‹ Diorama de Londres; ou, Tableau des moeurs britanniques en mil huit cent vingt-deuxChapitre 7 sur 38 · D 10 RAM A · texte numérisé non relu

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ver aussi longuement qu'il lui plaît , safTs crainte â^étrtt iaterrompu par des cris , par des menaces ou par de»^ personnalités. Les ministres font plus que de promettre de répondre quand on les interpelle, ils répondent en effet; à la vérité, ils ne sont admis à la chambre qu'en qualité de députés, ce qui rend plus parfait le pied d'égalité sur lequel Topposition peut traiter avec eux. La voix de l'opposition n'est jamais étouffée par les demandes : Aux vpix ; la clôture ! ou par la sonnettQ du président ; car les masses , qui ne s'expriment qu'en monosyllabes n'en prononcent jamais que pour approuver (^hear, hear, écoutez, écoutez ^^ et le pré-» <»ident n'a pas de sonnette.

Puisque )e parle du président, ou plutôt de Torateur {speaker) de la chambre des commuries, je dois dire que c'est le seul membre de cette assemblée qui soit revêtu d'un costume analogue à ses hautes fonctions. Il porte une grande robe magistrale et une perruque à marteaux, qui lui descend sur les clavicules. Sur la table, qui est devant lui, est posée la masse , émbléoie de son pouvoir. Ses prérogatives sont grandes : on pei|t en juger par les honneurs qu'on lui rend. Des maîtres des requêtes , également en robe d'avocat et gratide perruque à marteaux , vinrent annoncer de la part de la chambre haute qu'une loi y avait été adoptée, Ils ne s'approchèrent du bureau du président qu'après ^'étre incKnés à trois reprises, en entrant dans la salle^

C'^st toujours à lui que soivt adressés les dîscoaç^

prononcés dans la chambre^ et c*cst toujours vers lui ^tte se tournent les orateurs au moment où ils parlent. On sent bien que cette formalité ne les empêche pas âe s^adresser quelquefois aux adversaires auxquels ils répliquent, ou bien à la chambre en général ; mais la prérogative du président est toujours signalée par une locution transitoire dont les Anglais sont extrêmement prodigues, et qui correspond à notre : Maintenant, mes* sieurs. Mais au lieu de dire ; now genileinen^ Torateur dit toujours , en se tournant vers le président : now , sir^ maintenant, monsieur.

Il paraît qu^on a en Angleterre une grande prédilec-

lion pour la robe et la perruque comme insignes de

tontes les fonctions civiles^ A la différence près de la

matière qui la compose, tous les fonctionnaires publics,

non militaires, depuis le lord chancelier, jusqu'aux

appariteurs, concierges de l'hôtel des Indes, de la

banque et autres établissemens analogues , bedeaux et

clercs des églises ; tous portent une robe taillée sur le

même patron. La perruque est également de rigueur;

on ne la prostitue pas aux chargeninfimes. Jusqu à celle

de procureur-général , les magistrats portent les mar^

teauQC descendant sur les clavicules ; mais au dessous^

on ne porte qu'une perruque à boucles poudfées} avec

trois petites queues ou repentirs tombant par derrière.

Cette chevelure d^emprunt est .regardée aujourd'hui

comme une partie indispensable du costuma des mar

gistrats. Au théâtre, un magistrat, à quelque siècle qu^|i{^«

gÔ DIORAMA

paiiitime Faelion dans laquelle il figure j n^oseraii ja* maïs paraître sans perruque. Le publie huerait les inein- ^es du conseil des dix^ s^ils portaient leurs cheif««x au naturel , quoique le costume el la chevelure de toits les autres personnages de la tragédie, dH)tbello annon-* cent ëviderament un siècle bien, antérieur à celui de Louis XIY . ËQ&i , on s^inquiète si peu de^ Tanachronisme, lorsque la perruque à la chancelière en est la cause, que le chancelier Thomas Morus paraît aSublé d^uno perruque kla Jacques II , au conseil du roi Henri VIII , dans le deraier acte de la tragédie de ce nom,

Qïi sera étonné sans doute d^apprendre quUl n^y a pas de tribune dans les chambres du parlement britannique. Le$ auteurs qui ont si souvent écrit , Fôxmmda alors à la tribune ; Pift descendit de la tribune , les ora-^ teurs, qui ont si souvent cité les maximes libérales ou philantrbpiqùes débitées du beat de la tribune na-iioHak d'Angleterre^ seront bien surpris d'apprendre qu^ils se sont servis de locutions impropres. Le fait est pourtant vrai; il n'y a pas de tribune; et c'est toujoura de leurs places que ItH orateurs débitent et soutieoaeiU leurs motions. Ceux qui sont assis sur les bancs les plua voisins du président ou des secrétaires » {^'avancent jusqu'auprès de la lable de ces derniers. Ceux qui sont sur lès bancs plus élevés , ne quittent pas leurs placer, Tous tiepnetit ordinairement leur chapeau à la main quand ils'commencent à parler, ce qui leur donne un air un peu gêné. Ce n'est que lorsqu'ils s'échduSent uvk

