‹ Diorama de Londres; ou, Tableau des moeurs britanniques en mil huit cent vingt-deuxChapitre 2 sur 38 · ARRIVÉE · texte numérisé non relu

ARRIVÉE

Quelle autre cîlp , sVcrîèrent-îU , r en voyant la furaeê qui s^élevaît au-

deAMi» de yes muraîHes , quelle aulite c\i4 fi4l ^a(9 i cttif grande eltl !

lEt tife l «t irîtc! dis- je, à mon compagnon de voyage^ €n Taîdant ii descendre do lit où les angoisses da vomis-' sèment l'avaient confina; venez saltier le rocher de Douvres et les câtes de rAngleterre. -«^ Que le diable l'emporte avec tons ses paquebots ! me* rëpondit-il d'abord ; et cependant comme la doidenr n'avait pas tout-à*fait amorti sa cnriosilé/il remonta avec moi sui^ le tiUac on la fratcbeur de J^air eX la modération du rdu^s le mirent bientôt ii même d'observer à son aî^ie ce qu'on découvrait sur les côtes et ce qui se passait auprès de nous. Là, tout était plus vivant et plus animé que de coutume : les manœuvres se succédaient avec rapidité , les matelots cb;mtaient pour les exécuter avec ensemble^ tandis qiiè le capitaine jurait dsms son portevoix. Ceux dès passagers (et c^étak le plus grand nombre) qui rentraient dans leur pays après une absence de trois ou

quatre ans, avaient oublié tout à coup le flegme bri« tanQique qui leur avait fait garder le silence et le repos pendant toute la traversée. En apercevant le château de Douvres, leurs yeux étaient devenus brillans, leura gestes animes ; ils se I^ montraient les uns aux autres ou le décrivaient à leurs enfans qui étaient trop jeunes pour se souvenir de ce qu'ils avaient vu en partant. En approchant de leur terre natale, l'enthousTasme les avait rendus bavards et grimaciers comme des Italiens.

Les femmes qui étaient h bord faisaient une toilette impromptu pour emporter sur elles les chapeaux de paille, les plumes, les bonnets garnis de fleurs, les robes ^ et les autres chiffons de fabrique française sur lesquels il y a des droits équivàlens à une prohibition complète. Plusieurs profitaient de ce moment p^ur cacher sous leurs jupons ou dans la fotTÙe de; leurs chapeaux des gants ou quelques aunes d'étoffes de soie qu'elles voup laient passer en contrebande. '• — ik Voyez-vous, me disak ad ÂBglais avec lequel nous aTÎohs lié connaîsâanoe âans la diligence de Calais:; voil^ l'avantage qu'on a ilans nos douanes; la personne d'un voyageur, et su«^ loul quand c'est un voyageui* femelle, est un objet sacré, aueitn douanier n'a le droit de la visiter; aussi tout .ee que vous pouvez emporter sur vous est à Tabsi its droits et de la saisie. En parlant ainsi; il chargea ses épaules d'un carrik àe plaid écossais dont toutes les poches 'étaient bojEirrées de roùleaiix de Utographios Jrançnises; Gomme le i paquebot était déjà arrêté daiis.

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k port, les employés de la douane nous signifièrent que nous pouvions aller à terre avec ce que nous avions sur nous, mais que nosbagages devaient restera bord d'où on les ferait transporter en sûreté au bure.'^u de visite. Deux de ces employés se tenaient au bas de l'échelle - par laquelle les passagers mbntaîeut sur le quai. Si leurs mains étaient tranquilles, leurs yeux suppléaient comme il faut à l'inactivité de leurs mains; il paraît même qu'elles ne résislaient qu'imparfailemcnl au désir de palper, cai^ au moment où mon ami allait mettre le pied sur le premier échelon , il sentit dans la poche de sa redingotte un mouvement insolite avec diminution brusque de poids, et en se retournant pour voir ce qui se passait, il aperçut à la main de l'un des doua-* niers une bouteille de Cognac que nous avions apportée pour nous garantir du mal de mer. Je vous demande pardon , dit l'employé en regardant au travers du ven^, cette bouteille allait tomber, et j'ai tendu la main pour Tempecher de se casser... Et parbleu, ajouta>t-il, après y avoir fait une longue accolade. Dieu, me pardonne, c'est de l'eau-de-vie française. Jack, voyez plutôt si je me trompe; et il passa la bouteille à son camarade qui, à son tour, l'appliqua sur son bec. — Goddam, dit-il, ea » essuyant avec le dos de la main, vous vous y connaissez! Six shillings de droit sur un pareil liquide! — Six shillings , s'écrie l'avocat en arrachant la bouteule au douanier* — Vous ne vous en seriez pas tiré à moins , Biais il ne vous en coûtera rien parce qu'elle n'est pas

