‹ Diorama de Londres; ou, Tableau des moeurs britanniques en mil huit cent vingt-deuxChapitre 33 sur 38 · CHANT AQUATIQUE · texte numérisé non relu

CHANT AQUATIQUE

Salut au chef dans le triomphe s^avançant , Gloire soît au pin qui à jamais verdoie ; Que i'arbre long-temps dans ses drapeaux sVlançant Son abri et grâce ^ur ces ix^iions dëploie; • Que les rosées des aûrs £t les sucs de la terre Le.fasscnt bien bourgeonner et tendre en haut ; Chaque montagnard autre , Raisonnant du centre , Fils de TAlpin, brun Roderic, ho ! yero !

Le chiant de nos éUfroiis a troublé Yalfraines,

EtiRannor répoii^ît. ei\ deuil à nos cors ; Giens-Rill et RosS'D*htr sont des monceaux de ruines , £t les chefs de Lochldmonde ont jonché ses bords, i iHère , puccil# U*Vét|?e,

Ont pleuré à ^u^fw Le nom de Clan Alpin leur blanchit la peau ;

ïu fais Lennox tressaillir ^

.Et le Icven défiillÎÉl Fils de TAIpin, etc. ,

Point de plan qui se trouve sur le lac ou à Toéer.

Pour flétrir en hiver et fleurir ea mai ; Quand le vent de ses feuilles aura pillé la forêt » Clan Alpin, le plus dans son ombre s*égaje.

A IVprcuve du fracas

Il écoute leurs tracas, £t brave de son rocher les vents et les eaux ,

£t Brédalbin et Mentheis

£n éclats retentissent.

Fils de r Alpin, brun Rodcrick oh! yero!

Feraient sonner les antres.

Fils de FAlpiOi bnlnRoderick ^ hoi yeroi

DE LONDASS. 44^

i^littyMÊtim^iy¥ n Myti^fyyy ¥ tlVkivvw iw iyymiyyvtMt/tM¥ytMm'tiy¥¥tMV^^

CARACTÈRES ET SIGNALEMENS.

NeTer mind tliat ; eveiy nan has a right to choose hîs own hobby-hone; go on... Tobin, schoolfor authors.

J^aî beaucoup parlé ^ts mœurs ; je ne me suis pas encore occupe des personnes. J^ai fait connaître le peuple anglais , par ses couvres , je dois faire Phistoire naturelle des individus. Connaissant le goût que tous les lecteurs ont pour la description physique des personnages dont ils lisent les actions , j^ai commencé mon premier chapitre en donnant mon signalement ; je ne dois pas finir mon livre sans donner, d^une manière complète , le signalement du peuple britannique.

Depuis que TEcosse et Tlrlande sont gouvernées par les mêmes lois , ou du moins sont sujettes du même roi que r Angleterre , Tinflueuce de la métropole tind chaque jour k confondre en un seul , les trois peuples divers. Toutefois , cette altération de la physionomie nationale est encore loin d^étre accomplie ; et pour peu qu^on ait voyagé dans les trois royaumes , on distingue aisément , même au milieu de la confusion des rues de Londres , les individus qui appartiennent à

45o DIOKAMA

l€S Ecossais ne sont point poètes ; qtf ils manquent d^imagination , ou plutôt qu^ ils cherchent àréloufTer, pour lui substituer les calculs de la raison, et surtonl cet esprit argent comptant , qui nourrit Faibbition et la fait parvenir à son but.

Par suite de cette sagesse , les Ecossais regardent tous les étrangers comme leurs ennemis , et se soutiennent toujours très-étroitement , lorsqu'ils sont en pays étranger. C'est parmi eux que Fon peat apprendre tous les secrets du népotisme ministériel et du patronage en général. Quand un Ecossais est ministre , ses bareaux ne tardent pas à être remplis de ses compatriotes. Quand un Ecossais devient commis dans une maison de commerce , on peut , à jeu sûr , parier que dans quelques années , il en sera le chef; et que, associa et commis , tout sera expulsé pour faire place à des Ecossais. •

Cette habitude de se soutenir contre Pennemi commun, les porte tous à être grands partisans du pouvoir

mît son corps dans nn tonneau d*can-de-vie, afin de le conserver poar }*ei|seTelîr en Angleterre airec les honneurs dûs à son rang. Comme it tonneau nVtait pas très-exactement ferme, et qu'il ëtaît dans un endroit où les matelots pënëtraîemt librement, ceux-ci avaient coutume de M dire,aj>Tès avoir fini leur quart, cofne\ Ut us hâve m touch of Ûû olâêir nùrald^ et ils allaient boire Teau-de-vie avec un chalumeau, sans r^ gnance pour la singulière confiture qui y était en macération. Qiuffl^ on arriva à Portsmouth , les officiers s'appcrçurent qut It cadavri ^ l^auvre aioural était à ttc dans ton tonneau.

