DE LA. LÉGISLATION ANGLAISE
Le ministre, C*est une bonne loi. . . ; •
Le roi.
Qu^oii la suive ^ la lettre ! t^
Le ministre.
Pourtant elle est doutcoie- • . *
Le roi.
Il la faat ëclaîreir.
Le ministre.
Ah ! Sire. • « elle est mauraîse* • f
^ lie roi.
Il la faut abolir i
Comédie inàiitt.
Le licencie , qui profitait de son séjour en Angleterre pour se familiariser avec la jurisprudence de ce ^ays , suivait assidûment les audiences des hautes courd ^e justice et des principaux tribunaux de Londres. Il j trouvait un complément très-avantageux à Tétude thé^-
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rîque des lois ; car les di^bals de presque tons les procès qu'il suivit, lui fournirent rexplicalion de quelquesunes des difficultés qu'il avait rencontrées en lisant lea commentaires de Blackstone.
Lorsqu'il avait recueilli quelque ciiose qu'il jugeait devoir intéresser même les personnes non initiées aux mystères de Thémis , il avait le Soin de m^en faire part. Dans les salons , tandis que les jeunes personnes prenaient du thé , que les messieurs parlaient politique dans un coin , et que les douairières s'ennuyaient autour d^ une table de wlsl; dans le parteiTC d'un théâtre , tandis que tout le monde causait , lorgnait ou bâillait durant un entracte, nous employions plus agréablement notre temps en chuchotant sur la jurisprudence.
Ce fut ainsi que je recueillis, un soir, quelques instructions sur certâini points de la justice criminelle et de la législation civile. Je les rapporte d'autant plus volontiers ici, que le lecteur y trouvera la clé de beaucoup de choses qui ont été élites dans les deux chapitres précédons. En effet, le code d'instruction criminelle est, en Angleterre , la première et la plus forte sauve-garde de la liberté, tandis que certains points du code civil font la force de l'aristocratie, et s'opposent , par conséc^uent, à l'introduction de l'égalité dans les lois et dans les mœurs britannîqaes.
Jusqu'à aujourd'hui ^ me disait un $oîr Amiran ; après avoir pris une grande tasse de thé, je m'étais toujours seiiti fier d'être Français; ce que j'avais vu ou enr
DE LONDRES^; dSS
tendu dir^ des autres pays , m'avait plas fortement at^ taché à ma patrie : maintenant je le dis, à la honte àt certains législateurs -de la Finance, je m'estimerais heu-»reux d'être né sur le sol britannique. Ce eliangement m'afflige autant qu'il doit vous étonner ; j^espère qu'il ne sera pas de longue durée : mais les impressions que mon esprit a reçues aujourd'hui sont si fortes, sî a%ta^ chantes, qu'elles ont ébranlé momentanément les an* ciennes affections de mon cœur.
Depuis quelques jours, je suivais les débats d'un procès criminel , qui se poursuivait devant la cour d'O^- JBailcy, Us se sont terminés ce matin, et j'ai ènteadu prononcer l'arrêt qui a mis en liberté les accusés.^tls ont élé déclarés non coupables , «t cependant il s'agissait d'une conspiration politique ! L'acte d'accusation avait pro^ nonc^é le mot terrible de haute trahison ; il fallait qu'il y eut quelques motifs puissans de soupçonner les ,ac« cusés , puisque le jury d'accusation avait conclu à leio* mîse en prévetttion. Les débats ont tout éclairci.
Il s'agissait d'une association pour renverser le mi« Bistère adttiel, et obtenir la réforme parlementaire. Aq lieu rd'élre publique , comme «me foule d'autïres sociétés avDdées pomr tendis au même but, «t de se servir de voies ordinaires de correspoodance^ elle s'était entourée d'une sorte de mystère , avait ado|)té des caractères et des etnblétnes particuliers. Toutefois Quoan acte cri«ininel n'ayant encore eu iieu^-le verdict da jury a rendu ks accusés à la liberté*
aSÔ filOKAMA
Combien il a du me paraître admirable de voir k haine ministérielle s'arrêter à la porte des tribunaux ! Gombisn j'aî été touché en entendant les magistrats dé* fendre avec le même zèle ^ la même impartialité , les in* téréts du roi , ceux de la société , et ceux des individus; en voyant les avocats avoir le champ 1^ plus vaste pour la défense des accusés !
Il est inoui, ai- je entendu dire k plusieîirs Anglais ». que , depuis Tinstitution du jury , la justice ait frappé un innocent !
Quand même cette assertion serait un peu exagérée tout est calculé dans la procédure criminelle pour rendre véiîtable !
Après que le ministère public ôii les officiers de pa-^ lîce ont recueilli les preuves qui constatent un crime ^ et les charges qui font peser des soupçons contre un individu, les unes et les autres sont examinés par un jurj qu'on appelle d'accusation.