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pleine — Insolent! vous tous imaginée pewt-êti'e quejc vais la garder pour boire vos restes! et^ à ces mots, modérant assez sa colère pour ne j^as la casser sur la {igure du douanier, il la brisa en la lançasil avec force contre la muraille du quai.

Nous n'attendîmes pas long-temps avant d'avoir un autre échantillon de la loyauté des douanes britanniques* Nous avions pris gîte à l'hôtel de Paris, «t EUiot (rAn»»^ glais aux litographies), qui y était arrivé presque es même temps que nous, ordonnait les apprêts d'un beef*^ steak et d'une demi-douzaine de côtelettes au moment où nous vîmes entrer dans le parloir un des deux em-» ployés si experts à déguster les liquides. Il avait suivi Ëlliot à la piste , et soupçonnant quelque marchandise de contrebande au balancement extraordinaire des po^ chesde son carrik, il s'était introduit dansThôtel pour vérifier ses doutes. Je ne me trompais pas, s^écria-l-il^ en s'asseyant sur une chaise sur laquelle F Anglais avaib jeté son carrik, il y a ici quelque chose cpii paie ded droits; et le propriétaire aura à me suivre à Titistafitaa bureau de visite. En parlant ainsi, il avait endossé le plaid, et se préparait à sortir lorsqu'Ëliiot, doublement surpris et de sa découverte et de ses procédés étranges,^ lui barra le passage^ et se mit en pt)sition de le boxei" s'il faisait un mouvement de plus. Ëlliot était grand et vigoureux ; le douanier en voyimt à ses poings robustes que le combat ne pouvait être à son avantage, ôta h carrik de deastts s(^ épauks^ en se contentant idt pt^nd^

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les Utographies ; puis ôtaot son chapeau et parlant ffua loD plas que poli, il fit entendre que son devoir Tofali-» ^eait à porter les dessins à la douane, mais que le pro^ prictaire en serait quitte à bon marcIié, attendu que le» droits sur ces sortes d'objets étaient très-mo^i'és.

£liiotse laissa prendre à ces belles paroles, et le suivit AU bureau... les litographies valaient à peu près quarante ou cinquante francs; il aima mieux les perdre que de payer cent cinquante fr. de droiis. INous le vîmes revenir aa bout d^un quart d'heure, jurant comme un tnarin^ et rék^actant par d'amples malédictions leséloges qu'il avait donnés prématurément aux douaniers de sa patrie.

Quand oto arrive pour la première fois dans un pajs étranger, et surtout dans un pays qui diffère autant da sien que l'Angleterre didère de la France, les preaiièt«$ heures du séjour fournissent aux yeux et aux oreilles une telle quantité d'impressions neuves, que l'esprit n^a le temps d'en enregistrer qu'une bien faible partie^ Lcé pertes que nous faisions en ce genre nous étaient peit sensibles, parce que nous étions sûrs de tjotîs dédoni-imager ;smp1emenl aussitôt après notre arrivéeh Londres. Kous ne fîmes donc attention ni à la formé des maisons d« Douvres, ni à la manière dont ses nie«sont ëcLi-^ rées,ni à la voix des crieurs de nuit, ni à la manière diMift ie souper fut composé et servi, ^us indius înquîftâiiies peu dVtre pris pour les pluisi sauvages de tous ksFraA^ ^ij^, et pair la demoiselle de la maiàdn dont les y^x sg^çana sont célébrée à Londres , et par ta seîr vanté de