Ëalh y de CJiâlienAçm , et dans* ies:- sociétés 'i^è preiqné* Routes les \Illes un peu considérables, on est tbùjcmrs' sûr de rencontrer un certain» nombre de ces 'i/tsk-'[ àbods , qui ^ à Taide des b^eaui habits qii^ils étalent / des châteaux qu^Ils prétendent posséder^ et d^autres' avantages «plus* positifs, poursuivent avidement la carrière des lionnes fortunes , et accaparent toutes les fiches ' benlières^ui sont à marier.' ' : : . 'i

Ce que le loup fait par la force*, le renard le fait; par la ruse. Cet adage exprime parfaitement la difi!^ ' rence qu^il.y a^çntre^les enfaos de llrlande et ceux de^ r£cosse. .., ... :

^ Ij^argept j^spt» le représentant de tontes les' jouissances' dç hki{}ie r et l'intelligonce étant le principal ressort ^vec lequel qn parvient à le posséder^ c'qst à Qçt. avantage ;^u/$ les Ecossais^ attachent la plus-" dé ^ prix. ' * .

. 11 n^y a p|is de pays au monde , où rinsrniêtîèn soit aussi répandue que dans Pantique Calédonie; mais ' , c^est plus particulièrement à la perfection du jugement qu'ion Vy fait tourner, (i) Les Anglais pre'tendent que

(t) Les Anglafs qaîy comme les Ecossais , sont aisément importuné* par la gloire de leurs Voisitis » et même de leurs amis, ajoutent toujours. tU 80 voyant obligés 'de rendre jvistice k la bravoure peu commune de^ Irlandais, <{ué les soldats de cette nation sont tous d^nçorrîgibles ivrognes. Je ne sais si le t-eptocbe est fondé , mais voici un fait qui prouvera què hi mat'iris anglais ne doivent rien'àiix Irlandais sous ce rapport, L*amlral Golingwood étantmort à bord d'un; 4 qu^it commandait, or

de rÉcosse. Un exemple de ce vice du cœat y tst, fréquemment cité aujourd'hui à cause de la célébrité que son auteur a acquise.

A la mort de Fox , Walter-Scott , qui devait à ce ministre le commencement de son élévation dans la ciitrière magistrale, çt qui avait été chaudement patronisé par lui dans ses débuts littéraires , Walter-Scotl paya son tribut de reconnaissance à son bienfaiteur en se réjouissant publiqqement de sa mort !

En vertu de la sagacité avec laquelle les Écossais se tournent toujours vers le pouvoir y il comprit que le «ystème de modération du ministère de Fox ne serait ^s suivi par ses successeurs ; il vbulut faire sa cour à ce^xH^i en insultant le ministre défunt. Les iorjrs , dont tpittes les espérances venaient de se réveiller , célébraient 1^ur:}9i(^ par des banquets. Ce fut à une de ces réanipQS que Walter Scott chanta une chanson allégorique l^'ei^e. de calomnies contre son bienfaiteur , et qui était iii(^ $aKyrfi::iârttkoteyid^ de son administraiîoD.

SIJo por^mli le rtiti^ de la moridurênatdi: on sait qaVo anglais renard: sfiexpnmepary^;r.

i L'esprit des Ecossais V bien que généralement droit, a des vices aussi malheureux que ceux que nous venons & sîgfialèrâaâisIèiircflBurf irn'y pas de paysan monde oà l'on soit plus stfpérstitiéux qu'en Ecosse! Le peuple, et liÉi)»e les gèhà lés pîûs éclairés, croient k la seeondi ttti^'îbdx spectres ,'atuK'éppaiitïofri^ Qiloîqtie capaHcs

-.«te*.,

ifeSi-

DE LONDR£S. 453

jàe jugef dt tdq.t avec impartialité et d^uné manière e'clairëe, lâ plupart de leurs e'cri vains se laissent in-i ilaencer par les préventions les pins stupides de Tesprit national , et par les plus vils calculs de l'avarice. C'est à Edimbourg que se fabriquent ces abominables journaux dont les rédacteurs prennent toujours à tâche de dénigrer la nation française.