DE LONBftES. gt

peu qnHls déposent leur chapeau ^ur les batics ou sur Je bureau des secrétaires , et qu^ils gesticulent avec plui) ^e grâce et de vivacité,

Le fauteuil du président s'appuie, par derrière, sur une espèce de dais, au haut duquel sont les armes d'Angleterre sculptées et dorées ; loin d'être plus élevé qde les sièges des membres du parlement , il est au contraire $tu niveau des bancs les plus rapprochés du sol. Il n'y a pas de tribune devant lui; et l'espace qui, dans notre chambre des députés, est occupé par la tribune, l'est en Angleterre par une grande table , autour de laquelle sont rangés quatre ou cinq secrétaires revêtus de l'iné-?vîtable robe noire et de la perruque poudrée.

Nous eûmes le temps de faire toutes ces remarques » car nous demeurâmes pendant près d'une heure assis âins bouger , à la place où M. Hutchinson nous avait laissés. An bout de ce temps, nous le vîmes revenir. J'ai le temjts de causer quelques instans avec vous, nous dit-il , avec sa vivacité et son affabilité ordinaires. Je vais TOUS faire faire une connaissance rapide avec la plupart des hommes que vous avez sous les yeux. Alors, il s'assit entre nous deux , et appella successivement nos re* ^rds vers les divers membres de l'assemblée , sur lesquels il nous donnait quelques détails biographiques.

Yoyez-vous, nous dît-il, ce personnage en rcdingotte bleue, qui est an commencement du premier banc de h droite , c'est le marçuis de Londonderry. Ce n'est paa^ pwç qu'il est ministre que je vous le montrç le prc-t

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mier , mais à tout seigneur toat honneur , je suis sur que c'est celui de tons que vous étiez le plus pressé de connaître. Il a les bras et les jambes croisés et le chapeau enfoncé* jusque sur les yeux y il est plus allongé qaVssisà sa placft. Cest la posture dans laquelle il se tient toujours lorsqu^il n^a pas à parler, ou qu^il n'est pas oblige d'écouler pour se préparer à répondre. 11 lui amve même souvent dé dormir : les travaux ou les soucis ministériels Tempéchent depqis loDg-temps de dormir dans son lit et même de s'y coucher*

Ce jeune homme maigre, qui esta côté de lyi, et qui parle d'un air de protection à un des membres assis sur le banc immédiatement au dessp^, est un çieinbre du min^i^tère nouvellement recruté. Encore novice à Texerpiçe d|i pouvoir, M. Peel est plein de zèle et d'activité. L'attrait de la nouveauté paraît (ui avoir caché jusqu'ici

les ennuis des grandeprs, car toutes ses actions prou^

tent, qu'il est loiii de regarder son ambition Iconmie satisfaite pfirle grade élevé auqqel il vient d'être placé, , Ce petit vieillard chafTovp et à cheveux blancs, est le chancelier de l'échiquier. Quand vous IVez entendu parler tout à Theure , vous avez pu remarquer le mor-»" dant particulier de sa prononciation, et le timbre clair de sa voix. Malgré son âge avancé, M. Yanstttart ^, toute l'activité d'un jeune homme. Il est toujours prêt à repousser les attaques de l'opposition, et surtout lors^ qu'il y a à répliquer par des calculs financiers e( defk irhifFres.

Enfin, à rextrémité dû même banc, et tout près da

jBMègc dtt président , vous voyez un personnage poudré

à blanc et d^une figure heureuse; cW Canning; il est

ici, par son éloquence, Tathlète le plus vigoureux de làt

jrésislance ministérielle. Mais, dans le cabinet, son ht-

ilaence n^est pas en prop4|Kion avec les grands* talens

que tous les partis lui reconnaissent. Le sourire , que

TOUS voyez toujours courir sur ses lèvres , annonce plu^^

tôt la confiance quHl a dans ses propres forces , que les

liabitudes d^une physionomie de courtisan. Frondeur

par caractère, il n^a respecté les traversée personne ; il

a dit crûment la vérité à ses collègues ministériels , et

^^est sépaié d'eux toutes les fois qu'ils n^ont pas voulu

suivre ses idées. Cette indépendance de caractère , on

pour mieux dire, cette supériorité de taléns, non tem^

pécée par la souplesse de la cour , lui a a^é des duels

avec ses collègues et Tantipathie d'un personnage plus

élevé, -'

