fut plus habile ; au lieu d'écrire comme

ses rivaux, il envoya sa demande sans donner de qualification â| son beau*

père futur, et termina sa lettre par ce passage tiré des psaumes de David ;

hâve mercy upon me o tord , and bestow vpon me your grâce. Seigneur,

votre grâce, sont des titres donnés à Dieu par David, mais en Angleterre

on les donne aux ducs et pairs du royaume. L'obstination du beau-père

ne tint pas centre les instances d'un gendre qui savait si bien Ûatter its

goàts.

2t46 BIORAMA

Les gens q^î ne peuvent s'illustrer ni par des lUres personnels ni par des alliances, sVtachent au titre à'esçuire (écuyer), et le font valoir de toutes leurs forcei en arborant des armoiries, et en disputant à certaines professions et à certains individus le droit de s'appeler esçuire comme eux , et d'avoir leurs armes gravées sur leurs cachets et sur leur argenterie.

u C'est un scandale , me disait un jour un honnête procureur, c'est un scandale de voir une foule de gens , qui ne sont gentlemen ni par leur naissance , ni par la profession qu'ils exercent, prendre le titre à^esçairtf aussi hardiment que le second fils d'un lord ! Ce qu'il y a de plus malheureux, c'est que certains personnages» qui devraient s'opposer de tout leur pouvoir a des cmpie'temens de ce genre , les encouragent au contraire, fton-seulement dans l'intimité de la correspondance privée, mais encore dans des écrits qui sont devenus publics !

<ç La première fois que le comédien Kean parut à Drury Lane dans le rôle de Richard III, lord Byron, qui assistait à la représentation, fut si content de la manière dont il joua ce rôle, que le lendemain il lui envoya un très-^beau cachet sur lequel était gravé une crête d'écussoa représentant un sanglier. Cet animal avait été la pièce principale des armes de Richard 111 ; lord Byron indiquait par là au comédien qu'il devait désormais k faire figurer dans les siennes.

DE LÔNDUBS. ^7

y> Le noble lord a epcore prostitué le titre à^esçuire^ et par conséquent le droit de porter des armes , à des boutiquiers moins célèbres que cet acteur. Comme Murray est son libraire, il a eu souvent occa^on d<^ lui écrire , et Murraj a eu le soin de &ire imprîmei? souyent les lettres qnUl recevait, parce que kur sust cription portait à John Murray esquir^ !

»« Enfin, mpn cher monsieur, je ne saison le scandale S^arrêtera ; mais depuis ces deux usurpations , tous le^ comédiens des ph(s petits théâtres, et tous les revenu deurs de brochures s^avisent de renvoyer les lettres quand on ne leur a pas donné sur Tadresse la qualification dV^r ^uire! Jugez quelle doit être la tribulation de toute la noblesse du royaume , et surtout des hoi^êtes gentlemen qui, comme moi, n^ont' jamais voulu prendre que ce qu,i leur appartenait légitimement ! » .

Il faut convenir qu'en général Taristocratie anglais^ fait tous ses efforts pour justifier la^tendresse dont elle est Tobjet. Excepté ceux qui sont nés avec des dis|»ositions négatives , et en Angleterre le nombre de ceux4à tCesi pas plus considérable dans la noblesse que dans les autre» classes , tous \t^ noble& sont instruits ; et la plupart se sont distingués par de grandes actions ou par de beaux ouvrages.

En outre, comme ils*ont tous des fortunes immenses, ils peuvent ajouter k leurs titres de gloire la considération qui s'attache à Texerciçe de la bienfaisance. Presque tous les pairs sont membres actifs des sociétés

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philantlirûplques; irii très-grai?d nombre ont été lesfi)»' dateurs de quelques intitulions charitables , ont accepté la présidence du bureau qui radministrfi , et ont dignement rempli ces fonctions, tant par la générosité avec laquelle ils ont contribué aux dépenses , que par leur zèle à agrandir Pinstitution et à lui procurer de nouveaux souscripteurs.

Il est aisé de concevoir , diaprés cela , pourquoi le peuple professe un si grand respect pour les nobles, et recherche leur protection avec tant d'empressement, L'habitude du patronage est portée si loin en Angleterre , que tous les fondateurs d'établissements pn-» blics se croient obligés de les mettre sous la protec-« tion spéciale ^ quelque prince ou de quelque grand personnage national ou étranger. Cet usage, quoique, le plus souvent^ il ne procure aucun avantage à ceux qui le pratiquent, n'est négligé per aucun des individus qui spéculent sur la confiance publique.

Chacun des grands théâtres est sous le patronage no* minai de quelque pnnce de la famille royale , et ses armes figurent en tête de l'affiche où l'on détaille le spectacle du jour. Les petits théâtres , qui n^o^ent pas aspirer ^ haut , prennent modestement des ducs et pairs , ou des f^Tibassadeurs étrangers- Le théâtre royal Coburg était ^ l'année passée , patronisé par la princesse d'Ësterhazy, Le jardin du yVauxhall, qui avait plusieurs^ années de suite réuni les compagnies qui l'exploitaient sous le pai- Ifonage des prinÇes et princesses,^ a fait fortuqe çettç

année , en se meltant sous le patiôtiage immédiat du roi.

