LES COLONS DANS LA MÉTROPOLE
Djo lacharîssè mera dhel tam naï denesacta Haï djo tum né mcra tar^fsé kîa : lad-Karo, Ka koda tum ara bfaalLa-karega.
Sétràhif comment, du Chasta, (i)
Outre les trois peuples différens qui occupent les IIo- Brltanniques, on y trouva plusieurs autres individus qui, quoique n^ étant pas assez nombreux pour former une quatrième nation , ont une physionomie assez trancbée pour mériter une description particulière.
^Angleterre a tant de colonies, et tant d^ Anglais sont en relation civile avec elles , que, soit par TinflueDce du climat , soit par le croisement des races , le sang
(i) CeUe épigraphe m*a été envoyée de Londres par le docteur Doblason; comme îl a plus d*^une fois mangé avec moi te pain et U selàt mes hôtes, il a voulu contribuer pour quelque chose à Texpression^ notre reconnaissance. Il a accompagné cet envol de doléances anères sur la nécessité d^écrîre le passage en caractères vulgaires ^ « atteii<lB, dlt-îl, que les împnmerîes de Paris ne soat guère fournies de caractèret îndoustansy et que pour tous les lecteurs du Diorama, excepté pour inoiraème, ces caractères n^auraient été que des pieda de mouche înlntclli* gibles. »
DE LOIfDRES. ' 4^3
britannique ne peut éviter d'être altéré au bout de quelques générations. La plus étendue de toutes ces colonies , celle où un plus grand nombre de colon» mêlent leur sang à celui des Aborigènes , est Tancien empire du Mogol.
On reconnaît aisément les sujets anglais qui sont nés dans ce pays : Tinfluence du climat de Tlnde est si grande , qu'elle agit sensiblement , même chez les individus qui n'ont fait qu'y séjourner quelques années sans y avoir pris naissance. Certain duc , qui porte aujourd'hui un autre nom que celui sous lequel il s'est rendu célèbre dans le sérail de Seringapatam , avait , dit-on , des couleurs rosées quand il s'embarqua pour aller aux Indes. Il en est revenu avec un teint de pain d'épices. Ses amis s'en sont réjouis sans doute , parce que cette couleur convient mieux à un guerrier !
Chez les véritables Anglo-Indiens , la physionomie anglaise est profondément altérée , les cheveux sont passés du blond à la couleur de l'ébène ; l'azur des yeux s'est converti en noir de jais. Le caractère a subi dfs modifications encore plus remarquables. A l'esprit mercantile et remuant à succédé cette mélancolie douce et contemplative , qui fait le fonds du caractère des peuples de l'OrienL Elle donne aux femmes une indolence qulleur fait préférer aux occupations ordinaires de leur sexe , celles où le cœur et l'imagination entrent pour une part plus considérable. Elles peuvent ordinairement se livrer à leui*s goûts , parce que tous les colonie
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qui rcvîeaûcat des lïides, en rapporfeiit dés fortunes qui leur procurent en Europe une partie des délices et du luxe dont ils jouissaient en Asie.
On ne saurait se figurer quel heureux mélange résulte de cette alliance du sang britannique avec celoi des peuples du Mogol. Les lumières européennes font fructifier et mettent dans tout leur éclat les belles qaa- Hte's de Tame et les rares avantages derintelligenceque la nature a si libéralement dépai'tis aux eiifans de TOrient. Le stiffness anglais , qui se mêlé à la naïveté, et la simplicité indoustane , les met à Tabri des inconvéûieas auxquels ces deux vertus seraient exposées dans le tourbillon d^une civilbatipu ancienne , ou pour mieux dire corrompue.
J'a.i connu plusieurs de ces côlons à Londres, et je puis dire que cVst dans leur société que j^ai passé les plus heureux momens de mon séjour dans cette capitale. J'ai trouvé chez eux un accueil gracieux , dés soins et une amitié , telle que j'aurais pu l'attendre dans le seio de ma propre famille.
