‹ Diorama de Londres; ou, Tableau des moeurs britanniques en mil huit cent vingt-deuxChapitre 29 sur 38 · D 10 RAM A · texte numérisé non relu

D 10 RAM A

Elles étaient occupées , quand nous y anivâmis, Tune par des aquai*elles de divers auteurs, Vautre par les tableaux d'un maître célèbre à Londres, soosk îiQm de Martin.

Les dessins an lavis sont , en général, fait& d'une ma* nlère très*large , et par conséquent peu finis ; ce qui est peut-être un défaut pour des ouvrages de petik dimension ^ et destinés à être vus de très-près^.Cepço-* dant,, leur effet est presque toujours satisfaisant. On yçrra dons la suite de ce chapitre , que cette cibservation est ice qu^on peut dire de plus généralement vrai sur Tetat présent de la peinture en Angleterre* Martin, puisque je sui^ si prè& de seç ouvrages , sera Je premier avtiste auquel jj^eu ferai rapplication^

Accoutumé à trouver des détails finis dans les tah bleaux de genre, j'allais inettre mon nez sur, les.siiWf #1 j'étais fort étonné de nj rien dîstii%uer. Tout était ^agqe ou désèncbantevr ; je ne vopis que des ço^Ieors insignifiantes ou la trace grossière du pÂm^au*» Ce n^é^ tait qti^en reculant de plusieurs p^s^ qne je cammençaiis à jouir de l'illusion de la peint we^ fi à ret osniaitrQ 11 sujet qu^elle ayait mis en OBÎivre^ ^

* Martin a une prédilection toute particulière pour les scènes oîi le feu joue un rôle pi^incipal; Habile à Jonnei à son coloris .. un vigueur prodigieuse , il rherchelcs effets capables de le faire ressortir.

Sur sii( tableaux qu^il avait exposéîs / quatre repre*

DE iOSiARfiS, 3g3

sentaient âes sujets de ce geor^e. LVruptieo du Vésuve, qui cau$a la mort de Pline ; le Festin de Belçha^r , éclairé par jl^es lampies et par la lueur répandue aui^ur de Tinscription menaçante qui apparaît jsur le mur; Macbeth, à I? tète de soi^ larçEiée , gu ^loipeùt pu i| rencontre les sorcières au milieu des é^aii*s : tels sont les trpis qpi /^ttirèrept d^abprd notre attention,

Avant q^e Dubjiason nojas en fit Téloge pompeux , dpnt il ^ CQutame jd^acçcHçpiaglier presque tout ce qu^il ppus ng^ntre , nous avions reconnu dans ces tableapx , |>eaucoup;de férité daps r<ensemble, uj^e chalet de £p]orr$ tf^i^ à fait en harmoqie a?ec les sujets, i)n peu. d^incorrection dans le dessin, conséquence de la manier^

J^rgjp.d^t l>tf^ tfai^ilje, :

})ans lé ^j^i^iude Belchaz^ ^daps celui de |tlacr^ beibf.les pa^îon^iS^s sont gr^ua^ 4'up d^çii-pied; dans réirupUQIlduyésuye, il^ sppt béapicpup pln^ p^ûi^f p^^q^^.vtçl^ méinç. pand^pr de toîle , i} fallait eja^ brasser un espace île terraio l^aup0up plus cpiisidérable. Mais ils r^gf^gnjept pap le ofOiobre , ce qu^iU QuX perdu par la taille; leurs groupes sppt 0^ P^^P^tpa^

flm ^niiw's; Iç trpwbl^, Iqi ft^'^jr^r^ If cQpr^tge., le 4ésesppif #t,tous le^ aiptrçs sefllimens qui dpji.t<ÎPf Ter gner à Ja fl^iMstr^i les Qpiobrieqîi ,tétnoins dpn pareU il^stre ,; s4vbabilemeQt. caractérisés. Ce^qp'îl y t^ dç {dos cemarqudbk pncprfs i fiarfie que ç^est^ x^eli^ surtout que s'exerce le talent de l'artiste , c'est reflet que .1^ yiyecilaflé du T^lçan prpdajl: ^if jf ^ Y^^meus 4e^dî-

verses eonkurs, sur les arravares , stir la campagne , sur la mer, etc.