Le respect que le peuple professe pour la justice \a jusqu'à lui faire croire qu'elle est infaillible ; aussi , en Angleterre, comme pailout ailleurs, une sorte d'infa^ mie s'attache à tous les individus qui ont été poursuivis par elle, quelle qu^ait été d'ailleurs la fin du procès. Avoir figuré sur le banc des accusés , quoique c'ait été pour y entendre déclarer solennellement son innocence, est, aux yeux du peuple , une plus grande flétrissure^ que d'avoir commis impunément un crime bien avéré ! Épargner, autant que possible ^ les poursuites judiciai-^.
tTs,puî squales font perdre la considération publique ^ des individus qui n'ont pas cessé d'y avoir droit , est donc tôut-à-la-foîs un acte de justice et d humanité !
En général , l'habitude des formes judiciaires rend les iDagifitratis trop ^ aptes à mettre un individu en prévention. Les jurés examineront plus profondément la question avant d'arriver à un pareil résultat ; ils se laisseront *5néme entraîner par les apparences. La noble sollicitude d ta jury d'accusation épargne au gouvernement beaucoup de frais , au peuple beaucoup d'erreurs , et beau- '^oup d'angoisses aux innocens qu'il affranchit des lon- S^eurs de la prévention. ,
Mais c'est surtout dans les débats publics qu'éclate la beauté de la législation criminelle d'Angleterre. Loin ^'intimider l'accusé au point de le priver d'une partie ^e ses moyens personnels de défense , la solennité des formes judiciaires est calculée de manière h l'encourager.
Au lieu de voir dans ses juges des magistrats sévères f)u acharnés à trouver des coupables , Taccusé n'y trouve que des hommes bienveillans. Jurés, président , et jusqu'aux membres du ministère public , tout est animé par le zèle le plus pur pour le bien de l'humanité ; tous cherchent la vérité de bonne foi , mais en paraissant persuadés que trouver un crime ou punir un homme sont les malheurs les plus affligeans pour la société!
Jamais ils n'adressent à laccusé de ces questions captieuses, auxquelles il ne peut répondre sans se comnronaettre. Il arrive même que le président lui impoîje
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Silence, lprs(|u^il s^aperçoit qu^il parle contre ses in" ternis.
Ce que Ton redoute , par-dessus tout, est de le faire tomber dans un piège. On veut examiner le^ faits, discuter les témoignajg^es ; mais riiumanitë dé£epd d^avoir ducun égard aux charges qui pourraient résulter dçs imprudences que le prévenu peut commettre en parlant; nul ne doit être admis à témoigner contre luî-méme. Dans le tribunal , tout le monde cherche à mettre en pratique le droit naturel. •
Le ministère public ne croit jamais son amour-propre intéressé à soutenir une accusation quand les preuves lui manquent ; il ne montre jamais de racharnement lorsqu'elles sont douteuses ; il est même fort rare qu^il demande h répliquer après que les avocats ont plaidé ; et ceux-ci ont le champ le plus illimité pour la défense de leurs clients.
Si le résumé du président n'est pas toujours borné à une stricte neutralité , autrement dit , à une énuméra^ lion aride des charges pour et contre Taccusé , c'est lorsque les preuves de la culpabilité sont douteuses ; ^ alors le magistrat se permet de les commenter pour obtenir plus sûrement un verdict d'absolution.
Les jurés sont à Tabri de toutes les influences du gouvernement ; leur conscience peut toujours juger en liberté , car elle est dans une indépendance complète. Si le prévenu est innocent , rien ne pourra le faire condamner y quelque soit le genre d'accusation pour lequel
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il aura été traduit devant les tribunaux. S'il est coupable j aucune influence ne sera capable de le soustraire au verdict de condamnation.
Avoir unl:ertain âge , payer une certaine spmpie de contributions, être sujet anglais, et avoir une réputation intacte^ telles sont les conditions avec lesquelles on est inscrit sur la liste des jurés. Le sort , toujours impartial , désigne ceux qui doivent siéger dans chaque cause. Les accusé;» ont pour la récusation toute retendue de droit compatible avec Tintérêt de Thumanité et celui dei^ formes judiciaires. Lorsqu'ils sont étrangers, on leur donne un jury composé d'un égal nombre de sujets britanniques et de leurs^^ropres compatriotes.
L'impartialité du jury, disons mieux, la sainteté de son ministèâ*e éclate dans l'attention avec laquelle il suit les débats du procès; dans la bienveillance avec laquelle il s'adresse à l'accusé ; dans le zèle avec lequel il profite des moindres circonstances qui lui sont favorables dans la déposition des témoins ; dans lé silence avec lequel il écoute les preuves de sa culpabilité ! La solennité avec laquelle chacun de ses membres entre dans l'exercice de ses fonctions est en harmonie avec ces disposi*tions. Il prononce une formule saçi:amentelle , et ensuite il baise le livre des évangiles.