C'est une chose curieuse de voir, dans ces libelles périodiques, avec quelle habileté un écrivain sait imposer silence à sa conscience^ et donner à la calomnie les cou-* leurs de la vérité et de la modération ! Dans un des premiers numéros de 1 82 r , un des auteurs anonymes du Quarierly'-Re9ie\p j avait entrepris de prouver que les Français manquent essentiellement de génie, et voici en somme sur quelles preuves il appuyait cette assèrlion. Les Français n'ont fait aucune grande découverte ; aucune institution n:^a porté chez eux un caractère de sta-^ bilité.

D'abord l'Aristarqùe rfa point spécifié de quels Français il entendait parler! Il n'a pas dit si cW la France de Charlemagne , celle des premiers Capétiens , celte de Louis XIV, celle de la république, Celle de Napo** léon, ou celle de Louis XVIII qu'il voulait deàigner ;i propos des grandes découvertes. Avant d'avoir posé la question, sur ce point , l'expression générale et perpétuelle de la jactance britannique : les Anglais sont supérieurs aux Français est une expression vide de sétis ; car très - certainement on peut trouver quelque époq^

dans les annales de T Angleterre, ou quelque comté dans

le méoie pays qui n^ait fourni aucun homme de génie !

Si le critique a voulu parler des Français du règne de Napoléon , ou même de Louis XIY et de Henri lY, il a menti ou a confessé la plus grossière ignorance. En effet , Aix-la-Chapelle , où l'imprimerie a été inventée , a été un département français. Strasbourg , où Ton a d'abord fabriqué la poudre à canon , appartient encore à la France. La Provence est également un pays français, et Ton y connaissait la propriété de l'aiguille" aimsmtée avant que l'usage de la boussole fût régulièrement établi chez les Italiens.

Quand même on put démontrer que ces trois pays ne portaient pas le nom de France , quand ces découvertes j ont été faites, on ne prouverait pas que les Anglais ont plus de génie que les Français , puisque ces pays étaient à ces époques encore moins anglais et français.

Si les Français n'ont point découvert de grand continent , et n'ont fourni que ptu de grands voyageurs , les Anglais, en leur en faisant un reproche, avouent implicitement la supériorité des Italiens , des Espagnols , des Portugais et des Hollandais !

Les reproches relatifs au manque de stabilité de nos institutions , sont de la même force logique que cent que je viens d'examiner relativement aux découvertes. H semble^n entendant les Anglais parler de notre légèreté, que leur pays n'a jamais subi de révolution....

Malgré cet absurde échafaudage de raisotinemens , le

DE LONDÎlfeS. 455

Style de Fauteur cl les subtilités- de sa dialectique surprennent un moment la coiiviction dia lectènr! *

Les Ecossais, difi^rent autant par le physique que par le moral , des Anglais et des Irlandais. Si on ne les re. connaissait pas à l'accent ëpais avec lequel ils prononcent la langue anglaise^ on les reconnaîtrait aisément aux couleurs bariolées des /^/aii^^ dont ils ont toujo.urs quelque pièce dans leur vêtement, et surtout au peu de saillie de leur nez, et à la proéminence de leurs pommettes.

Les Anglais difierent totaleiïient des Ecossais et' dés Irlandais. Sans avoir Ténergie et la vivacité de ceux^i, ou Tasruce de ceux-là , ils y suppléent par une qualité qui fait le fond du caractère de Ifi nation. C'est un mélange de vanité', d'estime de soi-méme^.et d« ce que nous appehons gourme. Lesi anglomanes appellent cda noble fierté. Maiis les moralistes qui ont essayé de corriger les mœurs de l'Angleterre , lui ont donné un nom plus convenable en l'appelant sliffrass \ roideuri Cette qualité altère le <;aractère de la même manière que l'em" pois altère le linge dans lequel on le mêle ; il change sa couleur et lui fait perdre sa souplesse.