Le quatrième tableau , dont le sujet a quelque analogie avec celni-cî , et qui lui ressemblé^ encore par la petite dimension des personnages , en est bien loin pour le mérite de relécutîon.

Pendant que nous nous en étions' approcbéfi f et que nous e't ions assis pour Texaminer plus à nôtre aise , un homme à gros ventre , à teint rubicond , à jabot flottant , à larges guêtres grises , en un mot , le beack idéal d^un Cockn^y, s'était placé à cm:é de nous , et donnait à un de ses voisins , Pexplic^tion du ta*" bteaû. \

Cette composition , luidisait41 , retracé uHie cMas* trophe arrivée dans Londres , et à Focca^ion de laquelle en a élevé la colonne zi^^lée ffiihg^MéP^meni. y or}$ devez reconnaître là , la Tamise qui traverse la villes Cet édifice iinalense que 'vous voyez dans ' le fond , est la basilique de "Saiât-Paul ; le elot^bet* , surmonte d'tti dragoil , est réalise /dé Cfye^sidê\ près 4e laquelle se IrouVe ipa maison. .. .

Afnirau pettsa éclater de rire en écotirtant ces perdes. 11 s^en fallut de peu que je ne ricanasse âu^iy €|r jV vars entre les mains 4ë progrëmme où ayp^uvaiit rex- |iliéiarîdn'du't«ibleau. Le doètéur , plus «narltâdile que nous , ne rit poifitt ^ ^t votiliit til:«r rbonnêter Cockaej 8e son erreur. '

ib^jtourpûrdvHy sir\ hit dit^fl^ car e^esttoujours pot

D£ 1/0 NMiES. '397

fCièUe exprcsaioti qae 1-oâ entâine la eonversâiion avec oses TOtsins , qu«ind on sne veut pars 'leur parler de lii pluîe et du beau temps. Votre maison ne peut pas se trouver dan^cçtié ville/ et ç^efit fort heuremc pour TOUS, f:ar il;y ^ loivSH^ >^w^^ quSe'vous ^e seriez plus au mpnde. ^— Comiaent » Vous croyez que je ne reconnais, pas inaparc^kst. — Ce que vous ,{wené&; pour h girouette de t%lise de Gbeapside , y ressemble un ^eti à la vérité ; c^est à peu près la forme des ckimùtes qui servent de supports aux annes demhrd Mayor^ ,e\ par conséquent de la cité . de Londres \ mais c^est Tidele , adorée parles Chaldéens;, sous le nom de Drqgonél^ JteL Vous avez lu la Bible , sans doute, vous rappele4'vous Tappendice de Daniel.. .< .?

— Comment, ce n'est pas là le n^gîment .des E^o^-* sais qui se distilla en éteignant rincendiç...] Yoy^ leurs jambes nues , leurs jupons c^oa|ttS: et} jesplifiaeS: (je leurs bonnets. Comment , ce n'est pas là le lord Mafor? Voyez sa robe rouge!

— £h non, sûrement! Ce sont des soldats p«^'- «ans qui arrivent ; c'est le roi de Babylone qui>se désole au milieu de ses femmes et ,àe ses trésors. . . • Ct que vous prenez! pour Saint- Paul, est la Tour de Babel.. .! Lequel de vos ponts voudriez-vous que ce fût , si celte^ rivière était la Tamise? Voyez la. manière dont ces pierres sont unies ; elles tie forment point des arches véritables. L^art de bâtir des voûtes était inconnu aqiE Chaldéens. • • •

igS bltfBtAMA

— ^^W/ Et ctt incc^âie représeaié êtmc. « . — "ioi ruine de Babylone , ainsi qn^eilè a été prophétisée par. ... •

Le docteur {irénak tant de ptaisîf à fâifê étalagé et son érudition , quHI oubliait que n6us avions à visiter Sommersèt 7 housii Nous rintertompimes au milieb d^une phrase, et nous rentraînàmes sans lui dcnoner le temps de prendre congé dû voisin qu'il àvàit A 610 instruite