Que Dieu les bénisse ces bons Indiens pour la noblesse , la bonté avec laquelle ils savent exercer l'hospitalité ! Qu'ils soient persuadés, au milieu des mers qu'ils traversent dans ce moment , en revoyant le sol sacré de leur patrie , où le ciel leur permettra sans doute d'arriver sains et saufs , qu'ils soient persuadés que l'hote qui mangea leur pain et leur sél , conservera toate sa v)ela reconnaissance qu' il leur 9 vouée! Et si ce livre
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parvient jamais jusqu^à eux ; si leurs regards tombent sur les lignes que ma plume leur adresse, puissent-ils se reporter sur cette citation d'un écrivain de leur pays, que j^ai transcrite en tête du chapitre où j^avais à mentionner leurs bienfaits ! «Si je ne puis jamais t^offrir , >i pour ce que j'ai reçu de toi, d'autre retour que les sen-> y* timens de mon cœur , il est au ciel une puissance qui » sait acquitter les obligations du pauvi*e et du faible. »
Par Tentremise de la famille R. , j'avais lié connais-* sance avec plusieurs autres Indiens , dans le commerce desquels je n'ai jamais trouvé l'occasion de diminuer la bonne opinion que mes hôtes m^avaient donnée de leurs compatriotes. Plusieurs étaient des veuves qui étaient revenues en Angleterre, après avoir perdu leurs maris dans les Indes. Le malheur ajoutait à l'intérêt que leurs caractères inspiraient déjà. Il en était une surtout qui pouvait passer pour le prototype des alternatives aux-> quelles la qualité de colon expose. Tour-à-tour fflle chérie et orpheline , épouse et veuve , accoutumée au faste oriental et retombant dans l'obscurité de la vie euro* péenne,elle avait éprouvé en quelques années toutes les joies et tous les malheurs de cette vie! Son ame tendre, douce et expansive, avait partout trouvé des amis dignes d'elle. Affligée, et cependant calme, mélancolique et pourtant résignée , elle savait sécher ses larmes pour remplir ses devoirs sociaux ! i
C'était pour moi une grande source de plaisir et d'instruction que dç réçouter lorsqu'elle parlait de
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Finde. Je u av^^is pas moins occasion d^.admirer les rare qualités de son cOeui' que les ehbses extraordinaires qu'elle racontait de sa terre natale.
Elle avait pour îîalcrlocuteuir favoiri une autre veuve presque aussi remarquable qu^elle-méiiié par ses bonnes (^alites f et qui avait éprouvé autant de nialhciiirs. Ma curiosité était d^aùtant pluis piquée en écoutant leurs dialogues, que sonvetit , au milieu des récita les plus attachans ; elles abandonnaient iôût'à- coup le langage vulgaire pour une langue dont je ne coiinais que quel- (]^es mots. Si je fappdtf ais id tout ce qilè je leur ai entendu dire sur lln^ustaii , le Bèiîgale ^ lés cérémonies des Indous et des Mtisiihnàns; sur les mcefurs dés ji^glais qui habitèiit rindeyisW les cargaisons de demoiselles <pi^dn exporte annuellement dé rAiigleterre pour la commodité desg&rçons quineTëuientpâsi épouser des Aborigènes, et qui ne pfciifvéntvenir en Europe; on pourrait croire, d'après les endroîfo où le làiigageétlait d^dîndirettient changé , que ccfrtaines clâ&ses d^idéés qui nepeuventsians doute être exprimées quavée lés figuresf oula naïveté des langui» orientâtes , et qùla^alénlh propriété'de dérober toujoursla conversation alik oi^ilte pno&hes , étaient utt peu adalogUëS à' celles qui obscvffessaient k lunette avec lat|uélle TErmite die la Chao^ d' Aiitb î^y^it au tifavers J des^ murailles;^
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