La plupart des jeunes gens que vous appercevez der-*' rièrele banc ntihistériel, sont des sou^secrétaires d'état ou des employés supérieurs, qui sont arrivés à la chambre par l'influence des ministres. C'est la pépinière d'<m l'on tire ordinairement les remplaçans de ees^deniiers} ils ont pu se façonner de bonne heure aux habitudes parlementaires;... il est de rigueur que les mînidtrëi ^chent répondre personnellement .aux attaqiies dé l'opposition. Vous avez été déjh h portve d'icn juger; car c^èst presque exclusivement des premiers bancs que

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soût parties toutes les réponses et toutes les apolog^eâi Cette foule de membres qui siègent du même coté que les ministres, ne les soutiennent que par leurs votes où bien en criant kear, hmr^ lorsquHls les entendent parler. Il en est cependant, dans le nombre, qui, tout en étant mioist^^idis , conservent nUe espèce d^indépendancé fX a'c^inent a vouloir parier souvent. Us se pemiettenl iiléme ipelqueSDis de blâmer les ministres et leurs actes^ iBspérant de pdrouver par-là que, s'ils votent ordinaires m^t aveic eux ^ ce n'est pas par pure obéissance , mais par conviction quUls font le bien. Les seuls ifiembres iAe ce parti métis, i|ue j'apperçoive en ce moment, sont assis sur le banc le plus élevé ; Tun,. que vous avez en«* jtendu parler tout à rheure, et qui a fait tant rire tout le monde, esliin amiral qui a loog-lemps commandé dans la ISéditerrannée. C'est le Bouffon de U ciiam))re. I| «'attache toujours à prendre le coté plaisant de toirteê les questions. Il est p)aisant de bon aloi , car il ne par* tage jamafs la gaieté qu'rl communiqué aux autres. ¥oyeK avec quel impertubable sang^froid il cairesse sa jambe ^ ou braque son lorgnon sur les divers pâtés de la salle ! *

.K-autre est également en possession de sous faire cire, mais c'est par une raison contraire, il m^e la i^r ligion et les profpndeurs du mysticisme dans les «qUMSf lions le» plus insignifiantes. Enthousiaste comme uni ré* formateur,* il en affecte également les habitudes, parJt malpropreté de ses habits,. et le peu de soin quHLprend

DE L0N9ft£S. 9^

^pieigiierse^ cheveu roux. Cloiiimeil est EcossaU^quel* ^ues plaUam assurent que c^est par économie qu^il sa Wglige de cette manière.

M. IIi:^thii!ison naos &t i:^mai*qaer, de lantre côté de

Ja «aile, les membres les plus célèbres de Topposition :

JUL. fiobbouse, qui, quoique fils dVn /0/j^^ et frère

*çl^iu) sous-secrétaire d'état, est un radical des plus dér

cidés. On le regarde comme Tun des publicistes mo^

dernes les plus habiles , et comme Tun des membres

Jes plus érudits de la société royale de Loodres.

Le D.^ Hume, qui, ^rès avoir exercévdans rinde,la profession -de jcnédecin et de négociant , est le membne le plus iufatigal4e de ^opposition. Cest lui qui parle le plus souvent à la cb|mbre des commuiitôs. Comme ij  des connaissances extrêmement vari^ëes , il peut ap«payer kidifieremment toutes les motions anti-iuînisténelles. Je trouva dans ses traits une ressemblance frap«çaaté avec ceux du célèbre voyagem* Alexandre de Homboldt.

Le général sir Robert Wilson , qui figura dans le procès de Tévasion du comte de Lavalette ,. et à qui son zèle pour la reine et pour la réforme parlementaire avala d'être rayé des contrôles de l'aimée.

M. Wilberforce , le plus ardent propagateur des idées et des sociétés philantropiques.

Le baronet Francis Burdett , qui les soutient par son immense fortune , au moins autant que Wilberforce par ^ écrits et par ses discours. Il a un goût qui Ta rendn

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encore plus célèbre que sa bienfatsance et son libetit*^ lisme. Il est cité dans les trois royaames coinine le plus intrépide chasseur au renard.

£n6n lord John Russel, troisième fils du duc de Bed* ford,et qui, dans un âge encore bien jeune^ se montre lè digne rejetton d\ine famille dont presque tous les membres ont joint rillustratioû personnelle à Téclat de leur fabule naissance.

C'était lord John Russel qui s'était changé de présentfer à la chambre la pétition du capitaine Romeo, à Toccasion de laquelle nous avions appris que M^ Hutchinson devait parler. Le jeune lord était, au moment oùnoè regards se portèrent vers lui, occupé de donner lecture et de la pétition et des pièces, ànï y avaient été jointes pour Tappuyer. Quand ce travail fut terminé, il prit k parole pour faire un résumé général des faits et prendre des conclusions. Les faits et la discussion, à laquelle ils donnèrent lieu dans lé parlement, me paraissent as^et curieux pour que je leur consacre un chapitre. .

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