L'exhibition de Somtnérset'hâusé a cela ^é commofi avec nptré salôn, qu'elle offre aux artistes, une enseigne pour faire connaître leurs noms , leurs taleAs et lès progrès qu'ils font anmieltement. (i'est un bazar qui doit profiter à la gloiils du pays qui le protège , tomme à cdie des peintres qui lé fournissent. Soos presque tous lés autres rapports , Téx^ositîon de Londi'es dîfl^re de celle de Paris.

Ici , l'on est admis gratis ; là , on paye pour entrer. Les deux ou trois salles , où l'on étale les tableau! , à Sommersét'house , ont si peu ^'étendue , qu'on est obligé dé renvoyer tous les ans , trois fois plus de tableaux qti'on n'en reçoit. Au Louvre , on a plus d'espace qu'on n'eu peut couvrir; cependant on refuse aussi des tableaux ; mâiâ on en refuse de bons ; tandis qa^à Londres on faïf du mieux possible pour nVcarter que les croûtes. Le nombre en est assez considérable , malgré cette précaution.

Au Louvre , la plus granclc partie dés tableaux exposes sont dans le genre qu'on appelle histomjite ; c'est dans les genres înfe'rieurs que les peintres anglais travaillent plus habituellement. Il n'y avait cette année à Sommerset'house que deux ou trois tableaux d'bîstoîre : tout le reste était paysages,* tableaux de genre ou portraits. Ces derniers surtout, étaient en sî grande aboti-^ dance, qu'on peut dire qu^ils Formaient à ftux seuls plus des deux tiers de V exhibition.

Non-seulement la porlrûiiùre usurpe le tcrraîn de fe peinture historique, mais encore elle en usurpe las honneurs. Les peintres qui jouissent de la plus grande réputatiim à Londres , et qui acquièrent la plus grande Tortune , sont des peintres de portraits. Lavvrence , qài n'a jamais exposé (fue des rois en buste ou en pied, dés tords Maires , des officiers généraux en habit rouge , et des amiraux en habit bleu , * Lawrence est président de ^racadémie de peinture, ce qui est beaucoup, milliontiaire , ce qui est encore mieux ; dt chevalier, ce qui passe «n iViigleterre, pour le nec plus uUra du bonheur d'uti artiste. Plusieurs autres peintres de portraits vieniient immédiatement se ranger à côté de lui ; et ce n'est qu*à distance que figure Wilkies , plus connu qu'eux en France , parce que les portraits , quand ils obtiennent les honneurs de la gravure , n'ont qu'un intérêt parement local, tandis que les gravures. de« œuvres de 'Wilkies, «nt obtenu en France autant de succès qu'yen AngleteiTe. On a regravé, et très-bien vendu à Parisj,i5p

4oO DIORAM\>

Jour du loyer , U^ Politufues de f^illage , et le Qh Maillard.

Vi^îlkîes avait exposé celte année une autre composition du même genre , que Ton dit sopf rî^ure à celles que je viens de nommer. Il m^a seiphlé qu^elU i\^\\. bien loin de les valoir. Mais à {iondres comnije À Paris , \i ^politique influe sur les jugemens qu^on a pprtés sur les beaux-arts. Le tableau en question représente le mor ment où la nouvelle de la bataille de Walterloo est reçue par les invalides de Qhdsca, }1 a été commandé par le^duc de Wellington.

Le goût des peintres anglais pour I^ portrait^ est merveilleusement servi par un autre goût qui est très- ^^ommun partout où les généalogies sont en véoératios; C'est le goût des tableaux de famille. Qu^on s^oit noble, c'est-à-dire pair», titré , c'est-à-dii'e chevalier ou baroD- T\sX\esqmre ^ c'çst-:à-dire rien, n^importe ; pourvu qu'pp $oit riche , il faut léguer son image à ses descenddps oa à s^^s héritiers ; et r^mme dans un pays pu Ji*équit2iti«A et la chasse sont en si grand honneur , les. cjb^e vaux etk chiens doivent singulièrement ajouter à riA[|poFtance des maîtres, il j a des peintres de portraits p.Qur ies cbicos et les chevaux, comme il y en a pour les e^^mes^ les sirs et les lards.