Le lieutenant Goodandrpugh , à qui je faisais cette observation, entreprit de me prouver. que \t stiffness n^était point aussi général parmi les Anglais que je le supposais. Il y en a certainement, me disait -il, mais ce n'est que chez les gens étrangers au ton de la haute société; ceux-là trouvent commode de retrancher derrière jct rempart Jeur ignorance des usages, ou leur manque

,456 DiORA»^ ;

^d^£fi9ça|ÎQ&;. Us espèrent qoè la cidsidérdtiob des personnes ;q]il : n^ :Us connaissent! pas à .£bnd se basera

,:$\^r la JKiuti^ e^ime qu'Us affectent d^avbir pour eiumémesf . . ; • ?.' : '

. . Dti^ U !bonrie^socîétfi^ ce jriâîcQlè ne se montre p mm ; personne n!cat plusi traî table ci d 'no commerce plos M^ple. que lesimembres de /èetie classe! i^-i- Êh, qiiW .t4Pl^dez-\Qps par la bonne i»ociété 4 /demanda Anilraa au

.rl4e9itte9?Ot?;3i Youé clésigné^par4a cepèlît nombre (/V

:ji§^^ra4^s qui voyagent presqiie 4oùjours^ qnî vîsîleBl itojBA^^ les capitales der TËuropé j jèssuîs antlèrement de ."lierre; arts ; ceux4à dpîivent la^u\)c^v^^^^ se di^

-)tin§9ii^r.<iê ieiftr& des pro-

rfii6:ide;l«ur vpyage:,' en ise. 'montant siinples et affables

i^komme-des Ennrcais^ MakJcette circonstance même 'jproave contre votrê système r en Ahgfeterr.e, i'affabilite

;.est réellement . une. lil^nbG exotique inconnue an peuple

'^ct.quei'ori ne puliiyè qnfepâr vanité.

- ]>A9iïleu^:s; Ies.^cfnds ieîgneui*sde tous les pays sont

' cosmopolites, etfenVst pas chez eux qu'il faut chercher les véritables mœurs de la nation. En Angleterre, toutes les .classés au{iIêssoiis4c la premièi*e poussent le siiffness au supréme>degcé S iLes -sociétés sont des réunions où il

'.hy a. nr abandon ni- gftité.; la danse et les ' autres amirsemen&iéoataccoïnpnis avec line solennité qui nie ferait «uourir d'énriuil;Les plaisirs de famille ne valent guère mieux; Je connais luie d<ame qui donne une fois la semaine à dîner à tous ses cnfans : père et mère , filles ti

^enjres, fils et brus, tont le monde vient à ce dîner eu habit de ce'rémonie , et lU ne s^ adressent jamais la pai*Qie les uns aux autres sans ajouter aux noms propres les qualités de mosler ou de mislriss ^ de sir ou de nâlady.

^ Par suite de la gène qu^on s^Impose , la liberté est bannie du discours aussi bien que du maintien. LVsprit et le cœur n'e^ trouvant jamais à se mêler dans la causerie , on a dû s^industrier pour créer un langage toutà-fait indifférent! Aussi la conversation anglaise a-t-elle un caractère presque diplomatique. Dans les salons de Londres , Ton a rédait en code Tart de parler de la pluie et du beau temps !

^ C'est sans doute par rapport à Tennui qu'une pareille nialière cause toujours aux Français, que les Anglais nous accusent de manquer de tenue. S'ils nous attaquent tant sur les yôr/zi^f, il est probable qu'ils ont un peu meilleure opinion de \\o\vt fonds que les Ecossais du quarlerly review. Cependant une circonstance me porte à croire que ni les uns ni les autres ne nous refusent leur estime malgré le dédain sous lequel ils s'efforcent de la cacher. Les Ecossais ont , aussi bien que les Anglais, applaudi de tout leur cœur aux mauvais traitemens que l'on a fait subir aux Français durant leur captivité. C'est reconnaître hautement le mérite d'un a^Iversaire malheureux , que de se réjouir et d'abuser de Ta faveur du sort ! Les grands seigneurs eux-mêmes , malgré leur affabilité et leur pfùlaniropie cosmopolite^

ri ont nullemetit contrarié la lâche vengeance que le gouveraement anglais exerçait sur les prisonniers. II est même permis de croire qu'ils y ont participé d'une manière active, car la plupart d^entre eux avaient ijuelqDe influence dans les actes législatifs et administratifs.