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rauberge, qaî souhaîle à tous les voyageurs des bonsoirs d^une longueur étonnante. Mais nous ne pûmes , soit dit par anticipation , nous empêcher de remarquer la différence prodigieuse qu'il y a entre la valeur de Targent fr^çais et. celle de la monnaie anglaise.

Après avoir dormi tant bien que mal sur des lits plus durs que le tillac du paquebot, nous allâmes faire une promenade niatinale sur le rocher de Douvres; et, parvenus à la hauteur du château, nous jouîmes de la vue des

côtes de France. La partie qu'on en découvre a le même aspect que celles de F Angleterre qui lui sont opposées; c'est toujours le même terrain crayeux, et par conséquent la même couleur blanche. Ce n'est ni Calais ni Boulogne qu'on aperçoit, ils sont tout-à-fait au niveau de la mer ; mais le soleil levant nous permit de décou-^ vrir parfaitement tous les plans de collines composant le promontoire qui s'avance dans la Manche entre ces deux villes. — Que ,cet espace est étroit en comparaison de l'Océan! me disait mon ami en fixant ses regards sur la Manche ; et cependant qu'il est difficile de le franchir lorsqu'il est défendu par la haine des deux.nations! Un guerrier osa tenter cette actipn périlleuse. Ceux qui ne jugent d'une entreprise que par le succès , ont affecté de n'y voir qu'une bravade impuissante ou qu'une expédition d'aventurier; et pourtant ses juges les plus naturels, les hommes dont elle menaçait la terre et la libellé, éludèrent une lutte directe. Ils opposèrent les menées diplomatiquçs et les guerres continentales à une expé-

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dUioa qoi leur âonnak des ava&ta^e$ immenses si «lie avait échoue ! Ils n'espéraient donc pas avec leur mille yaisseanx .pouvoir anéantir et Napoléon, et ia fikis belle armée, et la plus grande flotte que la France ait jamais possédée. — Mw ic^r ami , dis-je en fierrant la main dn licencié , je pense co«me vous; lEnaîs noua avons encore .plnaieurs choses à faire avant de partir. Aventuriers plus heorenK que nos prédécesseurs, nous avons pasj^é la Manche, et nous , prétendons arriver « Londres avant la (m de ce jour; ne nous laissoiis Jf» arrêter par un ohstade aussi misérable que Je :dhâ(eali de Douvres ou les dhicanes des d<>uaniers.* Nous Mtmi {>rès d'un escalier creusé dans le roc et d'moie quaraur «takie de toises de profon^ur , qui nous fera descendue verticalement au niveau de la ville, et non loin du bureau de la douane... — Descendons.

£n attendant noire tour de visite,. nqus échangeàm^ à r^£(0»-C^/^^ nos passe-ports contre des certificats, sur lesquels, outre plusieurs locutions françaises que nous n'avions jamais entendues en France , mon ami me ifit remarquer que Fon avait changé :1a couleur de mes yeux, c'est-à-dire, que le commis, avait traduit le mot français bku par Â/a^ ^ , qui veut dire noir eh anglais. Enfin, nos effets furent visités, nous retournâmes k rhôtel de Paris pour déjeânec, et nous restâmes tranquillement à tàible jusqu^à ce que le piétinement des ehevaux^t ie bruit d'une diligence qui s'arrêtait à la porté, nous eussent avertia qu'ils était temps de rcompter avec l'hôte.