Amirau , qui mVvait laissé avec Bublason ,,pppr faire son inspection particulière de Texposit^on, vipt nous rejoindre, devant le portrait de lady 3les$iqgtou aupcts duquel le docteur, m'avait &it arrêter,.

DE LONDRES. 4^tk

<c Ehbîen ! nous dit-il , en souriant âVec confiance, com-» tnent trouvez-vous la peinture anglaise ? Pénsefc-vous que Pëcole de David ait de sitôt à craindre de se voir détrônée par sa rivale d'outre-mancKe ! Si les compositions qui ont illustré le maître et les élèves , otit été égalées ou surpassées par celles des artistes de Londres , ou cache soigneusement des chefs-d'œuvre qu'on devrait étaler avec tant de fierté ; j'ai eu beau chercher dnns tous les recoins, je ne les ai dénichés nulle part ».

i< SI c'est des tableaux d'histoire que vous demandez^ lui répondit le docteur avec un sérieux presque solennel , vous avez beau jeu à vanter la peinture française. Les grandes compositions historiques n'apparaissent que rarement à Sommer^ehhouse , parce que ce genre de peinture est peu encouragé éri Angleterre. Les églises, qui dans les pays catholiques font les plus grandes commandes en tableaux , et qui rendent familière non-seulement la pratique de l'art , mais encore celle de la composition, puisque les sujets religieiix offrent presque autant de ressources que ceux tirés de la théologie profane, les églises, dis-je, sont à-peu-près improductives pour les peintres anglais. Les protestans sont partout iconoclastes , et ce n'est que depuis peu, que les ministres anglicans se permettent le luxe d'ui^ tableau pour orner le dessus de l'autel. Cependant le talent manque moins aux artistes, que l'occasion de le faire paraître ; mes preuves seront peu noriibteuses ,' mais elles seront concluantes. Je n'ai qu'à vous rappeler le tableau

d-CiV^

qui orne la chapelle de Green^ieh, et qui représente le gaufrage de Saint-Paul sur les côtes de Malte. Une autre coinposîtîpn peut-être plus belle que celle-là et plus étonnante , parce quVUe est plus cansîçlérable et d^nn auteur plus ancien, est le Painied^hall qui occupe dans le même palais , le pavillon correspondant à celui delà chapelle.

« Si r Angleterre ne peut nommer avec orgueil qu'un petit nombre de peintres d^bistoire , quels hommes supérieurs ne possède-t-elle pas dans ce moment-ci pour tous les autres genres de peinture? Crojez-vous quecer* tains des paysages que vous venez de voir souffrissent de leur comparaison avec ceux des Watelet, desLecomte et des Mich^lon ? que les tableaux de genre , d'intérieur et de scènes familières ne vaillent pas ceux de Técole Lyonnaise ?

« Voyez avec quelle vérité sont représentés ces animaux! Ujd maqqignon anglais reconnaîtrait la race de ces chevaux , tant les caractères en sont scmpuleuseiaent observés ! Le feu seipble sortir de leurs yeux et de leurs naseaux ; kurâ muscles semblent impatiens du repos auquel ils soi^t momentanément condamnés. Enfin , il ne ipanqueraiit aux artistes qui ont $i bien reproduit la nature de ce noble compagnon des fatigues du guerrier , îl ne leur manquerait pour se placer immédiatement après Carie et Horace Yernet , que d^avoir comme eux employé le cheval dan9 des compositions histori-

DE LONDttÉS; 4o3'

Mais il eât une chose dans laquelle les pèintreâ àti^ glais ont au moins égalé Pécole de David. Ce ^ùi animé véritablement la peinture , ce qai est le signe le moiiid équivoque du génie de Tartisté , le tôlorîs en un mot ^ a t-il été porté jamais au degré de perfection où vous le vojez ici ! Quel brillant ! quelle vigueur ! et pourtant quelle vérité !