Toutefois , je dois le dire par respect pour la vérité', tous les maux soufferts à bord des pontons , n'ont,pas été occasionés par des Anglais. Il paraît que certains fournisseurs, avec lesquels le gouvernement français avait traité pour la nourriture et Thabillement des prisonniers, trouvaient commode de les laisser mourir de faim et de froid ] pour faire de plus gros bénéfices. Ce fîit sur les plaintes réitérées de leurs malheureuses victiaies, que le gouvernement anglais intervint et se chargea de nourrir et d'habiller lui-même les prisonniers sans faire passer les fonds par les mains des fournisseurs.

Le colonel de qui je tiens ces détails, et qui générale ment n'avance que des faits dont il est certain , ajoutait sur l'origine de ces infâmes spéculateurs , une particularité sur laquelle je ne puis m'cmpêcher de le croire mal informé. A quelque degré que l'avarice soit capable d'endurcir le cœur des hommes , je ne voudrai jamais croire que des Français aient été assez dénaturés pour abuser à ce point du malheur de leurs compatriotes.

Les Anglais , sans être aussi robustement constit|és que les Irlandais , sont , à peu de chose près , d'aussi belle taille et d'aussi belle apparence , surtout dans les

comtés, (lu nord. Leurs triaîts sont en gdnéral assez ré~ gutièrement beaux ; ils ont, ce que nous appelons en France, un aîr distingué , c'est-à-dire , que la physionomie est froide, le nez aquilio» et la figure longue. Cett^ longueur de la face est souvent portée à un point ridicule, à cause du développement excessif qu'acquiert la mâchoire inférieure. Même chez les individus où ce trait n'a pas des proportions exagérées , il est sensiblement plus prononcé que chez les Français , les Italiens et les Espagnols. Les peintres et les sculpteurs anglais , qui , comme ceux de tons les autres pa^ , reproduisent dans leurs ouvrages le caractère particulier à la physionomie de leurs compatriotes , donnent toujours à leurs figures un ovale très-allongé. L'habitude est poussée à un tel point , âous ce rapport , qu'un barbouilleur, chez lequel j'avais fait faire ma silhouète pour un shilling, affubla le bas de ma figure d'un mentoa de galoche trois fois plus long et plus^aillant que le mien , qui est à la vérité foil pietit : ce que )'ai oublié de dire en faisant mon portrait dans mon premier chapitre.

Le beau caractère de la figure anglaise est encore plus remarquable chez les femmes. On voit parmi les jeunes personnes une quantité prodigieuse de figures qui méritent .lé nom ^ angéliques ^ idJïX. pour la beauté de leurs traits , que pour leur délicatesse et leur expression de Ccilme et d'innocence^

En général, les femmes des Trois-Royaumes sont très-

46o DIORAHA

belles y. tant à caisse de leur taille élevée y et âe leurs fornies étoffées , qu^à cause de la belle couleur de leur peau. La blancheur et Tëclat de leur teint , sont souvent relevés par des yeux noirs , des sourcils bruns et prononcés , et une chevelure très- brune ; conjrasle qu^on ne devrait pas s'attendre à trouver dans un pays septentrional , où la couleur la plus générale des chtveux est le blond cendré ou le rouge.

La seule partie du corps des Anglaise& qu^un Fran-^ çais puisse critiquer, est le pied. Il a toujoufô une dimension que nos daines regarderaient comme exce^ sive. Le Chinois de Goldsmith a raison de dire que les pieds des Anglaises paraissent destinés à la marche; cet exercice est très-aimé en Angleterre , et c'est peut-êfrc à lui que ces organes doivent le développement auquel ils parviennent !

Si Ton voulait juger des Anglais d'après les écliaDtillons que les paquebots déposent chaque jour en France , on chercherait vainement dans la plupart d^entr'eux les beautés que je viens de décrire avec tant de complaisance. Assurément on ne trouverait dans certak nés femmes d'un âge mûr, ni la régularité des traits, ni Texpression angélique que j'ai vantée ; mais il ne faot pas juger d'une nation d'après quelques individus qû voyagent. D^ailleurs , l'habitude du thé , ou quelque autre cause que l'on n'a pas encore approfondie saffi* samment, gâtent presque universellement la boacbe des dames Anglaises ; et les meutes personnes qa^on

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avait admirées à vingt ans pour la blancheur et la régularité de leur denture, ont, à cinquante ans, perdu la moitié de ces os, et le petit nombre qu^il en reste sont saillants comme des dents de lièvre , et paraissent aussi larges que des touchei^ de {fiano.

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