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Ce fut alors que nous apprîmes çuîd vaJeat nummuf; quem prœbeat usiun. it passe sous silence ce que Toit nous fit payer pour les deux repas que nous avions pris à i^hôlel et pournotre lit ; c'était à peu près le triple de ce qu'on demande dans les auberges françaises où les voya^ geurs sont écorchés; mais des Anglais qui étaient a vee nous nous assurèrent que c'était extrêmement modéré. Le compte du mouvement des effets était la partie la plus co' rieuse. Un portefaix^qui tenait le haut de Téchelle quand nous étions sortis du paquebot, était porté pour un shilling ; la même somme était allouée à un autre qui avait transporté lès effets du paquebot h. la douane ; encore un shilling pour un portefaix qui avait transporté les effets de la douane à Fhôtel; et comme c'était un shilling par paquet qu'il fallait payer, le licencié eut à payer double tous les frais de mouvement, parce qu'outre un petk porte-manteau, il avait un carton ficelle dans lequel était renfermé son chapeau. Il fallut payer un autre shilling à une espèce d'officieux à perruque rousse, parlant moitié français moitié anglais, qui était venu à l'hôtel pour voir si nous savions le chemin de la douane. Un shilling fut encore donné à chacun des domestiques. deFhotel, et nous ne cessâmes enfin d'en débourser que lorsque nous eûmes payé des pionniers qui suivaient \st diligence, et qui aidèrent le cocher à y placer nos ba-» gages. Si l'on &it attention à la nature des services que nous étions obligés de rétribuer d'un shilling, on verra que cette pièce de monnaie , qui ne vaut pas aujour-^

à^hxn moins de vingt-cinq sols de France, ne fait pas en Angleterre plas d^ effet que cinq sols en deçà de la Manche.

Plaie d'argent n'est pas mortelle, dit-on, aussi nous résignons-nous sans murmure ! nous avions entendu dire que les dépenses étaient énormes dans ce pays! Que sont quelques schellingsen comparaison des guinées que nous allons semer dans la capitale de l'Angleterre! mais nous aurons vu Londres, nous pourrons parler toute la vie de cette ville si grande , si extraordinaire ! BOUS roulons sur le chemin qui y conduit , et ce soir....« dans quelques heures nous boirons l'eau de la Tamise ; nous parcourrons des rues éclairées par le gaz hydrogène! Londres occupe notre ame toute entière, nous ne parlons que de Londres... Nous ne mettons que rarement la tête à la portière pour voir le pays que nous traver- ^ sons. Le comté de Kent est peu pittoresque ; d'ailleurs, quoique le mois de février soit très-doux celte année , les arbres sont encore dépouill*^;»' -de leurs feuilles. Les pieux des champs de houblons ressemblent peut-être à une moisson de thirses; mais il leur manque le pampre, et le houblon ne repoussera qu'au printemps. Çà et là , quelques bouquets d'arbres verts ou quelques mu* railles chargées de lierre, décorent les jardins ou le ma* soir gothique d'un lord ou d'un esquire provincial.

Nous traversons Cantorbury si rapidement que nous .avons à peine le temps d'entrer dans sa cathédrale, et de visiter la chapelle où sont les armes du Prince Noir,

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nous la réverronâ à Paris : le Diôi^ma sera lyàvert & fid*

Ire retour Nous galopons à Rochester tm dîne^

passablement bon et passablement cher.... Du pont qui sépare cette ville de Chatam , nous apercevoi^s une Quarantaine de vaisseaux de ligne désarmés et enduits d^inë peinture jaune qui doit les garantir de la pooriitûre. ÏIs dorment dans la rivière Medway, comme les baleines à la surface de TOcéan boréal; et, comme elles, ils se réveilleront et déploieront leurs forces au moindre trouble qui se fera sentir sur la mer. Quarante gro^ . vaisseaux! cela vaut la peine d'être vu; mais îl y en a 'des milliers à Londres, de toutes lés grandeurs et de tous les pays; d'ailleurs, on est ^i bien dans cette dilî* gence ! elle est suspendue à merveille , et ses quatre (ibc- Vaux nous entraînent aussi prompts (jue les vents!