Il n^est aucune entreprise, il n^est^ (n^gasiu nouveau, de ménagerie d'animaux , de bazar , etc. , qui ne se donne quelque patron de haut parage. £n sortant dçs bureaux de Tambassadeur français , on trouve une douzaine de commissionnaires qui vous offrent des cartes, l'une pour vous donner l'adresse dune diligence, l'autre celle d'un paquebot , l'autre d'une auberge , d'un restaurant à la française , d'un hôtel garni , etc. , et tous ces établissemens sont patronisés par le roi de France on par son ministre plénipotentiaire.

Si le patronage n'est que nominal pour les objets qui peuvent prospérer indépendamment de son secours , il est effectif pour plusieurs autres , qui d'ordinaire en ont un besoin plus réel. C'est aux patrons que presque tous les littérateurs et tous les artistes ont dû la fortune qu'ils ont faite en Angleterre. Le gouvernement , ou pour mieux dire, U roi , se joint bientôt aux premiers •protecteurs , pour encourager ou récompenser les talens de quelque nature qu'ils soient.

C'est sans doute en leur qualité de premiers nobles et de patrons les plqs puîssans du royaume , que tous les rois d'Angleterre ont toujours montré beaucoup de sollicitude à faire prospérer tous les individus , qui s'étaient fait remarquer par des dîsposîfions extraordinaires , aussi bien qu'à récompenser les hommes qui ftVfiient rçndu dçs services à l'état.

$5o DIORAMÀ

Il est peu de ministres habiles qui n^aieut été créé# pairs €n finissant leur carrière ; un très-grand nombre de savans, de Iltlérateurs et d'artistes distingués ont été crées baronets ou chevaliers. Ces qualifications nobiliaires ont contribué à la gloire des personnes qui les ont reçues au moins autant que les titres, par lesquels ils les avaient conquises.

On pousse si loin en Angleterre le respect pour le gouvernement, et Topinion de son infaillibilité, qyc la considération due aux œuvres du génie , s'accroît par le souvenir des distinctions dont le gouvernement honora leurs auteurs. Mous avons oublié en France que Montesquieu était baron et président à mortier , que BufFon et Voltaire furent comtes : en Angleterre la postérité d'écrivains , bien antérieurs à ceux là les désigne encore par les titres qu'ils portaient de leur vivant ; on ne dit jamais Bacon ou Newton tout court , mais le loid

chancelier Bacon , ou sir Isaac Newton.

Malgré les belles qualités que nous avons reconnues à la noblesse anglaise, elle mérite le reproche de 6erté que Ton adresse généralement à celle de tous les autres pays. L'exercice effectif du pouvoir, Thabitude du patronage, et surtout la possession d'une fortune immense, contribuent puissamment à nourrir chez la plupart des nobles un orgueil que leurs lumières auraient dû tempérer.

Bîenfaîsans et accessibles pour les artisans et les prolétaires qui se tiennent honorés de leur protection , plu*

DE LONDRES. 25l

$ieurs nobles sont d'une roideùr et d^uae fierté extrême vis-à- VIS d'autres nobles moins élèves qu'eux mêmes, ci surtout vîs-à-vis des gentlemen^ en faveur desquels la fortune ou de grands talens ont créé une aristoeratle rivale de la noblesse. C'est dans leurs rapports avec des Individu^ de ce genre, que quelques gentilshommes Anglais ont affecté quelquefois une fierté tout- à -fait impertinente.

Un banquier d'une ville voisine de Londres, où il y a toujours quelque régiment en garnison, avait l'habitude , chaque fois que la garnison était renouvelée , «t^aller en personne inviter le colonel et le corps des officiers à des soiix'es et à des bals splendides qu'il don-^ nait dans sa maison. Un lYglment de housards de la jgarde, dont le marquis d'Ângicsea est colcmel, étant arrivé dans la ville , le banquier s'empressa d'aller faire chez tous les ofSciers son invitation accoutumée.

N'ayant pas pu être reçu chez le colonel , il j laissa sa carte , et revint le lendemain.

On l'introduisit dans une antichambre , et voici de quelle manière il fut remercié de sa politesse. « J'ai va une carte de quelqu'un qui m'est inconnu , lui dit le colonel en l'abordant sans se découvrir; on m'a dit que ce quelqu'un est vous, je ne le connais pas davantage. Comme je ne puis avoir aucune relation avec des gens de votre espèce, je suppose que c'est à mon sommelier que vous voulez parler ; mais il ne loge pas dans mon appartement, et vous auriez bien fait de ne pas demander le

StSa DIORAMA ^

maître quand vous aviez affaire au valet : » là -dessus îl pirouetta sur sa jambe de bois et disparut.

On se doute bien que Finsolence du colonel indisposa un peu les habitans de la ville contre lui et tous ses offi* cîers; pourtant on ne l'en punit pas avec Te'nergie convenable. En Angleterre y comme dans beaucoup d'autres pays , les nqbles profitent de Tindulgence du peuple , qui s'imagine qu^un titre donne toute permission.

Une jeune personne de notre voisinage « à qui M. de Flan avait promis monts et merveilles , en paiement ^=.

de certaines faveurs dont on Taccusait d'être fort libe'

raie, vomit mille imprécations contre lui lorsqu'elle apprit qu'un beau matin il était parti sans lui payer dette. Mais lorsqu'en se plaignant de sa mésaventure à ses voisines, elle apprit que M. de Flan était baron non-seulement elle fut consolée , mais encore elle dé* clara qu'elle se tiendrait pour très -honorée d'éti trompée encore par un homme de sa qualité.

BS LONDRES. 253

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