Cette femme ne vous paraît-elle pas vivante ? Le sang circule sous cette peau de lys. Il circule; mais ses oscitla* tions irrégulîères trahissent lé trouble de Tesprit. Les lèvres sont moins vermèilleiâ él les joues se colorent d\ine rongeur passagère ; uii regard moitié tiâiide , moitié confiant, s^échappe dé ces yeux aussi noirs. que sa chevelure ! Il n^était pas besoin de Rembarras singulier, qui règne dajis Tattitude du personnage pour nous dé-*; voiler le secret de sa pensée! La vanité est aux prises avec la pudeur : lady *** est heureuse de voir un Raphaël immortaliser ises traits ; mais elle né peut oublier (|u'eltft est devenue Fomiirina !

Amîrau , qui s'était approché- du portrait pour en regarder de près le travail , se préparait à répondre à la poésie du docteur en ïui renouvelant Tobservalion qu'ik avait faite à propos des tableaux de Martin. D^ta-»son , qui devina sa pensée , se hâta de continuer eti ees : termes :

« Il n'y a (|u: un esprit étirait i quanti crhi^ psMtidl ou minutieux , qjoi ose cherchet %u«l^à définitë dàis^M

4p4 bioivâma

travail dont Tenscmble est si admirable! Qa'împortcnl les moyens par lesquels on a procédé quand le résultat t$l satisfaisant! Un pinceau qui brosse k grands traits, annonce, dans celui qui le manie ^ de la vivacité . Si la manière large est une négligence dans les tableaux dont les figures sont de petite discussion, c^est une preuve de bardiesse dans les figures grandes comme nature.

On pourrait reprocher aux Anglais de négliger an peu le dessin et hi perspective pour ne s'occuper que du coloris : en cela, ils seraient précisément au niveau de certains maîtres de T école française. Mais le malbeurseraît moins grand à Londres qu'à Paris : là c'est un signe de décadence puisqu'il succède à Vécole de David , qni poussa le dessin à une sévérité si scrupuleuse ! Ici , au contraire, ce signe précède immédiatement la prochaine arrivée de l'art à s^ perfection ».

Amirau, qui d^ait trop à répliquer, aima mieux ne pas répliquer du tout , et se borna à hausser les épaules. Ce geste est très-significatif en France , et a été employé plus d'une fois d'une manière plus éloquente, que les plus beaux discours. Mais chaque pays a ses habitudes : en Angleterre on ne devine pas toujours ce que signifie le mouvement des épaules. Dublason, qui était presque complètement défrancisé , suivit la coutume anglaise en faisant semblant de ne pas comprendre le ' geste d' Amirau. Loin de lui savoir gré de sa modéra' don , il prit le silence du licencié pour l'aveu d'une dé-. faî(e et chanta victoire selon sa coutume , en prenant]

d W air d'importance une prise de tabac , et éternoant ensuite à g^*and bruit.

£n sortant de Sommerset-house et suivant le Strand ; je fis remarquer au docteur que le musée en plein vent était encore plus mal fourni dans Londres que tous les autres musées. Il me répondit que si les marchands donnaient peu de travail aux peintres pour leur composer des enseignes, en revanche ils en donnaient beaucoup à certains sculpteurs ; et il nous fit arrêter devant la boutique de tous les marchands de tabac que nous rencontrâmes , pour nous montrer avec complaisance , dés statues de bois gi^ossièrement ciselées et badigonnées comme des saints de village. Elles représentent unîfor* mcment on un nègre fumant sa pipé, ou un écossais, lè bonnet de cacique en tête , la claymore au côté , et prêt à savourer une prise de tabac.

La peinture des tableaux circulaires qui ont fait iTtie si grande fortune sous le nom de panoramas, est poussée en Angleterre , presque aussi loin qu'^n France. Un panorama de la bataiUe de Waterloo ^ qui a été longtemps exposé à Londres , avait , à ce qu'il paraît, un véritable mérite, outre le charme du sujet. Il est aujoui'd'hui exposé à Galcuta.