Telles sont , mon cher ami , les foroies de la procédure criminelle; l'impartialité avec laquelle je les ai ya suivre dans une affaire politique , doit vous garantir qu'on les suit également dans les jugeoieas des çrimçs
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particuliers. Il s'en faut de peu que le code d'înstroction criminelle ne compense, par son libéralisme, Textrême sévérité du code pénal !
Cette finale et le refus d'une nouvelle tasse de thé qu'un domestique présentait en ce moment an licencié, me fit penser qu'il modérait un peu sa tendresse impromptu pour les institutions anglaises , et qu^il revenait à son ancien caractère. Je n'en pus plus douter, lorsque je l'entendis continuer de la manière suivante :
Il est fôcheux que je n'aie pas à donner les mêmes éloges à certaines parties de la législation civile sur les- ' quelles repose l'existence de la société.
Si les Anglais ont bien compris et bien appliqué le ' droit naturel dans leurs lois criminelles , ils paraissent l'avoir entièrement oublié dans les lois qui règlent les successions. On dirait que , dans ce pays , les aînés de famille ont été seuls appelés à exercer les fonctions it législateurs. Tout est à l'avantage des aînés dans les successions des grandes familles nobles ; et comme celles-là servent de modèle à toutes les classes inférieures, les aînés de la bourgeoisie aisée sont également avantagés dans le testament de leur père.
Certains jurisconsultes et un très -grand nombre d'hommes d'état prétondent que ces lois sont la sauveganle de la monarchie , en rendant l'aristocratie plus 'i>uissante : le remède me semble pire que le mal.
Le résultat le plus positif en est que les propriétés tout toutes entre les mains d'un petit nombre de 6-
milles ; que la petite propriété , cette classe si industrieuse , et qui devrait faire partout la force des états ^ n'existe pas en Angleterre , ou du moins est privée de la part d'influence qu'elle devrait avoir dans la société et dans le gouvernement.
C'est a la non-existence ou a l'impuissance de* cette classe qu'il faut attribuer la persévérance d'une foule d'usages féodaux qui sont en contradiction avec les lumières du dix-neuvième siècle , et particulièrement celui défaire quatre pauvres de quatre fils puînés^ pour la gloriole de laisser un premier né millionnaire !
Il est assez extraordinaire que cette coutume ne soit fondée sur aucune loi écrite ; c'est seulement par tra-» ditîon qu'elle s'est maintenue en vigueur. Aucune loi lie défend de donner à chacun dés enfans puînés une portion d'héritage égale à celle du premier né. Mais les pairs , quoique l'Institution des majorats ne soit point consacrée par une loi expresse , ont jugé convenable d'agir toujours comme si elle l'était réellement.
B'abord, 11 est un très-grand nombre de biens qnî sont Inaliénables ^ parce qu'Us sont encore possédés par des familles qui les reçurent en apanage lors de la con- (pête des Normands. Ce n'est pas de ceux-là que je veux parlet maintenant ; II est bien évident qu'étant attachés au titre de la pairie , le possesseur de ce titre les possède également sans partage avec ses frères.
Mais on fait pour les propriétés d'une autre classe à P^u près la même chose que pour les fiefs. Ainsi, par
exemple , un pair , qui a f rors enfans mâles et Jeux filles , donnera des dots à ces dernières , et il lég:uera presque toutes ses propriétés à son fils aîné. S^il en est quelques-unes de peu de valeur, elles appartiendront aux puînés ; mais plus ordinairement on leur épargne la peine de prendre possession des biens paternels , en leur assignant une légère pension sur Théritage de Taîné. Le licencié ne s^apercevait pas du vol du temps, parce qu^il remployait selon ses goûts. Cependant la pendule du salon marquait onze heures , et un bâillement qui courait de bouche en bouche me fit rappeler que Ton aime à se coucher de bonne heure dans Londres. Je le fis remarquer au discoureur qui , sans répliquer un seul mot j mit ses gants et ramassa son chapeau. J^en £s autant de mon côté, et nous nous hâtâmes de prendre congé de la compagnie que nous avions , comme onvoit^ . fort peu associée à ùotre conversation* l
»^iyvyytni v vvv»MVk*niv ^t tivy¥kivyyti^iv%M%ni»My wM nivv%nivvv%ni*itivki w ^^
sua QUELQUES FORTUNES ANGLAISES.
A qui est ce ciiamp ? — ^ A M. le inarquî»
de Carabas; cette vigne ? — A M. le marquis de Garabas ; ce château? ce pare, cet enclos , cette forêt , ce village ? — Tout cel» appartient à M. le marquis de Garabas. -— Peste ! quel homme riche que ce marquis de- Garabas !
Contes de ]^£ftRAULT.