Le pays change d'aspect; une plaitie a succédé auï collines qui séparent la vallée de la Medway de celle de la Tamise; j'entends nommer le parc de GreenMrich; nous ne sommes plus qu'à six milles du pavillon qui jQotte sur Mansion-House... Le soleil eët couché, le crépuscule du soir ne nous permet plus de distinguer , que vaguement, les objels que nous traversons... Enfin, il est nuit close quand nous arrivons aux premières maisons du bourg de Southwarck !

Mais l'obscurité ne se fait pas éentîr dans cette partfe de la ville : des flots d'une lumière vive et scintillante^ briUent de l'un et de l'autre côté de la rue. Depuisl'o- 'bélisque routier jusqu'à London-lBridge , c'est-à-dire ^

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pendant une deml-Iieue de chemin , le ^z hydrogène brule et 4ans les lanternes de la rue et dans les lampes qui éclairent les boutiques. Mais, soit que sur le pont de Londres il soit plus difficile de conduire les tuyaux

W^àn gaz, ou que Fadministr^tion d^une ville ait toujours PQips d^ardeur à profiter des innovations utiles que le^ l^ntreprençiirs particuliers , ce pont n'est encore éclairé

. que par Thoile 4^ baleine; et , en vérité^ quoique les laa^p«s j soieQt extrêmement multipliées , puisqu'ellea

P qe sont pas à pins de deux toises de distance , et quMl y 0n a de f^haque côté , la lumière qu elles donnent est si triste , qu'elle produit sur toute la partie de la rivière

I qu'on peut apercevoir , TefTet des ténèbres visibles de Milton. Il y a de la clarté tout juste ce qu'il en faut pour reconnaître combien l'obscurité est profonde! Elle se dissipe aussitôt qu'on a passé l'eau : tes printipales rues de la cité sont éclalréqs par le gaz. On le voit aussi briller dans plusieur9«parties des rues de seconde et de troisième grandeur; d'ailleui^, comme partout le rez-de-chau$sée des maisons forme une boutique très^propre jet très-bien éclairée / la nuit ne se fait sentir dans cei^-

taines rues qu'au mo^ient où l'on ferme hs boutiques^ A la vérité , le^ boutiquiers de Londres se couchent deux beures plutôt qqe ceux de Paris.

Quand oiême on n'aurait jamais entendu vanter lar capitale de l'Ançletçrrç , du mopient qu'on y est entrée et a quelqu'endroit qu'on s'arrête , l'idée de sa richesse^ de son immensité, arrive à l'espnt par tous les sens, à

la fois. L'aîr, imprégné des vapeurs du charbon, répandi pour ainsi dire , une odeur manufacturière ; heurté , poussé et coudoyé sans cesse, on s'étonne de reconnaître pour le mouvement ordinaire de la circulation, ce qu'on avait d'abord été tenté de prendre pour une foule attirée par une curiosité momentanée. Si le fracas assourdissant des voitures ces^e un moment auprès de soi, le même bruit se fait entendre au loin, confus et monotone comme celui des vagues de TOcéan. L'idée qu'un étranger prendra de Paris sera bien différente , selon la barrière par laquelle il entrera. Par quelque côté qu'il arrive dans Londres, il se sent tout de suite dans la capitale la plus vaste , la plus peuplée et la plus industrieuse du monde.

Certes , ce ne fut pas le mêm'è jour de notre arrivée que nous pûmes asseoir un pareil jugement. Il nous a fallu bien du temps pour visiter tous Ips jcnvirons de la ville , et rentrer parles priirt^îpaux Turn-pikes. Excepté ce que nous pûmes recueillir de l'intérieur de la diligence , nos observations furent très-bornées durant la première soirée que nous passâmes dans Londres, Le licencié était si fâché d'avoir été déposé à l'hôtel de la diligence , dans une petite rue de la Cité, que j'eus toutes les peines du monde à le décider à ne pas allei- se coucher sans faire un tour de promenade dans (^apside , pour digérer les pommes de terre et le beefsteak, qu'an nous avait servis à ^uper.

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