Un autre qui a été tendu immédiatement après celuilà , représentait la baie de Naples. La mer , ses côtes et les vaisseaux étaient d'une vérité parfaite. Il est pro^ bable que les actions des personnages qui Tanimaienf étaient également vraies , et plus vraies , selon toutcï^

io6 DIORÀMA

apparence que celles qui put été mises en scène dans k panorama de Tf^aierloo !

Qqvw^ les peiatres de panoramas ont un local particulier iQÙ ils e:!^catent leurs tableaux , la 9»\\t d'ex* positlofi xCtsH, limais (eroiée que pendant les qi^elqae^ jours néces^iaires pour démooter Tancieh et tendre le pouveau. Ce procédé a un avantage bien positif sur cebj qui suit Qrdinaîrenient notre Prévôt qui peint le panorama ^93 la rotonde même où il doit être exposé ; mm je crois que cet s^yaptage ne peut pas compenser un io* toqvénie^t que j'ai remarqué au panorama de Corfou.

l^vi tepd^nt une toile peinte , il est impossible de Tadapter p^aitement à toutes les dispositions du local. Celle du Panorama que je viens de nommer était $i mal calculée pour le chapeau «t pour la galerie entre lesquels on est censé découvrir le pays représenté $pr U toijie , qu^QU apercevait en baut et en bas plo- «ieur$ pQuees du c^M3Mevas grossier auquel est attaché le tableau.

Je i^ sais si ce qui n'était ni ciel ni terre y était purgatoire ou enfer , mais c'était a$«urément fort déseoçbanteur pour mon œil.

Le dernier genre de peinture dont j*ai à m^oecuper, la peinture en décors est bii^n loij» de la p^rfectioP à laquelle on a porté les panoramas en Aipi^I^erre. Il est surprenant que , dans un pays où Ton fait xol si grand Qsage de changemens à vu^ ^ on se soit oeeupé si peu d« r^dre Tillnsion v):^ise]nbl9J;)le à Tcuil. Sur la do«xaini

^e décorations obligées que j^aî vues chaque fois qiift je £uls allé à un théàlré i ]tn al rencontré à peine ùné qui fût égale à celles du théâtre des funambules; fouteé les autres étaient pitoyables : là perspective était entièrement oubliée, le coloris faut, et It travail si bonteusèment négligé, que, du milieu du parterre, ôh apercevait sur les coulisses des coups de pinceau teb qu^on en ferait avec un balai.

Que diront les Anglais, quand ils verront exposés k Londres les deux tableaux de MM. Daguère et Bouton? Ne seront-ils pas obligés de convenir que leur peinture en décors est réellement dans Tenfance , en pensant à la distance qu^elle a à parcourir avant d'atteindre à ces deux chefs-d'œuvre !

Je m'étais promis de parler de la gravure , mais ce chapitre est déjà si long , qu'il ne m'est plus permis que d'en dire quelques mots. Heureusement , elle est asseas connue en France: les estampes voyagent plus facilement que les tableaux , et les épreuves en sont multipliées k l'infini.

Nos artistes l'ont déjà jugée suffisamment; on a ton^ dit pour et contre la manière noire. On sait les effets prodigieux qu'elle produit; on connaît l'harmonie qaî règne dans les autres genres de gravures anglaises , leur hardiesse et en même temps leur fini. Cet art est pousse; je crois, aussi loin qu'il puisse aller. Rien ne manquera aux graveurs de Londres, quand on leur fournira de bons tableaux à copier^ .

i4o3 BIORA^A ,

léSL Htographie «'est pas , a beaucoup près ^ au niveaa de la gravure. Jusqu^îci ,, il n'y a guère que des élèves qui se soient essayés à^n^ ce genre. On a htographie les collections de chevaux des deux Vemet , quelques pay^ sages, quelques figures ; mais toutes ces épreuves ont çté ip^lieureuseSé Tout a été pale et sans relief.

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DE I^OHDRÊSS. / 4^9

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