Le sujet était loin d^étre épuisé , et Amirau ne sV-» tait si précipitamment interrompu que pour le reprendre de plus belle , dès que nous serions dans la rue. Nous avions presqu^une lieue à faire pour arriver chez nous; il recommença à parler des successions et des testamens en arpentant les dalles polies qui ccHuposent les trottoirs de Londres.
Le docteur Dublason , qui avait passé la soirée dans là même msÂson , et qui revenait chez lui par le chemin que nous suivions , n^eut pas besoin d^ écouter longtemps le licencié pour deviner qn^il avait déjà déclamé contre la législation anglaise qui règle les parts des hé-^
ritiers, ou plutôt contre les usages que suivent généralement, à cet égard, les chefs des familles nobles.
i< Sans aller contre votre opinion sur cette matière , lui dit-il, en Tinterrompaiit au milieu d'une période, encore moins sans prétendre rivaliser avec vous pour mes connaissances en législation , je dois vous observer que les précautions ne sauraient jamais être trop grandes pour assurer aux possesseurs d'un titre et d'une piaiiie une fortune (iigne de leur haute position (nms la société'.
Malgré la sollicitude des testateurs à cet égard, on voit , tous les jours , que dés pairs ou des baronefs se ruinent , et ont besoin d'avoir recours aux bontés du roi , ou , ce qui est encore plus humiliant , à celles de leurs frères puînés , qui se sont enrichis dans le commerce.
Ce malheur tient à ce que les biens, possédés parla noblesse , ne sont pas tous de véritables fiefs , et conséquemment ne sont pas inaliénables comme ceux-ci. Aussi c'est principalement parmi les pairs dont la création ne remonte pas au-delà d'un siècle , que Ton volt celte décadence afOigeante.
11 j a maintenant deux ans qu'à un des levers du prince régent, on s'aperçut que le duc de Marlborough était arrivé dans une voiture de remise. L'année d'après, îl fut réduit à y allei: en fiacre -, et , cette année -ci , il aurait été obligé d'y aller à pied, s'il avait eu de quoi acheter les bas de soie qui font partie du costurofi de, rig:ueur d'un pair d'Apgkterre..
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Cette détresse , toujours croissante , inquiéta toutes les âmes qui s'Intéressent sincèrement à la prospérité et à la gloire de la -pairie. Le roi y prit lui-même une part très-vîve ; et , pour pouvoir y porter remède plus I sûrement , II envoya quelques-uns de ses gentilshommes s'informer de Tétat où se trouvait la fortune du noble duc.
Quelles affligeantes découvertes furent la conséquence de cette enquête ! Tous les biens aliénables étalent ven» dus depuis long-temps ; ceux qui avaient été donnés à litre de fief par le parlement qui institua pair le premier duc de Marlborough , étaient engagés à des usu-* fiers pour les redevances annuelles. Un superbe château dont la reine Marie avait fait présent à l'illustre Churchill , n'avait pas été vendu , puisqu'il ne pauvaît pas Tètre ; mais il n'en était pas moiqs entièrement perdu pour sa progéniture dégénérée. Toutes les peintures qui le décoraient avalent été enlevées et vendues ; les plus beaux meubles avaient disparu ; les parcs avaient été abîmés; les forêts, les réserves, les taillis, tout avait disparu !
Mais ce qu'il y a de plus terrible, c'est que la prodi<;alité du noble duc n'avait pas mémo épargné les mo« numens essentiellement consacrés à immortaliser la gloire de son valeureux aïeul. Plusieurs trophées d'or ou d'argent massif, une épée montée en or et enrichie de pierres précieuses , faisaient partie de la succession inaliénable des Marlborough. On les ayalt aliénés ! On
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potirSQÎTit devant les tribunaux plusieurs juifs qaî avaient acheté ces objets ; mais on ne put les obliger à lés restituer , attendu que les pierres précieuses avaient ëlé vendues et revendues raille fois ^ et que For et l'argent avaient été fondus pour faire des bijoux et de la v^àîsselle.
Ces tristes nouvelles circulant dans le public au molAént où le gouvernement et les particuliers rivalisaient d^émpressemeut pour récompenser les services d'un nfouveaii Marlborougk^ plus illustre peut-être que le premier, firent éprouver quelques alarmes sur le sort futur Ats monumens quW lui vouait, et des présens par lesquels on lui témoignait la reconnaissance de PÂngletcrre. O mon Dieu! se disaient tous les convives qu'il învîtafit à sa table, un jour de gala , ou il étalait le service d'argenterie qu'il a reçu du roi dé Portugal ; à pourrah-il qu'un jour tout cela se vendît à Tencan pour réparer les fredaines d'un petit-fils du héros ! O mon Dieu ! se disaient toutes les personnes qui allaient voir le bouclier que nous avons vu dans Fleet-streei ! O mon Dieu ! me suis-je dit vingt fois en passant devant la maison de l'orfévi'e qui l'a fabriqué, un jour, peut-être, ces trophées consacrés à la gloire du chef de la famille seront sacrifiés par Finconduite de ses descendans ! Hélas ! l'augure en est peu favorable ! Churchill était lé jEOodèle de toutes les vertus ; el sa postérité est arrivée au dernier degré d'avilissement avant la quatrième génération ! Que n'a-t-on pas à craindre du nouveatt
DE LONDKES. ^ 2^7
Marlborough? Peilt-être , avant sa ittôlt , les jûîfs et les prêteurs sur gage serout en possession de la plupart des présens qu'il a reçus (fe la reconnaissance (îé ses concitoyens et de la munificence des princes étrattgetsf ïteùtêtre un ignoble brocanteur jetteta dans le ci^ètfsêt la poigne'e.de l'epée dé sa Grâce ; H vendra âii Malrcbaïndi d'antiquailles une lame qui pourfendit âës milliers d'eiraemîs !... He'las! je vous le dis en confidenee , ïè noble duc a deux passions avec lesqnelfcs on dévore lèV plus grosses fortunes , Gambliftg et FThorélhofigerinjg ! Mais il respectera sans doute leis objets qïii rfoiVeùt transmettre sa gloire |i la postérité! Passé èiïcdre ((n'îl revende Targenterie. Sur la table df'uiï ffôbîe on sur celle d'un vilain ^ une soupière est toujours soùpîëVé! Mais le bouclier ! Kais les trophées ! Maîs I» gardié de ses épées ! Il les laîsseraît fondre ! Il en laîsScfrâît fabriquer des marmites comme les Ronmîns en fabrîcjuè^ rent autrefois en fondant les statues de Séjan f
Parlez-moi des biens inaliénables; ceui-ïà petlvèWt tout au plus éprouver une avarie momentaiiéè ; maiis ïè fonds reste toujours et se transmet jusqu'aux gériératîôns les plus reculées de la noble famiHe dorit le cbef lés reçut à titre de fief. Tels sont , par exemple , ciéùx devant lesquels nous passons maintenant, et qui appartiennent aîi duc de Bedford,
Comme nous étions alors an bout d'tirie rue , et près d'une place publique , nous ne comprîmes pas d'abord" de quels biens le docteur ècïtendaiit parler.
a68 DIORAMÀ
Eh ! parbleu ! nous répondit-il , je désigrie par celte expression tontes les propriétés que vos yeux peuvent apercevoir de l'endroit où nous sommes.
Comment ! cette immense quantité de belles maisons qui composent cette rue ? — Toutes ces maisons appartiennent au duc de Bedford. — Celles qui sont bâties tout autour de ce squarei — Elles sont également au duc de Bedford. — Cette autre rue qui va de Russel-square à Bloomsbury - st/uare ? — Est encore la propriété du duc de Bedford. Tout le terrain que nous foulons aux pieds appartient a ce noble pair. La partie de Gowersireet. que nous allons traverser, Bedford-scjjiare et sts environs , tout cela lui appartient encore. Aussi vous voyez toutes les rues, les places, et jusqu'aux traverses, toutes portent quelques-uns des noms célèbres de la famille de sa grâce, tels que John, William, Francis, Russel , Tavistock ou Bjedford.
Le licencié n'osait plus dire un mot. Chacune dés réponses de Dublason avait augmenté son étonnement. En continuant de marcher, nous nous approchions de l'ouest de la ville, où se trouvent des propriétés féodales presque aussi vastes que celles que nous venions de traverser. La première que nous rencontrâmes fut celle de la famille de Cavendîsh , dont le chef actuf l porte le titre de duc de Devonshire. Le docteur, à qui le plaisir d'ctre cicérone faisait oublier le sommeil , la fatigue , et jusqu'au plus court chemin par lequel on put aller de Bedford -square à Codent" Garden^ nous accompagna
presque jusqu^au Tumpike de Piccadilly^ en nous faî-^ sant remarquer tour-à-tour les malsons , les rues et les places , et en ajoutant tout de suite (car son ardeur lui faisait faire la demande et la réponse ) : Ceci appartient à lord George Gavendish ; ceci est au duc de Devonshire j ceci est au duc de Devonshire ; ceci est à lord George Cavendish.
Après les terrains de Cavendish, vinrent ceux di) comte de Grosvenor, et même en dehors du Tumpike , nous vîmes des places publiques et des rues entière» appartenant à un seul de ces individus qui réalisent en Angleterre les prétentions du marquis de Carabas.
« Peste soit des grandes propriétés ! me dit Amirau, après que le docteur eut pris congé de nous à Tentrée de Grosçenor^ place. Que peut-il donc rester pour placer les capitaux des négocians ou des petites fortunes des particuliers , quand un si petit nombre d^individus sont maîtres d^une si grande surface de terrain ! J'étais devenu un peu anglomane ce matin , m'en voilà tout-à-fait corrigé ce soir; pour vouloir être Anglais maintenant, il faudrait que je m^appellasse Bedford , Cavendish ou Grosvenor » !
Pour s'expliquer l'accumulation de cette prodigieuse quantité de biens, et de biens si précieux dans les mains d'un seul homme , il faut connaître les lois pai*ticulières qui régissent les fiefs.
Les officiers normands qui accompagnèrent Guillaume le Conquérant , reçurent, après la conquête, des
donations consistant principalement en terre$ , parce got to0
qu^à celte époque , les villes étaient peu considérables , iers. ^^
et les châteaux n^étaient que de vieilles masures entou- t\z ^*
rées de remparts. La propriété de ces terres était iaa- rrec ^'
liénable ; mais on pouvait les louer pour un certain l)àlVfoe^
nombre d^années , moyennant unç somme une fois payée, \ircs 1
et sans préjudice de la redevance annuelle à laquelle 6%'^^
elles étaient soumises en vertu de leur origine féodale. tîiso
Peu à peu les coutumes relatives à ces propriétés, <p*^
se convertirent en lois ; et lorsque les basons , et plus ^
tard les pairs d'Angleterre , eurent reçu de leur sou- sd
verain des terres également à titre de fief, il les loué- es
rent, comme cçla $e pratique aujourd'hui , pour le terme rc
de quatre-vingt-dix-neuf ans. "^ c
Pendant ce temps, le locataire est censé propriétaire
du terrain ; mais cette propriété ne lui donne aucun ' n
des droits attachés à la propriété véritable , à cause de la redevance féodale qu'elle paie tous leç ans au seigneur.
Au bout de quatre-vingt-di:ii:-neqf ans , non -seulement le fonds appartient de nouveau au pair dont il porte le nom ; mais encore tout ce que \e locataire y a ajouté rentre également dans la possession du pair.
Pendant que la ville de Jiondres était encore trèspetite, les terrains environnans avaient été affermés de cette manière ; et , au bout d^une pu de plusieurs périodes de location, Londres ayant doublé ou quadruplé d'étendue , il en est résulté que ces terrains se sont trouvés couverts de maisons magnifiques, lesquelles
DE LONDRES. Hjt
sont tombëes dans la possession des propriétaires fonciers* Aujourd'hui il reste encore dans le beau quartier de la ville quelques espaces sur lesquels on peut bâtir avec beaucoup d^avantage. Plusieurs entrepreneui^s de bâtimens se présentent , chaque jour chez les propriétaires , pour leur demander des baux de quatre-vingtdix-neuf ans. Les prétentions de ceux-ci doivent être en raison de la valeur que leur terrain a acquise depuis qu^il est enclavé dans Fenceinte de la capitale.
Dernièrement , le comte de Grosvenor osa demander seize livres sterling par pied carré d^un terrain situé entre Piccadilly et BeMey-sçuare ^ et cela outre une redevance annuelle proportionnée et le droit imprescriptible de rentrer, au bout de quatre-vingt-dix-neuf ans , dans la possession du fonds et des maisons dont il serait couvert. Il paraît que , malgré Textravagance de cette demande , il s^est trouvé des entrepreneurs assez fous pour traiter avec lord Grosvenor.
Quelles immenses propriétés! et partant quels immenses revenus ! Une pareille législation ne doit-elle pas donner aux pairs à Tavantage desquels elle est faite. Si l'on refléchit qu'outre les terrains qu'ils possèdent dans Londres , un grand nombre de pairs ont; encore dçs maisons de campagne , des châteaui^, et pne immense quantité de propriétés rurales qui s'afferment d'u^e msunière aussi avantageuse que les terrains de Londre$ , on s^explîquera comment certaines grandes familles 4'Ang'e- Itrre ont des fortunes si considérables.
X^l. DIORÀMA
Le grand-père du duc de Bedford actuel étaîl certaînement fort riche , puîsqu'outre les immenses revenus qu'il avait déjà, il en ac(pit de nouveaux;, en afl'ermant pour quatre-vingt-dix-neuf ans tous les terrains que Dublason nous montra ; mais de tombien cette fortune nVl-elle pas dû s'augmenter , lorsque la pe'rlode de quatre-vingt-dix-neuf ans étant terminée , le petitfils est rentré dans la propriété totale des maisons bâties par centaines sur le terrain qui avait été afferiné par son ayeuR
L'on assure qu^aujourd'hui le duc de Bedford a enfrc six et sept millions de francs de reyenu annuel. Le duc de Devonshire en a presqu'autant que lui; et il est plus riche , parce qu'il est garçon , tandis que le duc de Bedford a une famille nombreuse.
Ces deux seigneurs donnent de temps en temps des repas qui rappellent aux érudits le luxe gastronomique de Crassus , et des soirées qui auraient paru splendides même dans le palais de Crésus. Pendant la saison des plaisirs , le duc de Devonshire fait souvent venir dans ses salons l'opéra italien et le ballet français du théâtre du roi.
Trois ou quatre fois la semaine, les environs de son hôtel sont encombrés , pendant toute la nuit, de plus de voitures qu'il n'y en ait jamais eu sur le quai Malaquais dans le meilleur temps de M. de Gazes.
Hommes et femmes, maîtres et valets, tout le monde trouve à^ boire et à manger dans les salons , dans les
Bfe LOKDKES: S'^S
^tîchâmbres et dans les cuisines du noble lord. Les princes de la famille royale , des princes et des souverains étrangers voyageant incognito en Angleterre , ont assisté plus d^une fois à ces brillantes réunions. Uon ne dit pas si TAmphitrion millionnaire a trouvé le moyen d'amuser tous ses visiteurs , et de leur faire passer les
nuits sans bâiller Immédiatement au-dessous de ces
deux fortunes colossales , il y en a un très-gi*and nombre qui, quoique un peu moins considérables, peuvent passer pour assez honnêtes , en prenant celte expression dans le sens qu'y attachait certain archevêque de Strasbourg; qui prétendait qu'avec quinze cent mille francs de revenu , un honnête homme ne pouvait pas vivre.
Plusieurs pairs d'Angleterre font plus de train que maint et maint prince d'Allemagne. Us ont des équipages de chasse plus dispendieux , des galeries de tableaux plus riches , des domestiques plus nombreux et plus brillans que les margraves et les grand ducs n'aient jamais osé s'en donner.
Lorsque le duc de Northumberland est à sa maison de campagne dans le comté septentrional qui porte son nom , il a un nombre de domestiques hors de livrée, suffisant pour que chacun des membres de la famille du duc résidant dans le château en même temps que lui , et chacun des visiteurs qui y viennent chaque jour en très-grand nombre, puisse en avoir un qui se tienne debout derrière lui lorsqu'il est à table , et prendre $ts ordres partout ailleurs. Ces domestiques hors de
^74 didrama'
livr^ sont presque comme les dpmesliqnes des princes ; il premient le titre gmilemaa , et ont à leurs ordm une multitude de domestique^ à livrée.
Le ^nombre total des uns et des autres se montait Tannée dernière à soixante-dix. Outre ceuK-là ^ il y en avait au moins autant qui étaient répandus dans les différentes propriétés que le duc possède dans d^autres comtés, dans Londi*e$| ou dans les environs,
Daprès Timmense étendue du cominerce britannique, ly, , on peut bien se figurer qu^il y a dans l'Angleterre beaucoup de fortunes commerciales rivales de celles de la noblesse. Mais Tinfluence de Taristacrasie est telle, que les négocians enrichis n^osent jamais afficher Je Iqxe es pairs. S'ils ont un peu d'an^ition de briller , il faut qulls commencent par se faire pommer membres k parlement. Le titre de cmimoner est une sa vonette à vilain , qui nettoie parfaitement la crusse commerciale. FFhithbready qui était brasseur, Slieridam , qui avait Àc comédien , furent appi^lés esçuires aussitôt qu'ils fureot nommés membres de la cbfunbre d^ communes*
Le plaisir de siéger au parlement et les avantage qu'en tire la vanité ne s'acquièrent pas à peu de frais. Les nobles qui veulent pousser les cadets de leur famille dans la carrière de Tanibiltion , le savent aussi bien que les marchands qui aspirent k i^ faire honneur de la fortune acquise dans le Commerce... A moins qu'oQ n'ait on caractère déjà connu par 4e$ écrits ou par des actes â« iibéralbme on^ 4f radicalisme ^ ,^^trei^ent dit ^ quand
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DE LONDRES. ayS
m esl obligé de payer les voîx qui vous envoient à là représentation nationale , et c'est Je cas le plus ordinaire pour les députés ministériels , il n'y a pas une élection qui ne fasse débourser au candidat ou à ses amis cinq ou six cent mille francs.
Nobles ou roturiers , les cnfans des familles riches s'entendent mieux que leurs pères à dépenser l'argent. Cette disposition naturelle à la jeunesse s'observe en Angleterre , comme dans tous les autres pays.
Il est évident que les parens qui comptent leurs revenus par millions , ne peuvent se dispenser d'allouer, par an , une assez forte somme pour les épingles de leur$ demoiselles , et pour les, menus plaisirs de leurs enfans mâles.
Plusieurs de ces derniers servent en qualité d'officiers dans les régimens de la garde , et particulièrement dans la cavalerie. Le régiment des lanciers est le plus renommé de tous pour les folles dépenses des officiers qui le composent ; il leur arrive souvent de faire des déjeuners à vingt-cinq livres sterling par tête. On ne sera pas surpris d'après cela d'apprendre qu'un jeune lioname, qui était entré dans ce corps avant d'avoir suffisomment calculé ses moyens , fut obligé de demander Une mutation dans un autre , attendu qu'il n'avait que quatorze cents livres sterling de revenu ; c'est-à-dire , trente cinq mille francs par an , outre l'énorme paye que reçoivent les officiers de cavalerie anglaise!
C'est sans doute par les sémestriers de ce régiment
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de lanciers que sont fréquentes Clareridon hoiel ti plusieurs autres hôtels garnis de Bond-StreeL On peut le supposer d'après les habitudes des domestiques ; ceuxci s'estimeraient offensés et jetteraient Targent avec indignation y si ch<icun des locataires ne leur donnait pas au moins une livre sterling de pour boire pour chacpe semaine qu'il aurait passé dans Thôtel !
Si ce n'est pas par les lanciers eux-mêmes , c^est sûrement par leurs mamans ou par leurs maîtresses qu'ont été gâtés certains pâtissiers et certains fruitiers de Londres.
Au mois d'avril dernier, époque où certainement il n'y a en Angleterre aucune espèce de fruit , excepté ceux que l'on fait venir artificiellement dans les serrés chaudes , et la précieuse groseille à maquereau que l'on conserve en confiture pour en faire des tartes , le docteur Dublason, poussé par une libéralité extraordinaire, nous avait menés chez un pâtissier d* Oxfort-Streei ^ pour nous faire goûter les pâtisseries et les glaces anglaises. Amirau trouva les unes et les autres au-dessous de leur réputation ; le docteur piqué voulut l'obliger à convenir qu'il y avait en Angleterre des choses qu'on ne voyait pas en France , et il lui présenta un petit panier rempli de fraises ananas.
Elles étaient d'une grosseur monstrueuse, et leur couleur était vraiment appétissante. Ces deux qualités, ainsi que l'étonnement de voir de ce fruit mûr dans une saison encore si peu avancée , nous engagèrent à j
goûter. Chacun de nous prit une fraise , etBublason , en nous imitant, se tourna vers le pâtissier pour lui demander le prix du panier. Je crus que la foudre Tavait frappé lorsqu^il Tentendit prononcer : three guineas sir\ trois guinéesl répéta-t-il d'une voix sépulcrale, et il déposa le panier à Tendroit d'où il Tavait pris d'à-* bord.
Tout n'était pas fini en renonçant à nous régaler d'une primeur si coûteuse. Le nombre total des fraises contenues dans le panier n allait guère au-delà de trente; Dublason calcula tout de suite que les trois que nous avions mangées formaient le dixième de ce nombre , et que , par conséquent , ce serait le dixième dte la somme demandée par le pâtissier qu'il allait avoir à payer.
« En trois guinées , se dît-il , il j a soixante-trois schillings, le dixième est six schillings , trois pences, ua penny ; il demeura un moment accablé , en mettant la main à sa poche pour en tirer.... sa tabatière. C'est toujours à elle que les priseurs ont recours dans les momens d'embarras.
Tout-à-coup il trésaillit , leva la tête d'un air d'inspiration , et regardant à travers la fenêtre qui donnait sur la rue , il s'écrie : C'est une marquise ! et elle est alliée à la famille des Stuarts ; j'ai vu le lion grimpant clans son écusson !
Une voiture s'était arrêtée à la porte, et une dame, qui en descendit, entra chez le pâtissier, accompagnée d'un
jeune élégant à moustaches et à éperons. Le panier de fraises fut la première chose qui frappa ses yeux lorsqu'ils commencèrent Tinspection des friandises étalées dans la boutique. Loin d'être effarouchée par le pm ^ qu^on en demanda , elle se récria sur Fextréme bon marché d'une primeur si belle et si précoce, et ordonna que les fraises fussent accommodées avec de la crème.
Dès rinstant qu'elles les eût mangées, Dublason enchanté de n'avoir à payer que la pâtisserie eè les glares que nous avions consommées avant ies trois fraises malencontreuses , se hâta de demander son bill au pâtissier, et nous sortîmes avec lui aussitôt qu'il fiit soldé.
On comprend bien que tous les autres étals qui sont eu relation directe avec les possesseurs des fortunes immenses , profitent également des folles dépenses qu^ils font toute l'année pour manger leurs revenus.
Plusieurs tailleurs et carrossiers deLondres sont aussi tiches que certains de leurs chalans. Le lectsur n'a pas oublié ce marquis qui s'enrichit en faisant de la salade; non pas, à dieu ne plaise, que je prétende confondre ce noble personnage ou son industrie avec les personnes et les professions des artissns que je viens de mentionner ! Il y avait dans notre voisinage un marchand de chevaux , qui avait commencé par être palfrenier , et qui maintenant donne i o mille livres sterling de dot à chacune de ses filles , c'est-à-dire 35o mille francs. Cette for-
ine n'aurait rien d^extraordlnaires^il Bravait quW trèstût nombre d^enfans ; mais il a dix filles » et deux irçons , qui , selon la louable coutume des testateurs iglais j seront sûrement mieux partagés que leurs Burs!
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